Transhumanisme. Introduction à Crispr, la méthode qui pourrait modifier le génome humain.

A-t-on le droit d’intervenir sur l’humain pour le modifier, « l’améliorer » ? Les avis sont partagés. Dans la nature, seuls les plus forts survivent, ça permet aux individus de s’affirmer, de se renforcer en se donnant toutes les chances de perpétuer l’espèce. L’humain n’a plus la capacité de choisir, celui qui sera le plus apte à se reproduire ? La « science » est là pour l’y aider. L’humain n’est plus intouchable, il pourra à l’avenir, être modifié à loisir pour résister à des maladies, (si l’on pouvait éviter qu’elles surviennent, on aurait pas besoin de cette technologie) mais aussi, et c’est là que le bât blesse, donner une préférence génétique à certains. C’est plutôt irresponsable, si l’on considère les dérives possibles avec ce genre de manipulation, les mutations probables à long terme dont on ignore tout. La méthode ne semble pas encore au point, mais les Dr Frankenstein œuvrent dans le secret de leurs antres, pour percer les secrets de la vie et la modifier. Partagez ! Volti

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Illustration/123.RF

Par Liliane Held Khawam

Avant-propos:

Je ne vous dis rien de plus pour l’instant, mais je vous prie de commencer, tout comme je le fais, à vous familiariser avec le CRISPR/Cas 9. Un sujet ardu mais qui concerne en ce moment même l’avenir de notre humanité. Rien de moins.

Je vous ai mis 2 vidéos (sous-titrage français possible) qui sont très bien faites. Ces dames nous présentent la méthode sus-mentionnée, ainsi que les enjeux.

Vous trouverez aussi une publication suisse qui est aussi excessivement bien rédigée.

Ensuite arrivent les travaux pratiques de la chose avec la création de jumelles chinoises OGM s’il vous plaît.

Je vous ai ajouté l’intérêt de l’éditeur d’une revue médicale, le Dr Bauchner, pour la publication de l’expérience de ce que certains ont appelé le Dr Mengele, en référence au sinistre personnage bien connu de l’histoire noire de l’Europe. Cette longue publication prend fin avec un article rédigé par ce pédiatre.

L’éthique est encore ce qui retient certains de basculer dans l’abomination. Ce lundi 27 juillet 2020, un projet, rédigé en 2019 par Mme Agnès Buzyn, qui vise à modifier la loi sur la bioéthique sera présenté au parlement français pour une deuxième lecture.

Nous y reviendrons.

LHK

A ne pas rater si vous êtes français

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/le-projet-de-loi-bioethique-de-retour-a-l-assemblee-le-27-juillet-20200708
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/bioethique-le-debat-confisque-20200717

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Modification du génome par CRISPR/Cas. Gen Suisse.

CRISPR/Cas: derrière ce nom étrange se cache la nouvelle méthode de manipulation du génome, une découverte majeure dans l’histoire des sciences de la vie qui souligne l’importance de la recherche fondamentale. CRISPR/Cas permet en effet de modifier le génome de façon ciblée, simple et rapide. Il devient ainsi relativement abordable de neutraliser des gènes et des séquences ADN ou de les remplacer pour ajouter de nouvelles caractéristiques. Comme les séquences CRISPR sont présentes dans quasiment tous les organismes vivants, la méthode CRISPR/Cas comporte de nombreuses applications.

La lutte pour la survie

Comme les humains, les bactéries et les plantes peuvent elles aussi attraper des virus. Chez nous, le système immunitaire se charge de combattre l’infection. Les bactéries disposent d’un mécanisme similaire pour se défendre contre les virus: elles développent des parties des séquences ADN des virus dans leur propre génome. C’est ce que l’on appelle les CRISPR, clustered regularly interspaced short palindromic repeats, que l’on peut traduire par «courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées». Les séquences CRISPR servent de signal de reconnaissance permettant aux bactéries de déjouer l’attaque répétée des virus. Si un même virus essaie d’infecter à nouveau la bactérie, un complexe CRISPR/Cas – composé de molécules d’ARN (des copies réduites des gènes) et de protéines Cas – se forme et détruit l’intrus. Dans cette situation, les protéines Cas agissent comme des ciseaux moléculaires.

Une grande découverte

Actuellement professeur à l’Institut de biochimie de l’Université de Zurich, Martin Jinek a précédemment été chercheur postdoctoral dans le laboratoire de Jennifer Doudna qui, en collaboration avec Emmanuelle Charpentier, a découvert en 2012 l’utilité du complexe CRISPR/Cas pour la technologie génétique. Lorsque les chercheurs ont réalisé que la protéine Cas9 coupait spécifiquement l’ADN et que ce processus pouvait être influencé de l’extérieur, ils ont compris qu’ils avaient fait là une découverte qui allait révolutionner ce domaine. On savait en effet déjà comment modifier le génome depuis plus d’une vingtaine d’années, mais les méthodes connues jusque-là (comme les nucléases à doigts de zinc et les TALEN) étaient longues et coûteuses. La méthode CRISPR/Cas permet donc désormais de neutraliser un gène chez la souris, par exemple, en quelques semaines seulement, alors qu’il aurait fallu plusieurs mois avec les systèmes précédents.

Application de la méthode CRISPR

Pour modifier un gène de façon ciblée avec la méthode CRISPR/Cas9, il faut composer à l’aide d’un ordinateur, puis synthétiser, une section d’ARN comportant au moins 18 bases et correspondant (de façon complémentaire) au brin d’ADN que l’on veut couper. Ensemble, cet ARN-guide et la protéine Cas9 font office de ciseaux moléculaires et coupent le génome à l’endroit souhaité. Cela engendre une interruption de la double chaîne et endommage l’ADN, qui doit alors être réparé. Les cellules humaines disposant de deux mécanismes de réparation, on peut choisir d’utiliser l’un (recombinaison homologue) ou l’autre (non homologue) selon la modification voulue dans l’ADN. De cette manière, il est possible de neutraliser des gènes ou d’ajouter de nouvelles séquences dans le génome. Cela permet également de corriger des problèmes ou des mutations dans le génome, en remplaçant tout simplement la séquence défectueuse.

Comprendre et guérir les maladies

Cette nouvelle technique connaît un incroyable succès et trouve de nombreuses applications dans la recherche fondamentale ainsi que dans les biotechnologies, notamment dans la production de biocarburants, de biomatériaux ou de médicaments élaborés à l’aide de micro-organismes génétiquement modifiés. Dans le domaine de la recherche médicale, la méthode CRISPR/Cas peut aider à mieux comprendre le fonctionnement de pathologies modernes telles que le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou encore la maladie d’Alzheimer, qui sont imputables aux nombreuses modifications dans notre génome. Alors qu’avec les méthodes précédentes, on ne pouvait neutraliser ou modifier qu’un ou quelques gènes à la fois, les chercheurs sont désormais en mesure, pour la première fois, de générer toutes ces modifications en même temps et de façon ciblée dans des cultures de cellules ou dans un modèle animal, afin de trouver ensuite des applications thérapeutiques. Pour ce faire, il faut d’abord comprendre quelles sont les mutations qui jouent un rôle dans le développement d’une maladie génétique.

CRISPR/Cas présente également un certain intérêt pour l’industrie: plusieurs start-up spécialisées dans les applications de thérapie génique ou dans l’amélioration des traitements contre le cancer ont d’ailleurs déjà vu le jour.

Les organismes modifiés par CRISPR ne sont pas des OGM, si?

CRISPR a aussi fait son entrée dans les phytosciences. En Chine, un groupe de chercheurs a déjà utilisé CRISPR/Cas pour produire du blé résistant à l’oïdium. Ce genre d’application était jusqu’ici impossible, car le génome du blé est très complexe. En effet, à la différence de l’ADN humain, qui comporte des chromosomes diploïdes, le blé possède des chromosomes hexaploïdes. Cela signifie que le même gène est présent en six exemplaires et doit donc être neutralisé six fois. D’autres études visant à établir une résistance naturelle dans les aliments de base tels que le riz ou le manioc sont en cours.

Il est intéressant de noter que les végétaux modifiés à l’aide de la méthode CRISPR/Cas ne sont pas différents de ceux produits de manière naturelle ou par mutagénèse, dans la mesure où les gènes ajoutés ou les mutations corrigées peuvent aussi apparaître naturellement. A posteriori, rien ne permet donc de prouver de quelle manière la plante a été produite, car le résultat ne se distingue pas des méthodes de culture habituelles. La Commission européenne déterminera donc dans quels cas les plantes ainsi modifiées devront être considérées comme des organismes génétiquement modifiés.

Thérapie du futur

Cependant, la méthode CRISPR/Cas n’est pas parfaite. Il peut arriver que ce système coupe des sections d’ADN qui n’auraient pas dû être touchées. C’est ce que l’on appelle des effets «hors-cible» (off target effects). De nombreux laboratoires travaillent donc actuellement sur ces problèmes, avec l’objectif de rendre cette méthode plus spécifique. Une nette amélioration a déjà pu être atteinte avec la variante de synthèse de la protéine Cas9. Outre la réduction des effets hors-cible, il s’agit également d’augmenter l’efficacité de cette approche, au moins dans les applications de thérapie génique. En effet, CRISPR/Cas ne coupe pas aussi bien toutes les cellules et, parfois, seule une partie de la cellule porte la modification souhaitée. Cela n’a toutefois pas d’incidence dans les traitements ex vivo, puisqu’ils consistent à prélever des cellules chez un patient, à les soumettre au système CRISPR/Cas dans une boîte de culture, puis à séparer les cellules modifiées des autres. Les cellules ainsi sélectionnées sont alors développées, puis réinjectées dans le corps du patient. On parle ici de transplantation autologue. A l’avenir, ce genre de thérapie pourrait être envisageable pour les pathologies liées au sang, telles que l’hémophilie. Une première étude clinique de phase I est déjà prévue dans ce domaine pour les deux prochaines années.

CRISPR va révolutionner le futur de la médecine. Le bouleversement a déjà lieu dans la recherche fondamentale: depuis la publication de Jinek et al. en 2012, le nombre d’écrits scientifiques et de brevets dans ce domaine est monté en flèche. Nous attendons les développements à venir avec enthousiasme.

https://gensuisse.ch/fr/modification-du-genome-par-crisprcas#

Bébés chinois OGM : des mutations imprévues sont apparues dans leur génome. Futura-Science/ Dossier

Afin de leur conférer une immunité naturelle contre le virus du sida, le généticien chinois, He Jiankui, avait effectué des manipulations sur des embryons dans l’objectif de provoquer une mutation de leurs génomes. La communauté scientifique ignore ce que sont devenues les petites jumelles nées depuis. Mais, selon des informations qu’a obtenues un journaliste, des mutations se sont produites ailleurs dans leur génome et entraîneront des conséquences imprévisibles.

L’annonce avait choqué le monde en novembre 2018 : le scientifique He Jiankui avait révélé à Hong Kong qu’il avait modifié des embryons, dans le cadre d’une fécondation in vitro pour un couple, afin de tenter de créer une mutation de leurs génomes. Cette procédure leur conférerait une immunité naturelle contre le virus du sida, le VIH, au cours de leur vie — procédure qui n’avait aucune justification médicale, car des techniques existent pour empêcher leur contamination par le père séropositif. Nées l’an dernier, deux jumelles, nommées Lulu et Nana (pseudonymes), étaient donc nées d’embryons génétiquement modifiés par les ciseaux moléculaires « Crispr ».

L’expérience d’He Jiankui avait vivement été condamnée par la communauté scientifique internationale et les autorités de son pays, et l’affaire avait relancé les appels à une interdiction des « bébés Crispr ». L’anonymat des bébés et de leurs parents ayant été préservé, on ignore depuis totalement ce qu’elles sont devenues. Mais, selon un journaliste américain qui a obtenu une version non publiée de l’étude détaillant l’expérience, elles ont probablement des mutations imprévues dans leur génome à la suite de cette manipulation.

Le scientifique chinois He Jiankui après avoir annoncé avoir modifié le génome d’embryons humains, lors du 2e Sommet international sur la modification du génome humain le 28 novembre 2018 à Hong Kong.(Wikipédia)

Cripsr, technique révolutionnaire mais encore trop balbutiante

Un journaliste de la MIT Technology Review a reçu le manuscrit de l’étude que He Jiankui a tenté de faire publier par des revues scientifiques prestigieuses, et qui détaille sa méthode et ses résultats. Mais le texte de l’étude confirme ce que beaucoup d’experts suspectaient : il ne montre pas en réalité que la mutation tentée, sur une partie du gène CCR5, a effectivement réussi, selon des généticiens interrogés. L’étude affirme que la mutation accomplie est « similaire » à celle qui confère l’immunité, et non identique.La technologie est encore loin d’être parfaite pour être utilisée à des fins thérapeutiques

En outre, des données incluses en annexe montrent que les jumelles ont subi des mutations ailleurs dans leur génome, et probablement différentes d’une cellule à l’autre, ce qui rend les conséquences imprévisibles.

« Crispr » est une technique révolutionnaire de modification du génome inventée en 2012, bien plus simple et facile d’utilisation que les technologies existantes. Mais les ciseaux coupent souvent à côté de l’endroit ciblé, et les généticiens répètent que la technologie est encore loin d’être parfaite pour être utilisée à des fins thérapeutiques.

« Il y a énormément de problèmes dans l’affaire des jumelles Crispr. Tous les principes éthiques établis ont été violés, mais il y a aussi un grand problème scientifique : il n’a pas contrôlé ce que Crispr faisait, et cela a créé plein de conséquences imprévues », a dit le professeur de génétique Kiran Musunuru, de l’université de Pennsylvanie, dans un entretien récent à l’AFP.

https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/crispr-cas9-bebes-chinois-ogm-mutations-imprevues-sont-apparues-leur-genome-73919/

Pourquoi l’article sur les bébés CRISPR est resté secret pendant si longtemps. MIT Review

Le rapport décrivant la création des premiers bébés génétiquement modifiés au monde crée un dilemme éthique pour les revues scientifiques.

Lire l’article complet

Source Liliane Held Khawam

Voir aussi :

Sigmund Freud et la psychologie des foules – 2. La dégénérescence de masse. Par Vincent Held

Les commentaires publiés sont signés du nom des auteurs et engagent leur seule responsabilité sans que « lesmoutonsenrages » ne prennent en rien à leur compte leur orientation.

6 commentaires

  • jules vallés jules vallés

    2ème ligne : « Dans la nature, seuls les plus forts survivent, »
    N’importe quoi !!!! Les mieux adaptés, oui, qui sont , souvent, ceux qui collaborent, voir tous les cas de symbioses, et d’entraides entre individus de même espèce, ou d’espèces différentes,
    Encore des remugles des théories sociales sur les « ubermenschen »

    • Volti Volti

      Merci pour ton avis :) Quand je parle de plus fort, il est question d’individus qui ont la résistance physique, pour faire face à toutes les problématiques à gérer pour grandir, devenir adulte et pouvoir se reproduire à leur tour.
      Tu as raison pour la symbiose et autres approches qui permettent aux moins favorisés ou lotis de tirer partie des « plus forts ». C’est comme tu le souligne l’adaptation, l’intelligence innée ou induite ou la ruse, contre la force brute.
      Mon propos n’avait pas pour but d’impliquer cette adaptation bénéfique (heureusement), mais de mettre l’accent sur le fait que, pour l’exemple, sur une portée d’animaux, il est rare que le plus chétif survive, s’il ne se développe pas, apprend à chasser pour se nourrir etc.. Dans ce cas, je ne pense pas que ses congénères sacrifient leur devenir pour lui.
      Ce qui ne s’applique pas aux humains car, tout est fait pour préserver leur existence, sans tenir compte du handicap et du poids sur la famille en premier et la société en général.
      Je ne discrimine pas, je fais un constat. Ce qui nous amène au transhumanisme où on oubliera les handicaps par améliorations cybernétiques, par implantations cérébrales pour rétablir des fonctions défaillantes (ça se fait déjà) ou des prothèses qui permettent de marcher, voir, toucher, etc… C’est révolutionnaire au niveau médical et je le salue mais, c’est la suite qui pourrait l’être moins s’il y a dérive et, le bidouillage de l’ADN sans vision à long terme, est une des conséquences de ces recherches, pour aller toujours plus loin dans la maîtrise mécanique et cybernétique du corps et (sans l’avouer) de l’esprit.Qui sera visé par ces « améliorations » ?? Les expériences de mind control ne sont pas une vue de l’esprit, le clonage idem, et toutes les horreurs dont on a connaissances qu’épisodiquement.. :)

      • Avatar engel

        – Chaque cellule vivante, chaque espèce à son « talon d’Achille ».
        Véritable programme destiné à provoquer par senescence son autodestruction après un temps donné.
        – Il faut croire que celle de l’entité humanité a été inoculée directement dans notre cerveau conceptuel.https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

        • Volti Volti

          C’est peut-être, et même certain le but ultime, en intervenant sur ce « talon d’Achille ». désactiver le gêne de la senescence et
          vaincre la mort.. il faudrait vivre dans un paradis pour accepter de vivre éternellement..

    • Avatar engel

      – Dans une espèce, c’est toujours ceux qui ont la supériorité* qui écrasent les plus faibles.
      – L’histoire de l’humanité est là pour le prouver. L’humain n’a jamais jamais dérogé à cette règle.
      ..Et c’est pas prêt de changer.

      *) Quelque soit sa forme et la manière de l’acquérir (par l’entraînement, le nombre de l’entente ou de la contrainte, la ruse, etc…).

  • Avatar CryptoKrom

     » Les organismes modifiés par CRISPR ne sont pas des OGM, si?  »

    Evidement !
    Dés que c’est modifié par la main de l’OMs …..euh…bref l’Inhumain .
    https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yes.gif