Migrants en Allemagne: Merkel avait-elle raison d’ouvrir les portes à des centaines de milliers de réfugiés?

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Source Observteur-Continental

La BBC dans un article du 24 août se pose la question. Il y a exactement cinq ans, la chancelière allemande Angela Merkel a annoncé que son pays était prêt à accepter des réfugiés syriens, quel que soit le pays de l’UE par lequel ils arrivaient en premier.

«Ainsi, l’Allemagne est devenue le premier membre de l’Union européenne à violer la Convention de Dublin de 1990, sur la base de laquelle les réfugiés ne pouvaient demander l’asile que dans le pays de l’UE dont ils avaient franchi la première frontière», souligne le média britannique. La BBC révèle, à pas feutrés, une situation catastrophique. 

Peut-on comparer les réfugiés d’après-guerre et ceux d’aujourd’hui? «Après cette annonce, rien qu’en 2015, selon le ministère de l’Intérieur de la République fédérale d’Allemagne, plus d’un million de réfugiés ont été enregistrés dans tout le pays. Près de 430 000 d’entre eux venaient de Syrie, environ 154 000 d’Afghanistan et environ 122 000 d’Irak. Selon les sociologues allemands, il s’agit d’un afflux record dans toute l’histoire de l’Allemagne, sans compter la vague de plusieurs millions d’après-guerre de réfugiés allemands d’Europe de l’Est», écrit la BBC sans expliquer qu’il y a une différence fondamentale entre les réfugiés d’après-guerre et ceux de depuis de 2015 car les premiers étaient des citoyens du Reich , c’est à dire des Allemands. En effet, en lisant Statista, depuis 2012 plus de deux millions de migrants ont demandé l’asile en Allemagne. Mais la BBC ne parle pas des plus de huit millions de migrants qui sont arrivés en Allemagne depuis 2012, comme l’explique le même site. 

«Attaques terroristes en Allemagnes en augmentation», «Merkel avait raison». La BBC fait le constat que «depuis lors, il y a eu un certain nombre d’attaques et d’attaques terroristes à travers le pays impliquant des personnes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord» et qu’ «en Allemagne, le mouvement d’extrême droite a relevé la tête», qu’ «Angela Merkel a été fortement critiquée, y compris de la part de ses associés politiques de la coalition au pouvoir» mais que «cependant, de nombreux sociologues allemands affirment qu’Angela Merkel avait raison». Il faut comprendre que «l’afflux de réfugiés, comme l’attendaient Merkel et ses partisans, s’est transformé en un afflux de force pour l’économie allemande» car «les sociologues estiment qu’après cinq ans de vie en Allemagne, près de la moitié des immigrés obtiennent un emploi permanent et» que «cela représente des centaines de milliers de couples de travailleurs». «49% des réfugiés de la dernière vague, c’est-à-dire arrivés en Allemagne après 2013, ont trouvé un emploi permanent dans les cinq ans, selon une étude récemment publiée par l’Institut allemand pour l’étude de l’emploi (IAB). Si l’on compte à la fois ceux qui travaillent à plein temps et ceux qui sont employés à temps partiel, il s’avère que 68% des réfugiés qui sont venus en Allemagne en 2013 ont par la suite un emploi», explique la BBC tout en précisant «qu’environ la moitié des travailleurs immigrés sont employés comme main-d’œuvre peu qualifiée».

L’augmentation de l’extrémisme de droite et de la violence raciste. Le nombre des Allemands à trouver que les réfugiés ne sont pas de vrais réfugiés augmentent. La BBC écrit que «lors d’un sondage réalisé au printemps 2019 par le journal Die Welt, 54% des personnes interrogées étaient d’accord avec l’hypothèse selon laquelle la plupart des demandeurs d’asile ne sont pas réellement persécutés dans leur pays d’origine, c’est-à-dire que plus de la moitié des personnes interrogées pensent que la plupart des réfugiés trompent le système allemand et utilisent ses avantages». En fait, cette étude a été réalisée par l’ONG SPD Friedrich Ebert Stiftung qui soutient l’arrivée de migrants en Allemagne. L’ONG s’inquiète de voir la société en Allemagne se scinder en deux groupes: ceux qui veulent les migrants et les autres: «La crainte de loin la plus grande est celle d’une augmentation de l’extrémisme de droite et de la violence raciste. En deuxième lieu, l’inquiétude concernant une division croissante de la société». 

La division de la société a déjà eu lieu. Die Welt ou la fondation Freidrich Ebert tente de cacher la réalité du terrain. En fait, la division de la société a déjà eu lieu. Les Allemands de souche se réunissent entre eux pour former une société en elle-même. L’expulsion d’Andreas Kalbitz de l’AfD et de la présidence de ce parti dans le Land du Brandenbourg le 15 mai 2020 pour avoir été présent dans une fête de la Heimattreuen Deutschen Jugend (HDJ), organisation identitaire nationaliste et völkisch dans la tradition allemande, n’a fait que renforcer sa côte de popularité parmi les électeurs de l’AfD. Les manifestations imposantes contre les mesures sanitaires liées au Covid-19, dont celle qui doit se tenir le 28 août prochain ne rassemblent qu’une force vive nationaliste qui veut en finir à jamais avec la politique de Merkel et qui fait suite aux manifestations des Montagsdemos et de Pegida. Déjà, le 3 août dernier, «plus de 500 000 manifestants contre la dictature du Corona» étaient présents à Berlin. Merkel n’a pas eu raison d’ouvrir les portes à des centaines de milliers de réfugiés d’autant plus que l’Allemagne de Merkel a violé l’accord de Dublin.

Olivier Renault

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