« Gilets Jaunes. Ce n’est pas l’acte 52 mais l’acte 2 » L’édito de Charles SANNAT..

La révolution prend du temps, l’exécutif est aux aboies et la stratégie du diviser pour étouffer les revendications, est le chemin choisit. Ne pas se laisser berner par les sujets « drapeaux » comme le voile, et autres succédanées pour que l’on ne voit pas le naufrage de notre société, volontairement détruite, par ce pouvoir, gangrenée par le copinage, le népotisme et la corruption. Un peuple uni ne peut pas être vaincu. Partagez ! Volti

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Charles SANNAT pour Insolentiae

Mes chères impertinentes, chers impertinents

Je disais il y a quelques mois dans un édito consacré à ce sujet, qu’une révolution cela prend du temps, et qu’il ne faut pas confondre le temps long de l’histoire avec notre culture de l’immédiateté et de l’information en temps réel de BFM TV.

La révolution française est un processus qui durera en réalité 10 ans. Elle est traditionnellement placée entre l’ouverture des états généraux, le 5 mai 1789, et le coup d’État du 18 brumaire de Napoléon Bonaparte, le 9 novembre 1799, qui inaugure la période du Consulat et aboutit, cinq ans plus tard, à l’avènement de l’Empire.

Entre temps, Louis XVI est guillotiné le 21 janvier 1793 place de la Révolution soit presque 4 ans après le début des événements.

Après un an de mouvement Gilets Jaunes, qui n’a pas cessé en réalité, montrant une motivation inoxydable en dépit d’une répression policière violente, et d’une répression judiciaire réelle, il convient de prendre cette permanence de la « jacquerie » pour ce qu’elle est à savoir un ras-le-bol désormais viscéral de la gouvernance de notre pays.

L’acte II va réellement commencer.

Si tout part d’une hausse de trop sur le gasoil qui touche, avant tout, les petits et les sans-grades, le peuple qui se tait et qui bosse, depuis un an, rien n’a changé.

La seule politique, qui a été menée, a été une politique de communication et de propagande. C’est efficace à court terme. Les élites parisiennes effrayées par le réveil d’un peuple qu’elles ne veulent plus voir, se sont précipitées au service du monarque républicain. La propagande a été massive, accompagnée de répression policière, d’éborgnages hebdomadaires, et de condamnations en comparution immédiate.

C’est très bien. C’est parfait pour nos élites parisiennes qui n’ont pas conscience des forces terribles qui viennent de se réveiller, partout dans ce pays, aussi bien dans ses banlieues que dans ses campagnes.

C’est très bien, c’est parfait, on nous a même organisé des discours appelés « grand débat » ou Mamamouchi Premier, seul au milieu de l’arène (aux spectateurs soigneusement sélectionnés tout de même) monologuait pendant des heures, et des heures.

C’est très bien, c’est parfait, mais il n’y a là rien.

Il ne reste rien de tout cela.

Les grands débats de Macron sont déjà oubliés et je suis persuadé qu’en lisant ces lignes vous allez dire  » ha oui… cela me semble si loin », si loin et si vain… Vide.

Aucune réponse…

Aucune réponse n’a été apportée aux maux de la France, qui pendant cette année, se sont aggravés considérablement. Comme dans toutes les périodes agitées, nous avons des radicalités qui se répondent et qui montent en puissance.

La montée en puissance d’un côté.

L’impuissance politique de l’autre.

Le naufrage de la société française est total.

Total et multiple.

Il est social, il est technique, il est financier, il est ethnique, religieux, scolaire, éducatif. Rien n’y échappe.

Ces naufrages se renforcent et se nourrissent les uns et les autres.

L’impossible convergence à court terme et inéluctable sur le temps long !

Sur le temps court, il est possible aux syndicats de réaliser le « contrôle social » pour lequel ils sont mandatés par le pouvoir. Ils encadrent efficacement le mécontentement. Cette analyse est valable uniquement en situation douce. Lorsque ce qui tiraille la société civile n’est pas trop prégnant.

Nous sommes arrivés à un stade, où nous ne sommes plus dans un situation douce, ou calme, où l’on veut juste négocier une augmentation de la grille des salaires…

En poursuivant une politique de destruction systématique de tout ce qui faisait le pacte social français que nous n’avons – soyons justes – pas du tous les moyens de maintenir dans notre organisation actuelle (pas de souveraineté monétaire, pas de souveraineté douanière), la convergence des « luttes », comme on dit, n’est qu’une question de temps. Nous y sommes. Alors vite… divisons, mais comment si ça converge?

Pour éviter la convergence, il faudra jouer la division « ethnique ».

Au bout de ce processus politico-économique, le pouvoir n’aura plus qu’une carte à jouer. Funeste. En réalité il la joue déjà. C’est le vieux principe du diviser pour mieux régner.

On fait monter le Front national, pardon le Rassemblement national, pour choisir son adversaire. Pour faire cela, il faut appuyer sur les divisions ethniques qui cisaillent notre pays. Des centaines de morts ces dernières années sur notre sol. Dans nos villes.

Nous en sommes arrivés au stade où un vieil homme de 84 ans, avant de tirer sa révérence, décide de tirer sur des concitoyens musulmans. En face, on défile et quelques radicaux font scander Dieu est Grand, alimentant la radicalité de l’autre.

La boîte de pandore est ouverte.

Il n’y a, là, plus de question d’argent.

L’économie s’efface pour devenir ce qu’elle est au fond, à savoir de l’intendance.

Il n’y a, là, que du « tripal », de « l’irrationnel », de l’émotionnel. Les raisons s’effacent, les passions s’enflamment.

Le cocktail le plus dangereux.

La guerre d’Algérie n’a jamais été qualifiée de guerre. C’était « les événements ». Nous sommes entrés dans une ère d’événements, et ce sera pour le plus grand malheur de tous.

E. Macron, comme F. Hollande, ne sera vraisemblablement pas en mesure de se représenter parce que nous passons du côte-à-côte au face-à-face de Gérard Collomb.

La seule question qui devrait occuper nos dirigeants est celle-ci. Comment guérir notre pays avant qu’il ne soit trop tard ? Dieu est grand, mais nos dirigeants sont tellement petits. Tellement petits. Alors, nous n’apporterons aucune réponse, comme durant cette première année de « Gilets Jaunes ».

Le véritable acte 2 va donc pouvoir commencer.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Voir :

La FED sonne l’alerte sur la dette américaine !

Les 3 problèmes de l’industrie française

Danger sur la conduite autonome !

« Ceci est un article « presslib » et sans droit voisin, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

16 commentaires

  • Tu as raison, Volti: ne pas se laisser berner par les sujets « drapeaux »… On peut se focaliser sur un but jusqu’à ce qu’il soit atteint, c’est une bonne démarche. D’un autre côté, les dangers se multiplient et on risque de ne pas les voir, de passer à côté. Car même le voile n’est pas une histoire anodine. Agresser une mère de famille ou une histoire de ce genre n’a en effet aucun sens, et en faire un pataquès non plus. C’est la rubrique des chiens écrasés (pauvres bêtes !).

    Il nous faut vraiment construire un nouveau monde en faisant fi, autant que possible, de tout ce que nous avons appris jusque-là, de toutes nos mauvaises expériences, de nos endoctrinements… c’est difficile mais faisable.
    Quand j’entends des GJ dire que c’est le pouvoir d’achat qui leur pose problème, je suis toujours déçue. Oui, bien sûr, vivre correctement est important. Mais nous sommes devant un problème existentiel:
    – quel monde voulons-nous créer ? Le monde de la possession ? On l’a déjà. Il génère des riches et des pauvres, immanquablement, des jaloux, des frustrés, des orgueilleux, des dominants et des dominés, des prédateurs et des proies…
    – Que signifie vivre correctement ? Ou placer la dignité humaine ?
    Le monde actuel est trop pesant au niveau énergétique. Faire le ménage est indispensable: en nous, chez nous, mais aussi virer ces institutions et ces élites qui pèsent de tout leur poids sur notre dos.

    • Volti Volti

      Les sujets « drapeaux » sont là pour mettre la zizanie entre les diverses portions du peuple et l’usurpateur en chef le sait très bien, il joue avec les nerfs des gens en souhaitant qu’un clan ou l’autre, pète les câbles, ce sera l’apothéose pour instaurer le final de sa dictature et tout cadenasser. Il ne faut pas tomber dans les pièges tendus pas ce psychopathe.. :(

    • Avatar LaoTzu

      Pour une fois ou deux, peut être trois, https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_good.gif

  • Avatar xc

    On ne voit plus de gilet jaune en évidence sur les tableaux de bord. Ce me semble un signe de perte de popularité du mouvement, à supposer qu’il ait pu avoir quelque popularité. Je pense plutôt que les automobilistes qui arboraient cet accessoire voulaient simplement ne pas être emm..és en cas de barrage de GJ.

    • Avatar Montet

      Jamais arboré de gilet jaune sur ma voiture. Pas besoin de me colorer pour abhorrer cette insanité de temps dystopiques dans laquelle nos Déviants nous ont entrainés.

    • Avatar Balou

      Non non, il y en a encore qui le mettent, par solidarité . Le problème est que sur le pare brise ça fait mal aux yeux du conducteur en plein soleil. J’ai fini par le mettre autour du repose tête passager. M’en lasse pas..

      • Volti Volti

        Et arborer un gilet jaune par les temps qui courent, c’est comme se promener avec une cible dans le dos!! Ils ont peut-être fini par le comprendre ;)
        D’ailleurs dans une foule dense, les policiers sont bien ennuyés, ils ne savent plus qui est qui ou quoi ;)

  • Avatar Montet

    Et si par malheur samedi ILS seraient assez fous pour faire tirer à balles réelles dans la foule ?