Ma démocratie a la gueule de bois !

A l’aube du second tour des législatives, le coup de poker de Mélenchon ne lui permettra peut-être pas de caresser son rêve de devenir premier ministre mais il aura jeté le trouble dans la macronie. Les troupes présidentielles, n’ayant pas même pris la peine de débattre ni pour la présidentielle ni pour les législatives, imaginaient sans doute qu’il ne s’agissait que d’une simple formalité, une sorte de « tacite reconduction », mais il n’en est rien.

Bien entendu, ce système de scrutin favorise les troupes de Macron en dépit de leur score global et ne donne que les miettes même à ceux, comme le RN, qui représentent cependant des scores très élevés, mais c’est ainsi. Imaginer que les marcheurs n’obtiennent pas la majorité absolue n’était pas une option pour Emmanuel Macron. Comment oserait-on lui mettre des bâtons dans les roues, lui qui représente LA République face à tous les dangers qui l’assaillent de tous bords, de gauche comme de droite ? Impensable.

Alors que Jean-François Copé réécrit l’histoire de manière absurde en imaginant une République fragile attaquée par les extrêmes comme au temps de Weimar, Macron, craignant de se faire déborder sur l’aile, s’envole. En route pour la Pologne et l’Ukraine, sans réelle justification d’un tel voyage si ce n’est prendre de nouveau une posture à l’international, histoire de se placer une nouvelle fois au-dessus de la mêlée. Mais juste avant cela, il n’aura une fois de plus pas oublié de montrer sa face sombre, celle du mépris et de la coercition. Laura, la jeune lycéenne qui aura eu l’outrecuidance d’interpeler le chef de l’Etat à propos de ministres mis en cause dans des affaires de viol et de violences contre les femmes en aura fait l’amère expérience.

Balayant ses propos d’un revers méprisant au possible, Emmanuel Macron a ensuite mis en marche sa mécanique habituelle en envoyant la Gendarmerie dans son lycée. Sous un prétexte pour le moins douteux, les gendarmes ont bel et bien fait la leçon à la jeune femme dans une bien maladroite tentative d’intimidation. Des méthodes maintenant devenues monnaie courante qui laissent peser l’ombre de temps plus anciens que l’on croyait à jamais révolus qui laissent à penser que l’extrémisme n’est pas forcément là où on le pense et qu’il peux parfaitement avancer masqué. Fort heureusement les multiples soutiens reçus par Laura ont eu raison de la méthode employée sans toutefois permettre d’apporter une réponse à sa question pourtant simple, simple mais sacrément embarrassante.

Sylvain Devaux

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A propos Sylvain Devaux

Universitaire de formation (Géographie et histoire), responsable d'archives après une carrière dans le tourisme, mais aussi correspondant de presse et ancien rédacteur en chef de la Robolution (Insolentiae).

3 Commentaires

  1. Je crois que les choses sont claires. Qu’il s’agisse de « vote transparent » (aucun vote ne l’est) ou de vote tripatouillé, ils ne se font aucun souci. Au demeurant ils auront un petit frisson de salon en imaginant je ne sais quel accroc… Le peuple étant sous chloroforme, ils peuvent tout se permettre. Vont-ils se gêner !
    Un débat ! Des débats ! Allez votre chemin, manant, où il vous en cuira !

  2. Ma démoncratie a la gueule de bois !

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