Historien spécialiste de Byzance et de géopolitique de la Méditerranée. Auteur de plusieurs ouvrages sur les deux thèmes.

Geoffroy Roux de Bézieux frappe encore : «On doit mettre fin au “quoi qu’il en coûte”»

On ne peut pas être plus clair : il faut retourner au travail malgré les risques encourus à cause de la pandémie du covid et surtout, il faut arrêter les aides, notamment le chômage partiel.

Dans un entretien au Figaro[1], le patron du Medef dézingue la politique du gouvernement appelée « quoi qu’il en coûte », grâce à une tournure macronienne, propre à l’ENA, tournure de communication, devenue slogan politique de la macronie, dans la tentitive d’aacrocher la gauche au wagon.

Geoffroy Roux de quelque chose, avec un an de retard par rapport à l’autre grand humaniste allemand, Wolfgang Schäuble, repris par plusieurs autres « personnalités » autoproclamées « experts » en expertise, notamment par Emmanuel Todd[2].

En effet, le  président du Bundestag, dans une interview au Tagesspiegel, intitulée « Réévaluer l’équilibre entre santé et économie  », au cours du week-end des 25 et 26 avril 2020, plaidait pour un calcul plus équilibré entre la santé publique et les conséquences économiques et sociales d’un arrêt prolongé, craignant que les capacités de l’État ne se trouvent surchargées. Cet arrêt était dû bien évidemment au coronavirus et au confinement qu’il a provoqué. Lire la suite

Eurovision 2021 : la chanson diabolique de Chypre suscite la polémique / La censure et l’intolérance dans toute leur splendeur

J’ai déjà écrit plusieurs articles sur la pression exercée sur la population par l’Église, dans différents États à majorité orthodoxe. Des messes et des communions clandestines ont eu et continuent à avoir lieu en Russie, en Serbie, en Grèce, à Chypre, bravant les mesures sanitaires et les interdictions de rassemblement.

Cependant, là, nous nous trouvons à un autre niveau.

En effet, la chanson de la chanteuse grecque Elena Tsagrinou, El Diablo, suscite des polémiques dans la population majoritairement orthodoxe de la République de Chypre. Cette chanson a été choisie par le comité chypriote de l’Eurovision, sous la direction de la radio-télévision publique (CyBC). Et depuis sa première diffusion, vendredi 26 février, le clip qui accompagne la chanson a créé la polémique sur l’île méditerranéenne, après un appel anonyme menaçant de «brûler le bâtiment» de la radio-télévision publique (CyBC) et des critiques virulentes émanant de professeurs d’éducation religieuse[1]. Lire la suite

Coupe du monde au Qatar : la coupe du monde tâchée du sang des travailleurs immigrés

La Coupe du monde 2022 aura lieu en hiver. Que ne faut-il pas faire pour satisfaire l’organisateur qui a dépensé sans compter pour obtenir l’événement et essayer de redorer son image de monarchie rétrograde, arriéré, moyenâgeuse, le Qatar !

Oui, toute la planète l’attend, selon les slogans de l’organisateur et du propriétaire de la patente, la FIFA : s’amuser, profiter du ballon, du sport, des moments, voir les grandes stars, faire vibrer la fibre nationaliste…

Cependant, ce qui se passe au cours de ces onze dernières années au Qatar, notamment dans le domaine des conditions de travail des migrants sous des températures extrêmement difficiles et élevées, provoque le dégoût[1]

J’ai déjà écrit sur ce « sport », si l’on peut l’appeler encore ainsi ; payer des gamins de vingt ans de millions d’euros pour taper dans un ballon (les gardant incultes par ailleurs) me semble absurde, car cet argent serait plus utile ailleurs, par exemple dans l’achat des vaccins. Mais les morts du covid ne peuvent faire de la pub et produire de la plus-value dans le monde capitaliste fou qu’on nous vante à longueur de journée (et de nuit) dans les médias contrôlés par ceux-là même qui organisent la coupe du monde, etc, etc. Je ne vais pas m’étendre sur cette question dans ce papier. Mon propos est de mettre l’accent et faire le peu de lumière que je peux, sur l’exploitation de l’homme par l’homme, qui mène jusqu’à la mort de l’exploité… Lire la suite

Victor Hugo : « A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur »

A certains moments de faiblesse, l’homme, du moins certains hommes, ont besoin de soutien et d’aide ; ont besoin de quelque chose sur quoi s’appuyer. Les religions, magnanimes et plein de bonté (divine, sans jeu de mots !) surviennent alors pour réconforter les impétrants ! Elles promettent bien évidemment le paradis (mais, après la mort), la plénitude (mais, après le vide sidéral dans lequel les hommes en question se trouvent), la richesse intellectuelle et physique (mais, après le marasme quotidien dans lequel ils se baignent).

Si l’intéressé cède aux sirènes et aux mirages promis, c’est parfait ! Un fidèle de plus (fidèle au sens canin du terme !) à essorer pour le bien de son âme dans le paradis de dieu, de tous les dieux !

Si par malheur, le fidèle en question se révèle infidèle, alors les problèmes commencent : Enfer, éternelle damnation, exclusion du corps des fidèles (même Spinoza en a fait les frais en son temps), punition divine, eau bouillante et sel sur les plaies purulentes, écorchures de l’âme et du corps… je pourrais continuer longtemps l’énumération des supplices et autres tortures de l’esprit et du corps auxquels sont soumis les récalcitrants à l’autorité religieuse, que dis-je, divine ! Lire la suite

Les milliardaires ont déjà retrouvé leur richesse d’avant-crise

Selon Oxfam, alors que la pandémie fait basculer des millions de personnes dans la pauvreté, les 1 000 milliardaires les plus fortunés de la planète ont retrouvé en neuf mois seulement leur niveau de richesse d’avant la crise[1].

L’ONG britannique a publié son rapport, selon son habitude, à l’occasion du Forum économique mondial de Davos (Suisse), qui, cette année, Covid-19 oblige, se tient virtuellement du 25 au 29 janvier.

Le même rapport fait état de l’augmentation de la fortune des dix personnes les plus riches de la planète de 540 milliards de dollars (369 milliards d’euros), depuis le début de la pandémie.

Le rapport précise que « Cette flambée tient en partie à la politique de rachats d’actifs menée par la Banque centrale européenne (BCE), regrette l’ONG. Celle-ci permet aux Etats d’emprunter à bas coût et de pouvoir financer leurs plans de soutien sans encombre. Mais elle contribue également à faire flamber les cours de Bourse, au profit des plus riches. Ainsi, entre la mi-mars 2020 et la fin décembre, le cours du titre LVMH s’est apprécié de plus de 25 %. » Lire la suite

Les dictateurs prospèrent

Je précise dès le départ : le texte qui suit n’est pas l’introduction à une dystopie ! Il s’agit malheureusement de la réalité…Et encore, de la réalité partielle de ce qui se passe dans le monde ; cependant, les exemples choisis sont caractéristiques de cette situation…

Vladimir Poutine rêve de reconstituer, d’une manière ou d’une autre, l’Union soviétique, sans le communisme.

Recep Tayyip Erdogan rêve de rétablir le califat et de reconstituer l’Empire ottoman.

L’OTAN rêve de sa gloire passée celle du moment de la chute de l’Union soviétique, quand l’organisation pensait qu’on se trouvait devant la fin de l’histoire, que c’était gagné définitivement, quoi.

L’Union européenne rêve de réglementer la taille des concombres et légifère sur la possibilité de consommer les fruits et les légumes difformes.

Chacun ses priorités, me direz-vous.

Effectivement !

Les dommages collatéraux, les Syriens, les Libyens, les Arméniens, les Irakiens, les Kurdes, les chrétiens orientaux, cela ne compte pas ; il s’agit de quantités négligeables aux yeux de l’histoire, qui, de toute façon, sera écrite pas les vainqueurs. Lire la suite

Restons éveillés !

En ces temps de confinement, de couvre-feu et de risque de perpétuation des privations des droits qui se prolonge depuis pratiquement un an maintenant, il est un aspect fondamental qui me parait nécessaire de mettre en exergue et de garder toujours dans l’esprit. Il s’agit de protéger les droits et libertés acquis et empêcher les vautours de tout poil de les détricoter…

Quand le patronat tente de rogner les acquis sociaux, prétextant bien entendu la crise, c’est tout l’édifice social qui risque de s’effondrer. Quant au pouvoir politique, ces dernières décennies, il a, par les réformes forcées, en appliquant la méthode du « saucissonnage », détricoté le code du travail et fait la part belle – par des avantages exorbitants – au patronat, qui, de son côté, en guise de remerciement, délocalise, cache son argent (l’argent volé aux Français, en fait) dans les paradis fiscaux et spécule.

Je souhaite, dans ce papier, rester un peu sur le comportement du patronat et rappeler des positions et postures exprimées récemment et qui n’ont pas eu, à mon sens, la publicité et l’analyse qu’elles méritaient. En effet, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, était clair quand, à propos du temps de travail et du droit, déclarait dans Le Figaro, dès le 11 avril 2020 : « L’important, c’est de remettre la machine économique en marche et de reproduire de la richesse en masse, pour tenter d’effacer, dès 2021, les pertes de croissance de 2020. C’est la création de richesses qui permettra d’augmenter l’assiette des impôts et donc les recettes, et ainsi de rembourser la dette accumulée pendant la crise. Ensuite, il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire. » Lire la suite

Orwell, l’homme du XXIe siècle

Que l’on soit d’accord ou pas avec les thèses orwelliennes, force est de constater que le monde dans lequel nous vivons donne raison au penseur Anglais. Il a développé ses théories dans deux principaux ouvrages, le fameux 1984 et le non moins important La ferme des animaux. La pensée unique et les totalitarismes ont été mis à l’index et critiqués avec justesse. Surtout, le contrôle des hommes et des sociétés a été analysé avec intelligence.

Inspiré des textes orwelliens et développée par des lectures similaires[1], la petite liste qui suit montre la manière dont le contrôle sur la société est exercé par la classe dirigeante.

  1. La technique du plaisir

Élément principal du contrôle social, la technique du divertissement consiste à détourner l’attention du public des grands problèmes et changements décidés par les élites politiques et économiques, avec un flot ininterrompu de détails amusants et insignifiants, détournant l’attention du public des vrais problèmes sociaux. Lire la suite

De la servitude volontaire, ou comment les masses sont dominées

Il y a 500 ans, un jeune étudiant en droit publiait un petit essai intitulé Le Discours de la servitude volontaire, qui continue à être plus que jamais d’actualité. Étienne de La Boétie nous donnait alors une leçon extraordinairement lucide sur le pouvoir et l’aliénation. Ce petit livre explique le cheminement de la domination exercée par les personnes qui se sont hissés au pouvoir. Cette domination n’est pas seulement le fait du contrôle des moyens de coercition et de répression ; il s’agit de l’habitude qu’ont les gens de la servitude, qui laisse le champ libre à ceux qui ont le pouvoir de l’acquérir d’abord et de le conserver ensuite.

Tous les moyens sont bons pour maintenir le peuple dans la servitude : la religion, la superstition, l’ignorance. Et cette pratique même été perfectionnée dans nos sociétés actuelles.

Et en ce début du XXIe siècle, le religieux revient en force et nous ramène vers les siècles de l’obscurantisme moyenâgeux et la domination par une poignée d’hommes et/ou de femmes des richesses produites ainsi que le contrôle des outils et moyens d’information, empêche les gens d’avoir conscience de leur sort. Lire la suite

Migrants/réfugiés : arme de destruction massive et machine à cash, entre les mains du gouvernement turc

L’Union européenne n’a pas réussi à s’entendre sur des sanctions contre la Turquie, réclamées notamment par la France, Chypre et la Grèce, à cause du comportement turc en Méditerranée orientale et en Libye. Et quelques jours après, elle récompense les menaces turques…

Même pas une semaine après le fiasco du Sommet de l’Union européenne durant lequel les 27 ont encore tiré l’oreille de la Turquie (pas très fort quand-même ; il ne faut pas la provoquer) en lui rappelant qu’ils allaient adopter des sanctions à cause de son comportement agressif en Méditerranée orientale et ailleurs (cela fait quelques années que les 27 annoncent des sanctions contre la Turquie pour ça ; on ne les a jamais vues !), nous avons appris que les mêmes 27 ont fourmi à la Turquie, en catimini, la dernière tranche des 6 milliards d’euros promis pour l’externalisation du traitement de la question des réfugiés, notamment syriens.

Tout a commencé par l’accord entre la chancelière Angela  Merkel et le Premier ministre turc de l’époque, Ahmet Davutoglu. On était en pleine guerre civile syrienne avec des centaines de milliers de réfugiés syriens fuyant vers la Turquie et les autres pays voisins. La Turquie, menaçant de les laisser partir vers l’Europe, a obtenu un accord négocié avec l’Allemagne, dans le dos des autres membres de l’Union européenne, d’un montant de trois milliards d’euros dans un premier temps, augmenté à six milliards ensuite. Cet accord, déjà difficile à accepter car négocié par un seul pays qui l’a imposé à ses partenaires, prévoyait, ni plus ni moins, que l’externalisation du traitement du problème des réfugiés / migrants était confiée à la Turquie contre monnaie sonnante et trébuchante ! Les droits de l’homme et les belles valeurs fondamentales, mille fois confirmées dans de beaux discours écrits par les énarques de tous les pays, sont passés à la trappe.

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