A dictature, dictature et demie

Pour illustration/123.fr

Par Sylvain Devaux

La droite conservatrice a fait la course en tête en Italie et la victoire de Giorgia Meloni qui devrait se confirmer à cette heure est historique. Que l’on adhère ou non à ses thèses et à ses thèmes favoris, le peuple italien a voté souverainement. Après la Pologne et la Hongrie, l’Italie s’apprête à rejoindre les rangs des pays dirigés par « l’extrême droite ». Je mets volontairement entre guillemets ce qualificatif parce que ces partis sont plutôt ultra conservateurs qu’extrêmes comme pouvait l’être la droite il y a une quinzaine d’année et qu’ils se sont largement « dédiabolisés » comme l’expriment certains observateurs.

Alors que la France dégringole dans les sondages sur les pays les plus sûrs pour les visiteurs étrangers (Numbeo) et que les faits divers les plus sordides s’accumulent à un rythme effréné, il ne faut pas être étonné du score du RN dans notre pays, même si ce n’est pas le seul thème favori de ce parti. Il ne faut pas non plus s’étonner du score de Fratelli d’Italia dans son pays soumis à des vagues d’immigration et quelque peu abandonné par l’Europe dans cette problématique. Mais il ne faudrait pas avoir l’air surpris non plus au regard d’un autre aspect des choses et non des moindre.

Se disant garante de la liberté, l’Europe soutient et cautionne, voire impose, des mesures liberticides comme les passeports sanitaires, les confinements et autres pass vaccinaux. Elle oblige les pays d’Europe, parfois contre leur gré (Danemark) à régler la facture de vaccins non souhaités. On passera également sur les accords commerciaux catastrophiques tant pour l’écologie que pour les pays d’Europe producteurs. C’est donc cette Europe, celle des lobbies, qui entend donner des leçons de démocratie et brandir la liberté comme rempart ? Ursula Von der Leyen, présidente de la commission, sans légitimité politique, avait adressé un message des plus menaçant à l’Italie, exprimant ainsi son point de vue « Nous verrons le résultat du vote en Italie, il y a eu aussi des élections en Suède. Si les choses vont dans un sens difficile, nous avons des outils, comme dans le cas de la Pologne et de la Hongrie ». Le tout devant un drapeau américain plutôt incongru dans le décor.

Ce discours surréaliste, sommant le peuple italien souverain de bien voter sans quoi les sanctions tomberaient (financières en particulier) en dit long sur le sens démocratique de l’Europe d’aujourd’hui. Ce merveilleux projet d’unité européenne, dont l’Italie était l’un des pays fondateurs faut-il le rappeler, montre aujourd’hui un visage non seulement nuisible mais plus totalitaire que les régimes supposés de quelques pays membres qui osent remettre en cause certaines décisions de Bruxelles. Décidément, une fois encore, la « bien-pensance » n’a une vision de la démocratie et de liberté que lorsque cela l’arrange. Alors nous ne sommes plus du tout dans cette démocratie et cette liberté affichées, mais bien dans le premier des totalitarismes.

Sylvain Devaux

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Volti

7 Commentaires

  1. Ursula ne sait pas ce qu’est la démocratie, elle n’y a à coup sûr jamais participé.
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    La démocratie ? La Commune Insurrectionnelle de Paris en était une, on l’a noyée dans le sang mais son esprit est TOUJOURS vivant.
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    La ZAD de Notre Dame des Landes en est toujours une, mais elle ne concerne qu’une ou deux centaines de personnes. C’est peu, mais cela existe.
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    Le Venezuela en est une, mais à quel prix !
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    Ce n’est pas pour rien que Sieyès, le 7 septembre 1789, avait déclaré que la France ne serait jamais une démocratie : c’est sûr, aussi longtemps qu’il existera une bourgeoisie, ce sera incompatible.

    • Dixit :
      “C’est sûr, aussi longtemps qu’il existera une bourgeoisie, ce sera incompatible.”

      C’est sûr, quand nous seront tous miséreux au profit de l’élite banquière, la bourgeoisie aura disparu
      Oui cela sera une bien belle victoire obtenue de haute lutte par les idéalistes du système, grand merci à tous ces grands soldats moralisateurs pleins de grands et nobles sentiments.

      – Sinon, force est de constater qu’aucun, absolument aucun, grand mouvement de gauche n’est entré en conflit ouvert de grande envergure, contre le grand capital financier*.
      Du reste, aucun de droite non plus.
      Mais ça c’est “normal”, dirions nous.

      Face au constat final, il serait peut-être temps de se questionner sérieusement.

      *) Même pendant “1870 la commune de Paris”, les communards garderont l’hôtel particulier des Rothschild, le préservant ainsi de toute dégradation.https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif

  2. en Démon_cratie

  3. Néo-fasciste, post-fasciste, adoratrice de Mussolini… on peut en inventer plein d’autres : para-fasciste, péri-fasciste, sub-fasciste, crypto-fasciste, proto fasciste, mussoliniste… S’accrocher, telle une bernique à son rocher, à l’adjectif fasciste pour qualifier Giorgia Meloni, ça devient un peu clownesque.

  4. Les extrêmes font de la politique, donc comme la gauche et la droite, ils sont cooptés, les italiens ont mis au pouvoir ceux qui ont été choisit en coulisse, le reste c’est du théâtre. https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_negative.gif

  5. @ Suzanna
    https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_good.gif Je crois bien aussi, comme toujours !

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