Les options russes dans un monde qui se dirige vers la guerre

Par The Saker pour  The Saker’s Blog via le Saker Francophone

Le monde se dirige vers la guerre et ce, depuis un bon moment déjà. Plusieurs fois, juste au bord du gouffre, l’Occident a décidé de battre en retraite, mais chaque fois qu’il l’a fait, ses élites dirigeantes ont ressenti deux choses : premièrement, elles ont ressenti encore plus de haine envers la Russie pour les avoir forcées à reculer et, deuxièmement, elles ont interprété le fait qu’aucune guerre armée ne s’est produite (encore) comme la preuve, au moins dans leur esprit, que se tenir au bord de la guerre est un exercice plutôt sûr. Et pourtant, une guerre majeure est tout à fait possible dans n’importe lequel des endroits suivants, ou même dans plusieurs simultanément : (sans ordre précis)

  1. Guerre entre les États-Unis et la Chine au sujet de Taïwan
  2. Attaque anglo-sioniste contre l’Iran
  3. Une guerre impliquant les 3B+PU contre la Biélorussie
  4. Une guerre entre l’Ukraine et la LDNR+Russie
  5. Une guerre OTAN-Russie dans la région de la mer Noire
  6. Une reprise de la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Comme nous pouvons le constater, toutes ces guerres potentielles pourraient potentiellement impliquer la Russie, soit directement (3,4,5), soit indirectement (1,2,6).

Aujourd’hui, je veux examiner les options russes dans les cas d’implication directe des options 3, 4 et 5.

La première chose qu’il me semble important de noter ici est que, bien que l’Ukraine n’ait aucune perspective de devenir un pays membre de l’OTAN, certains États membres de l’OTAN ont déjà pris les mesures suivantes pour faire de l’Ukraine un protectorat de facto de l’OTAN :

  1. Soutien politique total et inconditionnel au régime nazi de Kiev et à toutes ses actions.
  2. Soutien économique minimal, juste assez pour maintenir les nazis au pouvoir.
  3. Livraison d’un minimum d’armes aux forces ukrainiennes.
  4. Déploiement de petits contingents de l’OTAN en Ukraine.
  5. Beaucoup de théâtre kabuki sur le thème « nous serons à vos côtés pour toujours et quoi qu’il arrive ».

J’ai déjà discuté du 5ème point ici, je ne vais donc pas tout répéter. Le point important de la liste ci-dessus est le point 4, à savoir le déploiement d’une petite force d’unités britanniques, suédoises, françaises, américaines et d’autres unités de l’OTAN en Ukraine. Ces petites forces déployées vers l’avant sont appelées « forces tripwire » dont la mission est de mourir héroïquement, déclenchant ainsi une implication automatique (du moins en théorie) de leur pays d’origine dans la guerre.

Avant d’aller plus loin, je vais partager avec vous une liste de faits axiomatiques :

  1. La Russie ne peut être vaincue militairement par aucune combinaison de forces. Pour la première fois depuis des siècles, la Russie ne joue pas à « rattraper » ses ennemis occidentaux, mais est en fait en avance sur ses forces conventionnelles et nucléaires. L’avantage russe est particulièrement frappant dans ses capacités de dissuasion stratégique conventionnelle.
  2. L’Occident, dont les dirigeants sont parfaitement conscients de ce fait, ne veut donc pas d’une guerre ouverte avec la Russie.
  3. Le bloc 3B+PU veut une guerre à tout prix, à la fois pour des raisons politiques internes et externes.
  4. Dans une guerre contre l’Ukraine, la Russie disposera de plusieurs options de contre-attaque pour lesquelles elle n’aura pas besoin de faire passer un seul char à la frontière.

Les trois premiers points sont assez peu controversés, examinons donc le quatrième de plus près. Commençons par examiner les options de contre-attaque russe contre l’Ukraine. En résumé, voici ce que je considère comme les principales options possibles pour une contre-attaque russe contre l’Ukraine :

  1. Protéger la LDNR dans ses frontières actuelles (ligne de contact) en combinant une zone d’exclusion aérienne, des frappes de missiles contre le C3I ukrainien, l’utilisation de la guerre électronique pour désorganiser les forces ukrainiennes et des frappes très ciblées (depuis la Russie) contre les QG clés, les dépôts de munitions/POL, etc.
  2. Donner une couverture aux forces de la LDNR pour libérer complètement les régions de Donetsk et de Lugansk.
  3. Donner une couverture aux forces de la LDNR pour libérer totalement les régions de Donetsk et de Lugansk et créer un corridor terrestre vers la région de Mariupol-Berdiansk-Crimée.
  4. Donner la couverture aux forces de la LDNR pour libérer entièrement les régions de Donetsk et de Lougansk et la création d’un corridor terrestre dans la zone de Mariupol-Berdiansk-Crimée, puis la libération de la côte ukrainienne le long de l’axe Kherson-Nikolaev-Odessa.
  5. La libération de toutes les terres situées à l’est de la rive gauche du fleuve Dniepr (y compris les villes de Kharkov, Poltava, Dniepropetrovsk, Zaporozhie et autres).
  6. La libération de l’ensemble de l’Ukraine

En termes purement militaires, toutes ces options sont réalisables. Mais envisager cette question d’un point de vue purement militaire est très trompeur. Voyons tout d’abord la force du fil-piège de l’OTAN.

Les commandants américains/de l’OTAN ne sont pas très brillants, mais ils sont assez intelligents pour comprendre qu’en cas de contre-attaque russe, ces forces seraient anéanties, ce qui impliquerait potentiellement toute l’OTAN dans ce qui pourrait être une énorme guerre continentale. Ce n’est pas ce qu’ils veulent.

Le véritable objectif de ces forces tripwire serait donc de créer une hystérie anti-russe suffisamment puissante pour transformer l’Occident (actuellement désorganisé et profondément dysfonctionnel) en un bloc anti-russe unique et uni. En d’autres termes, cette force tripale représente un défi politique pour le Kremlin, et non un défi militaire. Ceci étant dit, nous devons examiner un certain nombre de facteurs non militaires absolument cruciaux.

  1. Quel que soit le territoire que la Russie libère des forces nazies, elle devra le reconstruire économiquement, le protéger militairement et le réorganiser politiquement. Plus la Russie libérera de territoires, plus ces pressions deviendront aiguës.
  2. Cela fait déjà 30 ans que l’Ukraine a entrepris de devenir un pays anti-russe, et il y a maintenant une génération entière d’Ukrainiens qui ont subi un lavage de cerveau complet et qui croient vraiment à ce que les médias ukrainiens et les organes de propagande promouvant la « démocratie » ou la « société civile » leur disent. Le fait que beaucoup d’entre eux parlent mieux le russe que l’ukrainien n’y change rien. Si les Ukrainiens ne peuvent pas arrêter l’armée russe, ils peuvent en revanche organiser et soutenir une insurrection anti-russe que la Russie devra supprimer.
  3. Sur le plan économique, l’Ukraine est un trou noir : vous pouvez y jeter tout ce que vous voulez, dans n’importe quelle quantité, et tout disparaîtra simplement. La notion d’ »aide économique à l’Ukraine » est tout simplement risible.
  4. L’Ukraine est une entité artificielle qui n’a jamais été, et ne sera jamais, viable, du moins pas dans ses frontières actuelles.

Pour ces raisons, je pense qu’il serait extrêmement dangereux pour la Russie de mordre plus qu’elle ne peut mâcher. Comme l’a dit le meilleur (de loin) analyste politique de l’Ukraine, Rostislav Ishchenko, dans une interview la semaine dernière : « Poutine ne peut pas sauver l’Ukraine, mais il peut certainement ruiner la Russie [s’il essaie] » – et je suis entièrement d’accord avec lui.

Quels que soient les prétextes juridiques qui peuvent être invoqués pour justifier une libération de l’Ukraine par la Russie, la réalité est que, quel que soit le territoire libéré par la Russie, elle en sera propriétaire et devra l’administrer.

Pourquoi la Russie voudrait-elle réimposer la loi et l’ordre à l’intérieur d’un trou noir ?

Ensuite, il y a ceci : si, historiquement, les Ukrainiens ne sont rien d’autre que des « Russes sous occupation polonaise », les 30 dernières années ont créé une nouvelle nation, très différente. En fait, je pense que nous avons assisté à une véritable ethnogenèse, à la naissance d’une nouvelle nation dont l’identité même est russophobe à la base. Oui, ils parlent mieux le russe que l’ukrainien, mais parler la langue de son ennemi n’a pas empêché l’IRA, l’ETA ou l’Ustashe de haïr cet ennemi et de le combattre pendant des décennies. À bien des égards, les Ukrainiens modernes ne sont pas seulement des non-Russes, ils sont des anti-Russes par excellence : Je les vois comme des Polonais, avec des vyshivankas à la place des plumes.

La Crimée a été solidement pro-russe pendant toute son histoire. Le Donbass était initialement plutôt heureux de faire partie de l’Ukraine, même au début de la période post-Maidan, lorsque des manifestations étaient organisées sous des drapeaux ukrainiens. Ces drapeaux ont ensuite été échangés contre des drapeaux de la LDNR/Russie, mais seulement après que Kiev a lancé une opération militaire contre le Donbass. Et plus on va vers l’ouest, plus cette distinction est claire. Comme l’a dit un commandant de la LDNR, « plus on va vers l’ouest, moins on nous voit comme des libérateurs et plus on nous voit comme des occupants ».

Le point crucial ici est le suivant : peu importe ce que vous, ou moi, ou n’importe qui d’autre pense des éléments constitutifs de la nouvelle identité nationale ukie, nous pouvons en rire tant que nous voulons, mais tant qu’ils la prennent au sérieux, et ils sont assez nombreux à le faire, alors c’est une réalité que nous ne pouvons pas simplement ignorer.

L’autre point qui est souvent négligé est le suivant : le Banderastan ukronazie s’est déjà en grande partie effondré. Oui, dans le centre de Kiev, les choses semblent plus ou moins normales, mais tous les rapports en provenance du reste du pays indiquent la même réalité : l’Ukraine est déjà un État en faillite, totalement désindustrialisé, où le chaos, la pauvreté, le crime et la corruption sont totaux. La chose est aussi vraie pour les banlieues de Kiev.

Lorsque j’observe la lenteur des efforts russes pour réorganiser (vraiment, réparer) la Crimée, sans que ce soit la faute des Russes d’ailleurs, je recule d’horreur à l’idée de ce qu’il faudrait à la Russie pour reciviliser et redévelopper N’IMPORTE QUELLE partie libérée de l’Ukraine.

La Russie est généralement comparée à un ours, et c’est une très bonne métaphore à bien des égards. Mais dans le cas de l’Ukraine, je vois la Russie comme un serpent et l’Ukraine comme un porc : le serpent peut facilement tuer ce porc (par venin ou par constriction), mais ce serpent ne peut pas absorber ce porc mort, il est tout simplement trop gros pour lui.

Mais voici le fait le plus important de toute cette situation : l’Ukie Banderastan est en train de mourir, la plus grande partie de son corps est déjà nécrosée, donc il n’y a absolument aucune nécessité pour le serpent russe de faire quoi que ce soit (à part se retirer dans un coin prêt à frapper, dans une position enroulée, et siffler bruyamment : « Attaque-moi et tu es mort ! ». Poutine l’a déjà dit.

Mais quand même, et si ? Si les nazis, encouragés par leurs mécènes « démocratiques », lancent une attaque ? À ce moment-là, la Russie n’aura d’autre choix que de frapper, en utilisant ses armes à distance (missiles, artillerie, missiles de croisière à longue portée, etc.) Comme nous pouvons supposer sans risque que les Russes ont répété exactement une telle contre-attaque, nous pouvons nous attendre à ce qu’elle soit rapide et dévastatrice. La liste des cibles comprendra : les forces ukrainiennes en progression, les bases aériennes et tout avion (piloté ou non) décollant, tout bateau ukrainien approchant de la zone d’opérations, les nœuds de communication, les dépôts de ravitaillement, les routes, les ponts, les positions fortifiées, etc. Cela fait beaucoup de cibles à frapper en même temps, mais les frapper en même temps est aussi la méthode la plus sûre et la plus efficace pour atteindre rapidement l’objectif immédiat de stopper toute avancée possible des Ukie sur la LDNR. Cette phase initiale durerait moins de 24 heures.

[Aparté : La guerre moderne n’est pas la Seconde Guerre mondiale, vous ne verrez pas des milliers de chars et une ligne de front claire, mais plutôt des frappes dans toute la profondeur stratégique du côté ennemi, des manœuvres intenses par le feu et l’utilisation de groupes tactiques de bataillons].

Si cela devait arriver, il est probable que les forces de l’OTAN se déplaceraient vers l’ouest de l’Ukraine, non pas pour la « protéger » d’une attaque russe qui ne viendra jamais, mais pour détacher la plus grande partie possible de l’Ukraine et la prendre sous contrôle. Le prétexte d’un tel mouvement de l’OTAN serait la destruction (partielle ou totale) de la force tripode. L’OTAN pourrait également déclarer sa propre zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine occidentale, que les Russes n’auront pas besoin de contester. Enfin, l’Occident s’unira joyeusement contre la Russie, et coupera tous les liens économiques, diplomatiques et autres pour « isoler et punir la Russie ». Ne nous leurrons pas, l’économie russe en souffrirait, mais pas suffisamment pour briser la volonté des Russes.

Viendra ensuite la grande question : jusqu’où la Russie doit-elle aller ?

Je suis persuadé que cette question a déjà été tranchée, et je suis tout aussi persuadé que la Russie ne suivra pas les options 4, 5 et 6 ci-dessus. L’option 1 est acquise, nous pouvons en être sûrs (à moins que les forces de la LDNR arrivent à elles seules à stopper une attaque ukrainienne). Ce qui laisse les options 2 et 3 comme « possibles ».

Je voudrais donc suggérer une autre option, que j’appellerais la « route du sud » : si la ligne de contact entre la LDNR et le Banderastan peut être repoussée un peu plus à l’ouest, je ne pense pas que les forces russes devraient libérer les grandes villes d’Ukraine centrale (Kharkov, Poltava, Dneipropetrivsk, Zaporozhie). Je pense plutôt qu’elles devraient envelopper ces forces par un mouvement le long de la côte jusqu’à toute la Crimée (jusqu’à Perekop) et peut-être même jusqu’à, mais pas dans, la ville de Kherson. Bien entendu, pour y parvenir, il serait nécessaire d’amener une force suffisamment importante dans le triangle Voronezh-Kursk-Belgorod [En Russie, à la frontière, NdSF] pour obliger les Ukrainiens à affecter des forces à leur nord-est. La flotte russe de la mer Noire pourrait également mener des opérations tout le long de la côte ukrainienne, y compris près de Nikolaev-Odessa, afin de forcer les Ukrainiens à allouer des forces aux défenses côtières, soulageant ainsi les forces russes qui se déplacent vers Kherson.

[Aparté : soyons clairs, les forces de la LDNR ne peuvent pas mener une opération aussi profonde sans risquer d’être enveloppées et détruites. Cette opération ne peut être exécutée qu’à un coût relativement faible par les forces armées russes, y compris la flotte de la mer Noire].

Dans un tel scénario, la Biélorussie pourrait se transformer en une « menace silencieuse venant du nord », ce qui obligerait encore plus les Ukies à allouer des forces à leurs frontières septentrionales, donnant à ces dernières le sentiment d’être enveloppées dans une tenaille stratégique.

Qu’en est-il d’Odessa ?

Odessa est une ville unique à bien des égards, et sa population est généralement pro-russe. C’est aussi une ville qui aurait un énorme potentiel économique si elle était gérée par des gens sains d’esprit. Cependant, Odessa est aussi une ville symbolique pour les nazis, et ils ont déployé beaucoup d’efforts pour la contrôler. Ainsi, Odessa est l’une des rares villes de l’Ukraine occupée par les nazis qui pourrait se soulever contre son occupant, surtout si les forces russes se déplacent vers elle le long de la côte. C’est ici que la Russie pourrait, et devrait, s’impliquer. Pas en prenant la ville à la manière de la Seconde Guerre mondiale, mais en soutenant les organisations pro-russes d’Odessa (principalement en utilisant ses forces spéciales et, si nécessaire, la puissance de feu de la flotte de la mer Noire).

À quoi ressemblerait l’issue d’une telle guerre ?

D’un côté, l’Occident s’unirait dans sa haine traditionnelle de la Russie et, d’un point de vue économique, la Russie souffrirait. Cela n’est pas sans importance mais, à mon avis, ce scénario est déjà en cours d’élaboration, même si la Russie ne fait absolument rien. Par conséquent, cette réalité inévitable devrait être acceptée par la Russie comme une condition sine qua non de sa survie en tant que nation souveraine.

En termes militaires, les Polonais et leurs maîtres anglo-saxons vont probablement « libérer de manière protectrice » l’Ukraine occidentale (Lvov, Ivano-Frankovsk). Et alors ? Laissez-les faire ! La Russie n’est pas pénalisée par cela. De plus, les Ukronazis purs et durs auront alors à faire face à leurs anciens maîtres polonais qui ont repris le contrôle – laissons-les « s’amuser » pleinement les uns avec les autres 🙂

Qu’en est-il du Banderastan croupion (nous parlons ici de l’Ukraine centrale) ? Il se retrouverait dans un état encore pire qu’aujourd’hui, mais la Russie n’aurait pas à payer les factures de ce gâchis. Tôt ou tard, une insurrection ou une guerre civile se déclencherait, opposant les Ukrainiens les uns aux autres, et si l’un d’entre eux se tournait vers la Russie ou les parties libérées de l’Ukraine, la Russie pourrait simplement utiliser ses armes d’interposition pour décourager rapidement toute tentative de ce type.

Alors, à quel point sommes-nous proches de la guerre ?

Réponse courte : très proche. Il suffit d’écouter cette récente conférence de presse de Lavrov. Et ce n’est pas seulement Lavrov, beaucoup de commentateurs politiques et d’analystes avisés en Russie disent essentiellement que la question n’est pas « si » mais « quand » et, par conséquent, « comment ». Je pense que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la patience russe est la manière suicidaire dont les vrais Européens (historiques) ont permis aux 3B+PU de fixer l’agenda de l’UE et de l’OTAN. Oh, bien sûr, si NS2 va de l’avant, comme c’est encore probablement le cas, les Russes seront heureux de vendre de l’énergie à l’Europe. Mais en termes d’agence, la seule puissance avec laquelle la Russie est prête à discuter est les États-Unis, comme en témoignent les récentes visites de Nuland et Burns à Moscou. Soyons très clairs sur un point :

La Russie ne veut pas la guerre. En fait, la Russie fera tout ce qui est en son pouvoir pour éviter une guerre. Si une guerre ne peut être évitée, la Russie retardera le début de cette guerre aussi loin que possible dans le futur. Et si cela signifie parler à des gens comme Nuland ou Burns, alors c’est quelque chose que les Russes feront volontiers. Et ils ont tout à fait raison dans cette position (ne pas parler à l’ennemi est un trouble mental occidental, pas russe).

Comme je le dis depuis presque 2 ans maintenant, l’Empire est déjà mort. Les États-Unis tels que nous les connaissions sont morts le 6 janvier. Mais les États-Unis d’après le 6 janvier existent toujours et, contrairement aux Européens, les classes dirigeantes américaines ont toujours un pouvoir. Il suffit de regarder des clowns comme Stoltenberg, Borrell, Morawiecki ou Maas : ce sont tous des bureaucrates mesquins, du plancton de bureau si vous voulez, qui ont peut-être les compétences nécessaires pour gérer une agence de location de voitures, peut-être un motel, mais pas de vrais leaders que quiconque au Kremlin prendra au sérieux. Vous pouvez détester Nuland ou Burns autant que vous voulez, mais ce sont des gens sérieux et dangereux, et c’est pourquoi la Russie est disposée à leur parler, surtout lorsque la demande de telles négociations a été faite par les États-Unis (les Russes ne peuvent pas vraiment parler à des clowns comme Biden ou Austin, qui ne sont que des figures de relations publiques).

Une chose doit être mentionnée ici : les habitants du Banderastan croupion et ce qui va leur arriver.

En fait, je pense que l’Ukraine est totalement et définitivement irrécupérable et que le seul bon plan pour quiconque y vit encore est de faire ce que des millions d’Ukrainiens ont déjà fait : faire leurs bagages et partir. Étant donné que la plupart de la main-d’œuvre ukrainienne non qualifiée vivait dans les régions occidentales de l’Ukraine, elle préférera naturellement s’installer dans l’UE pour travailler comme chauffeur de taxi, plombier, femme de chambre ou prostituée. De même, étant donné que la plupart de la main-d’œuvre ukrainienne qualifiée vient du sud et de l’est de l’Ukraine, elle se contentera d’être libérée par la Russie ou partira en Russie pour travailler comme ingénieurs, médecins, spécialistes en informatique ou même ouvriers du bâtiment. La Russie a besoin de cette main-d’œuvre qualifiée et culturellement proche, et le Kremlin n’aura aucun mal à leur trouver un emploi (et un passeport). Il est vrai que ce qu’il restera de l’Ukraine post-Banderastan ne sera pas très beau à voir : un pays pauvre, corrompu, dont les habitants se battront pour survivre avec de nombreuses idées politiques stupides en circulation. Mais ce ne sera pas le problème de la Russie de toute façon, alors que la principale menace pour la Russie, un Banderastan uni devenant un polygone d’entraînement de l’OTAN juste de l’autre côté de la frontière russe, s’évaporera simplement, mourant de ses propres émissions toxiques. Et si davantage d’Ukrainiens souhaitent s’installer en Russie (ou dans l’Ukraine libre), la LDNR et les autorités russes pourront décider au cas par cas « voulons-nous de ces gens ici ou non ? ». Les Ukrainiens qui sont restés de vrais Ukrainiens seront les bienvenus en Russie, tandis que les Ukronazis se verront refuser l’entrée et seront arrêtés s’ils essaient encore.

Addendum : les deux puissances aux douleurs fantômes impériales et aux rêves de guerre

Je parle bien sûr du Royaume-Uni et de la Pologne, deux acteurs mineurs qui compensent leurs capacités réelles très limitées par un flux incessant de déclarations véhémentes. La plupart du temps, ils ne font que « jouer à l’empire ». Ces deux pays savent parfaitement que s’ils ont été de véritables empires, cela n’a plus rien à voir avec la situation actuelle. Ils attribuent une grande partie de leur déclin à la Russie et leur rêve est donc de voir la Russie, si elle n’est pas vaincue, recevoir au moins un coup et saigner. Et, bien sûr, s’appuyant sur les épaules des États-Unis, ces deux pays se considèrent comme des géants : ils jouent leur rôle avec beaucoup de gravité et de pompe.

Enfin, leurs dirigeants sont suffisamment dégénérés (complexe d’infériorité compensé par un narcissisme forcené) pour ne même pas avoir le bon sens élémentaire de se demander si titiller l’ours russe est une bonne idée ou non. Plus que tout autre membre de l’OTAN, ces pays jacasseurs ont besoin d’une bonne claque pour les ramener à la réalité. Il est impossible de prédire si ce choc prendra la forme d’un incident en Ukraine ou s’il se produira ailleurs, mais une chose est sûre : le Royaume-Uni et la Pologne sont (une fois de plus !) les deux pays qui souhaitent, je dirais même, qui ont besoin d’une guerre avec la Russie plus que quiconque (premier exempledeuxième exemple). Je trouve donc plutôt probable que, tôt ou tard, la Russie devra soit couler un navire britannique ou polonais, soit abattre un ou plusieurs avions britanniques ou polonais, ce qui montrera au monde entier, y compris aux Britanniques et aux Polonais, que ni les États-Unis, ni l’OTAN, ni personne d’autre n’a sérieusement l’intention d’entrer en guerre avec la Russie pour les sous-fifres de l’Empire. Oui, il y aura des tensions, peut-être même des affrontements locaux, et des tonnes et des tonnes de verbiage menaçant, mais personne ne veut mourir pour ces deux hyènes de l’Europe (Churchill a oublié d’en mentionner une), et personne ne le fera jamais.

Conclusion : la guerre à l’horizon

À l’heure actuelle, nous sommes déjà plongés dans une période d’avant-guerre et, comme une personne patinant sur une glace mince, nous nous demandons si la glace va se briser et, si c’est le cas, où cela va se produire. Pour faire simple, les Russes ont deux options :

  • une riposte verbale
  • Une riposte physique

Ils essaient tant bien que mal de faire la première option depuis au moins 7 ans, voire plus. Poutine a échangé l’espace contre le temps, et c’était la bonne décision compte tenu de l’état des forces armées russes avant, en gros, 2018. L’élection de Trump a également été une bénédiction pour la Russie, car si l’homme orange a menacé la planète à gauche et à droite, il n’a pas déclenché une guerre à grande échelle contre la Russie (ou, d’ailleurs, contre l’Iran, la Chine, Cuba et la RPDC). Fin 2021, cependant, la Russie a battu en retraite aussi loin qu’elle le pouvait. La bonne nouvelle maintenant est que la Russie dispose de l’armée la plus moderne et la plus capable de la planète, tandis que l’Occident est très occupé à commettre un suicide politique, culturel et économique.

Selon les analystes américains, d’ici 2025, les États-Unis ne seront pas en mesure de gagner une guerre contre la Chine. Franchement, je pense que ce bateau a déjà pris le large depuis longtemps, mais cette semi-admission est une tentative désespérée de créer un climat politique permettant de faire cercle avec les wagons avant que la Chine ne devienne officiellement la deuxième nation que les États-Unis ne peuvent pas vaincre, la première étant, évidemment, la Russie (j’inclurais même l’Iran et la RPDC dans cette liste). Par conséquent, toutes les manœuvres anglo-saxonnes actuelles en mer Noire (qui est encore plus dangereuse pour les navires des États-Unis et de l’OTAN que la mer de Chine) ne sont que des manœuvres. Le principal risque ici est que je ne suis pas du tout convaincu par l’idée que « Biden » puisse maîtriser les Britanniques ou les Polonais, d’autant plus que ces derniers sont tous deux membres de l’OTAN et s’attendent sincèrement à ce que l’OTAN les protège (ils devraient demander à Erdogan ce qu’il en pense). Mais, bien sûr, l’ »OTAN » n’existe pas vraiment : il n’y a que les États-Unis et leurs États vassaux en Europe. Si les deux empires en herbe devaient déclencher une véritable guerre armée, il suffirait d’une seule frappe de missile conventionnel russe quelque part à l’intérieur du continent américain (même dans un endroit désert) pour convaincre la Maison Blanche, le Pentagone ou la CIA de « suivre le programme » et de rechercher une solution négociée, laissant les Britanniques et les Polonais complètement dégoûtés et ridicules. Je ne pense pas que quoi que ce soit d’autre puisse ramener ces deux pays au sens des réalités.

Donc oui, la guerre arrive, et la seule chose qui puisse l’empêcher serait une sorte d’accord entre la Russie et les États-Unis. Cela arrivera-t-il ? Hélas, je ne vois aucun président américain conclure un tel accord, car quel que soit le parti au pouvoir, il sera accusé par l’autre partie de « faiblesse »« d’être un atout russe » et tout le reste du blabla brandi par tous les politiciens américains, en particulier au Congrès. Un autre facteur d’équilibre est que les politiciens états-uniens sont à fond pour une confrontation avec la Chine, entre autres pendant les jeux Olympiques, et si ces tensions devaient s’aggraver, les États-Unis chercheront à ce que la Russie ne représente pas une menace directe pour les intérêts américains en Europe et dans le Pacifique. Poutine et Xi peuvent donc peut-être jouer le jeu ensemble, en veillant à ce que, chaque jour qui passe, l’oncle Shmuel s’

Je voudrais donc suggérer une autre option, que j’appellerais la « route du sud » : si la ligne de contact entre la LDNR et le Banderastan peut être repoussée un peu plus à l’ouest, je ne pense pas que les forces russes devraient libérer les grandes villes d’Ukraine centrale (Kharkov, Poltava, Dneipropetrivsk, Zaporozhie). Je pense plutôt qu’elles devraient envelopper ces forces par un mouvement le long de la côte jusqu’à toute la Crimée (jusqu’à Perekop) et peut-être même jusqu’à, mais pas dans, la ville de Kherson. Bien entendu, pour y parvenir, il serait nécessaire d’amener une force suffisamment importante dans le triangle Voronezh-Kursk-Belgorod [En Russie, à la frontière, NdSF] pour obliger les Ukrainiens à affecter des forces à leur nord-est. La flotte russe de la mer Noire pourrait également mener des opérations tout le long de la côte ukrainienne, y compris près de Nikolaev-Odessa, afin de forcer les Ukrainiens à allouer des forces aux défenses côtières, soulageant ainsi les forces russes qui se déplacent vers Kherson.

[Aparté : soyons clairs, les forces de la LDNR ne peuvent pas mener une opération aussi profonde sans risquer d’être enveloppées et détruites. Cette opération ne peut être exécutée qu’à un coût relativement faible par les forces armées russes, y compris la flotte de la mer Noire].

Dans un tel scénario, la Biélorussie pourrait se transformer en une « menace silencieuse venant du nord », ce qui obligerait encore plus les Ukies à allouer des forces à leurs frontières septentrionales, donnant à ces dernières le sentiment d’être enveloppées dans une tenaille stratégique.

Qu’en est-il d’Odessa ?
Odessa est une ville unique à bien des égards, et sa population est généralement pro-russe. C’est aussi une ville qui aurait un énorme potentiel économique si elle était gérée par des gens sains d’esprit. Cependant, Odessa est aussi une ville symbolique pour les nazis, et ils ont déployé beaucoup d’efforts pour la contrôler. Ainsi, Odessa est l’une des rares villes de l’Ukraine occupée par les nazis qui pourrait se soulever contre son occupant, surtout si les forces russes se déplacent vers elle le long de la côte. C’est ici que la Russie pourrait, et devrait, s’impliquer. Pas en prenant la ville à la manière de la Seconde Guerre mondiale, mais en soutenant les organisations pro-russes d’Odessa (principalement en utilisant ses forces spéciales et, si nécessaire, la puissance de feu de la flotte de la mer Noire).

À quoi ressemblerait l’issue d’une telle guerre ?
D’un côté, l’Occident s’unirait dans sa haine traditionnelle de la Russie et, d’un point de vue économique, la Russie souffrirait. Cela n’est pas sans importance mais, à mon avis, ce scénario est déjà en cours d’élaboration, même si la Russie ne fait absolument rien. Par conséquent, cette réalité inévitable devrait être acceptée par la Russie comme une condition sine qua non de sa survie en tant que nation souveraine.

En termes militaires, les Polonais et leurs maîtres anglo-saxons vont probablement « libérer de manière protectrice » l’Ukraine occidentale (Lvov, Ivano-Frankovsk). Et alors ? Laissez-les faire ! La Russie n’est pas pénalisée par cela. De plus, les Ukronazis purs et durs auront alors à faire face à leurs anciens maîtres polonais qui ont repris le contrôle – laissons-les « s’amuser » pleinement les uns avec les autres 🙂

Qu’en est-il du Banderastan croupion (nous parlons ici de l’Ukraine centrale) ? Il se retrouverait dans un état encore pire qu’aujourd’hui, mais la Russie n’aurait pas à payer les factures de ce gâchis. Tôt ou tard, une insurrection ou une guerre civile se déclencherait, opposant les Ukrainiens les uns aux autres, et si l’un d’entre eux se tournait vers la Russie ou les parties libérées de l’Ukraine, la Russie pourrait simplement utiliser ses armes d’interposition pour décourager rapidement toute tentative de ce type.

Alors, à quel point sommes-nous proches de la guerre ?
Réponse courte : très proche. Il suffit d’écouter cette récente conférence de presse de Lavrov. Et ce n’est pas seulement Lavrov, beaucoup de commentateurs politiques et d’analystes avisés en Russie disent essentiellement que la question n’est pas « si » mais « quand » et, par conséquent, « comment ». Je pense que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la patience russe est la manière suicidaire dont les vrais Européens (historiques) ont permis aux 3B+PU de fixer l’agenda de l’UE et de l’OTAN. Oh, bien sûr, si NS2 va de l’avant, comme c’est encore probablement le cas, les Russes seront heureux de vendre de l’énergie à l’Europe. Mais en termes d’agence, la seule puissance avec laquelle la Russie est prête à discuter est les États-Unis, comme en témoignent les récentes visites de Nuland et Burns à Moscou. Soyons très clairs sur un point :

La Russie ne veut pas la guerre. En fait, la Russie fera tout ce qui est en son pouvoir pour éviter une guerre. Si une guerre ne peut être évitée, la Russie retardera le début de cette guerre aussi loin que possible dans le futur. Et si cela signifie parler à des gens comme Nuland ou Burns, alors c’est quelque chose que les Russes feront volontiers. Et ils ont tout à fait raison dans cette position (ne pas parler à l’ennemi est un trouble mental occidental, pas russe).

Comme je le dis depuis presque 2 ans maintenant, l’Empire est déjà mort. Les États-Unis tels que nous les connaissions sont morts le 6 janvier. Mais les États-Unis d’après le 6 janvier existent toujours et, contrairement aux Européens, les classes dirigeantes américaines ont toujours un pouvoir. Il suffit de regarder des clowns comme Stoltenberg, Borrell, Morawiecki ou Maas : ce sont tous des bureaucrates mesquins, du plancton de bureau si vous voulez, qui ont peut-être les compétences nécessaires pour gérer une agence de location de voitures, peut-être un motel, mais pas de vrais leaders que quiconque au Kremlin prendra au sérieux. Vous pouvez détester Nuland ou Burns autant que vous voulez, mais ce sont des gens sérieux et dangereux, et c’est pourquoi la Russie est disposée à leur parler, surtout lorsque la demande de telles négociations a été faite par les États-Unis (les Russes ne peuvent pas vraiment parler à des clowns comme Biden ou Austin, qui ne sont que des figures de relations publiques).

Une chose doit être mentionnée ici : les habitants du Banderastan croupion et ce qui va leur arriver.

En fait, je pense que l’Ukraine est totalement et définitivement irrécupérable et que le seul bon plan pour quiconque y vit encore est de faire ce que des millions d’Ukrainiens ont déjà fait : faire leurs bagages et partir. Étant donné que la plupart de la main-d’œuvre ukrainienne non qualifiée vivait dans les régions occidentales de l’Ukraine, elle préférera naturellement s’installer dans l’UE pour travailler comme chauffeur de taxi, plombier, femme de chambre ou prostituée. De même, étant donné que la plupart de la main-d’œuvre ukrainienne qualifiée vient du sud et de l’est de l’Ukraine, elle se contentera d’être libérée par la Russie ou partira en Russie pour travailler comme ingénieurs, médecins, spécialistes en informatique ou même ouvriers du bâtiment. La Russie a besoin de cette main-d’œuvre qualifiée et culturellement proche, et le Kremlin n’aura aucun mal à leur trouver un emploi (et un passeport). Il est vrai que ce qu’il restera de l’Ukraine post-Banderastan ne sera pas très beau à voir : un pays pauvre, corrompu, dont les habitants se battront pour survivre avec de nombreuses idées politiques stupides en circulation. Mais ce ne sera pas le problème de la Russie de toute façon, alors que la principale menace pour la Russie, un Banderastan uni devenant un polygone d’entraînement de l’OTAN juste de l’autre côté de la frontière russe, s’évaporera simplement, mourant de ses propres émissions toxiques. Et si davantage d’Ukrainiens souhaitent s’installer en Russie (ou dans l’Ukraine libre), la LDNR et les autorités russes pourront décider au cas par cas « voulons-nous de ces gens ici ou non ? ». Les Ukrainiens qui sont restés de vrais Ukrainiens seront les bienvenus en Russie, tandis que les Ukronazis se verront refuser l’entrée et seront arrêtés s’ils essaient encore.

Addendum : les deux puissances aux douleurs fantômes impériales et aux rêves de guerre
Je parle bien sûr du Royaume-Uni et de la Pologne, deux acteurs mineurs qui compensent leurs capacités réelles très limitées par un flux incessant de déclarations véhémentes. La plupart du temps, ils ne font que « jouer à l’empire ». Ces deux pays savent parfaitement que s’ils ont été de véritables empires, cela n’a plus rien à voir avec la situation actuelle. Ils attribuent une grande partie de leur déclin à la Russie et leur rêve est donc de voir la Russie, si elle n’est pas vaincue, recevoir au moins un coup et saigner. Et, bien sûr, s’appuyant sur les épaules des États-Unis, ces deux pays se considèrent comme des géants : ils jouent leur rôle avec beaucoup de gravité et de pompe.

Enfin, leurs dirigeants sont suffisamment dégénérés (complexe d’infériorité compensé par un narcissisme forcené) pour ne même pas avoir le bon sens élémentaire de se demander si titiller l’ours russe est une bonne idée ou non. Plus que tout autre membre de l’OTAN, ces pays jacasseurs ont besoin d’une bonne claque pour les ramener à la réalité. Il est impossible de prédire si ce choc prendra la forme d’un incident en Ukraine ou s’il se produira ailleurs, mais une chose est sûre : le Royaume-Uni et la Pologne sont (une fois de plus !) les deux pays qui souhaitent, je dirais même, qui ont besoin d’une guerre avec la Russie plus que quiconque (premier exemple, deuxième exemple). Je trouve donc plutôt probable que, tôt ou tard, la Russie devra soit couler un navire britannique ou polonais, soit abattre un ou plusieurs avions britanniques ou polonais, ce qui montrera au monde entier, y compris aux Britanniques et aux Polonais, que ni les États-Unis, ni l’OTAN, ni personne d’autre n’a sérieusement l’intention d’entrer en guerre avec la Russie pour les sous-fifres de l’Empire. Oui, il y aura des tensions, peut-être même des affrontements locaux, et des tonnes et des tonnes de verbiage menaçant, mais personne ne veut mourir pour ces deux hyènes de l’Europe (Churchill a oublié d’en mentionner une), et personne ne le fera jamais.

Conclusion : la guerre à l’horizon
À l’heure actuelle, nous sommes déjà plongés dans une période d’avant-guerre et, comme une personne patinant sur une glace mince, nous nous demandons si la glace va se briser et, si c’est le cas, où cela va se produire. Pour faire simple, les Russes ont deux options :

une riposte verbale
Une riposte physique
Ils essaient tant bien que mal de faire la première option depuis au moins 7 ans, voire plus. Poutine a échangé l’espace contre le temps, et c’était la bonne décision compte tenu de l’état des forces armées russes avant, en gros, 2018. L’élection de Trump a également été une bénédiction pour la Russie, car si l’homme orange a menacé la planète à gauche et à droite, il n’a pas déclenché une guerre à grande échelle contre la Russie (ou, d’ailleurs, contre l’Iran, la Chine, Cuba et la RPDC). Fin 2021, cependant, la Russie a battu en retraite aussi loin qu’elle le pouvait. La bonne nouvelle maintenant est que la Russie dispose de l’armée la plus moderne et la plus capable de la planète, tandis que l’Occident est très occupé à commettre un suicide politique, culturel et économique.

Selon les analystes américains, d’ici 2025, les États-Unis ne seront pas en mesure de gagner une guerre contre la Chine. Franchement, je pense que ce bateau a déjà pris le large depuis longtemps, mais cette semi-admission est une tentative désespérée de créer un climat politique permettant de faire cercle avec les wagons avant que la Chine ne devienne officiellement la deuxième nation que les États-Unis ne peuvent pas vaincre, la première étant, évidemment, la Russie (j’inclurais même l’Iran et la RPDC dans cette liste). Par conséquent, toutes les manœuvres anglo-saxonnes actuelles en mer Noire (qui est encore plus dangereuse pour les navires des États-Unis et de l’OTAN que la mer de Chine) ne sont que des manœuvres. Le principal risque ici est que je ne suis pas du tout convaincu par l’idée que « Biden » puisse maîtriser les Britanniques ou les Polonais, d’autant plus que ces derniers sont tous deux membres de l’OTAN et s’attendent sincèrement à ce que l’OTAN les protège (ils devraient demander à Erdogan ce qu’il en pense). Mais, bien sûr, l’ »OTAN » n’existe pas vraiment : il n’y a que les États-Unis et leurs États vassaux en Europe. Si les deux empires en herbe devaient déclencher une véritable guerre armée, il suffirait d’une seule frappe de missile conventionnel russe quelque part à l’intérieur du continent américain (même dans un endroit désert) pour convaincre la Maison Blanche, le Pentagone ou la CIA de « suivre le programme » et de rechercher une solution négociée, laissant les Britanniques et les Polonais complètement dégoûtés et ridicules. Je ne pense pas que quoi que ce soit d’autre puisse ramener ces deux pays au sens des réalités.

Donc oui, la guerre arrive, et la seule chose qui puisse l’empêcher serait une sorte d’accord entre la Russie et les États-Unis. Cela arrivera-t-il ? Hélas, je ne vois aucun président américain conclure un tel accord, car quel que soit le parti au pouvoir, il sera accusé par l’autre partie de « faiblesse », « d’être un atout russe » et tout le reste du blabla brandi par tous les politiciens américains, en particulier au Congrès. Un autre facteur d’équilibre est que les politiciens états-uniens sont à fond pour une confrontation avec la Chine, entre autres pendant les jeux Olympiques, et si ces tensions devaient s’aggraver, les États-Unis chercheront à ce que la Russie ne représente pas une menace directe pour les intérêts américains en Europe et dans le Pacifique. Poutine et Xi peuvent donc peut-être jouer le jeu ensemble, en veillant à ce que, chaque jour qui passe, l’oncle Shmuel s’affaiblisse davantage tandis que la Russie et la Chine se renforcent. Cette stratégie pourrait peut-être déboucher sur une guerre, une grosse guerre. Mais quand j’écoute le verbiage qui émane du Royaume-Uni, des États-Unis et de l’Union européenne, j’ai très peu d’espoir que les cinglés en Europe puissent être tirés du bord du précipice.

Andrei

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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