Lutter contre la fraude sociale ? Par la délation, bien sûr !

On en remet une couche sur ce foutage de gueule qu’est la fraude sociale, alors que le gouvernement « étudie » les moyens de ponctionner les français pour financer le grand âge.. Si c’est comme la vignette pour les vieux, payée pendant des dizaines d’années, ils n’en verront pas la couleur. Alors que des milliards partent financer les retraites d’individus n’ayant rien à envier à « Mathusalem ». Voilà où il faut prendre l’argent, pas inciter à la délation et continuer à diviser le peuple.. Partagez ! Volti

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H16 pour Hashtable

J’en faisais mention dernièrement et la chose est maintenant à peu près connue, même si elle n’est que chuchotée dans les rédactions et sous les ors d’une République qui, au fond, s’en tamponne complètement : la fraude sociale est un vrai phénomène d’ampleur et la gestion des cotisations sociales par les institutions dédiées n’est qu’un immense foutoir où s’empilent complexités bureaucratiques, magouilles, coulage et opacités réglementaires épiques.

Pire : il semble même que la notion de contrôle des deniers publics dans le domaine social soit une aimable plaisanterie où l’approximation s’y dispute avec l’impérieuse nécessité d’un #PasDeVague, cette méthode autorisant des carrières pépères aux responsables et autres chefaillons des entités en charge de la manne sociale française.

Le constat est rude : les cas de fraudes se multiplient. Les erreurs des caisses s’accumulent, soit qu’elles tapent, pinaillent et enquiquinent avec ferveur les ayants-droits pourtant légitimes, soit lorsqu’elles oublient de contrôler, vérifier et sanctionner ceux qui ne le sont pas.

En pratique, tout montre que les douzaines d’organismes de recouvrement et de distribution des largesses sociales françaises ne disposent pas des moyens de contrôles qu’il serait normal de trouver pour les montants et le nombre de cotisants dont elles sont responsables.

Ah, sacré « manque de moyen » sur lequel harpent et harperont encore les syndicats collectivistes du pays… Et ce, même si les effectifs de ces usines à gaz tiède ne font qu’augmenter. Même si les enquêtes répétées de la Cour des comptes et des Parlementaires qui s’y frottent montrent tout autre chose : désorganisation chronique, résistance au changement obstinée, volonté de contrôler et d’endiguer la fraude extrêmement variable et en tout cas bien plus assujettie à des impératifs politiques changeants qu’à des nécessités de bonne gestion des deniers publics…

Bref : la sombre réalité française est que la fraude sociale est surtout utilisée (aussi discrètement que possible) comme l’un des leviers d’ajustement de la paix sociale, les « fuites » d’argent permettant d’assurer un calme apparent. On comprend dans ce cas que la volonté d’y mettre fin soit modérée par l’envie de conserver un statu quo douillet permettant de se faire réélire sans trop de difficultés…

Malheureusement, si le statu quo peut fonctionner en période de croissance et lorsque les tensions sociales sont faibles, il en va tout autrement lorsqu’explose le nombre de bénéficiaires de ces aides, à la faveur d’une crise majeure par exemple. L’argent sort alors à gros bouillons, il entre moins bien (forcément) et la fraude, jusque là fort bien vécue, devient plus qu’un gros caillou dans la chaussure. Et actuellement, alors que la crise sanitaire se transforme en crise économique douloureuse, la question de la fraude refait donc surface avec d’autant plus d’acuité : comment diable va-t-on pousser ces gros pachydermes mous de la Sécurité sociale franchouille à se réorganiser et se prendre en main pour enfin lutter efficacement contre la fraude sociale ?

Rassurez-vous : déjà, des solutions pointent leur nez !

C’est ainsi qu’on propose par exemple de mettre en place une belle et grande Délation Citoyenne : voilà que l’idée d’utiliser massivement la délation refait surface dans notre pays par le truchement d’un article dans lequel un frétillant Julien Damon amalgame joyeusement fraude sociale et fraude fiscale, montrant au passage tout le bordel qui peut règner dans la tête de certains.

« Contre les milliards d’euros d’évasion fiscale et d’escroquerie aux prestations sociales, il faut accepter et organiser les signalements par les particuliers. »

Jetant avec gourmandise dans un même panier toutes les fraudes sociales pratiquées par ces myriades de Français peu scrupuleux (et rarement chopés) avec ces entreprises qui, usant des procédés souvent légaux permettant l’optimisation fiscale, se retrouve avec des sommes dans des paradis fiscaux contrastant surtout avec l’enfer fiscal français, le journaliste tente dans un exercice de style assez surprenant de faire passer la délation des turpitudes des voisins pour un retour à un certain ordre moral dont la société aurait bien besoin afin de rentrer dans ses fonds.

Comparer ainsi les manœuvres des uns, qui tentent d’éviter ce qui est devenu une véritable l’extorsion fiscale, avec les magouilles des autres, qui tentent de percevoir des sommes qui ne leur sont pas dues, c’est assez croquignolet et, ma foi, fort habile car ce faisant, la proposition de la mise en place de Kommandaturs spécialisées dans la fraude fiscale et sociale choque juste assez pour cacher l’éléphant au milieu de la pièce : si l’on en vient à compter sur le citoyen goulûment badigeonné de moraline gluante, c’est bel et bien parce que les 137 (!) organismes en charge de cette couverture sociale sont devenus de telles usines à gaz qu’ils sont maintenant infoutus de faire des contrôles eux-mêmes.

Autrement dit : même après des prélèvements de plus de 1000 milliards annuels, les Français ne peuvent pas, pour ce prix, espérer avoir des institutions capables de fonctionner correctement.

En fait, tout montre même que plus les Français se font ponctionner l’arrière-train pour cette couverture, plus elle est mauvaise et moins elle est contrôlée ! À tel point qu’on en vient à leur demander de faire eux-mêmes le boulot, tant est cruelle l’indigence des organismes en place.

Formidable, ne trouvez-vous pas ?

Et puis notre vibrant journaliste, fervent adepte de la petite délation bien de chez nous, semble oublier un élément essentiel : pour qu’une délation ait un sens, il faut qu’elle soit suivie d’effet. Ceci suppose une police et une justice efficaces.

Las. Pour 1000 milliards, de nos jours, t’as plus rien : avec une police globalement écouillée par une avalanche de bureaucratie et de textes de lois complètement ubuesques, et une justice complètement à la ramasse dont la masse pensante est maintenant aux mains des pires gauchistes, on est en droit de s’interroger sur l’impact réel de milliers, pardon, millions de délations supplémentaires dans le domaine social.

Sérieusement : vous espérez vraiment que cette justice qui relâche sans broncher des violeurs multirécidivistes et laisse en liberté des truands notoires, des dealers, des psychopathes et tout ce que le pays compte de racailles, va être en mesure de s’occuper de la fraude sociale qui est menée, en grande partie, par les mêmes individus ?

Voilà qui fait montre d’un optimisme en béton armé.

H16

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10 commentaires

  • Avatar mouton70

    Tiens, encore et toujours une histoire de pognon, notre malheur.

    • Avatar Jean Xana

      Tu aurais préféré un film genre Walt Disney ?
      Je ne suis pas forcément d’accord sur tout ce que dénonce l’article, car des fraudes beaucoup plus importantes ne font jamais les grands titres : Les gens en col blancs savent très bien se protéger, et simplement évoquer LEUR fraude pourrait vous entraîner vers des dommages-intérêts colossaux. Attaquer les salariés et autres ayant-droits est beaucoup moins risqué… mais il est parfaitement clair que tant d’argent collecté autoritairement par l’Etat forme un grand fleuve auquel bien du monde vient s’abreuver… Les plus gros les premiers évidemment.
      Donc il y a lieu de s’indigner et de réagir. Réagir comme des hommes, pas comme des gosses qui se plaignent de ce que l’histoire ne concerne ni beau chevalier, ni princesse…

      Mouton 70, d’après ton post tu ne dois pas avoir dépassé 7 ans d’âge mental.

      • Avatar mouton70

        Age mental de 7 ans qui a très bien compris l’enculade du pognon contrairement à toi.
        Continue à te soumettre et à financer tes maîtres alors, vu que tu n’as pas compris que le pognon était le problème de tout nos maux.
        Ne réponds pas, cela ne sert a rien, je ne voudrais pas te faire perdre du temps avec un age mental de 7 ans quand même.https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif

        • Avatar Jean Xana

          Effectivement il n’y a rien à répondre. D’abord je ne pratique pas la surenchère du langage sexuel quand il s’agit d’autre chose. Et surtout tous les lecteurs ici savent que je ne suis pas précisément le serviteur des riches. Quand à « mouton70 », qui vient de découvrir que « le pognon était le problème de tous nos maux », bravo ! En général c’est vers 6 ans qu’on commence à s’en rendre compte, je t’avais sans doute un peu surestimé…
          Je te laisse découvrir tout seul le reste des « problèmes de tous nos maux ». Tu verras, c’est passionnant… presque autant que « la belle au bois dormant » !

  • Avatar mouton70

    C’est bien ce que je dis, que le pognon c’est de la merde et qu’il ne faut plus lui donner de valeur pour essayer d’arranger les choses, et toi tu viens me dire que j’ai 7 ans d’age mentale.
    Mis à part tes coms pour rabaisser l’autre, t’as quoi d’autre à écrire ?
    Tu cherches quoi au juste, c’est quoi ton problème ?
    Explique toi.

    • Avatar Jean Xana

      Je cherche juste à t’expliquer que dire sur ce fil que « le pognon c’est de la merde » ne sert absolument à rien. Ca t’a soulagé ? Même pas. Parler de « l’enculade du pognon » (tes propres termes) ça te fait bander ? Même pas.

      Ici les gens cherchent à échanger des idées, mais ton idée à toi c’est comme si tu disais « le charbon c’est noir » ou « le ciel est bleu ». Ca n’offre aucun intérêt, même pas pour toi.

      Retourne donc jouer aux playmobils, si tu n’as rien de mieux à proposer.

      • Avatar mouton70

        J’ai fini de jouer au playmobils, je reviens.
        L’article parle bien de fraude pourtant, donc de pognon, ne t’en déplaise.
        Il y a fraude à cause du pognon.
        Nous sommes exploités et nous nous exploitons tous les uns les autres à cause du pognon.
        Nous sacrifions notre temps de vie à cause du pognon.
        Nous détruisons notre environnement (pétrole, minerais, etc) à cause du pognon.
        Nous polluons tout (terre engrais chimique, nappes phréatique) à cause du pognon (rendement).
        Nous exploitons la maltraitance animal a cause du pognon.( profit, rendement)
        Nous sommes privés des ressources naturelles (lopin de terre, bois de chauffage,etc) a cause du pognon et non pas a cause de l’écologie.
        Nous polluons l’air (usines, avions, etc) à cause du pognon.
        Nous nous escroquons à cause du pognon.
        Nous nous tuons (règlement de compte, héritage) à cause du pognon.
        Nous sommes malheureux à cause du pognon.
        Les guerres( chair à canon, missiles, etc) à cause du pognon.
        Les flics et les milices qui cognent le peuple le font en échange de pognon.
        On nous empoisonne (bigpharma, malbouffe) pour le pognon.
        Il y a des trafiquants, majoritairement à cause du pognon.
        Etc, la liste peut-être très très longue vu que le pognon est tout partout, donc non, ce n’est pas le charbon est noir ou le ciel est bleu.
        Et tout ce pognon ainsi que toutes ces armes, gros tracteurs, grosse charrue qui tue le sol, machines à forer et à miner qui polluent, médocs et malbouffe qui empoisonnent sont financés et produit dans divers usines et labos par les peuples, malgré eux.
        Ensuite tu dis : Ici les gens cherchent à échanger des idées. Ce n’est pas l’impression que tu donne pourtant.
        C’est quoi la superbe idée pour stopper ou contourner tout ça alors ?
        On le dénonce et on en discute un jour tous ensemble pour essayer de trouver une solution ou je continue mes playmobils ?
        Mais dit donc, peut être que tu aime l’argent aussi, ceci expliquerai tes coms ou tu cherches à humilier et rabaisser celui qui critique cette chose.

  • Oups ! Il n’est pas tant question de fric ici que de délation. La honte de notre pays, et nous l’avons bien vu au moment du confinement: les gendarmeries et commissariats ont crié au secours tant ils étaient submergés d’appels de collabos ! C’est ça qui est à dénoncer.

    La question est: est-ce que vous dénonceriez ? Dans quelles circonstances ?
    Perso, j’ai pris mon parti: s’il y a agression physique sur humain ou animal, oui, je dénoncerai. Pour le reste, ce n’est pas mon problème. Si quelqu’un travaille au noir, je dis tant mieux s’il en a vraiment besoin. Et si c’est un abus, il y a des gens qui, de toute façon, sont payés pour enquêter.
    Pour ne citer que deux exemples…

    • Avatar Jean Xana

      Biquette, en général je ne te réponds pas parce que justement je suis d’accord avec ce que tu écris et il n’y a pas besoin d’en rajouter.
      Pour la question des dénonciations, je ferais comme toi évidemment. Et tu ne sera pas la seule, cette question s’est déjà posé depuis des milliers d’années et c’est ainsi que NOUS nous y répondons depuis des générations.
      Mon père m’en avait souvent parlé, et son père lui-même lui avait tenu la même réponse.

      Mais parce que NOUS nous réagissons ainsi, il ne faut pas croire que ce soit très répandu. Enormément de gens dénoncent les autres pas intérêt, pour se faire bien voir, et surtout par SOTTISE, juste parce qu’on a un secret qui vous brûle les lèvres.
      Ou je vis, dans un petit village de Roumanie, la dénonciation (toujours anonyme évidemment) est un fléau. On dénonce son voisin qui a ramené une branche morte pour se chauffer. On dénonce ceux qui ne viennent pas au meeting politique du maire, ou ceux qui se sont plaint de ce que les employés communaux viennent nettoyer le trottoir devant chez sa mère. Bref, une mauvaise ambiance à laquelle, comme étranger (et étranger plutôt riche avec ma retraite) j’ai la chance d’échapper. Mais ça pourrit la vie. Ici les gens pensent que c’est une séquelle de la période communiste, mais je n’y crois pas. C’est la nature de l’homme, qui porte en lui le pire comme le meilleur.

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