La géo-ingénierie : un “Plan B” pour la planète ?…

Zoé de Fournisseur d’Énergie, m’a contactée pour partager cet article qui à défaut de donner des solutions pérennes faute de volonté politique, nous dit ce qu’envisagent de faire les « Géo Trouvetout », contre le « réchauffement » climatique. Les apprentis sorciers ne manquent pas d’idées, pour résoudre ce qui va devenir si ce n’est déjà le cas, un problème mondial.  Partagez !

Le réchauffement climatique inquiète, ses conséquences ne font que s’aggraver… Difficile pourtant de lutter contre : les décisions politiques ne sont pour l’instant pas suffisantes pour tenir l’objectif de limiter la hausse des températures à 2°C. Face à l’échec des politiques publiques, des solutions plus radicales sont proposées pour y remédier. C’est le cas du “Plan B”, la géo-ingénierie.

Qu’est-ce que la géo-ingénierie ?

La géo-ingénierie désigne l’ensemble des techniques qui visent à modifier de façon intentionnelle le climat.

Non, nous ne sommes pas plongés dans un roman de science fiction, mais bel et bien dans le monde réel ! C’est un domaine d’étude controversé et encore méconnu, mais qui existe depuis de nombreuses années.

La météo, une arme redoutable et historique !

Avant de constituer le “Plan B” en matière de protection de la planète, la géo-ingénierie était perçue comme une arme de guerre !

Le concept est née dans les années 1940, quand les météorologues ont compris qu’ils pouvaient influencer la météo. Cette notion a ensuite été approfondie pendant la Seconde Guerre Mondiale, où elle est devenue un enjeu pour l’Axe et les Alliés, qui souhaitaient parvenir à maîtriser la météo et ses phénomènes afin d’acquérir des avantages stratégiques sur le terrain: comme gagner en visibilité, ou aveugler l’ennemi par exemple. En 1961, l’URSS en a même fait une priorité (sans aboutir à des résultats concluants). Mais la visée guerrière ne s’arrête pas là. Pendant la guerre du Vietnam, l’armée américaine a conduit des recherches dans le but d’apprendre à créer des intempéries !

Si ces méthodes sont utilisées pendant des opérations militaires, afin d’éclaircir le ciel, l’utilisation majeure de la géo-ingénierie et la raison de son étude après-guerre concernent les agriculteurs. En effet, maîtriser les températures ou la météo (par exemple prévenir ou entraîner la pluie) sur un périmètre restreint peut leur permettre de déclencher à volonté des conditions favorables à la croissance de leurs produits.
Le “Plan B” qui pourrait sauver la Terre du désastre

Plus récemment, les scientifiques ont évoqué la possibilité de lutter contre le réchauffement climatique grâce à des techniques de manipulation du climat. Cette possibilité est devenue le “Plan B”. Cette vision s’oppose à celle des politiques publiques, le “Plan A”, qui souhaitent mettre en place des actions de réduction des émissions et encouragent les changements de modes de consommations. A contrario, les défenseurs de la géo-ingénierie avancent comme principal argument que les efforts des gouvernements pour réduire les émissions de pollution sont vains ou insuffisants. Et qu’en conséquence, des catastrophes naturelles, desquelles pourraient découler des flux d’immigration majeurs, vont se multiplier. Il est question ici de sécheresse, de famines et de guerres de l’eau, qui pourraient inciter les habitants des pays touchés à migrer.

Mais comment est-il possible d’influer sur le climat pour prévenir ces catastrophes ?
Les techniques principales

Il existe actuellement deux techniques pour manipuler technologiquement et de façon délibérée le climat terrestre, que ce soit pour tenter de contrecarrer les effets du réchauffement climatique ou provoquer artificiellement une météo locale déterminée.

L’ensemencement en fer des mers et océans

Le but est de limiter les émissions de monoxyde de carbone produit par les Hommes.

Il a été démontré que les algues se développent de façon beaucoup plus importante quand du fer est présent dans la mer. En enrichissant les eaux pauvres en fer, cela permettrait théoriquement de faire croître la flore marine, ce qui augmenterait l’absorption de CO2.

La seconde méthode est la Gestion du Rayonnement Solaire (GRS)

30% de la part d’énergie solaire qui touche la Terre est renvoyée vers l’espace par des matières et composants réfléchissants. Les matières réfléchissantes protègent donc la Terre, en agissant comme un parasol.

Les matériaux clairs ont le taux d’albédo le plus élevé, car ils renvoient le plus d’énergie solaire. Ce taux se mesure dans une échelle allant de zéro pour les plus absorbants, à 1 pour les plus réfléchissants. C’est le cas de la neige et des nuages, qui ont les taux de renvoi les plus élevés. Les nuages réfléchissent les rayons du soleil à hauteur de 20%, soit deux tiers de la part totale réfléchie ! Les matériaux sombres ont en revanche un albédo plus proche de 0, car ils absorbent l’énergie solaire.

Mais avec le réchauffement climatique, ces zones diminuent. C’est le cas notamment des glaciers dans les hémisphères Nord et Sud, qui n’entraînent pas uniquement une montée du niveau des eaux, mais diminuent la part de rayons solaires réfléchis.

Il a été observé que les éruptions volcaniques ont un effet sur les températures, qui chutent de façon significatives après ce phénomène naturel.

Plusieurs méthodes sont évoquées pour compenser la perte de surfaces réfléchissantes :

  • Injecter du soufre (matière réfléchissante) dans la partie haute de l’atmosphère, afin de simuler les conditions d’une éruption volcanique, créant ainsi une éruption artificielle.
  • Eclaircir des villes (repeindre les bâtiments…)
  • Propulser des gouttes d’eau de mer dans les nuages pour les éclaircir et augmenter leur pouvoir réfléchissant.

Les freins

De nombreux scientifiques s’opposent à l’idée d’utiliser la géo-ingénierie. Et effectivement, plusieurs problèmes se posent.

Tout d’abord, le climat est le résultat d’une multitudes de facteurs, assemblé en un procédé très complexe, et il est impossible de prévoir les répercussions que pourraient avoir des modifications sur ces différentes étapes. De plus, dans le cas de l’éruption volcanique, s’il a été prouvé que cela a fait baisser les températures, il a également été observé que cela a des répercussions sur la pluie, beaucoup moins importante qu’en temps normal à la suite des éruptions. Ce qui aurait un impact négatif sur les cultures agricoles.

Il semble également difficile de se passer de ces procédés si ceux-ci sont engagés : il y a un risque de dépendance, qui pourrait poser problème en cas d’impossibilité de les maintenir en état de fonctionnement.

Autre point très important : tous les procédés évoqués ne font que retarder les effets du réchauffement climatique, et ne s’attaquent pas à sa source. Si les solutions fonctionnaient, rien n’inciterait les Hommes à réduire leurs émissions et à adopter des modes de consommation responsables.

Des questions techniques sont également en jeu : toutes les propositions ne sont pour l’instant pas réalisables. Qui serait responsable de la mise en place et de la gestion des risques ? Sans parler des coûts que cela engendrerait : avec quels fonds financerait-on ces dispositions ?

La géo-ingénierie semble donc une science encore incertaine, qui apporte problèmes et questionnements plutôt que des solutions viables. D’autant plus que d’après cet article, l’action du fer introduit en milieu marin est 18 fois moins efficace que celle du fer présent naturellement.

Attention donc à ne pas jouer avec le feu…

Auteur Zoé pour Fournisseur d’Énergie.com

Notes:

Le saviez-vous ?

Les rayons du soleil, soit l’énergie solaire, sont en partie absorbés par la Terre, mais le reste est réfléchi vers l’espace. Ce phénomène de renvoi est appelé “albédo”.

Le saviez-vous ?

L’ensemencement, dérivé du verbe semer, désigne le fait de déposer des semences, et donc fertiliser un milieu. Ici, il s’agit d’introduire des particules de fer dans la mer.

Le saviez-vous ?

Le terme “géo-ingénierie” est l’assemblage de géo, qui désigne “une action d’échelle globale” ; et ingénierie, qui vient de la racine du XIVème siècle “engeigneur”, ce qui signifie “constructeur, inventeur d’engins de guerre”.

Merci Zoé

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