En Palestine occupée : des potagers suspendus pour s’évader, « car nous ne pouvons aller nulle part ailleurs »…

Système « D » pour les palestiniens dans leur prison à ciel ouvert. Partagez ! Volti.

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Auteurs : Anne Paq, Craig Redmond, Sandra Guimarães pour BastaMag

Palestine via GoogleMaps

Dans les territoires palestiniens occupés par l’armée israélienne, près d’une famille sur trois survit en situation d’insécurité alimentaire. A Bethléem, dans un camp de réfugiés surpeuplé, des mères de famille font face en installant de petits potagers sur leurs toits. C’est le cas de Draguitsa Alafandi, qui y cultive depuis quelques années céleris, betteraves, concombres, menthe et tomates. En plus d’accroître l’autonomie alimentaire de sa famille, elle offre à ses enfants un petit lieu pour rêver, s’échapper d’un camp « de fer et en béton ». Reportage, en images.

L’expulsion de 700 000 Palestiniens en 1948 – restée comme la « catastrophe » (al-Nakba) dans la mémoire palestinienne – a jeté sur les routes et disséminé dans les camps autant de réfugiés [1]. Soixante-dix ans plus tard, ils attendent toujours une solution politique qui leur permette de bénéficier de leur « droit au retour ». Construit en 1949 pour accueillir 3000 réfugiés en provenance de 45 villages, le camp de Deheisheh abrite aujourd’hui 15 000 personnes. Il s’étend sur 0,33 km2, soit une densité de population d’environ 45 000 habitants au km2, plus de deux fois la densité de la ville de Paris… C’est le deuxième plus grand camp de réfugiés en Cisjordanie.

La plupart des réfugiés palestiniens étaient agriculteurs. Privés d’accès à la terre, ils sont aussi amputés d’une part de leur identité. A Deheisheh, ils plantent et sèment dès qu’un coin de terre est disponible. Ici et là, des arbres fruitiers se glissent dans les espaces étroits qui séparent les bâtiments. Des pots de fleurs et d’herbes aromatiques ornent le pas des portes. Des vignes grimpent sur les murs. Elles rejoignent parfois les micro-fermes installées sur les toits depuis 2012, à l’initiative de l’association Karama (« dignité » en arabe) qui aide les femmes du camp à lancer de petits potagers.

Micro-fermes suspendues

Avec ses toits plats, où l’on peut aisément stocker des réservoirs d’eau, l’architecture des camps se prête bien aux jardins suspendus. Les femmes qui le souhaitent peuvent se procurer une serre et des semences. L’association propose également une formation agricole et des réservoirs. L’accès à l’eau reste un défi important en Palestine, surtout dans les camps de réfugiés.

« Il est désormais quasi-impossible d’acheter des terres », constate Draguitsa, qui a commencé à planter des fleurs et des plantes grasses sur son toit il y a quelques années. Puis un jour, Mustafa, son mari, a ramené des graines de piment fort qu’un ami lui avait données. « A ce moment là, je me suis dit : « Pourquoi ne pas planter des légumes ? » » Draguitsa a entendu parler du projet des micro-fermes par un voisin qui travaille à Karama. Elle a obtenu une serre en 2017 mais continue à planter dans des pots, des sacs et autres récipients recyclés.

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Source BastaMag

Cet article fait partie du projet Baladi – Rooted Resistance, un projet multimédia qui explore l’agro-résistance et la lutte pour la souveraineté alimentaire en Palestine

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