Banque nationale suisse: jusqu’ici, tout va bien… Vincent Held…

La Banque Nationale Suisse dont il est question, n’est pas une petite banque. C’est chaud. Partagez ! Volti

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Auteur Vincent Held via Liliane Held Khawam

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Les discours rassurants des experts médiatiques ont longtemps permis d’éviter tout débat sérieux sur la politique « non conventionnelle » de la Banque nationale suisse (BNS). Depuis une dizaine d’années, des risques explosifs pour le système financier helvétique ont ainsi pu être accumulés peu à peu sous le tapis.

Les milliards de pertes annoncés hier par la BNS sont l’occasion parfaite pour une petite piqûre de rappel…

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De longues années durant, le consensus médiatique aura été total: la BNS finançait ses gigantesques programmes d’achat de dettes euro-américaines grâce à la « planche à billets », c’est-à-dire en créant de la monnaie à partir de rien.

_Total bilan BNS II

Une théorie totalement réfutée par un certain nombre d’académiciens de premier plan…

Cachez donc cette dette que l’on ne saurait voir!

Prenons l’exemple de Stéphane Garelli, professeur à l’Université de Lausanne et au prestigieux IMD Institute. Au détour d’une rare interview publiée dans la presse romande, celui-ci avait discrètement mis en garde le public helvétique:

« Quelle est la probabilité que quelqu’un frappe à la porte de la BNS pour demander le remboursement intégral et immédiat de 500 milliards de francs? » (Le Temps, 16.03.2016)

Ainsi donc, cet académicien de renom considérait-il que la BNS était endettée à hauteur de plusieurs centaines de milliards de francs… et que ces fonds pouvaient lui être réclamés à tout instant!

De fait, l’actuel président de la Banque nationale suisse a lui-même reconnu que sa politique monétaire « non conventionnelle » était essentiellement financée par de la dette.

« Les avoirs à vue des banques à la BNS […] correspondent à un crédit accordé par les banques commerciales à la BNS. » (Thomas Jordan, septembre 2011)

_Avoirs à vue des banques IIEt voilà, on retrouve les 500 milliards de dettes dont parle le Prof. Garelli!

Une opinion également partagée par le Prof. Sergio Rossi, un spécialiste des questions monétaires qui s’inquiète du « risque systémique » que la BNS fait courir au système financier suisse. Au cours d’une émission diffusée par la télévision d’État suisse en mai dernier, celui-ci avait d’ailleurs expliqué qu’en cas de nouvelle crise, les pertes de la Banque nationale seraient répercutées sur les épargnants:

« Aujourd’hui, il y a une garantie [des dépôts bancaires] qui va jusqu’à 6 milliards au total, mais avec 500 milliards de dépôts à vue [des banques à la BNS], c’est clair que l’on va toucher 1’000 ou 1’500 francs si une banque part en faillite. »

Ainsi, l’épargne des Suisses est aujourd’hui massivement exposée au bilan notoirement dangereux de la Banque nationale…

Maurer SNBPour le ministre des Finances suisse, le bilan de la BNS est « à la limite du supportable ». Une information peu commentée, car publiée durant les dernières vacances d’été…

Il peut ainsi être utile de rappeler que la politique monétaire actuelle de la BNS a été qualifiée de « bombe à retardement » par l’un de ses plus hauts dirigeants… et que les lois de confiscation de l’épargne suisses n’ont rien à envier à celles de l’UE!

Sapin II - Le Temps

Crépuscule Par Vincent Held, Master en Finance HEC Lausanne et auteur du  Crépuscule de la Banque nationale suisse, novembre 2017, Éditions Xenia. (Disponible en cliquant sur le lien)

 

 

BONUS VIDÉO: QUI FINANCE LA BANQUE NATIONALE SUISSE?

https://youtu.be/E6utQ5nBDyY

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