Blindés, grenades et LBD : l’État réprime la zad contre l’A69

Source REPORTERRE

Le 19 février, une unité spéciale de la gendarmerie a tenté, en vain, de déloger les militants perchés dans les arbres de la zad contre l’autoroute A69, dans le Tarn. Les interventions se multiplient depuis une dizaine de jours.

Saïx (Tarn), reportage

« Tir LBD épaule droite. Coup de matraque bras gauche. Éclat grenade de désencerclement tibia droit. » Dans son camion aménagé en ambulance, Vag recense tout. Un petit carnet, un stylo, et il note. Il écrit pour ne pas oublier tous ces hématomes, ces brûlures, ces dermabrasions (abrasion de la peau). « C’est important de documenter cela », assure Vag, qui est street medic depuis 2018. Et pour cause : « Depuis le 10 février, il y a un peu plus d’une semaine, on a eu une cinquantaine de blessés sur la zad, sans compter celles et ceux que je n’ai pas pu recenser et qui sont partis directement en garde à vue », poursuit-il, vêtu d’un t-shirt arborant le symbole rouge et blanc des street medics.

Depuis une dizaine de jours, la zad de la Crem’Arbre, située à Saïx dans le Tarn, est le théâtre de violentes interventions de la part des forces de sécurité. « Grenade CM3, fumigène MP7, MP3, grenades GM2L, munitions de LBD, grenade de désencerclement… tout est là ! » lance Vag en sortant des munitions de son sac. Un arsenal répressif massivement utilisé ces derniers jours pour déloger les militants qui défendent la dernière forêt encore debout sur le tracé de la future autoroute A69, qui doit relier Toulouse à Castres.

Celui-ci a trouvé son point d’orgue le 19 février, la préfecture ayant déployé une nouvelle arme « anti-zad » pour déloger les derniers militants perchés dans les arbres et débuter le défrichage. Des sous-officiers de la Cellule nationale d’appui à la mobilité (Cnamo) sont arrivés sur place en début d’après-midi, harnachés de leur baudrier et de leurs mousquetons pour tenter de faire descendre les militants.

Accompagnés par des pompiers et notamment d’un camion nacelle, les grimpeurs de la gendarmerie ne sont pas parvenus à déloger les militants. Les sous-officiers de la Cnamo se sont contentés de démonter une cabane et d’emporter avec eux des duvets et des affaires personnelles. « C’est une opération qui demande du temps », a déclaré le préfet du Tarn Michel Vilbois.

«Un harcèlement constant des forces de l’ordre»

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Volti

2 Commentaires

  1. Ce qui m’étonne, c’est que les FDO n’aient jamais été prises à revers par d’autres résistants…….

    • Cela vaut mieux pour ces “autres résistants”.
      Quant à l’action répressive, c’est plutôt tranquille. Dans d’autres pays, ces zadistes seraient tout simplement criblés de balles de fusils…

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