Le PS à la dérive

Qu’est donc devenu le Parti Socialiste en France. Il ne fait pas rêver et ne joue plus du tout en tête de série. Sans refaire l’histoire, il est vrai que les belles idées de progressisme, de liberté et de solidarité se sont envolées depuis bien longtemps. Sur le site du PS, l’on peut lire : « L’histoire du PS s’inscrit dans un long combat, mené de générations en générations, par des femmes et des hommes qui ne se sont jamais résignés à l’injustice, la déraison, les inégalités qui sévissent un peu partout dans le monde ». L’échec de ce parti à atteindre ces objectifs depuis quelques décennies, entre autres problèmes par ailleurs, lui a valu ce désintérêt qui lui fait aujourd’hui jouer les seconds couteaux.

Après avoir défendu la vaccination obligatoire pour tous, au mépris total d’un consentement soi-disant libre et éclairé, la dernière en date est tout à fait symptomatique du renoncement aux valeurs affichées, oubliées depuis longtemps. La semaine dernière, 15 présidents PS de départements ont signé une lettre adressée à Jean Castex annonçant leur refus de verser le RSA aux personnes privées de salaire pour non-vaccination. Bien entendu, il s’agit d’un tacle envers le Gouvernement, estimant que les départements n’ont pas à financer les manquements ou que cela ne serait pas l’outil le plus approprié, mais cela serait toutefois réducteur. A écouter Xavier Fortinon, Président des Landes, ce n’est pas une question d’argent mais pour lui, le RSA « ne doit pas servir à financer les pertes de ressources des personnes qui ne sont pas vaccinées ».

Ce bras de fer avec l’Etat, mais surtout ce parti pris, laisse donc sur le carreau les personnels non-vaccinés, oubliant au passage la raison d’être de ce revenu, la solidarité. Et avec le même culot ces présidents expliquent « qu’il ne faut laisser personne sans aucun revenu ». Preuve est faite, mais elle l’est depuis longtemps, que le PS est au fond du trou idéologique et risque encore d’y rester longtemps. La solidarité et la justice sont éminemment à géométrie variable au sein de ce parti vidé de sa substance, mais ce qui est invariable ce sont les scores qu’il réalise aujourd’hui. Rien d’étonnant finalement.

Sylvain Devaux

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