L’Ukraine n’est pas une démocratie ni un bastion de liberté dont parlent les médias occidentaux

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D’après Ted Galen Carpenter via Observateur-Continental

Les médias américains répandent des mythes sur l’Ukraine comme étant une « démocratie éprise de liberté », mais en réalité l’Ukraine affiche de plus en plus souvent un comportement autoritaire. 

Cependant, les partisans de Kiev en Occident continuent d’ignorer, de minimiser voire de justifier le comportement répressif du régime de Volodymyr Zelensky, écrit Ted Carpenter, commentateur du magazine The American Conservative

L’Ukraine est un État corrompu et de plus en plus autoritaire, écrit le journaliste. Sachant que l’Occident passe sous silence, couvre et justifie les mesures répressives de Volodymyr Zelensky qui se sont renforcées depuis le début de l’opération militaire spéciale russe. 

Les partisans occidentaux de l’Ukraine continuent de présenter ce pays comme une démocratie éprise de liberté, alors que de plus en plus de preuves indiquent que ce n’est pas le cas. 

Le commentateur attire l’attention sur les actions des autorités de Kiev qui ne s’inscrivent pas dans le mythe sur un Zelensky défendant la démocratie. Il souligne que la situation relative à la liberté et à la démocratie en Ukraine est devenue flagrante après le coup d’État en 2014, et elle a empiré depuis un an. 

« Ce pays ne méritait pas le titre de démocratie même avant le début de l’opération spéciale russe. Et avec le début du conflit, Kiev s’est brusquement tourné vers des répressions systématiques. L’Ukraine d’aujourd’hui est un État corrompu et de plus en plus autoritaire. Ce n’est pas une démocratie, même dans le sens le plus approximatif du terme. » 

« Les vraies démocraties n’interdisent pas des partis d’opposition, ne ferment pas les médias d’opposition. Elles ne soumettent pas à une censure brutale (et à un contrôle étatique sévère) les médias auxquels elles permettent de travailler. Les véritables démocraties ne proclament pas hors la loi les églises prônant une politique qui déplait au gouvernement. Elles ne jettent pas en prison des opposants au régime et, qui plus est, ne leur refusent pas le respect des procédures légales. Elles ne tolèrent pas les tortures de prisonniers politiques. Les vraies démocraties ne publient pas des « listes noires » de critiques nationaux et étrangers et ne les transforment pas en cibles. Cependant, le gouvernement ukrainien a commis toutes ces violations », écrit The American Conservative

Au tout début déjà, les autorités ukrainiennes ont commencé à persécuter des dissidents politiques, ont recouru à la censure et ont refusé l’entrée aux journalistes étrangers jugés comme des critiques de l’État et de sa politique. Amnesty International, Human Rights Watch, l’OSCE et d’autres observateurs internationaux ont condamné ces actions offensantes. 

Après l’arrivée de Volodymyr Zelensky au pouvoir, avant le début de l’opération militaire spéciale, les répressions intérieures ont durci. Le « palmarès » de Kiev en matière de défense de la démocratie et des défenses civiles était déplorable bien avant le conflit. Freedom House a inscrit l’Ukraine dans son rapport de 2022 dans la catégorie des pays « partiellement libres » avec une note de 61 sur 100. Le rapport de Human Rights Watch de 2021 concernant l’Ukraine était également loin d’être favorable.

En février 2021, le gouvernement ukrainien a fermé plusieurs médias d’opposition affirmant qu’ils étaient une arme de la propagande russe. 

Le conflit n’a fait qu’exacerber ces tendances. Volodymyr Zelensky a immédiatement profité de ce prétexte pour proclamer hors la loi onze partis d’opposition. Se référant à la loi martiale, il a signé un décret sur l’unification de toutes les chaînes nationales sur une plateforme commune. 

Le 29 décembre 2022, le président ukrainien a signé une nouvelle loi promue par son parti au parlement. Elle limite davantage le travail de la presse indépendante. La loi exige que les médias reçoivent des licences pour exercer leur activité. Désormais, tout média ne disposant pas de documents nécessaires peut être fermé aussitôt. 

Même des institutions religieuses subissent des persécutions et des répressions de l’État. En automne 2022, l’église orthodoxe liée à Moscou en a fait les frais. Le 2 décembre, Volodymyr Zelensky a annoncé vouloir interdire toutes les organisations religieuses ayant des liens avec la Russie. 

Ted Carpenter a également rappelé que l’Occident fermait les yeux sur la propagation de l’idéologie nazie en Ukraine. 

« Certains partisans de l’Ukraine ne semblent même pas vouloir condamner le flirt continu du régime avec des éléments nazis. Un précédent particulièrement scandaleux s’est produit par rapport au rôle du bataillon Azov. Bien avant le conflit avec la Russie, cette unité était connue comme un bastion d’extrémistes et de nazis. Cependant, le complot avec ce bataillon n’était que l’une des manifestations de la tolérance générale de longue date de l’élite politique ukrainienne envers les néonazis et leur activité », a expliqué le journaliste. 

Cet aspect aurait dû susciter des interrogations de l’Occident quand cette unité est devenue un acteur primordial de la bataille pour Marioupol. Mais les auteurs des communiqués se focalisaient sur les souffrances de la population de Marioupol, sur la brutalité de la Russie et sur la résilience des braves défenseurs de la ville. Dans leurs reportages ils passaient obstinément sous silence le rôle notable des combattants d’Azov et leur idéologie. 

Selon Ted Carpenter, l’Occident devra faire face à la dure réalité dans laquelle l’Ukraine n’est pas du tout un État démocratique, et Volodymyr Zelensky n’est pas un « noble chevalier assiégé qui combat pour les valeurs démocratiques ». L’auteur est convaincu sur les États-Unis et tous les autres pays occidentaux ne devraient avoir aucun intérêt dans la crise ukrainienne. 

Ted Galen Carpenter, chercheur en chef de la défense et de la politique étrangère du Cato Institute, commentateur du magazine The American Conservative

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5 Commentaires

  1. Les arméniens sont en train d’être dépossédés de tout, les kurdes idem, les palestiniens, n’en parlons pas, en Erythrée, les ouïgours aussi… etc….. Deux poids, deux mesures ! Mais les merdias n’en ont rien à cirer, ils ont de gros chéchèques y compris directement par la fondation à kill gates…
    N’en rajoutez pas, la coupe est pleine !!

    • Il me semble que vous faites une fameuse salade sans en connaître les légumes que vous utilisez !
      Mettre les oïgours et les kurdes dans le même panier que les palestiniens n’a pas de sens. Pour l’Éruthrée, je ne sais pas, je ne connais pas le dossier.
      Les oïgours veulent leur indépendance comme État islamique et pratiquent le terrorisme pour y parvenir.
      Quant aux kurdes, s’il s’agit de ceux de Syrie, ce sont eux les agresseurs et les voleurs des syriens, ci-après un mémo que j’ai rédigé il y a quelques années et toujours d’actualité :
      IL N’Y A PAS, IL N’Y A JAMAIS EU DE ROJAVA !

      Quand j’entends parler du ‘’rojava’’ par nos médias mainstream et nos éditorialistes chiens de garde du système, mes poils se hérissent, car pour qui s’intéresse à l’histoire du Moyen-Orient sait que cette appellation ‘’marketing’’ de cette région de Syrie est un non-sens, pire, une falsification de l’histoire.
      Cette partie de l’histoire du Moyen-Orient commence avec la première guerre mondiale et plus particulièrement en 1916 avec les accords Sykes/Pico, deux diplomates représentant le Royaume-Uni pour le premier, la France pour le second, chargés par leur gouvernement respectif de se partager l’Empire Ottoman ayant eu la fâcheuse idée de s’allier avec l’Allemagne lors de la première guerre mondiale (pour des raisons objectives qu’il serait bien trop long d’évoquer ici).
      Sans rentrer dans le détail, ces accords prévoyaient, cartes à l’appui, le dépeçage de la dépouille ottomane en 5 zones d’influence française et anglaise. Parmi celles-ci, les zones bleues et A (sur les territoires de l’actuelle Turquie, Liban, Syrie et Irak) sous administration française. Au passage, signalons également la zone brune, d’administration internationale comprenant Saint-Jean-D’acre, Haïfa et Jérusalem, mais dans les faits sous administration de la Grande-Bretagne qui aura le contrôle des ports d’Haïfa et d’Acre (mais c’est aussi une autre histoire, celle qui verra commencer le martyre des Palestiniens toujours d’actualité). Cet accord fut entériné par le traité de Versailles de 1919 et les traités de Saivres et de San Remo de 1920, nonobstant quelques modifications, notamment le transfert de la partie de la zone A située dans l’actuel Irak, car la Grande Bretagne dont l’armée occupait cette zone voulait conserver le pétrole de Mossoul et Kirkouk (de mémoire, une compensation de 20% des bénéfices d’extraction fut accordée à la France comme compensation – ils n’allaient quand même pas se faire la guerre…).
      Mais revenons à nos moutons : dans la zone A, il était prévu la création d’un état arménien situé entièrement sur la Turquie et d’une région autonome /état kurde lui aussi ESSENTIELLEMENT sur l’actuel Turquie et l’Irak. Pourquoi cette région autonome/état était-elle ESSENTIELLEMENT prévue sur la Turquie et l’Irak ? He bien tout simplement parce que sur le prétendu ‘’rojava’’ syrien actuel vivaient très peu de kurdes, en tout cas, beaucoup moins que les 20% qui étaient le critère pour déterminer le futur territoire kurde.
      Mais ce qu’avait prévu le traité de Sèvres en 1920 (ci-après, je résume à gros traits), ne fut pas confirmé par le traité de Lausanne de 1923 qui mit fin à la guerre avec l’Empire Ottoman, devenant par la même occasion la Turquie ; car entre Sèvres et Lausanne, le sultan Mehmed VI qui avait accepté les termes du traité de Sèvre, le Sultan donc, fut renversé par Atatürk qui fit la guerre aux français, français qui ne purent pas militairement imposer à la toute jeune nation turque les termes du traité de Sèvres. Adieu Arménie dans les limites prévues à Sèvres et adieu tout court au Kurdistan… …qui ne valaient pas un mort français ou anglais que le peuple de ces pays sortant de la ‘’grande guerre’’ n’auraient d’ailleurs pas accepté ! Il n’en fut cependant pas de même pour la partie arabe des accords Sykes-Picot confirmés à San Remo (actuel Liban et Syrie pour la zone A française), où les moyens militaires nécessaires furent mis en œuvre tant par la France que par l’Angleterre, allant même jusqu’à inaugurer le bombardement aérien de villes et de leurs civils (Damas fut la première ville au monde à subir un bombardement aérien massif – et aussi, des gaz furent utilisés par les anglais en Irak dans cette guerre faites aux arabes, informations que vous trouverez difficilement sur la toile…), car là, les enjeux pétroliers étaient bien trop importants.
      Bref, après la défaite française face aux turcs (appelons un chat un chat) et le traité de Lausanne de 1923, il y eut un exode massif des kurdes de Turquie vers le prétendu ‘’rojava’’ syrien actuel, exode encouragé et aidé par la France qui, non par remord envers le peuple kurde, mais pour des raisons géostratégiques envisageait la création d’un état kurde en Syrie dont elle avait le mandat.
      Faisons un peu de politique fiction : imaginez que dans les années 1920, il y eut un exode massif en France du nord de belges flamands persécutés par l’état belge et qu’aujourd’hui, ces mêmes belges, à qui la France aurait accordé la nationalité française, demandent leur indépendance en appuyant par les armes une armée étrangère occupant illégalement cette partie de notre pays, qu’en penseriez-vous (le YPG appuie les USA dans leur guerre larvée contre l’état syrien dont il occupe illégalement une partie du territoire), ceci malgré que ce mouvement soit communisant, car quand il y a du pétrole en jeu, au diable les détails idéologiques !) ? Quels seraient les moyens mis en œuvre par l’État français pour contrecarrer ces menées ? Faut-il également rappeler que chez nos voisins espagnols des indépendantistes catalans viennent d’être condamnés à de lourdes peines de prison (9 à 13 ans) pour avoir simplement organisé pacifiquement en octobre 2017 un référendum sur l’indépendance de la Catalogne ; ceci sans que cela ne suscite l’émotion des ardents défenseurs du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?
      Ce qui n’est plus de la politique fiction : 3,5 millions de Syriens, sont actuellement réfugiés dans le sud de la Turquie, des opposants à leur gouvernement (légitime au regard du droit international, rappelons-le), mais aussi ayant tout simplement fui la guerre, trouveriez-vous normal que dans quelques dizaines d’années, ces 3,5 millions de syriens réclament l’indépendance sur cette partie du territoire turc au prétexte qu’au contraire des Turcs ils sont arabes ?
      Poser ces deux questions, c’est me semble-t-il y répondre. Et pensez à la réponse que vous faites à ces deux questions quand on vous bassinera encore avec le ‘’roaja’’ des malheureux kurdes syriens qui pratiquent la ‘’kurdisassion’’ forcée des populations arabes et chrétiennes du Nord du pays qu’ils contrôlent par la conscription obligatoire des jeunes arabes et chrétiens dans l’armée du YPG, imposition d’un nouveau cursus scolaire enseignant l’idéologie du YPG dispensé en langue kurde, fermeture de l’école chrétienne assyrienne de Derbiseye, expropriations de propriétés arabes… à cette ‘’kurdisassion’’ forcée, il faut ajouter le vol du pétrole syrien au détriment du reste de la population syrienne sous l’aile protectrice de l’armée US, y compris ceux situés entre Deir ez-Zor et la frontière irakien où les kurdes y sont historiquement quasi absents.
      Et je m’adresse particulièrement à mes amis de gauche et plus particulièrement communistes, ce n’est pas parce que le YPG est communisant qu’il faut approuver des menées impérialistes qui n’ont d’autres buts que de déstabiliser la Syrie ! Parce que ne nous trompons pas, derrière la compassion apparente de la ‘’communauté internationale’’, c’est bien de ça dont il s’agit…

      Évolution carte du Kurdistan et de l’Arménie entre les traités de Versailles, Sèvres et Lausanne :
      https://www.lhistoire.fr/portfolio/carte-kurdes-et-arm%C3%A9niens-du-trait%C3%A9-de-s%C3%A8vres-1920-au-trait%C3%A9-de-lausanne-1923

      Serge WASTERLAIN.

      • En qualité de maraîcher depuis plus de 40 ans, les légumes, j’en fais ce que je veux. Le dénominateur commun à cet ensemble hétéroclite est celui d’une domination de petits peuples par d’anciens ou nouveaux empires. Le droit des peuples à disposer d’eux même, moi j’y tiens. Quant aux critères d’appréciation de ceux qui ont droit à plus de compassion que d’autres, là oui il y a macédoine complète.

  2. Une totale désinfo ce matin encore à la radio (FI comme d’hab): les Russes sont envoyés à la boucherie, on marche sur les cadavres, les rues sont jonchées de cadavres… Bref, c’est l’horreur.
    On reconnaît quand même que les soldats uk sont épuisés, mais ils tiennent le coup… !
    Rien, absolument rien sur ce qui est dit dans cet article !
    @ Oui Sully, les merdias n’en ont rien à cirer en effet, ils obéissent à qui les paient.

    Je rectifie ce com en voyant l’article qui suit: les rues jonchées de cadavres, oui, mais uk, pas russes comme le laissait supposer FI.

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