Les « bonnes pratiques biologiques urbaines » armes de lutte contre la gentrification énergivore ?

Puisqu’il s’agit de théoriser sans être théoricienne (je revendique haut et fort l’étiquette, puisqu’il le faut, artiste engagée !) voici un article de terrain quant aux possibilités d’actions accessibles à tous ( = pauvre qui choisit de le rester, riche qui choisit la précarité, priche* sur zone rurale au RSA/ASS qui perd sa bataille contre momone, sinodul et falali et qui se retrouve dans la catégorie rauvre*, etc.) afin de lutter contre la boboïsation des quartiers avec le bon sens paysan = la boboïsation est réelle (tiens l’étiquette revendiquée plus haut) par contre, elle est accessible à tous puisqu’elle tient compte des billes de départ !

Quand tu t’installes en tant que nouveau rauvre sur le quartier en question, tu sais :
a) que la véritable richesse matérielle concerne ton alimentation.
b) que tu es en dette envers la Pacha.
c) que le commerce est la base de tout.
d) que le partage est indispensable pour le collectif inclusif ( = y compris la Pacha).
e) qu’il doit se faire sans trahir ta permaculture de priche.

Tu sais aussi, avec plus ou moins d’exactitude et de précision, que la gentrification est une arme parmi d’autres qui permet de « purger » en passant par la case « intérêts » pour tous les politiciens de ta ville.

Tu sais également que la véritable politique n’est jamais politicienne : elle est quotidienne.
En trois ans, donc, à peu de choses près, tu jongles avec les étiquettes, pour essayer de parler le langage collectif (c’est que tu vivais en ermite privilégié avec très peu d’interactions sociales = choix) en réajustant ton « tri ». L’ermite priche devait faire avec sinodul. L’ermite rauvre n’en veut pas PAR CONTRE il occupe ta zone à ne pas trahir, là où tu te trouves. Le tri « social/collectif » ne doit pas heurter le tri « intime ». Tu ravives donc tout le réseau (les phénomènes d’interdépendance) et tu le fais avec une nouvelle étiquette (nécessaire puisqu’il s’agit d’autres humains et que nous en avons tous besoin). Evidemment, l’étiquette doit coller à ton âme et ta sensibilité et te rester fidèle : à nouveau l’intention, quand il s’agit d’écologie et donc de politique, pas de baragouinage politicien, N.B.). Et dans le stock des étiquettes urbaines, rien ne te correspond. ça fait mal.

Ton appartement est effectivement pourri par contre tu refuses cette étiquette à un instant T parce qu’elle est attribuée en fonction de critères que tu n’acceptes pas (c’est à dire sans logique paysanne) et que tu as une foi profonde (le Karma, pour ma part, N.B.) et que la pitié t’écoeure et qu’elle est déplacée (insultante ?) : tu n’as jamais été aussi heureuse de ta vie.

Tu captes qu’il y a un projet de gentrification dans ta rue (ton quartier) et ça te ferait presque vomir (n’eut été la case priche par laquelle tu es passée) : tu joues ce jeu (tiens une artiste engagée au RSA qui assume des charges collectives pour rien, pas même un radis puisque tu dois les faire pousser toi-même dans ta jardinière ou manger les ersatz issus de la pétro-agriculture du carrefour de ton quartier) sans tricher parce que tu sais jouer et que tu as un carré d’as. All-in, again : tu as raison et ton bon sens paysan peut (doit ?) se faire une place dans l’enfer des villes : l’exode que tu pressens arriver et les problèmes que tu anticipes (ton statut/rôle de priche t’a permis d’observer que les mauvaises pratiques des industriels sont relayées par les hippies/bobos/bios des zones rurales qui jouent la carte de l’efficience là où ils ont le devoir de jouer celle de l’optimisation, de l’efficacité et de l’effort +++ (les billes de départ, N.B.).

Ta carte efficience va attendre un peu, le temps que tes statuts soient mis à jour (et ils dépendent toujours de ton exploitation rurale en permaculture dont on t’a privée manu militari et réciproquement = tes poules, le chien, le lapin, etc. et ton jardin l’ignorent = pas d’anthropomorphisme = tu es en dette) : ce temps joue avec toi. Le projet de gentrification joue à la triche (les politiques/politiciens, toujours) par contre il a un calendrier non modifiable car il n’est pas passé par le statut de priche. Toi oui.

Et voilà que trois ans plus tard, ton quartier se retrouve avec une « bobo » non manipulable qui est autorisée (par la Pacha, N.B.) à distribuer ses bénéfices de rauvre à son environnement direct. Multiplication du rauvre dans une zone à bobo qui ne peut pas obtenir ton statut sans passer par la case priche : pari tenu, l’exode aura des visages multiples et armés CONTRE les politiciens énergivores de tout poil, je crois ^^

*Priche = pauvre au RSA qui développe de l’autonomie rurale et allège son ardoise avec la pacha tout en récupérant des bénéfices = bonne alimentation, environnement, santé, etc. = plus riche qu’un riche quel qu’il soit qui n’est pas passé par la case détachement et retour à la vie simple/sobre/autonome.

*Rauvre = riche au RSA qui s’en sort mieux que les copains de la rue parce qu’il est passé par la case priche mais qui a perdu ses bénéfices en alimentation, environnement, santé, etc. et qui va devoir activer la carte efficacité à nouveau pour retrouver sa carte efficience, capital bonheur, etc.

*capital bonheur : carte indispensable au jeu de la vie.

Ou, pour le dire autrement : quand la mauvaise foi collective ne peut rien face à la joie de vivre, de créer, de partager et gna et gna et gna (l’artiste engagé est par définition un peu gnan gnan !).

3 commentaires

  • predateur

    le bon sens paysan ….à grand coût de glyphosate et de néonicotinoïde….vont même avoir droit à un crédit d impôt de 2500 euros,si c est pas beau l écolo attitude https://www.pleinchamp.com/actualite/zero-glyphosate-2500-de-credit-d-impot-et-80-millions-en-plus-pour-les-agroequipements-verts

  • Karaba30quicouve

    @predateur : malheureusement, tant que les mentalités agricoles (je ne pense pas que ce soit tout à fait la même chose que bon sens paysan) n’auront pas compris la notion de rentabilité de la permaculture, ce sera l’impasse.

    Pour donner une idée, chiffrée (fichiers distribués, rappel) : le potager du projet rural a produit, la troisième année ( = quatrième potager, juste avant la fin des travaux de la cave pour le stockage écoresponsable de la nourriture = 500 m² cultivés, environ) : environ 150 kg de pdt, une centaine de courgettes/concombres/courges (les deux premiers ont été consommés pdt la saison et conservés en lactofermentations, les troisièmes devaient finir à la cave = réserves hiver), des tomates pour des salades, des gaspachos et des bocaux (environ 7 litres, à la louche), environs 200 grammes/jour de fraises/framboises/mûres pour les confitures et les desserts de la saison estivale [ nous avions un congélateur – cf. étude de nos besoins et des dépenses énergétiques – pour congeler certains fruits/légumes – cf. le céleri branche pour les soupes, en dés dans une poche et prêt à l’emploi et cf. les poches pour les gamelles du chien car le boucher nous filait des kilos d’invendus = calculs des besoins du chien = UNE poche/gamelle, etc, etc, etc .], des betteraves, des blettes, des épinards, ail/oignons (pas si facile, nous en rachetions après consommation de notre production), la menthe/mélisse pour les infus (le millepertuis est sauvage), nous ramassions des myrtilles (confitures/coulis), des châtaignes et des noix (et nous devions quand même racheter des fruits secs : cf. calculs de nos besoins/dépenses énergétiques), des salades et des radis, des choux (une petite vingtaine, toutes variétés comprises), du basilic, de l’origan, beaucoup de ciboulette, nous faisions sécher des champignons et des barquettes (de champignons, pour le congel) et nous avions des poules pondeuses sans coq (système de turn-over = quatre à cinq poules en phase de « ponte intense » pour deux « vieilles », en moyenne) et nous DEVIONS QUAND MÊME FAIRE DES COURSES COMPLÉMENTAIRES !

    Nous avions prévu ruches, pisciculture et élevage de poulets (questionnements relatifs à notre foi, nos besoins en protéines animales, etc.). Il y avait de l’ortie (vu la vidéo de Sylvain trop tard, pas eu le temps de l’intégrer même si c’était prévu.)
    Nous n’utilisions pas de chimique (zéro) et devions lutter fort pour que le voisinage « suive ».
    Les mentalités agricoles, comme les autres, subissent les lois du marché : ce sont des commerçants qui ne savaient pas que le chimique rendait malade. Ils l’ont su trop tard : une commerçante de mon quartier vient encore travailler malgré son diabète, en fauteuil et son mari ne parvient pas à toucher sa retraite.
    Alors, oui, l’écolo attitude des politiciens c’est pas beau. Je fais de la politique du quotidien, c’est différent, je pense…

  • Karaba30quicouve

    @predateur : j’en oublie.
    J’ai fait des fichiers tant que j’avais les chiffres en mémoire et il peut y avoir des erreurs.
    Nous buvions du kéfir à l’eau de source (pure = salamandres et pontes) malheureusement l’eau a été coupée (après ma mise à la porte manu militari).
    Nous remplissions tout de même une cuve de 1000l/jour (système de captage d’une vieille fontaine, bélier hydraulique) située au-dessus de la maison sur une parcelle bétonnée mieux exposée (quelques poivrons/aubergines en bacs, le fil à linge et une véranda à semis prévue) qui devait servir à l’usage de la maison (chaudière à bois prévue) et nous avions des cuves de récupération d’eau de pluie.
    Nous nous chauffions exclusivement au poêle à bois : que nous ramassions/coupions/fendions nous-mêmes.