Ahurissant ! Un agriculteur converti au bio doit payer une amende… parce qu’il gagne moins que le Smic ! …

Il y a un énorme problème, quand on se base seulement sur des chiffres. Au lieu de mettre en avant le gros travail que représente la démarche de ce jeune agriculteur pour revenir à une agriculture saine qui n’empoisonnera personne, les technocrates voient des graphiques, des additions, des rapports de production. Certes, il y avait des engagements au départ, qui devaient être tenus, ils n’ont pas été respectés, ce qui remet en cause l’aide consentie. Mais, la lutte pour une agriculture responsable, soucieuse de l’environnement, de la santé, et de la préservation du biotope, ne se fait pas en un jour, compte tenu de l’état pitoyable de nos terres agricoles, bourrées de pesticides et d’intrants chimiques. Nul doute que si ce jeune agriculteur avait fait « comme les copains » avec tout chimique, il aurait atteint les objectifs imposés. Il y a tant d’argent gaspillé pour des projets inutiles… Ne serait-il pas préférable, de laisser cet agriculteur tranquille pour qu’il puisse mener son projet à bien ? Ça démontre la difficulté de vouloir être « hors système » en ayant besoin du système pour démarrer.. Partagez !

La Direction départementale des territoires reproche à un paysan installé à Mouthiers-sur-Bohème, dont les vergers sont convertis au bio, de ne pas gagner le Smic.

« J’en ai marre… J’ai juste envie de faire mon boulot, pas d’être un expert du droit et des réglementations ! » Paysan installé à Mouthiers-sur-Bohême (Charente), Pierre-Henri Piron a poussé cette semaine « un coup de gueule » largement relayé sur les réseaux sociaux contre l’administration.

Celle-ci lui reproche de… ne pas gagner assez. Car ses revenus tirés du maraîchage et de ses vergers – 7 ha, tous convertis en bio – n’atteignent pas le Smic !

EDIT du 11-04-2018 :

L’ampleur de ma publication me dépasse largement. Le but de cette publication je le rappelle n’est pas de défendre mon cas particulier. Je le dis et je le répète je pense et j’espère que mon cas va se résoudre dans le dialogue avec l’administration. Le but est que chacun puisse comprendre la situation dans laquelle se retrouve l’Agriculture aujourd’hui. Le but est qu’un dialogue constructif se mette en place entre la société et son Agriculture. Le but est que chacun par son action collective et individuelle trouve les moyens de mettre en place cette Agriculture nourricière, Agroécologique, qui protège et nourrit. Je ne souhaite absolument pas attaquer ou détruire le système actuel. Je souhaite que chacun en comprenne intelligemment les lacunes, s’informe, analyse non pas pour détruire mais pour construire un nouveau modèle, un nouveau contrat Agriculture – Société. 

Nous sommes tous des humains, des êtres émotifs. J’ai eu des commentaires très encourageants, des propositions positives, merci à tous ceux qui vont dans ce sens. Malheureusement il y a aussi des commentaires inacceptables. Des insultes envers des individus, des êtres humains, comme nous tous qui essaient de faire leur travail. Je pense particulièrement aux insultes envers l’administration, aux appels à une révolution destructrice et non constructive. Ceci n’est pas acceptable pour moi car cela ne va pas du tout dans le sens de ma démarche que je veux constructive et positive.

En conséquence je décide de fermer les commentaires sur cette publication. Corriger une erreur de ma part en supprimant les noms que j’avais oublié de supprimer. Je laisse pour le moment la publication à titre informatif, mais si tout cela va trop loin je la supprimerais purement et simplement.

Bien à vous, merci pour tous vos soutiens !

Attention âmes sensibles s’abstenir de lire cette petite histoire !

Enfant rural, j’ai vu détruire un des plus beau écosystème agricole au monde, le bocage virois. N’étant pas fils de paysan je croyais que je ne le serais jamais. Mais bon j’ai tout de même étudié l’Agriculture. Puis jeune diplômé, tout frais, voulant travailler pour toute l’Agriculture je suis entré dans un grand groupe coopératif en voulant servir tous les Agriculteurs. On m’a demandé un travail pour les plus gros, les céréaliers. Mais bon j’avais l’opportunité, pour pas plus cher de faire le boulot mais pour tout le monde, alors je l’ai fait… j’ai été viré pour REBELLION en réunion de direction lorsque j’ai présenté mon travail… merde j’avais trop travaillé et surtout dénoncé des méthodes qui assassinent une bonne partie des agriculteurs… malheureusement depuis beaucoup ont fini au bout d’une corde.

Puisque les coopératives assassinaient les agriculteurs, je suis allé dans le public, Chambre d’Agriculture… là au moins dans le public l’intérêt général primerait… puis un jour un président a pris une décision ou il allait faire perdre de l’argent à tout le monde… je lui ai dit, c’était mon devoir… lui il a même pas pris la peine de me virer. Un matin un nouvel organigramme posé sur mon bureau, pas mon nom, j’ai vite compris ! Aujourd’hui ce même président est président de coopérative laitière ayant pris une amende pour factures impayées, ce gars est un assassin et faisait de tous les gens travaillant dans les Chambres d’Agriculture des assassins (que je suis triste de dire ça car on y rencontre des individus merveilleux). Passivement, mais sereinement tous ces gens assassinaient les agriculteurs.

Voyant le nombre d’Agriculteurs diminuer, les revenus baisser, les cordes s’accrocher, je me suis engagé au cœur de la lutte, je suis devenu moi-même paysan pour sauver les meubles, préserver ce qui reste, tenter de lutter mais de l’intérieur, à coup de produits locaux, bons, produits sans atteinte à l’environnement. Radical oui, c’était une question de survie pour toute notre société !

Je dénonce sans cesse la pression de l’État et de fait la pression de la société entière. Pression qui empêche les agriculteurs de travailler correctement, pression qui les pousse au suicide. Malgré les beaux discours, malgré le soutien inconditionnel d’un tas d’individus formidables, le génocide est en cours et inarrêtable. OUI la société assassine ses paysans, sans distinction et en masse !

Et aujourd’hui est un grand jour car je viens d’en obtenir la preuve. L’État (je laisse la majuscule parce que je suis toujours plein d’espoir) lui-même vient de me dire qu’il va m’assassiner si je ne rentre pas dans le rang. Lisez bien ce petit courrier reçu aujourd’hui, comprenez ce qui est en cours !

Il y a cette phrase qui dit « Toute vérité franchit trois étapes. – D’abord, elle est ridiculisée. – Ensuite, elle subit une forte opposition. – Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence » (Arthur Schopenhauer). Alors voilà je sais aujourd’hui où se situe mon cas particulier, je sais que demain on peut m’envoyer des flics et que je peux devenir un Jérome Laronze. Mais non je ne fermerais pas ma gueule, lisez ce courrier révoltez-vous aidez-vous, aidez-nous ! Aides PAC, aides bio supprimée, ATR à rembourser, report de MSA, extrémismes végan et autres, tout ça ne concoure qu’à une seul chose, ASSASSINER votre Agriculture et vous asservir par la bouffe. Je le répète et je le dis encore plus fort, l’ETAT et de fait toute la société entière est en train d’assassiner les agriculteurs !!!

ALLER LISEZ, partagez, appelez Ruffin, les journalistes, les élus, le Préfet… menaces, pression, tout y est ! Que dois-je faire ? Baisser la tête regarder mes pompes et m’excuser de ne pas être un bon élève ? Je sais d’avance que quand l’administration va prendre connaissance de ce post ça va m’attirer encore plus d’ennui et encore plus de violence de la part du système. Je sais que de ne pas courber l’échine me fait prendre un gros risque à moi, ma famille, mes enfants… mais bon c’est la vie j’ai jamais réussi à fermer ma gueule ! Au prochain épisode ma réponse (que j’espère plus modérée) à l’administration.

*******

La Direction départementale des territoires (DDT) a ainsi décidé de lui réclamer le remboursement d’une partie des aides perçues lors de son installation, en 2009. « Après cinq ans d’installation, il faut gagner l’équivalent d’un Smic, mais pas plus de trois ! Gagner assez, mais pas trop. », résume Pierre-Henri Piron qui se verse chaque mois entre 500 et 1 000 euros de revenus.

S’il ne parvient pas à convaincre la DDT de sa bonne foi d’ici mi-avril, il devra rembourser 30 % de la dotation jeune agriculteur (DJA), soit 5 190 euros. « Ubuesque ! », rétorque le trentenaire qui a misé sur l’agro-écologie, la vente directe et les circuits courts afin de bâtir patiemment une exploitation solide et pérenne.

« J’ai une énorme demande, le public est là. », assure Pierre-Henri Piron. « Mais ces gens-là se mobilisent sur des questions administratives, des procédures, plutôt que sur l’urgence agricole et écologique… »

Source Aphadolie via :

https://www.facebook.com/pierrehenri.piron/posts/1504811399646182

http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/36198/agriculteur-converti-bio-doit-payer-amende-car-gagne-pas-assez

http://www.leparisien.fr/economie/charente-un-paysan-menace-d-amende-car-il-ne-gagne-pas-assez-08-04-2018-7652979.php

https://www.terresacree.org/actualites/1643/actualite-ahurissant-un-agriculteur-converti-au-bio-doit-payer-une-amende-parce-qu-il-ne-gagne-pas-assez-136751

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17 commentaires

  • Scoob

    ça n’a rien d’hallucinant il a bénéficier d’aide a l’installation et il est obligatoire de dégager au minimum un smic par mois au bout de 5 années maximal.

    et ça on te l’apprends des les premiers jours de la formation pour être responsable d’exploitation, donc je mec qui dit qu’il n’est pas expert …..

    et encore il a du bol si c’est une simple amende , car ils peuvent lui demander le remboursement total de ses aides. et ça aussi , ça fait parti du contrat.

    c’est assez tordue les réglementations agricoles mais des le debut ont vous le dit  » attention vous ne pourrez pas toucher tout le fric que vous voulez »

    exemple: ton exploitation marche du tonneur tu as 1 million sur le compte de l’entreprise, tu as envie de vendre et de partir au soleil.

    tu n’as pas le droit de prendre le million il appartient à l’entreprise( tu aurais du te prendre un plus gros salaire )

    celui qui veut acheter doit acheter ta trésorerie plus ton entreprise , si tu vends ton entreprise 1 million, il doit en dépenser 2.

    mais tout ça c’est expliquer en premier dans les formations agricole.

  • predateur

    oui mais là c est un agriculteur bio ……circonstance atténuante chez les moutons de bergerie

  • logic

    1 : ce n’est pas une amende, mais un remboursement d’aides

    2 : le fait qu’il soit en bio n’a rien à voir dans l’histoire

    3 : les aides étaient conditionnées à un résultat, le résultat n’étant pas là, il est normal que l’état demande des compte, c’est juste l’application des clauses du contrat passé entre l’agriculteur et l’état, dont l’intéressé a été informé au préalable (enfin, si il a lu le contrat)

    4 : il faut arrêter de faire du buz avec des affaires qui n’en sont pas

  • JBL1960 JBL1960

    Sur les arcanes du Bio spécifiquement, l’humeur de Claude Janvier est fort intéressante ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/05/30/bioarnaque-du-bobobiobio-par-claude-janvier/

    Précision, tout de même, c’est la certification Bio Qualité France qui a été racheté par Véritas, Qualité France certifiant la qualité bio de Kokopelli. Ce que dénonce Kokopelli, comme vous pourrez le voir sous l’article, si vous voulez, et que LME avait dénoncé en son temps. Précision que Claude Janvier n’avait pas faite, et que j’ai rétabli car les semences Kokopelli sont vent debout contre cette décision et 100% Certifié résistant à la konnerie administrative qui est là à la manœuvre et 100% Qualité Française !

  • Freija Freija

    Déçue!
    Je ne connaissais pas cet aspect des Moutons enragés que je cotoie pourtant depuis de nombreuses années!

    Titre racoleur et inexact…Et vous parlez de propagande???
    Mdr…on la trouve aussi ici…

    • Voltigeur Voltigeur

      Le titre appartient à la source, je mets en intro, les barrières nécessaires pour comprendre (je l’espère) les limites d’un titre accrocheur. Sous entendu qu’il y avait un « contrat » à l’origine, qui devait être respecté etc… Ça devrait plutôt interroger sur le fond, et non sur la forme. C’est le gros problème de ces articles, on regarde le doigt plutôt que la Lune… et en général, la réflexion s’arrête à la forme, c’est ce qui est désolant.. ;)

    • defecator

      la vérité est un pays sans chemins.

  • suzanna

    Sous le « dictateur » khadafi, y’avait pas ces problèmes, c’était gratos. https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_cool.gif

  • La réglementation a changé depuis un an pour la déclaration fiscale des agriculteurs.
    Avant on était imposé à la surface, quelque soit le revenu dégagé. Maintenant on déclare ses « recettes » (les agriculteurs n’ont pas de « chiffre d’affaire »…) et on défalque 87% de charges. Le bénéfice agricole, sur lequel est calculé l’impôt,n’est donc que de 13% des recettes.
    Ce qui veut dire que maintenant les impôts/msa savent ce que vous gagnez.
    Perso, heureusement que je n’ai pas 87% de charges, je ne m’en sortirais pas avec les 13% que je déclare.
    Il s’agit donc peut-être de quelque chose comme çà qui est arrivé à cet agriculteur.
    Mais effectivement, s’il a touché des aides, il est redevable, il doit être affilié à la TVA, etc. Et il doit prouver un résultat.
    Le mieux est de ne demander AUCUNE aide !

  • l’administration francaise est pletorique et cela creer des exces de zele chez certains fonctionnaires desireux de sortir du gros lot qui ne fait rien de creatif, seulement appliquer les consignes….
    C’est ainsi que je me suis retrouvé mort administrativement apres une annee sabbatique a l’etranger. Ceci malgres ma bonne volonte de faire les choses dans le respect des regles. l’administration a tout simplement interpreté ses propres documents a defaut de les appliquer correctement. Ahurissant ! cette grossiere erreur de l’administration à mon encontre a entrainé un imbroglio terrifiant. j’ai mis plus de 8 mois pour retablir ma situation administrative. et bien sur aucune excuse de l’administration incapable de reconnaitre ses torts. j’e pense mémé avoir eu de la chance que cela ne tourne pas en eau de boudin avec degats collatéraux. En bref, l’administration avait interprete que mon annee sabbatique valait arret définitif de travail avec son cortege de resiliation. je precise que je suis independant et que pour preparer mon conge j’avais pris les conseils d’un avocat pour faire les choses correctement. Mon comptable, lui m’avait averti de ne surtout rien faire. A l’epoque je ne comprenais pas sa suggestion qui consistait a ne rien déclarer sur les changements de ma situation au travail. Aujourd’hui je comprend son attitude. l’administration Francais croule sous les normes, lois, reglements et autres referentiels. il y en a tellement que chaque fonctionnaire detenant un peu de pouvoir peut interpreter les textes et documents qui se contredisent les uns les autres. c’est ainsi que j’ai fait les frais de l’incompetence d’un fonctionnaire zelé ou pire j’ai simplement subit les incoherences d’un systeme devenu incontrolable car trop complexe et totalement obsolète. etre independant aujourd’hui releve presque du sacerdoce ! l’administration n’aime pas les independants parce que ceux la revendiquent une liberte que les fonctionnaires n’auront jamais ( boutade !)

  • habana

    Enfin ! C’est quand même rassurant qu’il y ait « contrôle stricte » et ré-ajustement là où il y a « aide d’état » !

      • JBL1960 JBL1960

        Mêêêêêhhhh on a les mêmes à la maison : Corinne Guillemot, qui fait partie de la majorité socialiste au département, a été suspendue de ses fonctions : elle est soupçonnée d’avoir touché le Revenu de Solidarité Active, malgré son indemnité d’élu. L’intéressée se défend en expliquant que son compagnon a fait la demande à son insu.

        Une conseillère départementale se retrouve dans la tourmente : Corinne Guillemot, élue socialiste du canton de Bordeaux-Nord, a été suspendue de ses fonctions par le président Jean-Luc Gleyze. Elle est soupçonnée d’avoir touché, malgré son indemnité, le RSA, le Revenu de Solidarité Active.

        Corinne Guillemot percevait depuis le printemps dernier une allocation mensuelle de 800 euros, et une allocation logement de 380 euros par mois. Or, son indemnité de conseillère départementale tourne autour de deux mille euros par mois, et elle perçoit également des revenus pour les cours qu’elle dispense dans une école de commerce privée de Bordeaux ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/08/02/on-nest-pas-sorti-de-la-cuisine-a-jupiter/

        Mais comme dit habana : Enfin ! C’est quand même rassurant qu’il y ait « contrôle stricte » et ré-ajustement là où il y a « aide d’état » !…

        Et y’en a plein les blogs des trucs comme ça, mais chut, malheureux, on est des vilains conspis, ou pire, des jaloux et des jalouses… Même pas !