Dans le Var, l’Office de la biodiversité couvre la destruction de la nature par une carrière

Source REPORTERRE

Début des travaux sur le site de la future carrière de Mazaugues. © Guy Pichard/Reporterre

Une biodiversité détruite sous les yeux de l’OFB

Malgré l’exploitation humaine des sous-sols, beaucoup d’animaux et de plantes sauvages ont élu domicile au sein du parc naturel régional de la Sainte-Baume. En 2018 puis 2019, le bureau d’études écologiques Éco-Med a confirmé la présence d’espèces protégées sur le site d’exploitation. «Il y a ici des espèces vivantes rares et protégées, dit Olivier, un naturaliste proche du collectif. Nous avons notamment comptabilisé treize espèces de chiroptères [Chiroptera, des chauves-souris], des pélodytes ponctués [Pelodytes punctatus, un tout petit amphibien], des lézards ocellés, des papillons, des plantes et de nombreux oiseaux.»

Les travaux ayant débuté, le terrain de la future carrière a été en partie défriché et terrassé, entraînant donc une destruction d’espèces protégées et de leurs habitats. Ce qui ne semble pas déranger Provence Granulats ni la préfecture, qui a donné son autorisation d’exploitation… ni l’Office français de la biodiversité (OFB), établissement public censé faire respecter la réglementation en la matière.

Dès 2012, une association protectrice de la nature avait pourtant averti l’ONCFS (futur OFB) [1] de la présence d’espèces protégées. Un procès-verbal avait été dressé, constatant une «altération de l’habitat d’espèces protégées», des chiroptères en l’occurrence.

Si un avis de la préfecture disait le contraire, un agent de l’ONCFS avait à l’époque constaté les faits et les travaux auraient dû être stoppés net. Malgré cela, l’entreprise n’a pas été inquiétée, comme le confirme à Reporterre une source interne au sein de l’OFB, ainsi qu’un conseiller municipal de Mazaugues, Alain Darmuzey. Pis encore, des sauterelles carnivores très rares, des magiciennes dentelées (Saga pedo, un des plus grands insectes de France), ont été trouvées par des membres du collectif (et leur présence confirmée par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur), qui a dans la foulée, en octobre 2020, prévenu l’OFB. «C’est une espèce à très fort enjeu de conservation qui doit par sa seule présence, normalement, arrêter n’importe quel chantier non doté de dérogations», assure à Reporterre notre source au sein de l’OFB.

Là encore, la destruction en cours de nombreuses espèces protégées ne semble pas urgente aux yeux de la police de l’environnement sur place : «Il y a une réelle volonté des directions locale et régionale de l’OFB à ne pas agir dans ce cas précis», assène le fonctionnaire au sein de cette administration.

Un sentiment partagé par les membres du collectif local. «Le 9 avril 2021, nous avons signalé à toute la chaîne hiérarchique de l’OFB [2]la présence des espèces protégées et de leur destruction en cours. On leur a donc demandé d’intervenir en urgence», déplore Thierry, membre du CACM. 

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