Le village de Zaïtsevo – Symbole de la guerre du Donbass (Vidéo)

Alors que le 2 mai 2018, les nazillons ont organisé à Odessa, une Marche de l’ordre ukrainien, on ne voit pas le bout de ce conflit. Comment oublier ces moments d’horreurs absolue, pour ceux qui les ont subies ? (Merci Balou)

S’il fallait trouver l’endroit où l’on peut avoir le meilleur aperçu et la meilleure compréhension de toute la guerre du Donbass, ce serait sans aucun doute le village de Zaïtsevo.

Depuis quatre ans, comme toute la région du Donbass, le village de Zaïtsevo est coupé en deux par la ligne de front. Familles et amis, vivant parfois à quelques centaines de mètres les uns des autres, sont maintenant séparés par les tranchées des deux armées ennemies.

D’un côté, la République Populaire de Donetsk (RPD), et son armée basée sur le volontariat, qui recrute principalement des hommes et des femmes originaires de la région du Donbass, et quelques volontaires étrangers. La plupart des soldats de la RPD servent près de l’endroit où ils vivent ou sont nés. Ils défendent leur terre, leur ville, leur famille.

De l’autre côté, l’Ukraine de l’après-Maïdan, et son armée basée sur l’enrôlement obligatoire et l’intégration de bataillons ultra-nationalistes (dont les soldats sont en partie des volontaires qui sont là pour des idées politiques et en partie des mercenaires qui ne sont là que pour de l’argent).

Entre les deux armées, il n’y a pas seulement un fossé physique entre les tranchées, il y a surtout un fossé idéologique entre deux visions du monde complètement différentes.

Alors que les soldats ukrainiens tirent délibérément sur les civils, tout en faisant semblant de venir les libérer d’un occupant russe qui n’existe pas, les soldats de la RPD font de leur mieux pour défendre ces civils tout en respectant le cessez-le-feu convenu à Minsk, dans un équilibre difficile à trouver.

Alors que l’armée ukrainienne veut occuper et nettoyer le Donbass des pro-russes, les soldats et les civils de la RPD demandent simplement aux soldats ukrainiens de rentrer chez eux, de faire ce qu’ils veulent de leur partie de l’Ukraine, et de laisser les gens du Donbass vivre comme ils le veulent, et avec qui ils le veulent.

Tous ces faits sont visibles dans ce petit village de Zaïtsevo. En deux ans de travail comme correspondante de guerre dans le Donbass, je suis allé plus de 30 fois à Zaïtsevo, et j’ai filmé des heures d’interviews, de bombardements et de vie quotidienne de cette petite localité, pour montrer la vérité sur le conflit du Donbass.

C’est ce que j’ai essayé de résumer dans ce film, un voyage de 22 minutes dans cette guerre, à travers la vie quotidienne des civils qui vivent à Zaïtsevo et des soldats qui défendent le village :



Christelle Néant pour DoniPress