Le coronavirus Covid-19 serait plus dangereux que la grippe espagnole

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Le monde a été confronté à plusieurs graves pandémies en cent ans. Sans doute, la plus grave était la pandémie de grippe espagnole (H1N1) en 1918. Cent ans plus tard, l’humanité a été frappée par la pandémie de coronavirus avec toutes les conséquences que cela implique. 

Des chercheurs américains sous la direction de Jeremy Faust de l’Ecole de médecine de Harvard ont comparé les conséquences pour le monde des pandémies de Covid-19 et de grippe espagnole H1N1 et ont déclaré que le nouveau coronavirus Covid-19 s’avérait plus mortel que la grippe espagnole. La mortalité au cours des premiers mois de la pandémie actuelle a dépassé les chiffres d’il y a un siècle. 

A cet effet, les chercheurs ont analysé la surmortalité à New York au cours des deux pires mois durant les deux pandémies. L’article cite les chiffres suivants: au pic de la pandémie de grippe espagnole on comptait à New York 287 morts sur 100.000 habitants. Pendant l’épidémie de Covid-19 en mars et en avril 2020, 202 morts ont été recensées dans la ville sur 100.000 habitants. 

Puis, les scientifiques ont comparé les chiffres de la mortalité mensuelle au cours des trois années qui ont précédé les pandémies. Il y a cent ans, près de 100 personnes mouraient par mois sur 100.000 habitants, or de nos jours ce chiffre a été divisé par deux. 

Il s’avère au final que la grippe espagnole a fait tripler la mortalité, alors que le coronavirus a multiplié par quatre la mortalité. « Avec des soins insuffisants l’infection SARS-CoV-2 peut avoir une mortalité comparable ou plus grande que l’infection du virus de la grippe H1N1 de 1918 », ont déclaré les auteurs de l’étude. 

Cependant, d’autres experts pensent que les conclusions définitives pourront être tirées seulement à l’issue de la pandémie actuelle. D’autant que si à l’aide de vaccins élaborés la situation était maîtrisée, cela constituerait une différence fondamentale par rapport à la tragédie qui s’est produite il y a un siècle. 

Les auteurs ont analysé non seulement la mortalité liée directement à l’infection, mais également la surmortalité qui est associée à l’épidémie. Les méthodes de l’étude correspondent aux objectifs fixés ce qui permet d’obtenir des conclusions objectives. 

Cependant, ces conclusions ne peuvent pas être automatiquement transposées dans la pratique clinique réelle. 

Premièrement, cette étude analyse la mortalité dans une ville concrète, New York. Par conséquent, il est incorrect d’appliquer les informations obtenues sur d’autres villes et qui plus est pays. Deuxièmement, les auteurs ont analysé les informations sur les morts recensées au cours des deux premiers mois de l’épidémie de Covid-19 à New York. Au début de la pandémie, quand la pathogénèse de l’infection était peu connue, la mortalité était plus élevée. Au fur et à mesure de l’accumulation de l’expérience clinique et de l’élaboration d’approches thérapeutiques elle a commencé à diminuer. C’est pourquoi il sera possible de comparer définitivement les deux infections, la grippe espagnole de 1918 et le SARS-CoV-2 qui a provoqué la pandémie actuelle, seulement par la suite. 

Bien sûr, compte tenu du niveau actuel incomparable de la médecine par rapport à la grippe espagnole, la mortalité du coronavirus préoccupe et même effraye. C’est ce qu’écrivent des chercheurs chinois sous la direction de Lin Yang de l’université polytechnique de Hong Kong. 

La Première Guerre mondiale avait significativement contribué à la prolifération de la grippe espagnole. Les soldats se déplaçaient entre les pays d’Europe, d’Afrique et d’Asie occidentale, ils venaient des Etats-Unis et revenaient, voyageaient à bord de navires et de trains. La situation mondiale actuelle permet de fermer les frontières entre les pays. Mais les transports sont devenus bien plus rapides et il est possible pour un malade de se déplacer rapidement d’un bout à l’autre de la planète. 

La principale difficulté lors de l’interprétation de ces données c’est que nous ignorons réellement combien de personnes ont été contaminées par la grippe espagnole. Toutefois, les informations concernant le coronavirus ne peuvent pas non plus être considérées comme précises à 100%, même en s’orientant sur les tests aux anticorps. 

La pandémie de grippe espagnole a duré dans le monde de 1918 à 1920. Environ un tiers de la population a été contaminé et, selon les différentes estimations, elle a fait entre 17 et 100 millions de morts. C’était l’une des plus terribles pandémies qu’a vue le monde. 

Le virus de la grippe et du SARS-CoV-2 ont des signes communs – tous les deux sont transmis par la voie aérienne et affectent les organes respiratoires. Mais en soi les virus sont très différents. Et depuis cent ans la médecine et le niveau sanitaire ont fait un bond en avant, les connaissances et les méthodes de soin permettent de combattre les maladies bien plus efficacement. Ce qui a réduit la mortalité de pratiquement toutes les maladies et a augmenté la durée de vie globale de la population. 

C’est pourquoi il est possible aujourd’hui d’espérer que la pandémie de Covid-19 aura des conséquences bien moindres que la grippe espagnole, qui a provoqué une catastrophe planétaire il y a un siècle.

Alexandre Lemoine

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