Pollution, travail des enfants, eau : la face sombre des batteries de voitures électriques

Progrès destructeur ? Proposé par Françoise G. Partagez ! Volti

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Par SOTT via Paul

Les voitures électriques ne sont pas la panacée en matière environnementale. La fabrication de batteries nécessite de grandes quantités de nickel, de cobalt et de lithium. Or l’extraction de ces métaux n’est pas toujours très verte, ni très éthique.

Mais le conducteur qui a choisi de rouler électrique oublie parfois que pour remplacer l’or noir, il faut des quantités colossales de métaux dont l’extraction n’est pas toujours très verte ni éthique.

Tesla en quête de nickel

Le patron de Tesla Elon Musk a jeté un pavé dans la mare lors d’une conférence avec des analystes fin août en promettant un « contrat géant » à la société capable de lui fournir du nickel propre en quantité suffisante. Méconnu du grand public, le nickel est l’un des trois métaux stars des batteries aux côtés du lithium et du cobalt. Il augmente la puissance, donne de l’autonomie et permet de diminuer les quantités de cobalt, mais son extraction est loin d’être neutre.

La biodiversité marine menacée

« Pour le nickel, le risque environnemental majeur, c’est la gestion des résidus », rappelle Samuel Dufay, directeur environnement chez Eramet. En Indonésie, où se situent les principaux gisements pouvant répondre à la hausse de la demande, les opérateurs miniers, chinois pour beaucoup, n’hésitent pas à se débarrasser de ces déchets en les envoyant tout simplement au fond de la mer. Ce mélange de terre, d’eau et de fer met en danger la biodiversité marine et menace les coraux, alertent les ONG.

Pour son projet à Weda Bay, le groupe français exclut donc cette approche. « Il faut préserver la réputation de toute la chaîne de valeur, sinon l’industrie automobile va revivre le dieselgate », prévient Samuel Dufay.

Le manque de partenariats

Une solution serait de stocker les résidus avec un barrage minier, mais l’édifice serait trop difficile à sécuriser dans un pays avec des tremblements de terre et une pluviométrie intense. Eramet privilégie donc une troisième option, plus chère, celle du stockage à sec : les résidus sont pressés jusqu’à devenir des plaques de terres qui seront ensuite entreposées et revégétalisées pour limiter les risques d’érosion.

Le principal problème est que les montants à investir sont colossaux. Les projets nickel sont très gourmands en capital : il faut compter 1,5 milliard de dollars contre 500 millions pour un projet lithium ou cobalt. Les groupes miniers cherchent donc à nouer des partenariats avec des industriels. Eramet discute ainsi avec Tesla et d’autres constructeurs. Des négociations compliquées. « On a du mal à passer à l’étape suivante et à sécuriser des partenariats de long terme », concède Pierre-Alain Gautier, le directeur de la stratégie. Le constructeur américain, comme ses concurrents, préfère se contenter de contrats d’achats de long terme plutôt que de soutenir les projets des groupes miniers.

Risque de réputation

A côté du nickel, le cobalt est l’autre terrain miné de la décarbonation des transports. Produit à 60 % en République démocratique du Congo (RDC), le métal est associé au travail d’enfants qui creusent à mains nues dans des mines artisanales pour à peine 2 dollars par jour. Les acteurs du secteur multiplient donc les initiatives pour améliorer les conditions de travail et redorer l’image de leur minerai.

Créée par Fairphone, une start-up néerlandaise de smartphones éthiques, la Fair Cobalt Alliance (FCA) vise à sécuriser les mines artisanales, qui représentent environ 10 % de la production actuelle, et éradiquer le travail d’enfants. Même s’il n’exploite pas ce genre de mines, le géant suisse Glencore a apporté son soutien à cette alliance, tout comme Tesla.

L’or blanc et l’eau

« Le risque de réputation devient un risque commercial », analyse Adam McCarthy de l’Institut du Cobalt. Particulièrement exposés à l’opinion publique, les fabricants de smartphones et les constructeurs automobiles cherchent de plus en plus à se passer du cobalt dans leurs appareils.

Reste le dernier ingrédient majeur des batteries, le lithium, qui épuise un peu plus les ressources hydriques de régions déjà en manque d’eau. La problématique est sensible dans le « triangle du lithium » à cheval sur le Chili, la Bolivie et l’Argentine. L’or blanc est obtenu sur des lacs salés asséchés en faisant évaporer la saumure pompée dans la roche. Des solutions existent, mais elles ont un coût. Pour économiser l’eau, Eramet a développé pour son projet en Argentine, suspendu du fait de l’instabilité politique, une technique de captation du lithium moins gourmande permettant de réinjecter la saumure.

Article de Étienne Goetz pour Les Echos

Source SOTT via Paul

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4 commentaires

  • Avatar keg

    Vous n’étiez pas au courant? Eux, les « victimes-esclaves » ont leur batterie à plat.

    04/10/2020 – https://wp.me/p4Im0Q-45z
    – Trump aux urgences et le monde est paralysé. Que sera-ce quand il sera feu-Trump ? Le monde implosera. Un seul ricain vous manquera et le monde est dépeuplé (cela devrait réjouir les réducteurs de tête qui voudraient ramener la population à 500 millions…. Des sclaves)

  • Avatar mianne

    Le problème de ces batteries pour voitures électriques , c’est le peu d’autonomie qu’elles accordent au véhicule et le temps de leur rechargement . Pour que ce soit viable pour les longues distances, il faudrait que les stations-service fonctionnent à la manière du poney-express ou des anciens relais de poste où les cochers laissaient les chevaux fatigués se restaurer et se reposer en repartant sans attendre avec des chevaux frais . Il faudrait pouvoir déposer dans la station-service de l’autoroute sa batterie déchargée et repartir sans attendre avec une autre batterie chargée, moyennant une somme couvrant à la fois le prix de l’électricité , une petite part du prix de la batterie ( l’indemnité d’usure de la batterie) et un pourcentage pour le service rendu par la station-service , Il faudrait donc que les batteries soient aisément clipsables, que l’opération de dépôt et de nouvelle installation se fasse en moins de cinq minutes, le temps pour le conducteur de prendre un café. Les stations-service seraient reliées à une installation ( peut-être indépendante) qui rechargerait des dizaines de batteries simultanément et qui remplacerait et recyclerait les batteries défectueuses .
    Sinon, la voiture électrique ne peut être que pour les courts trajets autour du domicile .

  • Avatar CryptoKrom

    Avant méme de rouler, les voitures electriques tuent des enfants !

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