À Vittel, Nestlé privatise la nappe phréatique…

Souvenez vous de cet article « Nestlé s’épanouit, l’Éthiopie se dessèche« , et la campagne menée en 2017 par SofumOfUs pour Oscéola dans le Michigan  » Au fait des risques liés à l’exploitation intensive des ressources en eau, la petite ville a voté contre l’autorisation demandée par Nestlé qui souhaite bâtir une mega-station de pompage. Mais au lieu de respecter le souhait exprimer démocratiquement par la commune, Nestlé a décidé de la poursuivre en justice, afin de pomper son eau jusqu’à la dernière goutte !« SumOfUS a arrêté Nestlé dans l’Oregon, puis au Canada. Elle également éviter une exploitation majeure par le géant de l’eau Pure Blue en Nouvelle-Zélande. Mais la multinationale, continue de s’accaparer l’eau des nappes phréatiques, partout où c’est possible. Et quand 20minutes met cet article dans ses « fake-off », avec pour preuve, le seul démenti de Nestlé ( et qu’il est impossible de retrouver cette « fake » sur leur site…. Pourquoi après recherche, cette soi-disant « fake » a disparu, ai-je mal cherché ?) L’eau est un bien commun indispensable à la vie, ce ne doit pas devenir une marchandise privatisée vendue à prix d’or.

À Vittel, dans les Vosges, Nestlé Waters et les habitants pompent la même eau. La ressource se réduisant de façon préoccupante, les autorités locales veulent la faire venir des environs pour abreuver la population. La multinationale, elle, pourra continuer de puiser dans le sous-sol.

Une longue file de camions coule à travers les rues de Vittel en direction de l’autoroute A31. Dans leurs immenses bennes, des milliers de bouteilles d’eau attendent de se déverser dans les rayons des supermarchés français et européens… D’Allemagne au Japon, on s’abreuve d’eau vosgienne. Qu’elles s’appellent Hépar®, Contrex®, Vittel®, chaque goutte provient de ces sous-sols vosgiens riches en minéraux. Et chaque centime revient dans le portefeuille de Nestlé Waters, propriétaire des marques.

Des centaines de millions de litres du précieux liquide sont ainsi extraits, chaque année, des profondeurs lorraines. Tant et si bien qu’une de ces nappes souterraines, la plus profonde et la plus importante, est menacée d’épuisement. Mais plutôt que d’exiger de la multinationale qu’elle réduise ses prélèvements, élus et industriels envisagent ni plus ni moins de serrer la ceinture hydrique des habitants. Bientôt, à Vittel, l’eau des robinets ne proviendra peut-être plus du sous-sol, mais sera acheminée par pipeline sur des dizaines de kilomètres. « Le géant international s’est approprié la ressource locale pour commercialiser l’eau en bouteille, dénonçait France nature environnement en mars dernier. L’entreprise s’octroie un réel monopole sur une ressource qui n’est censée appartenir à personne, si ce n’est aux populations locales pour subvenir à leurs besoins vitaux. » Joint par Reporterre, Christophe Klotz, directeur d’Agrivair, une filiale de Nestlé Waters, refuse d’endosser « le rôle du gros vilain : nous ne sommes pas contre ce territoire, nous sommes interconnectés avec lui. Et ce territoire vit autour et grâce à l’eau ».

« La commune de Vittel s’est construite autour de son eau, elle lui a tout sacrifié, raconte Bernard Schmidt, Vittellois et membre de l’association Oiseaux nature. Mais ce qui se passe aujourd’hui, c’est la prise en main coloniale d’un territoire et la privatisation du bien commun qu’est l’eau. »

Pour comprendre ce qui se joue dans ce village vosgien d’à peine 5.000 âmes, il faut remonter au XIXe siècle et aux balbutiements du thermalisme. Avocat dans le sud de la France, Louis Bouloumié souffre de calculs rénaux qu’il tente d’apaiser par des cures annuelles à Vittel. En 1851, il achète toutes les sources. « Dès le départ, son objectif principal n’était pas de créer une station thermale mais de vendre de l’eau en bouteille, explique M. Schmidt, qui s’est passionné pour l’histoire de sa commune. Le thermalisme a été développé comme une vitrine afin de promouvoir l’eau minérale : la station ne sert qu’à l’image. »

« Il n’y a qu’une seule courbe croissante à Vittel depuis la fin du XIXe siècle : celle de la vente de bouteilles d’eau » 

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Auteur Lorène Lavocat pour Reporterre

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