Histoire : Il y a 20 ans..

Toujours les mêmes à la manoeuvre..

Source Histoire et Société via Réseau-International

Titre original : Porte-avions à Marseille, les USA visent la Serbie, par COMAGUER

Pour ceux qui ont vécu les assauts de propagande subis durant les guerres en Irak et celle en Bosnie, sans parler d’autres expéditions comme celle de Syrie, nous reconnaissons les scénarios et aujourd’hui nous avons choisi de vous rappeler certains d’entre eux. Parmi ces faits, il y a une tradition que nous connaissons à Marseille, celle de l’escale des porte-avions US. Je me souviens encore de la manière lors du déclenchement de la guerre d’Irak, en manifestant à quelques-uns devant le consulat de États-Unis à Marseille, j’avais rapporté les propos du commandant des CRS qui m’avait expliqué que toute la nuit ils avaient dû empêcher les « marines » commettant des dégâts dans Marseille. Il m’avait expliqué « ce sont des voyous, si on compte sur eux pour pacifier l’Irak, on est pas sorti de l’auberge ». En décembre 2022, comme le raconte ici COMAGUER nous avons eu une nouvelle visite qui se prépare à jouer sa partie en Serbie. Cela nous donne l’occasion d’un rappel historique dans un temps où l’oubli est à la base de tous les bellicismes. Aujourd’hui l’UE admet la Croatie dans l’espace Schengen et autorise l’extrême-droite de ce pays comme dans le Kosovo à la mise au pas des Serbes…

Danielle Bleitrach

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Au mois de décembre 2002 COMAGUER appelait à une manifestation de protestation – qui eut effectivement lieu – contre la présence dans les bassins du port de Marseille du porte-avions Harry Truman en route vers la Méditerranée orientale en préparation de l’invasion de l’Irak et diffusait le bulletin qui suit.

L’attaque de l’Irak eut bien lieu sans l’aval du Conseil de sécurité puisque la Russie et la France s’y étaient opposées. Depuis 3 présidents se sont succédé à la tête de la République française tous plus alignés les uns que les autres sur Washington et régulièrement des porte-avions US en mission en Méditerranée font escale à Marseille, un des rares ports méditerranéens où ils peuvent accoster, vu leur taille. Ainsi un des derniers nés de la série des porte avions US le HW BUSH nom de code CVN 77 a fait escale à Marseille en décembre 2022.

Il est ensuite parti vers l’Adriatique où il stationne face aux côtes de l’Albanie. Cette mission s’inscrit dans le cadre de la préparation de l’exercice DEFENDER EUROPE 2023 qui se tiendra au printemps et verra arriver sur le sol du Kosovo à partir de l’Albanie 20 000 soldats étasuniens avec armes et bagages. Cet exercice est une provocation destinée à faire pression sur une Serbie toujours récalcitrante qui refuse de reconnaitre l’indépendance du Kosovo et qui a le droit pour elle à commencer par les résolutions du Conseil de Sécurité.

La position de la Serbie rencontre un écho de plus en plus large puisque de nombreux États en particulier africains Burundi, Liberia, Sao Tomé-et-Principe, Guinée-Bissau, Lesotho, Comores, Madagascar, République centrafricaine, Togo, Somalie, Burkina Faso, Gabon, Eswatini, Libye, Guinée, Antigua-et-Barbuda, Maldives, Sainte-Lucie et Ghana sont revenus sur leur reconnaissance initiale.

Ils rejoignent le très large groupe initial de refus qui comprend : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Argentine, Arménie, Azerbaidjian, Belarus, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Cambodge, Chili, Chine, Chypre, Congo, Corée du Nord, Cuba, Équateur, Espagne, Grèce, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Kazakhstan, Kenya, Kirgizstan, Laos, Maroc, Mauritanie, Namibie, Philippines, Roumanie, Russie, Serbie, Soudan, Sri Lanka, Syrie, Tadjikistan, Tunisie, Venezuela, Vietnam.

Dans ces conditions la reconnaissance internationale du Kosovo est évidemment impossible mais cela n’empêche pas les États-Unis de continuer à entretenir leur énorme base de Camp Bondsteel au Kosovo ni à leur âme damnée britannique de livrer des armes lourdes à une armée du Kosovo de deux régiments en cours de constitution sous le vocable hypocrite KSF (Forces de sécurité du Kosovo). Pour les armes légères les circuits clandestins depuis l’Ukraine sont pleinement opérationnels.

Tout ceci confirme que pour les États-Unis et leurs laquais de l’OTAN la guerre contre la Serbie de 1999 – 78 jours de bombardement – n’a pas encore porté tous ses fruits puisque le Kosovo, leur nouvelle colonie/base, à défaut d’être un État indépendant reconnu demeure une purulence soigneusement entretenue qui infecte tous les Balkans. L’empire finissant n’est plus qu’un facteur de désordre.

Contre la guerre, comprendre et agir – Bulletin n°44 – comaguer@nomade.fr – semaine n° 51 – 2002

L’US Navy fête Noël à Marseille… et les enfants d’Irak se préparent à mourir.

Marseille accueillera du 23 au 27 décembre le porte-avions nucléaire US « TRUMAN » en route vers la Méditerranée orientale. Les 5 ou 6 mille hommes qui sont à son bord prendront quelques jours de détente dans notre ville et partiront ensuite se mettre, au large des côtes israéliennes ou syriennes, en position de tir sur Bagdad.

D’un côté, des jeunes hommes (et quelques femmes) bien nourris, bien habillés, supérieurement équipés qui, sur ordre venu de Washington, sèmeront la mort à distance en appuyant sur des boutons, de l’autre, des familles irakiennes qui attendent leur dernière heure comme un condamné à mort attend l’exécution de la sentence dans une prison des États-Unis c’est à dire sans savoir quand ce sera le bon plaisir de Georges Dabeliou Bush. Tous les Marseillais qui auront de la difficulté à supporter la tranquille insouciance des semeurs de mort se rassembleront pour une protestation silencieuse contre la mort programmée des irakiens le Jeudi 26 décembre à 18H sur le quai des Belqes.

À cette occasion nous nous rappellerons que la décision de bombarder Hiroshima et Nagasaki a été prise par un certain Harry Truman, président des États-Unis.

Fin de la dissidence allemande

Schröder met de l’eau dans son vin et désavoue les Verts

Après avoir mené campagne contre la guerre d’Irak, le gouvernement allemand, soumis depuis son installation à des manifestations de mécontentement du gouvernement des États-Unis, vient d’assouplir sa position et s’oppose à la nouvelle direction des ses alliés « Verts » résolument anti-guerre. II vient de faire savoir que l’Allemagne respectera ses engagements envers l’OTAN, ouvrira ses bases aériennes aux avions US et laissera les équipages allemands des AWACS, ces avions radars qui assureront le contrôle total du ciel du Moyen-Orient, effectuer leur mission. Un tiers des équipages des AWACS est allemand !

Le secret diplomatique protège encore le montant de la contribution financière de l’Allemagne à la future campagne d’Irak, mais le précédent de la guerre du Golfe laisse penser qu’il s’agira de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Indonésie

De l’utilité des attentats

L’attentat de Bali ouvre opportunément la porte à un renforcement des liens entre l’armée indonésienne et celle des États-Unis. La CIA qui avait soutenu le coup d’État contre Soekarno (500 000 à 1 million de morts) avait maintenu des liens étroits avec Sukarno et les généraux indonésiens, comme beaucoup de généraux latino-américains, étaient formés, entraînés et équipés par les États-Unis. Ces liens s’étaient distendus et la nouvelle équipe dirigeante indonésienne, avec à sa tête la fille de Sukarno, ne s’empressait pas de les renforcer. La page est en voie d’être tournée et une coopération étroite va revoir le jour. Cela satisfera tout particulièrement Howard le Premier ministre australien qui, dans le genre lèche-bottes, est en train de devenir le Blair de l’hémisphère Sud.

Liberté de la navigation et du commerce

Un navire transportant des Scuds fabriqués en Corée du Nord et destinés au Yémen a été arraisonné dans les eaux internationales par deux navires de guerre espagnols agissant à la demande des Etats-Unis. Cette opération de basse police concernait une opération commerciale officielle couverte par un contrat de transport en bonne et due forme. Mais les États-Unis, si attachés en parole à la liberté du commerce international, veulent ainsi manifester leur volonté de mettre leur nez dans le commerce des armes où ils veulent rester les maîtres. Pourtant aucune règle internationale, aucune décision de l’ONU n’interdit au Yémen, État souverain, d’acheter très officiellement des armes pour sa défense.

Mais l’opération avait surtout pour objectif médiatique de souligner qu’il circulait au Moyen-Orient des SCUDS, missiles associés dans l’esprit du public à l’Irak, et d’entretenir le climat général de préparation à la guerre.

Dans un souci d’apaisement de l’opinion, précisons qu’un SCUD a la longueur d’un camion et qu’il est difficile d’en transporter un dans un sac de sport dans le métro.

L’ONU ridiculisée

Le rapport des inspecteurs de l’Irak a été demandé par un vote unanime du Conseil de sécurité mais le rapport lui-même (12000 pages plus 8 CD-ROM) ne sera pas remis dans son intégralité à tous. Les États-Unis s’en sont d’abord emparés seuls – soi-disant parce que l’ONU n’avait pas les capacités de photocopie – ont accepté ensuite d’en remettre une exemplaire – probablement expurgé – aux membres permanents (Russie, France, Chine et Grande-Bretagne) et ont fait savoir aux autres qu’ils n’auraient pas accès à l’intégralité du document.

Ce qui dérange surtout les États-Unis c’est que le document mentionne le nom et la nationalité de tous les matériels et produits recensés. Sa diffusion pourrait faire apparaître que les armes de destruction massive de l’Irak ou les matériels pour les produire lui ont été fournis sans sourciller par ceux qui l’accusent aujourd’hui de dissimulation.

De toute manière, l’Interview de Richard Perle, conseiller de Bush pour la Défense, au Figaro confirme s’il en était besoin que le résultat des inspections, quel qu’il soit, ne changera pas la politique des États-Unis.

Le feuilleton de la guerre continue donc. Les États-Unis amusent la galerie avec des débats faucons contre colombes, la résolution 1441 permet-elle l’agression avec ou sans nouveau vote du Conseil de Sécurité, les inspections sont-elles probantes ou pas ?

Tous ces débats sont des leurres. Les États-Unis passent le temps, distraient l’opinion, mais continuent leurs préparatifs militaires qu’il s’agisse d’une invasion massive du pays, d’une opération secrète menée par des forces spéciales déjà infiltrées depuis la Turquie ou le Koweit ou d’un assassinat de Saddam Hussein et de son entourage immédiat. Ils sont décidés à faire ce qu’ils voudront quand ils voudront sans comprendre que leur isolement et leur mépris des peuples signe la fin de leur suprématie.

Chavez ou Saddam ?

À l’OPEP, on ne discute pas seulement des prix du pétrole. Un invité russe (la Russie n’est pas membre de l’OPEP mais est invitée aux réunions en sa qualité de premier ou second, selon les années, producteur mondial) a indiqué que, dans l’ordre des coups d’État en cours d’orchestration par les États-Unis, le Venezuela venait avant l’Irak. Mais la déstabilisation du président vénézuélien semble plus laborieuse que prévu et la quatrième « grève générale » organisée par le patronat et par les cadres et dirigeants de la société pétrolière nationale n’a pas abouti à la démission de Chavez.

Dommage pour les États-Unis car le successeur qu’ils avaient choisi à Chavez n’était autre que Ali Rodriguez Araque, ancien PDG de la société pétrolière nationale, ancien secrétaire général de l’OPEP, un expert pétrolier qui aurait certainement montré beaucoup de compréhension pour les demandes étasuniennes.

source : Histoire et Société via Réseau-International

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