« Game of Maidan » saison 3, épisode 4 – L’élection de la honte..

L’Ukraine s’est lancé dans des élections très agitées. Qu’en sortira t-il ? Partagez ! Volti

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Christelle Néant pour Donbass-Insider

Après avoir réussi à « éliminer »Mikheïl Saakachvili et Nadia Savtchenko lors des épisodes précédents de ce remake de « Game of Thrones » à l’ukrainienne, Petro Porochenko s’attaque, en pleine campagne électorale présidentielle, à Viktor Medvedtchouk et à l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou.

Mais au jeu des trônes il faut se méfier, car celui qui détient aujourd’hui le pouvoir, peut aussi être détrôné demain et passer du rôle de bourreau à celui de condamné. Car Petro Porochenko ne manque pas d’ennemis prêts à tout pour le faire tomber.

Depuis le lancement de la campagne électorale en Ukraine, les autorités actuelles font tout pour truquer les élections et garder ainsi leur place, malgré des sondages des plus défavorables pour le candidat sortant (Petro Porochenko).

L’Ukraine a ainsi fermé ses bureaux de vote en Russie, empêchant ainsi des millions d’Ukrainiens de voter pour des candidats moins russophobes, refusé ouvertement que les observateurs russes au sein de l’OSCE viennent surveiller les élections, violant ainsi les règles de fonctionnement de l’organisation (qui a essayé en vain de légaliser cette infraction), et ouvrant la voie à un risque de non-reconnaissance des élections par la Russie, mais a par contre autorisé une organisation néo-nazie à surveiller ces mêmes élections.

Pour essayer de remonter dans les sondages, Petro Porochenko est prêt à tout. Dépouiller l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP) y compris par la violence et des lois inconstitutionnelles, pour essayer de gonfler artificiellement l’Église schismatique créée par ses soins avec l’aide du Patriarche Bartholomée de Constantinople (en violation de toutes les règles de l’Église orthodoxe).

Tenir des discours de plus en plus russophobes, jusqu’à s’emmêler les tartines sur l’identité du « pays agresseur », et humilier le pays en inscrivant dans sa constitution sa volonté d’entrer dans l’OTAN et dans l’UE alors que ces deux unions-alliances n’ont toujours pas fait de pas dans cette direction. Renvoyer les bataillons néo-nazis sur le front du Donbass et faire monter les tensions et le nombre des bombardements contre les civils, et surtout, tout faire pour éliminer ses opposants.

Comme l’avait prédit Rostislav Ishchenko, l’UOC-MP n’a été que la première cible, et maintenant c’est l’opposition anti-Maïdan qui est dans le collimateur de Porochenko, avant de tenter d’éliminer la plus dangereuse pour lui : l’opposition pro-Maïdan.

Comme je l’avais annoncé l’an passé, Porochenko attaque d’abord les poissons intermédiaires pour ensuite attraper les plus gros. En mars 2018 j’avais dit que Medvedtchouk allait se retrouver dans le viseur de Porochenko, et c’est exactement ce qui se passe. Poursuivi en justice pour avoir appelé à appliquer les accords de Minsk (signés pourtant par l’Ukraine et validés par une résolution de l’ONU !), il est désormais sérieusement menacé par les services de sécurité et les groupes néo-nazis ukrainiens, qui l’ont désigné comme traître à la nation.

La procédure judiciaire à son encontre vient d’être complétée par une demande d’expertise linguistique de ses déclarations en faveur de l’application des accords de Minsk, par un institut totalement subordonné au SBU et au ministère de la Justice. Autant dire que le rapport d’expertise sera tout sauf en faveur de Medvedtchouk.

Et pendant que Porochenko tape sur l’opposition anti-Maïdan, l’opposition pro-Maïdan tape sur Porochenko, à coup d’accusations de trahison et de scandales médiatiques.

Ainsi, un scandale a éclaté après que des journalistes ukrainiens aient publié une enquête révélant que le président ukrainien et des officiels de son entourage seraient impliqués dans un vaste trafic de contrebande de pièces détachées pour l’armée ukrainienne, qu’ils revendaient à cette dernière à un prix exorbitant. Encore pire, d’après l’enquête ces pièces viendraient soit de Russie (l’état agresseur !), soit des stocks de l’armée ukrainienne où ils ont été volés !

Les pièces étaient ensuite revendues à l’armée ukrainienne avec une marge de 300 % ! Ce trafic durait depuis 2016, et aurait généré un chiffre d’affaires de 250 millions de hryvnias (9,3 millions de dollars). Le tout aux dépens de l’armée ukrainienne.

Quelque soit l’origine de ces pièces détachées, il n’en fallait pas plus pour permettre à Ioulia Timochenko d’attaquer le président ukrainien actuel. La candidate à l’élection présidentielle a ainsi déclaré avoir lancé la procédure de destitution de Petro Porochenko avec d’autres groupes parlementaires soutenant l’initiative, en accusant le président de haute trahison.

Une attaque plus médiatique qu’autre chose, vu que la Rada n’a jamais voté la procédure légale permettant d’appliquer l’article 111 de la constitution ukrainienne sur la destitution du président, et que la procédure ne pourra donc pas aller à son terme.

Et elle n’est pas la seule à en profiter, l’autre candidat qui a de bons scores dans les sondages, Volodymyr Zelensky (le comédien télévisé, soutenu par Igor Kolomoïski, le rival oligarchique de Porochenko), a sauté sur l’occasion pour dénoncer le fait que les autorités ukrainiennes actuelles se font de l’argent sur le sang des soldats ukrainiens !

«Ceux qui sont venus au pouvoir par le sang [révolution du Maïdan NDLR] gagnent de l’argent grâce au sang. La contrebande avec la Russie est possible, les pièces de rechange usagées en échange de la vie de nos soldats c’est possible, les bonbons c’est possible [référence à l’usine de Porochenko en Russie NDLR], mais Maruv ce n’est pas possible [candidate pour l’Eurovision 2019 finalement évincée NDLR] », a dénoncé Zelensky.
« Maintenant je comprends ce que « l’armée, la langue, la foi » veut dire [slogan employé par Porochenko]. Il s’agit de voler l’armée, de diviser artificiellement les gens par la langue, et par conséquent il n’y a pas de confiance en vous », a-t-il dit, s’adressant à l’actuel chef de l’État Petro Porochenko.

Puis Zelensky, s’en est pris à un autre slogan de Porochenko – « Il y a beaucoup de candidats – mais un seul président » (slogan volé à la campagne de Vladimir Poutine de 2012), en ajoutant : « Il y a beaucoup de candidats, donc nous choisirons quelqu’un d’autre que vous ». …/….

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Christelle Néant

Voir :

L’élection en Ukraine ne changera rien aux relations bilatérales

La RPD aide un Équato-guinéen à rentrer chez lui

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