Les pigeons, arme de défense de l’environnement urbain ?

En direct de l’enfer des villes, pour la Terre, clairement et pour le peuple, toujours !

Je l’avais déjà constaté sur mon projet radical d’autonomie rural (cf. fichiers distribués sur les ME via facebook avec les données chiffrées) : les animaux dégénèrent, à notre contact, celui de la civilisation occidentale, de nos habitudes hygiénistes, de nos produits chimiques en tout genre et de notre alimentation empoisonnée.

Les pigeons, donc, qui vivent près de nous dans les villes depuis la nuit des temps (non ? que l’on me contredise, alors…) sont devenus, semble-t-il, la bête noire de tout le monde. Les rats, aussi, mais comme ils sont essentiellement nocturnes, la haine des hommes à leur égard est moins palpable.

Les pigeons, en revanche, en prennent pour leur grade : ça chie partout, ça dégrade avec les fientes, ça a des puces et ça transmet des maladies…
Et c’est pas faux…
Témoignage concret des réactions pleines d’animosité à leur égard, depuis que je les nourris.

Un premier commerçant, d’abord, qui tient un restaurant et qui m’a signalé que c’est interdit (sans mentionner le fait, surtout, que ça l’emmerde car ils pourraient chier sur ses clients, en terrasse : si, le même client qui s’installe à la campagne et est incommodé par le chant du coq ou celui des cigales…). Confinement, plus de clients pour ce restaurateur discipliné devant les « lois » de notre pays.

Je continue donc à nourrir les pigeons : d’abord directement dans la rue en jetant par ma fenêtre des restes et des miettes. Puis, la venue d’un Rougequeue noir, régulièrement, sur son rebord m’incite à y déposer directement les restes. Batailles d’oiseaux, les pigeons ont gagné : le rebord est repéré et chaque jour à la même heure, on y vient manger et boire (j’ai déposé une coupelle dans la jardinière, les fientes font de l’engrais). D’abord un spécimen adulte que j’ai nommé Goliath (il lui manque une « patte » = plus précisément un doigt mais je voulais une rime !), il devient moins sauvage et je l’observe : il niche en face avec quelques congénères que je repère (singularités diverses et variées). Ils mangent la bouillie que je décide de leur faire, pour les aider à avoir un système immunitaire plus performant (béh oui, et s’ils attrapent le covid, les pauvres ^^) : restes de pain au levain maison, épluchures de légumes cuites, un peu de vinaigre de cidre, parfois, une goutte de miel, etc. = mes recettes vétérinaires en biologique testées et approuvées dans mon poulailler entre 2015 et 2018.

Bref, je constate qu’ils ne mangent pas tout : au sol, en bas, ils en laissent (les rats sauront quoi en faire, non ?) : surtout la salade, quand il y en a… Pourtant, j’ai vérifié : choux, salades, les feuilles font partie de leur alimentation. Ils trient : comme les « enfants » de notre société industrielle habitués à ce poison quotidien qu’est devenue notre bouffe.

Puis, arrivée de bébé Carter : au début, il observe les adultes et trie comme eux. Puis, probablement en confiance avec « moi » (la main qui distribue la bouffe), il cesse de trier et mange désormais de la salade. Chouette, son système immunitaire n’en sera que meilleur, je pense. S’il a des puces (et c’est un fait, Kitchi Boulette en a attrapé une qui m’a piquée !), il sera ainsi plus apte à s’en débarrasser/défendre (chez les poules, poux et puces sont responsables de maladies) et les risques de transmission de maladies chez l’homme (en chiant sur sa tête : si, le client insupportable qui vient de Paris et n’aime pas les cigales !) pourraient en être diminués, non ? De plus, chiant régulièrement dans ma jardinière et sur le rebord de ma fenêtre (deux fois sur le parquet, Goliath et bébé Carter sont entrés voir mon nid un jour que la bouffe tardait à arriver…), je nettoie régulièrement à l’eau chaude et au vinaigre (les mêmes fientes dispersées partout et souvent dans des lieux inaccessibles au nettoyage = grenier inhabité au dessus d’un commerce, etc.). Il me semble donc qu’il s’agit là d’une intervention dans un biotope (les villes possèdent un biotope, par définition !) où le pigeon n’a pas la côte qui peut la lui redonner : moins de maladies, gestion des parasites et des fientes, liens avec le vivant pour les zombies des villes, etc.

Malheureusement, le manque de logique des citadins…

Hier, une commerçante, alors que je nourrissais tout ce beau monde (bébé Carter a toujours le privilège d’avoir sa part dans une assiette rien que pour lui puisqu’il vient dans ma main, N.B.) : « vous pouvez arrêter de nourrir les pigeons, ils chient sur mon parasol, vous les attirez, c’est interdit, vous prendrez une amende ». Réponse : « non, je n’arrête pas, portez plainte » ( = je discute même plus, bébé Carter m’intéresse davantage !).

Puis, en méditant : si cette commerçante m’avait abordée différemment (et si, aussi, je n’avais pas été en conversation au téléphone ce jour-là), si elle ne nourrissait pas une animosité compréhensible pour les fientes des pigeons et une peur des maladies qu’ils peuvent véhiculer (ont-ils le choix ?) ; bref, si l’interaction n’avait pas été teintée de cette haine du pigeon contre lequel il semble y avoir un complot mondial et de dégoût, j’aurais éventuellement eu le temps de lui parler sa langue. Celle des chiffres et de l’observation.
C’est à dire, je n’attire pas plus de pigeons qu’il n’y en a déjà (je les ai comptés, c’est toujours le même groupe dans lequel il y a des naissances et ils nichent en face depuis longtemps = bien avant mon arrivée nourricière !), ils chient chez vous ET chez moi et je nettoie (chose impossible jusque-là dans le grenier inoccupé) ce qui limite la propagation des parasites/maladies. Je nettoie en bio (cf. la fabrication de mes produits d’entretien) et ils chient donc de plus en plus bio : votre parasol sera probablement abîmé moins vite (les fientes des oiseaux et les dégâts). Ils chient, donc, en bio : également sous les arbres en ville, cela fait de l’engrais et c’est cool pour respirer, ne pas crever dans un scénario dystopique et avoir des clients vivants, non ?

Bref, c’était l’article en faveur du pigeon apprivoisé et bien nourri en « biologique en ville » pour améliorer le biotope toxique des cités, à vous les studios !

(Ou, pour le dire autrement : biotope et permaculture , peu importe le flacon pourvu qu’il y ait l’intention !)

29 commentaires

  • Dao Ji - le fou contestataire avec sa gourde de vin

    728 pigeons piégés et tués en 2020 dans une commune et en suis assez fier https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif, en meme temps soit ça ou plus de taf https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_smile.gif

  • davidnovit

    Pigeon oiseau a la grise robe , sous mon regard tu te dérobe, dans l’ enfer des villes tu est le plus agile….

  • jp31

    Rép O Titre: évidemment

    Après y’a le mougeon qui tergiverse ..
    Je ne sais pas quel gout à le pigeon, le mougeon me fait dégueulé.

    Jolie phrasé , et une araignée sauteuse passant sur le clavier m’interpelle pour le moustique tigre .. Je l’ai éclatez.

    Allo les studios https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif

  • Karaba30quicouve

    @jp31 : moi je dégueule jamais, truc de pauvre qui a arrêté de boire !

  • Un beau résumé de cette société de dingue qui n’a plus aucun bon sens paysan. Ma conclusion, si on devait tous produire de quoi se nourrir, on n’aurait pas le temps de se prendre la tête avec toutes ces conneries (je ne parle pas des pigeons). Donc, une conclusion s’impose, tant qu’on nous donnera la becquée, notre civilisation ne se sortira pas de cette farce décadente.
    Ce texte est un petit bijou anthropologique; Ca me fait penser à du Sylvain Rochex version fémininehttps://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

    • Coucou mia Laurence :)

      Elle est cool hein Karabo ^^ C’est ma nouvelle copine et exemple à suivre !

      Akasha.

      • Karaba30quicouve

        @Akasha : bo il est bo karabo, lé il est lé le corlier… Euh Corbier ^^
        Vraiment ? Cool, je te laisserai mon mail perso et mon blase avant de quitter à nouveau les ME, alors. Pour les ateliers d’écriture (mode monomanie « on ») et se faire un coucou de temps en temps !
        Cela étant dit, j’ai fait un article où tu trouves mes travaux et donc certaines coordonnées mais pas mon mail alors je t’ai fait un récap sur le chat !
        https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif

  • Karaba30quicouve

    @Laurence : merci beaucoup. Il me semble, en effet, sans posséder le jargon théorique, que cette observation/restitution écrite relève des sciences humaines.
    Il se trouve que ma main nourricière a pris le temps/fait l’effort de chercher à propos de l’alimentation naturelle des pigeons. Et donc l’intégration de la salade sur la base de la confiance aveugle que me témoigne bébé Carter. De plus, cela me permet de revaloriser mes déchets organiques (j’ajoute ail/oignon, comme « alicament ») ce qui n’est pas évident en centre ville touristique ! Le bon sens paysan choque le sens de la circulation urbaine (celui des neurones ?), clairement. Cela étant dit, si aucun de mes voisins commerçants ne chope une pneumonie ou autre maladie liée aux pigeons (j’ai lu qu’il fallait une forte concentration en pigeons, ce qui n’est pas le cas, ici) l’aspect « intéressant » de la démarche { moins de fientes que sur la gueule des MES clients et que sur MA bâche/parasol, MON grenier = partage des désagréments liés à l’oiseau en question [ nettoyage « biologique » de la voisine fainéante qui refuse de « travailler » parce qu’écrire est sa profession de mégalomane et qui a donc du temps pour les pigeons PLUS communication autour des ses pratiques à l’aspect « soignant » pour tous = logique non tyrannique et ardoise collective positive ] … Tiens, c’est l’aspect anthropologique, alors ? } ; bref si cette logique propre à mon environnement direct « intéresse » parce que ça rapporte elle fera peut-être boule de neige, non ? Puisqu’il faut optimiser relativement à l’urgence, il me semble que le CALCUL n’est pas trop mauvais. Heureusement, cela dit, que j’ai quelques « lettres » pour le rendre signifiant à celles et ceux qui n’ont appris qu’à compter et jamais conter…
    Sinon, c’est marrant : je crois bien que Rochex pourrait revendiquer une certaine paternité à mon égard, nous sommes d’accord, je crois ^^
    Et j’en profite pour te présenter des excuses : il semblerait, en effet, que j’ai surinterprété l’un de tes commentaires, par le passé. C’est que le mode survie était « on » de chez « on » et que Simone Rancifos est assez traumatisante… Quand la personne réelle qui inspire le personnage possède encore droit de vie et de mort sur ton exploitation en permaculture la moindre référence devient viscéralement impossible à admettre… Bien sûr, comme toujours, elle a gagné : parce que cette logique paysanne dont tu parles est la sienne, au fond. Par contre, elle s’en fiche puisqu’elle est à l’aube de sa vie et que la postérité ne l’intéresse que quand elle lui dit « oui, tu as raison, Bordeaux est plus au sud que Toulouse, tu as souffert, tu es vieille et mérite bien le sacrifice d’une exploitation en permaculture quasiment autonome pour calmer tes nerfs à vif qui ne supportent pas la contradiction, etc. ».
    Tant que je suis partie avec le souvenir de l’exploitation en question, mon âme, mes convictions et mon énergie pour restituer le tout, c’est l’essentiel. Il me fallait un peu de temps, voilà tout.
    https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_smile.gif

    • Ton expérience traumatique https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif du retour à nos racines, cad d’humains autosuffisants n’est pas anecdotique. Le retour à une vie plus proche de ce qu’on connu nos ancêtres est assez compliqué car la société ayant tellement changé, nous nous trouvons fort démunis et bien esseulés face à des pratiques ancestrales qui ont l’air d’une simplicité évidente. Ca parait simple revenir à l’essentiel, comme produire sa nourriture et en fait, c’est hyper compliqué. C’est bien la preuve que nous sommes des humains dégénérés; on se croit supérieur avec notre progrès, en fait nous sommes en dessous de tout.

      https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif

      • Karaba30quicouve

        @Laurence : je ne sais pas.
        Le traumatisme ne me paraît pas lié au retour à l’essentiel : plutôt à la trahison de mon collaborateur qui le prônait/pratiquait, à mes côtés et qui a tout jeté à la poubelle pour un statut/salaire.
        Le progrès ne me paraît pas en cause, relativement à mon anecdote personnelle : plutôt les pressions diverses et/ou l’imposture… Corbier seul peut répondre, finalement.

        • Oui, bien sûr. Disons que le retour à l’essentiel est compliqué car tout est fait pour nous en éloigner. Avant c’était naturel, une évidence de vie, à présent c’est une marginalité, un rêve de bobo qui une fois mis en pratique peut s’avérer totalement ingérable pour la personne qui en rêvait. Et ce n’est pas toi que je traite de bobo https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif
          J’ai pour le moment chez moi durant la semaine, un petit garçon de 7ans qui vit en Lozère, son papa est fermier. Son quotidien ce sont les vaches à rentrer, les patates à ramasser, les légumes à semer. Je me rends compte que j’ai essayé de faire au mieux pour que mes enfants ne soient pas pervertis par mon côté citadin(j’ai vécu mes trente première années à BXL) mais je n’aurai jamais des enfants comme ce petit garçon qui est issu d’une famille de paysans de père en fils. Une famille sans portable, sans télé. Combien en reste t il? De moins en moins. On peut essayer de se changer, de s’améliorer mais c’est fondamentalement toute cette société du spectacle qu’il faut modifier, je dirais même anéantir. Car ce monde nous pervertit dès la naissance et ce malgré toute l’énergie déployée pour lui échapper.

          • Karaba30quicouve

            @Laurence : je crois que je suis d’accord.
            Il faut tenir compte de tant de paramètres (j’appelle cela les billes de départ, pour abréger !). C’est pour cela que j’ai fait preuve de tant de mordant relativement à mon texte Ignocratie. Car il s’agissait de ne pas gaspiller toute l’énergie déployée sur ce projet : avec l’autofiction, tu es libre. De coller au réel, de faire des clins d’oeil et de ménager la sensibilité, pas l’ego. L’objectif était le refus de tout gaspillage énergétique en faveur de l’exploitation en permaculture. Dont je faisais partie : n’en déplaise à momone et compagnie. Et dont le collectif « jouissait » = il ne s’agit pas de mon ego, je sais prendre soin de mon être sensible et vous sabotez 3 ans de permaculture pour le profit… de qui ? Je me le demande encore. Ou bien, je refuse de le croire et cela répond à la question de l’imposture.

Laisser un commentaire