Un peu de collapsologie océanique

 

ACIDIFICATION DES OCÉANS, ULTRAVIOLETS , PLANCTON ET OXYGÈNE

 

L’océan absorberait environ 30% du dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’atmosphère, de deux manières différentes (les végétaux sur la terre ferme en absorberaient autour de 20%) :

    • Le procédé physico-chimique représente 90% de l’absorption : le CO2 est absorbé dans l’océan de façon strictement mécanique et chimique. Plus les eaux sont froides, plus la quantité de carbone absorbée est grande car le CO2 est plus soluble dans l’eau froide. Ce point va être important par la suite.
    • Le plancton végétal a besoin de la lumière du soleil et du CO2. De cette photosynthèse dépend ainsi la moitié de l’oxygène que nous respirons. Là aussi, il faut bien retenir ce dernier pourcentage pour bien saisir l’impact de certaines données exposées par la suite de cet article.

Le plancton végétal est composé de plus de 35 000 espèces de micro-algues, bactéries, cellules reproductrices, micro-crustacés, larves de poissons, etc. Il représente 95% de la biomasse des océans. Ce phytoplancton neutralise donc 10% de tout le carbone atmosphérique absorbé par l’océan et de fourni en échange la moitié de l’oxygène présent dans l’atmosphère.

Le problème, c’est que l’absorption mécanique de grandes quantités de CO2 entraîne (via une augmentation de la quantité d’atomes d’hydrogène) une acidification de l’océan.

« L’acidification a augmenté de 30% depuis 1800. Certains modèles de prédictions prévoient une augmentation de 150% d’ici 2100. Le rythme actuel de l’acidification est dix fois plus rapide que pendant 55 millions d’années qui nous ont précédées. Le pH de l’océan est passé de 8,2 à 8,1. »*1

Il se trouve qu’une étude publiée en juin 2015 indique qu’entre 1800 et 2001, la Méditerranée a subit une diminution du pH de 0,08 unités en moyenne, soit une augmentation de l’acidité de 20 %. Cette étude observe également une chute de la diversité des formes de vie d’environ 30 %.*2

D’après les prévisions du GIEC et du PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement) le pH des océans devrait encore baisser de 8,1 à 7,8 d’ici la fin du siècle, tandis qu’un communiqué de presse du CNRS avance même une baisse de 0,4. Pire encore : pour les chercheurs, l’acidification des océans se poursuivra durant des dizaines de milliers d’années même si les émissions de CO2 sont réduites de manière significative ! Donc, si je reprends les points ci-dessus : si une baisse de 0,08 du Ph a fait chuter la diversité des formes de vies de 30% ; de combien sera théoriquement réduite cette même diversité avec une baisse de Ph de 0,3% ? La sinistre réponse que nous donne la calculatrice dépasse les cent pour cent… Rappellons encore une fois que l’on parle ici de la moitié de la production d’oxygène.

Par ailleurs, à titre illustratif uniquement, voici quelques données qui sont néanmoins parlantes d’une certaine manière :

  • marge de variation du Ph de notre sang à l’extérieur de laquelle des perturbations importantes du métabolisme des cellules commencent à apparaitre : 0,1 (entre entre 7,35 et 7,45)
  • marge de variation du Ph de notre sang à l’extérieur de laquelle le système entier collapse brusquement (coma ou épilepsie mortels) : 0,8 et (entre 7 et 7,8)

L’acidification des océans a au moins trois causes identifiées qui sont imputables à l’activité humaine*3 :

  • l’absorption du CO2 atmosphérique
  • l’absorption de pluies ou d’eaux acidifiées par divers composés azotés anthropiques. Ces composés sont issus (directement ou indirectement par photochimie) de la circulation motorisée, de l’agriculture et du chauffage.
  • l’absorption de composés soufrés issus des combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz). Le soufre, lors de la combustion, se transforme en dioxyde de soufre, qui se transforme ensuite parfois en acide sulfureux et en acide sulfurique. La plupart des navires utilisent encore des combustibles lourds très polluants qui créent entre autres des aérosols soufrés. Il faut par ailleurs noter ici le cercle vicieux d’après lequel, en mourant, le plancton végétal libère un gaz soufré, et que l’acidité provoquée par les gaz soufrées augmentent la mort du plancton.

Nous venons de voir que la diversité des formes de vie océaniques, et donc la survie du plancton végétal, est étroitement liée au niveau d’acidité (Ph) de l’eau. Mais il existe au mois un deuxième facteur qui joue joue contre nous à ce niveau. Dans cet autre article, j’exposai que la destruction de la couche d’ozone et la conséquente augmentation de la quantité de rayons ultraviolets qui frappent le sol, étaient un phénomène insuffisamment dénoncé par les médias et dangereusement ignoré des décideurs.*4 Nous allons voir à présent quel est le rapport avec le phytoplancton*5 :

« Des chercheurs ont étudié la réaction des algues face à une augmentation du rayonnement ultraviolet et ont découvert qu’une surexposition au soleil augmente la quantité d’énergie perçue et peut détériorer les pigments sensibles de la plante. Les plantes marines tombent malades, se couvrent de taches, pâlissent et pourrissent.

En raison de l’amincissement de la couche d’ozone, qui absorbe la majorité des rayons UV (de courte longueur d’ondes), les rayons solaires pénètrent plus facilement dans l’eau.

Les scientifiques, installés à la base de recherche franco-allemande AWIPEV dans l’île norvégienne du Spitzberg, près du Groenland, ont étudié cette situation au moyen d’une série d’expériences.

Le groupe a découvert que les rayons UV neutralisent la photosynthèse des algues et détruisent son matériel héréditaire. Ce qui a pour conséquence de réduire le rythme de croissance de ces organismes ainsi que leur taux de reproduction. L’équipe explique qu’une faible dose de rayons ultraviolets suffit pour détruire et entraver la germination des spores et des cellules reproductives. »

La conjonction de ces deux facteurs que sont le Ph de l’océan et la quantité d’ultraviolets qui frappent la surface de ses eaux laisse présager un collapsus imminent de la vie du phytoplancton et donc des niveaux d’oxygène atmosphérique.

Enfin pour finir : d’après les rapports de diverses agences de l’ONU, le pompage océanique du carbone est, en 2013, 70 % moins efficace qu’au début de l’ère industrielle, et il pourrait encore être réduit de 20 % avant 2100.*3 Il semblerait donc qu’il existe une limite à la quantité de CO2 que l’océan peut emmagasiner de façon mécanique, et que, après cela, les trois quarts du CO2 émis restera dans l’atmosphère pendant environ un siècle. Sachant qu’en 2010, nous émettions six fois plus de CO2 dans l’atmosphère qu’en 1950…

 

*1 https://surfrider.eu/locean-et-le-climat-partie-2-locean…/

*2 https://www.notre-planete.info/actualites/4136-carte-acidification-oceans

*3 https://fr.wikipedia.org/…/Acidification_des_oc%C3

*4 https://lesmoutonsenrages.fr/2021/09/09/le-rechauffement-masque-la-destruction-de-la-couche-dozone/

*5 https://cordis.europa.eu/…/29927-sunburnt-seaweed…/fr

Xelnaga

32 commentaires

  • CryptoKrom

     » Le plancton végétal est composé de plus de 35 000 espèces de micro-algues, bactéries, cellules reproductrices, micro-crustacés, larves de poissons, etc. Il représente 95% de la biomasse des océans. Ce phytoplancton neutralise donc 10% de tout le carbone atmosphérique absorbé par l’océan et de fourni en échange la moitié de l’oxygène présent dans l’atmosphère. »

    – euhh…c’est bien mais il manque une ou 2 lignes que le Plancton ANIMAL c’est pas du Phytoplancton, et que l’un se nourri de l’environnement et l’autre bouffe l’UN….

    Plancton Végétal, Plancton Animal…. ( l’Animal, en gros, ne produit pas d’Oxygéne, en majorité il le consomme…)

    C’est un Equilibre qui a chaque fois se contre-balance, lors de changements climatiques…

    Dame Nature a tout prévu, depuis bien longtemps, avant l’apparition des Anes Humains !

    (chaine alimentaire)

    • xelnaga

      Bonjour merci beaucoup pour ce commentaire ; en effet je n’avais pas relevé cette confusion de ma part. A ma décharge, je ne crois pas que cet oubli invalide la logique de mon raisonnement, du fait que les facteurs que je mentionne (augmentation de l’acidité des eaux et augmentation des ultraviolets, auxquels il aurait fallu ajouter la contamination par les particules de plastique) détruisent tous le plancton animal comme végétal (les uv détruisent les cellules reproductives animales et végétales) dans des pourcentages similaires, c’est à mon avis pour ça que je n’ai pas fait attention à les distinguer clairement.

      • Wolf-Spirit

        autres bémols …. si tu as précisé : dioxyde de carbone (CO2) là rien çà redire bien au contraire …. https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_good.gif
        pour ce qui concerne les organismes institutionnels ou ONG, CO2 = ensemble des gaz à effet de serre auquel il faut rajouter la propagande à intérets financiers de par les bons carbone et la taxations dédié à cette appellation.
        du coups vous ne parlez plus de la même chose et surtout pas dans le même but … il devient alors très compliqué de comparer leur chiffres à tes recherches.
        Sauf erreur de ma part le plastic à un impacte directe sur l’acidification des océans et sur sont « pouvoirs » absorption du CO2. Hors les organisation définis plus haut omettent quasi globalement de soulever le sujet en focalisant l’opinion publique sur le CO2 enter gaz à effet de serre.
        Alors la question n’est plus gaz à effet de serres anthropique ou non mais quelles sont les industries responsables de cette acidification. et in fine qui devraient-être condamné à nettoyr leur bordel.

        • xelnaga

          Bonjour,
          Excusez-moi de vous contredire mais il n’est pas vrai que : « pour ce qui concerne les organismes institutionnels ou ONG, CO2 = ensemble des gaz à effet de serre ». Je n’ai jamais vu dans la presse ou dans des rapports officiels englober les halocarbures ni le protoxide d’azote ni le méthane (les trois autres principaux gaz à effets de serre) sous le terme de CO2. Peut-être auriez-vous des exemples ?
          Pour ce qui est du plastique, vous avez raison, j’ai oublié ce facteur qui détruit également le phytoplancton.

          • Wolf-Spirit

            pas sous la mains mais l’arnaque car cela en une a été démontré içi en son temps.
            il en serait autrement il n’y aurait pas cette propagande et monétisation
            pour ma part j’ai vu une docu il y a plusieurs années que l’époque carbonifère avait été la plus luxuriantes.

            • xelnaga

              oui, pour les plantes ; l’atmosphère de cette époque aurait été irrespirable pour des humains ; )

              • Wolf-Spirit

                non non pa que pour les plantes ;)
                « Le gigantisme affiché par les arthropodes (myriapode géant, Arthropleura, libellule géante Meganeura) et les amphibiens du Carbonifère s’expliquerait par un fort taux de dioxygène contenu dans l’air (proche de 35 % au lieu des 21 % actuels), la quasi-absence de prédateurs, et une nourriture abondante »

                Climat
                « Après le refroidissement amorcé durant le Dévonien, la température reste tiède, malgré un taux de CO2 estimé à 0,9 % (soit trente fois celui du XIXe siècle) et stable durant la première partie du Carbonifère, pendant la seconde partie du Carbonifère le climat se refroidit à nouveau. Le Gondwana, dans les latitudes hautes de l’hémisphère sud, est en partie couvert de glace, glaciation qui se poursuit au début du Permien. Laurussia est situé à des latitudes peu élevées et n’est guère touché par le refroidissement. « 

                • xelnaga

                  Oui ça devait être magnifique mais il me semble avoir toujours entendu que l’atmosphère de cette époque aurait été irrespirable pour les humains.

                  • Wolf-Spirit

                    Oui sauf qu’il strictement impossible de prouver quoique ce soit du fait que nous n’y étions pas avant ni pendant et donc totalement farfelu de dire que l’on aurait pas pu y vivre … on arrive bien à survivre dans une aire saturée de polluant

                    tout ça pour dire qu’on se fou royalement de notre gueule avec ces histoires de CO2. (l’Homme n’arrive m^me pas à ce gérer mais voudrait gérer la planète et bientôt l’espace https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yes.gif )
                    Il y a des leviers facile à actionner si on veut que la vie dans les océans ou sur la terre perdure (au regard du tout ce qui a été mis en place depuis un an et demi pour une grippette et des milliards qui sont apparus de nul part )

                    • xelnaga

                      Ha non tu as raison je viens de regarder et effectivement il semble qu’on aurait pu respirer l’air à l’époque carbonifère (il y a 300 millions d’années il y aurait eu 0,08% de CO2 soit le double d’aujourd’hui, alors que l’air devient irrespirable pour nous à partir de 3 %).

                      J’ai du confondre avec des époques beaucoup plus anciennes (« il y a 4,5 milliards d’années, on pense qu’il y avait 100 000 fois la quantité actuelle de CO2 » ; https://planet-terre.ens-lyon.fr/ressource/co2-depuis-4ga.xml).

  • Sully-Morlandimus

    Crypto, pour faire plus simple il faut distinguer tout ce qui est autotrophe et ce qui ne l’est pas (=> hétérotrophe).
    Ce qui est moyen dans cet exposé, c’est l’approximation. En effet, il faut savoir que l’acidification induite par les différentes formes du soufre sont beaucoup plus acidifiantes par l’acide sulfurique que celles induites par le CO2. L’HCO3(2-) étant un acide nettement plus faible et qui plus est les formes dites carbonatées du calcium ( élément très présent dans les océans) sont basiques ( COOH-). Avec une source carbonée, il y a des équilibres au niveau des H ( signe plus) et des OH- qui s’établissent naturellement.
    La plus grande source de pollution en S restant celle de la combustion du fuel lourd par les gros porteurs, on en revient à pointer du doigt un système qui se prétend être préoccupé par l’environnement et qui dans le même temps signe à tout va des accords commerciaux internationaux qui amplifient via les transports maritimes ce type de nuisances. C’est de l’hypocrisie crasse. Mais comment pourrait mieux faire un loup désireux de s’introduire au milieu d’un troupeau de moutons si ce n’est en endossant sur son dos….. une peau de mouton, non ?

    • xelnaga

      « Ce qui est moyen dans cet exposé, c’est l’approximation. » Excusez-moi en effet j’ai essayé de rendre le sujet accessible au plus grand nombre et je ne suis moi-même pas du tout chimiste. Mon but n’est pas d’apporter une vérité la plus solide possible, mais seulement de dénoncer qu’il y a des sujets alarmants dont on ne nous parle pas assez.
      Au sujet de l’équilibre spontané qui s’établit dans l’océan entre les acides faibles du CO2 et les minéraux alcalins comme le calcium, est-ce que vous pourriez mieux expliquer la chose pour les non scientifiques svp, si vous avez le temps ?
      Dans tous les cas merci pour votre réponse.

    • xelnaga

      En gros, vous dites que la pollution causée par les substances chimiques dérivées d’une façon ou d’une autre des hydrocarbures est responsable de la quasi totalité de l’augmentation de l’acidité de l’océan (car les acides faibles du C02 sont dégradés par leur réaction au contact des minéraux alcalins se trouvant dans l’océan) ?

    • xelnaga

      Ha je viens de vous relire et je crois que j’avais raté la dernière étape du raisonnement, à savoir que les acides faibles du CO2, en contact avec le calcium très abondant dans l’eau, vont à leur tour produire de nouveaux composés alcalins (carbonates de calcium) et que donc, paradoxalement, le CO2 permet de compenser une partie de l’acidification causée par la pollution ?

    • behappy

      « La plus grande source de pollution en S restant celle de la combustion du fuel lourd par les gros porteurs, on en revient à pointer du doigt un système qui se prétend être préoccupé par l’environnement et qui dans le même temps signe à tout va des accords commerciaux internationaux qui amplifient via les transports maritimes ce type de nuisances. C’est de l’hypocrisie crasse. » Sully-Morlandimus
      Les plus grand polluant et produisant els gaz a effet de serre sont les énergie fossile (carburant) et le pire le charbon
      « La Chine produit près de la moitié du total mondial. L’indonésie est devenue le deuxième producteur, dépassant les États-Unis. »
      https://www.planete-energies.com/fr/medias/chiffres/production-mondiale-de-charbon
      Les voiture a essence devraient être interdites depuis longtemps https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_scratch.gif
      Maintenant il faut plutôt apprendre a vivre avec le dérèglement climatique ^^
      Quelles mesures sont prises pour la prévention des feux de forets ? https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_cry.gif
      « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » Chirac

  • davidnovit

    Il faut prendre en compte aussi que avec le réchauffement des fonds marins ne fussent que de quelques degrés libère l’hydrate de méthane ce qui a pour effet de faire fatalement du méthane et du dioxyde de carbone.
    En canyoning on l’utilisait s’ était comme un pierre blanche et quand on le mettait au contact de l’ air sa fondait si je puis dire libérant du gaz qu’ont pouvaient allumé.

    • xelnaga

      Bonjour,
      j’ai trouvé ça : « Selon une étude parue en 2016, un dégel massif des hydrates de méthane océaniques serait la principale cause du réchauffement climatique ayant conduit à l’extinction Permien-Trias qui vit disparaître 95 % des espèces marines et 70 % des espèces continentales, il y a 250 millions d’années. Les auteurs de l’étude font le lien avec le réchauffement climatique actuel. »

      pourquoi est-ce qu’ils parlent de « dégel » pour les hydrates de méthane océaniques alors qu’ils étaient auparavant entrain d’utiliser ce terme pour ceux du pergélisol ? Erreur d’inattention de l’écrivain, ou c’est autre chose ?

    • flowfly

      et pour le canyoning ou la spéléo, ils utilisaient du carbure de calcium, qui au contact de l’eau dégage de l’acétylène.
      un hydrate de gaz est stable à des températures très très froides ou à des pressions très fortes.

  • Wolf-Spirit

    Rien, sur la pollution directe des océans qui nous servent de déchargent.
    déchet industriels, militaires, ménagers, que se soit sous formes solides liquides et gazeux

    https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_unsure.gif

    • xelnaga

      Vous avez raison c’est un aspect qui manque clairement dans le texte. Je me suis concentré sur la question que j’ai moi-même découvert en écrivant cet article, à savoir l’interaction entre le Ph de l’eau, les uv du soleil, la quantité de plancton végétal et la quantité d’oxygène de l’atmosphère.
      Il aurait fallu ajouter clairement la question de la pollution directe par les déchets de l’industrie (qui influe sur le Ph et doit causer directement la mort par empoisonnement de certains micro-organismes), vous avez entièrement raison.

  • flowfly

    les oxydes souffrés et azotés sont très concentrés en effet dans les rejets du transport maritime (combustion fuel lourd) et participent pas mal à l’acidification des océans. Mais ça reste les oxydes carbonés (dont la plus grande partie est du CO2) qui participent le plus à l’acidification des océans.
    Cela joue sur l’équilibre entre co2 et carbonates, phénomène physico chimique à la surface des océans:
    CO2 + H2O ==> H2CO3 ==> HCO3- + H+
    C’est cet équilibre qui est le plus sujet aux changements de concentration et température de l’atmosphère et qui réagit à l’augmentation de co2 dans l’atmosphère (bien plus que la part de co2 captée par les phytoplanctons qui dépend moins de la concentration atmosphérique mais influence beaucoup la diversité de ces phytoplanctons).
    On a donc un puit de carbone sauf dans des zones trop réchauffées/acides où l’équilibre se fait dans l’autre sens et alors l’océan devient source de carbone (zones tropicales principalement).
    ensuite les zoo planctons biocalcifiants se servent de ces ions bicarbonates (HCO3-) pour faire leur coquille et autres exosquelettes en calcaire (CaCO3)
    2 HCO3- <==> CO3(2-) + CO2 + H2O
    Mais selon le pH cet équilibre se déplace vers les ions carbonates (davantage d’ions carbonate CO3(2-) sont utilisés pour former des ions bicarbonate HCO3-, donc il y en a de moins en moins); jusqu’à une limite (la lysocline) où lorsque la concentration de carbonate est trop faible, le calcaire se dissous spontanément dans l’eau, ce qui se passe dans les profondeurs océaniques mais malheureusement à certains endroits en surface comme les barrières de corail qui meurent et l’épaisseur des coquilles qui s’amincit…

    Que ce soit le changement climatique ou les pollutions, les scientifiques disent la même chose depuis des décennies et le temps passant sont de plus en plus précis; ne les confondons pas avec les politiques et industriels qui ne les écoute pas et nous racontent n’importe quoi

    • xelnaga

      Bonjour ;
      Vous dites que le CO2, une fois dans l’océan et au contact du calcium alcalin, se transforme en acide carbonique qui lui à son tour se transforme à la fois en bicarbonates alcalins et en ions oxonium acidifiants ?

      Et que, ensuite, les bicarbonates sont retransformés en calcium par une partie de la faune jusqu’à ce qu’ils soient épuisés ? Une fois les bicarbonates épuisés pour la formation de calcaire, les ions oxonium (H+) feraient alors baisser le Ph ?

      D’autre part, qu’implique (pour le Ph et non la formation des coquilles de la faune) que le le calcaire se dissous spontanément dans l’eau dans le cas dont nous venons de parler, l’épuisement des bicarbonates ? Le calcaire ainsi dissout continue-t-il de compenser l’acidification des ions H+ ?

      • flowfly

        je ne parle que de l’équilibre entre co2 et carbonates qui influe sur l’acidité de l’océan;cet équilibre influe sur la quantité d’H+.
        le calcium étant utilisé par les animaux calcifiants.
        Les carbonates ne se transforment pas en calcium; les animaux font des structures à base de carbonates ET de calcium. Ca(2+) + CO3(2-)

        La dissolution évoquée n’intervient que dans les endroits « en dessous » de la lysocline; où en effet on peut se dire qu’il n’y a pas assez de carbonate ou qu’il y a « trop » d’H+; effectivement une partie du CO3(2-) capture des ions H+ mais l’équilibre étant loin d’être atteint,ça influe peu sur le pH (comme au fond des océans). En gros l’acidification fait bouger cette lysocline sur la verticale et en certains endroits jusqu’à la surface

  • engel

    Là l’onanisme intellectuel n’est pas loin.https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wacko.gif
    On malaxe tout, on secoue, puis on étale les éléments qui vont dans le sens désiré.
    …Sinon, quelque peu me faire un résumé en 5 lignes ?

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