Les réductions de l’empreinte écologique et la cuisine : économies / logies (ques ?) de terrain.

Par Karaba30quicouve

Lutter contre « le système » ce n’est pas une mince affaire : tout le monde le veut (ou presque !), tout le monde s’active. Nous avons désormais accès aux informations essentielles : vivant en détresse et intoxication merdiatique à toutes les sauces.

De Paris (obtention DEES) à mon projet rural d’autonomie (basse montagne, ubac) en passant par l’enfer des villes entre les mains de projets de gentrification des politiciens (francs-maçons ?) je l’ai vérifié (avec des chiffres, toujours) : cuisiner est l’un des nerfs de la guerre. Contre le système, contre soi-même, contre les autres : avec la terre et pour elle.

La recherche d’autonomie relativement à l’agro-alimentaire relève d’une quête personnelle : celle d’alléger son ardoise avec la souffrance mondiale.

D’où viennent mes achats ? Où sont produites les matières premières ? Quels sont mes besoins réels ? Comment changer mes habitudes ?

A paris, on fait son marché et/ou on va au bio c bon du coin. Pour acheter en vrac et limiter les emballages. Et on lutte fort pour ne plus manger de viande (vu Baraka) : c’est le début du chemin, il faut bien l’entamer quelque part. Et on cuisine, c’est évident. Soupes l’hiver, salades l’été : il faut penser aux saisons, à l’industrie pétrolière, chimique, etc.

Résultats très insatisfaisants : un simple calcul sur le site de wwf vous le confirme. Il faut plus d’une planète pour contenir l’humanité si tout le monde agit comme vous le faites. Pourtant, vous n’avez pas de voiture et n’avez pris l’avion que deux fois : la Norvège et la Roumanie. Sinon, c’est en train que vous rejoignez le sud. Et aussi, vous débranchez le matériel électrique la nuit et vous lisez beaucoup et tentez de communiquer votre leitmotiv sur la résistance et la création (c’est que vous avez du respect pour les luttes passées et présentes) et que vous écrivez/dessinez/recherchez : pour un blog participatif et collaboratif qui tend vers le partage des pratiques possibles et solutions. Vous avez besoin d’espérer et de proposer : pour la postérité.

Dans un train, vous rencontrez un/une « radical(e) » : il est temps d’agir davantage alors vous faites votre sac à dos et vous le suivez. Vous atterrissez donc en basse montagne : premier potager, premières cuves de récupération d’eau de pluie, un poulailler et un simple four électrique. Les « bonnes habitudes » sont déjà en route : le vrac, le local, la nécessité de cuisiner ET produire son alimentation. Brainstormings et tempêtes sous le toit de votre petite maison en pierres sèches de 45m² : c’est suffisant, vous appartenez alors au mouvement anti-nataliste (les raisons sont diverses, certaines relèvent du collectif, d’autres de l’intime profondément refoulé). Les résultats chiffrés des productions/résultats en matière d’autonomie alimentaire et énergétique, en essayant de faire bref et aéré (merci JP !).

Le potager du projet rural a produit, la troisième année ( = quatrième potager, juste avant la fin des travaux de la cave pour le stockage écoresponsable de la nourriture = 500 m² cultivés, environ) :

=> environ 150 kg de pdt, une centaine de courgettes/concombres/courges (les deux premiers ont été consommés pdt la saison et conservés en lactofermentations, les troisièmes devaient finir à la cave = réserves hiver), des tomates pour des salades, des gaspachos et des bocaux (environ 7 litres, à la louche), environs 200 grammes/jour de fraises/framboises/mûres pour les confitures et les desserts de la saison estivale [ nous avions un congélateur – cf. étude de nos besoins et des dépenses énergétiques – pour congeler certains fruits/légumes – cf. le céleri branche pour les soupes, en dés dans une poche et prêt à l’emploi et cf. les poches pour les gamelles du chien car le boucher nous filait des kilos d’invendus = calculs des besoins du chien = UNE poche/gamelle, etc, etc, etc.] ;

des betteraves, des blettes, des épinards, ail/oignons (pas si facile, nous en rachetions après consommation de notre production), la menthe/mélisse pour les infus (le millepertuis est sauvage), nous ramassions des myrtilles (confitures/coulis), des châtaignes et des noix (et nous devions quand même racheter des fruits secs : cf. calculs de nos besoins/dépenses énergétiques), des salades et des radis, des choux (une petite vingtaine, toutes variétés comprises), du basilic, de l’origan, beaucoup de ciboulette, nous faisions sécher des champignons et des barquettes (de champignons, pour le congel) et nous avions des poules pondeuses sans coq (système de turn-over = quatre à cinq poules en phase de « ponte intense » pour deux « vieilles », en moyenne) et nous…

DEVIONS QUAND MÊME FAIRE DES COURSES COMPLÉMENTAIRES !

Nous avions prévu ruches, pisciculture et élevage de poulets (questionnements relatifs à notre foi, nos besoins en protéines animales, etc.). Il y avait de l’ortie (vu la vidéo de Sylvain trop tard, pas eu le temps de l’intégrer même si c’était prévu.)

Nous n’utilisions pas de chimique (zéro) et devions lutter fort pour que le voisinage « suive ».

Nous buvions du kéfir à l’eau de source (pure = salamandres et pontes) malheureusement l’eau a été coupée (après ma mise à la porte manu militari).

Nous remplissions tout de même une cuve de 1000l/jour (système de captage d’une vieille fontaine, bélier hydraulique) située au-dessus de la maison sur une parcelle bétonnée mieux exposée (quelques poivrons/aubergines en bacs, le fil à linge et une véranda à semis prévue) qui devait servir à l’usage de la maison (cuisinière/chaudière à bois prévue) et nous avions des cuves de récupération d’eau de pluie.

Nous nous chauffions exclusivement au poêle à bois : que nous ramassions/coupions/fendions nous-mêmes.

Puis, nous avons construit un four à pain !

Il me reste, de ce véritable miracle (pour paraphraser Sylvain) : des douleurs aux mains, aux doigts, au dos et un  » mode d’emploi » à adapter (toujours) et des recettes (quelques chiffres relatifs aux consommations électriques réduites +++, aussi !) :

=> Mode d’emploi (Ariège, 750 m d’altitude en moyenne, 2015/2018) : tu (où est passé le vous poli et/ou entité « couple » ?) prévois ton bois pour deux fours à pain/semaine qui permettent de faire du pain (oui, super!) ET toute la bouffe pour deux (qui bouffent beaucoup et qui taffent 12H/jour en moyenne) pour trois jours/four (deux fours à pain/semaine = une semaine de bouffe). Le principe du four à pain c’est qu’il atteint une température très très élevée d’abord (fougasse, pizzas puis pain) et qu’il descend en température progressivement. Donc, une fois allumé, une fois la fournée fougasse/pizzas/pain achevée tu enchaines: les plats type gratins de légumes/lasagnes/gâteaux/quiches/tartes salées/pain d’épices et enfin les cuissons longues type mijotage: soupes, ragoûts, riz au lait, etc, etc, etc. Tu stockes dans un garde-manger ce qui n’a pas besoin d’être au frais: deux/trois jours, ça tient. Au pire, tu conserves un petit frigo pas trop énergivore pour l’été si la température garde-manger est trop élevée. Les gâteaux au miel tiennent très bien dans un garde-manger (y compris l’été, à la montagne, température moyenne 20°) PARCE QUE le miel ne moisit jamais : c’est un conservateur/antibiotique/antiseptique NATUREL !(cf. penser à planter des fleurs mellifères Y COMPRIS EN VILLE à sa jardinière, relativement à l’ardoise !).

Résultat de l’opération « four à pain » qui te (le foyer altermondialiste ?) nourrit toute une semaine pour quatre cagettes de petit bois très sec (à la louche) : tu as économisé ton four électrique, ton gaz, ton temps – faut penser à jardiner, à couper/stocker le bois, à nourrir les bêtes – ET TON ELECTRICITE! Pour peu que tu sois très sobre (supprimer les veilleuses des rallonges, des ordis, des télés: tu débranches!), très passionné par tes ACTIVITES { c’est du travail, bien sûr : tu bosses pour toi, t’es à ton compte : tu deviens priche (https://lesmoutonsenrages.fr/2021/06/09/les-bonnes-pratiques-biologiques-urbaines-armes-de-lutte-contre-la-gentrification-energivore/) } et que tu te contentes d’un film ou deux par semaine, d’un peu d’ordi pour des recherches altermondialistes (merci les ME), d’un robot pour la cuisine (Lidl, 20€, batteur/mixeur idéal) et, pour peu que tu sois un peu roots, aussi : pas de sèche-cheveux, pas d’épilateur élec, pas de cosmétiques, pas de sorties (mode ermite « on »).

=> La veille du four à pain, préparer son pain: mon unité de mesure était ma louche. 6 louches de farine, 3 louches de levain, 3 louches d’eau tiède : dosage pour deux pizzas, deux pains (ou quatre pitas/deux pains) = Fournée N°1

Puis, pour la fournée N°2 : une quiche aux blettes du jardin revenues dans un curry (au lait d’amandes*), un gratin de brocoli/choux fleur (béchamel au lait d’amandes), une tarte salée (tomates du jardin, moutarde, fromage de chèvre).

Fournée N°3 : un pain d’épices, un gâteau miel/poudre de noix/amandes, etc., un gros cookie dans un moule à cake (ou crumble).

Fournée N°4 : un riz au lait, une soupe, un plat mijoté avec ou sans viande type potée, lentilles/carottes, etc.

Travail d’équipe: l’un allume le four et gère les fournées, l’autre, en cuisine enchaîne les préparations pour être dans les temps (cf. la température du four qui diminue progressivement).

Temps de travail de 8/9H du matin à 15H pour le « service » = c’est à dire que la fournée N°4 est enfournée aux alentours de 15H et cuit trèèèès lentement jusqu’à la fin de la journée (aux environs de 20H). A cette étape, les extras type viande/1fois par semaine permettent de déguster des gigots d’agneau fondants +++.

Le four, ensuite, reste tiède jusqu’au lendemain et permet de faire sécher (des tomates, dans l’idéal, pas eu le temps de tester) ou de la menthe, des herbes, etc. Il suffit de mettre l’aliment/herbe/condiment dans le four pour la nuit.

#ces indications sont valables pour un four étudié (et fabriqué, cf. son volume, etc.) pour nourrir un foyer de deux personnes (gros mangeurs/gros travailleurs) ET POUR NE PAS GASPILLER LE BOIS. Cf. une cagette de petit bois très sec pour un four.

*Le lait d’amandes était « maison » : pour éviter les déchets, dépenses = un pot de purée d’amandes/mensuel et/ou bimensuel selon la saison = une càc pour un litre de lait. A la main, dans un doseur = mélangez, cuisinez !

Donc, vous êtes priche de chez priche, de 2015 à 2018 ! Collaboration infernale : vous êtes désormais rauvre, dans un studio. Qu’à cela ne tienne, vous adaptez vos recettes four à pain… Miracle : vous êtes meilleur qu’à Paris (moins performant qu’avec un four à pain et une petite exploitation quasiment autonome, c’est évident mais l’idée c’est de rebondir : l’intention de réduction de votre empreinte n’a pas le droit d’échouer !) : des moments difficiles, des rechutes « industrielles » et, toutefois, quelques recettes (four électrique) qui permettent d’assumer le racket du Linky sans broncher de votre nouvelle zone à défendre (d’un projet de gentrification énergivore, N.B.). C’est que le turn-over des « cas sociaux » est prévu et bienvenu, relativement à la boboïsation de votre quartier et que le bobo avec sa carte efficiente y est interdit : vous avez été priche, vous décidez !

Les recettes, à adapter :

#échantillon « livre de cuisine altermondialiste pour votre santé physique et mentale, la pacha, le porte-monnaie et le casier judiciaire » (cf. objets sociaux et preuves matérielles de votre citoyenneté écoresponsable et de votre dynamisme que les tribunaux apprécieront si ça dérape et qui reflètent votre engagement et votre cohérence).

– Le Flan (parce que si vous retournez à la terre, vous savez que vous pouvez faire la fécule de pdt, des amandes pour le lait d’amandes, avoir des poules et le tenter au miel) : 2 oeufs, 1/2 l de lait, 75g de sucre 50g maïzena (version stud).

– Le pain au bica : 2 louches de farine, 1 louche eau tiède, 1càc sel, 1càc bica.

– Le pain de viande (avec charcut’) ou PAS de viande (avec des œufs, un pesto et du fromage): faire une pâte à pain, la laisser reposer, étaler au rouleau, badigeonner de pesto, émietter des œufs dur (ou mettre de la charcut’) et du fromage, refermer en demi cercle, enfourner 45 min à four très chaud. (recette postée en photo!).

– Le daal de lentilles : faire un curry ail/oignons au curry (le curry est une méthode pour torréfier les épices et peut s’effectuer avec d’autres épices type paprika etc.) avec de l’huile d’olives, mettre un verre de lentilles (vertes ou corail) et 4 verres d’eau. Laisser cuire 20 min, couper, laisser mijoter encore avec un couvercle, passer au bras et déguster avec des paratas.

– pâte à tarte (pour paratas ou autre !) : 200g farine, 100ml eau, 30 ml huile d’olives.

– Paratas: étaler ta pâte à tarte au rouleau, découper des carrés, badigeonner avec une crème (pesto, crème de tomates séchées, etc.), émietter du fromage, fermer (enrouler le carré sur lui-même, resserrer en cercle et écraser à l’emporte pièce), faire frire à feu vif de chaque côté dans une huile d’olives très chaude.

– Gratins de légumes (choux, épinards, etc.) à la béchamel (au lait d’amandes, voire à l’eau avec une pointe d’huile d’olives, ça fonctionne!)

– Lasagnes véget’, hachis, risotto, riz cantonnais

– Soupes (ou velouté: cuisson au lait de vache, de chèvre ou d’amandes, ça fonctionne!)

– Pizzas (avec la pâte à tout faire des paratas!)

– Crêpes (salées et sucrées)

– Gâteau à la semoule type Basboussa

– Cakes salés/sucrés pour accompagner la soupe

Vous pouvez même (devez ?) refaire un levain naturel pour le pain et penser à des recettes maison qui remplacent les habitudes industrielles de votre nouvel environnement (rencontres, etc.) : Le Pim’s et les Palmitos maison. Je vous laisse chercher comment : c’est ça aussi, je crois, la bonne intention, en matière d’écologie !

Et bon appétit, bien sûr ;-)

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