Merkel veut devenir la Mutti pour toute l’UE

Partagez ! Volti

******

Par Alexandre Lemoine pour Observateur-Continental

Au printemps, la position de la chancelière allemande Angela Merkel a significativement changé – elle a l’intention de devenir la Mutti pour toute l’UE qu’elle soutenait auparavant. 

Cependant, la pandémie de coronavirus l’a poussée à faire un pas de plus dans ce sens. A présent, tout le marché intérieur de l’UE à ses yeux est le marché intérieur de l’Allemagne, écrit le quotidien suédois Expressen

Aucune différence? En mars, quand l’Italie a avancé différentes exigences, elle a défendu les contribuables allemands. Deux moins plus tard, elle a déclaré que l’économie allemande ne pourrait pas reprendre si les autres membres de l’UE n’y parvenaient pas. D’où la proposition d’Angela Merkel et du président français Emmanuel Macron d’un emprunt commun de 500 milliards d’euros pour aider les pays les plus touchés par le virus. 

Sachant que la dirigeante allemande a directement annoncé que cette politique était avant tout dans l’intérêt de l’Allemagne: « C’est plus qu’un geste de solidarité, c’est un investissement. » 

On suppose que la souveraineté de l’Allemagne sans la souveraineté de l’Europe n’est qu’une illusion. La menace n’émane pas de Bruxelles, elle émane de la Chine, des Etats-Unis et de la Russie, indique le quotidien. 

En conséquence, aux yeux d’Angela Merkel l’UE est un instrument pour régler un large éventail de problèmes effrayants. Sachant que la chancelière a refusé de parler de la migration, du moins pendant ses six mois de présidence à l’UE. La migration n’est pas un thème urgent. Alors que les problèmes suivants le sont: l’économie affectée par le coronavirus; les populistes qui montent en puissance; les Etats-Unis dirigés par Donald Trump qui ont ralenti le commerce mondial par les sanctions; la Chine qui tentent d’obtenir des avantages stratégiques, ainsi que le climat et la reprise écologique de l’économie après la pandémie. 

« Elle ne ressemble pas du tout à l’Angela Merkel froide et passive qui se préparait à prendre sa retraite l’an dernier. Elle brûle de nouveau d’envie d’agir et parle de son amour ardent pour l’Europe », écrit Expressen

Bien évidemment, la chancelière n’a pas renoncé à la protection des intérêts de l’Allemagne, elle ne fait que les redéfinir. Pour Angela Merkel et pour toute l’élite allemande le marché intérieur est une mine d’or qu’il faut préserver par tous les moyens. Il permet à l’économie allemande de gagner la majeure partie de l’argent. 

Ni la Chine ni les Etats-Unis ne pourront se promener librement sur le marché intérieur européen. Sachant que les fonds de reprise économique et du budget de l’UE seront investis dans le secteur numérique, ainsi qu’aux entreprises « vertes ». 

Si le premier ministre britannique Boris Johnson pense qu’il a obtenu un avantage lors des négociations sur le Brexit avec Angela Merkel, il a tort. Même si la chancelière a exclu la possibilité du départ du Royaume-Uni du marché intérieur de l’UE, elle a indiqué que Londres ne pourrait plus tirer profit gratuitement ni faire de la concurrence tarifaire, conclut le journal Expressen

Le 8 juillet, lors d’un discours au Parlement européen consacré au début de la présidence allemande en UE, Angela Merkel a déclaré que « l’Europe deviendra plus forte suite à la crise si nous renforcerons le sentiment de solidarité ». La visite à Berlin a été son premier voyage à l’étranger depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Alexandre Lemoine

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n’engagent que la responsabilité des auteurs

Source Observateur-Continental

Un commentaire