La République Populaire de Donetsk durcit le ton face au « deux poids deux mesures » de l’OSCE…

La résolution de cette guerre passe au moins par la reconnaissance des exactions commises par Kiev. Il semble que ce ne soit pas le cas et, les difficultés vont s’accumuler ainsi que les dissensions avec les républiques de Donetsk et Lougansk qui font des efforts, non reconnus par l’OSCE. Comment peut-on arrêter ce conflit, si les « observateurs » mettent de l’huile sur le feu? En attendant la population souffre, manquant de tout. Plus d’eau, d’électricité, ni de gaz entre autre depuis 3 ans dans certains villages et, pour ceux que ça intéresse, les hivers sont rudes. Merci à Christelle Néant de DoniPress.

Depuis le début de son mandat dans le Donbass, l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) est fréquemment critiquée pour la partialité de ses rapports et conclusions, toujours en faveur de Kiev.

Directions d’origine des tirs souvent oubliées dès que cela vient de manière évidente du côté ukrainien (y compris lors de tirs sous faux drapeaux frappant les localités sous contrôles des FAU), refus d’aller constater sur place sous tous les prétextes possibles et inimaginables (la dernière excuse en date étant « il n’y a pas d’asphalte »), absence de mention des tirs sur des infrastructures type hôpital comme à Yelenovka l’an passé, oubli de rapporter le fait que les armements lourds ukrainiens sont en plein milieu des zones résidentielles (comme à Avdeyevka cet hiver), plaintes à rallonge dès qu’ils ne peuvent pas aller quelque part même lorsque c’est pour leur sécurité parce qu’il y a des mines, mise dos à dos des deux parties du conflit comme si les torts étaient réellement partagés, etc.

Sans parler de leur recrutement qui laisse particulièrement à désirer, entre ce traducteur de l’OSCE qui travaillait en réalité pour le SBU et espionnait les allées et venues un commandant de la RPL un mois avant que ce dernier ne soit assassiné, ou cet observateur d’origine ukrainienne qui n’a rien trouvé de mieux à faire que de provoquer les gens en RPL en leur souhaitant une bonne fête de l’indépendance ukrainienne.

Jusqu’ici les autorités des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) s’étaient montrées plus que patientes face à cette partialité d’une organisation qui se prétend neutre, mais prouve le contraire tous les jours par ses actions. Depuis que la Mission Spéciale de Surveillance (MSS) de l’OSCE a été instaurée dans le Donbass les autorités des deux républiques ont tout fait pour satisfaire aux exigences de l’organisation.

Elles respectent le cessez-le-feu malgré les provocations ukrainiennes, ont fait preuve à de multiples reprises de bonne volonté en acceptant de retirer leurs troupes les premières des zones de désengagement ou de la zone grise, en retirant leurs armements lourds dans les zones de stockage, etc. Des mesures que Kiev a utilisées pour avancer dans la zone grise, sortir son armement lourd des entrepôts où il devrait se trouver et l’utiliser pour tirer à tire larigot sur les territoires des deux républiques populaires en sachant que leurs armées ne répondront pas le plus souvent car elles respecteront le cessez-le-feu. Des tirs qui font de nombreuses victimes parmi les civils.

Malgré toute leur bonne volonté, l’OSCE continue de mettre les deux républiques sur le même plan de culpabilité que Kiev pour les violations du cessez-le-feu, du retrait des armes etc. Au lieu de reconnaître honnêtement et factuellement qu’il y a un camp qui fait plus d’efforts que l’autre pour essayer de résoudre pacifiquement le conflit.

Mais les dernières bourdes en date de l’OSCE sont la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Hier, alors que la MSS de l’OSCE avec Alexander Hug, son chef adjoint, visitait la zone près de la conduite d’eau de Youjnodonbass (dans les environs de Yassinovataya), l’armée ukrainienne a ouvert le feu à coup de mortiers de 120 mm sur la zone où ils se trouvaient, touchant entre autre la station de pompage toute proche.

En plus de ces tirs l’armée ukrainienne a tenté de capturer un drone de l’OSCE grâce à un système radio. La tentative a heureusement échouée. Et un autre drone de la mission a été pris pour cible par l’armée ukrainienne le même jour.

Après de telles provocations, l’OSCE aurait dû émettre une déclaration publique virulente contre Kiev et ses forces armées. Au lieu de cela, la conférence de presse tenue hier, fut molle à souhait.

Hug y met l’accent sur le fait que certaines villes côté ukrainien sont privées de gaz et d’électricité, et mentionne vite fait les villages côté RPD, alors que de nombreux villages comme Spartak sont privés de tout (eau, gaz, électricité) depuis trois ans.

Il se plaint aussi d’une fuite d’eau continue dans la zone industrielle d’Avdeyevka, parlant de l’impossibilité d’un cessez-le-feu pour réparer la conduite, mettant de nouveau les deux parties dos à dos, alors que Kiev sabote toute discussion à Minsk ou ailleurs depuis des mois, entre autre concernant l’entretien et la surveillance des infrastructures et usines critiques pour les habitants des deux côtés de la ligne de front.

Pareil pour la fameuse conduite d’eau où ils se sont rendus le jour même, Hug renvoie les deux parties dos à dos alors que c’est l’armée ukrainienne qui a tiré sur la conduite d’eau et la station de pompage de Vassilievka près de laquelle ils se trouvaient.

Car il oublie volontairement de mentionner que cette station se trouve en RPD et est donc visée par l’armée ukrainienne. Pareil pour les victimes civiles, dont Hug oublie de mentionner que la très grande majorité se trouvent côté RPD et RPL, et non côté ukrainien.

Carte des victimes civiles de l'ONU

Aucune condamnation ferme des tirs de l’armée ukrainienne contre cette infrastructure vitale et contre leur équipe, ni sur les tirs et tentatives de capturer des drones de l’OSCE. Rien. Même dans le rapport publié aujourd’hui, la direction des tirs contre le drone donnée est tellement vague (en plus sans position exacte du drone au moment où il a été visé) qu’il est impossible de déterminer qui l’a fait en réalité.

À chaque fois que Kiev est impliqué, Alexander Hug accuse les deux parties d’être responsables. Il serait temps que l’OSCE fasse son travail correctement et appelle un chat un chat. Parce que par contre pour se plaindre à chaque fois qu’ils sont bloqués ou retardés aux points de contrôle, entre autre côté RPD ou RPL, là on a droit à chaque fois à une plainte voire à un scandale. Comme ce fut le cas hier suite à un problème au point de contrôle de Novoazovsk (dans le Sud de la RPD).

Ce deux poids deux mesures et cette énième plainte ont fini par exaspérer les autorités de la RPD qui en ont assez de faire preuve de bonne volonté avec une organisation qui n’a de cesse de tout leur mettre sur le dos, tout en passant sous silence les crimes de Kiev.

Résultat, Denis Pouchiline, le négociateur principal de la RPD à Minsk a déclaré aujourd’hui que l’OSCE ne bénéficiait plus dès aujourd’hui de passe droits pour franchir les points de contrôle. En clair, les voitures de l’OSCE vont devoir faire la queue comme tout le monde, et montrer patte blanche, comme tout le monde.

Cela promet une nouvelle litanie de plaintes de la part de l’OSCE et d’Alexander Hug, à qui il a pourtant été dit et répété qu’il serait temps qu’ils arrêtent de travailler de manière aussi partiale. Parce qu’à force de tirer sur la corde de la patience de la RPD, cette dernière a fini par lâcher.

L’OSCE et surtout les membres et chefs de la MSS feraient bien de méditer sur ce proverbe : tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise. La patience de la population et des autorités du Donbass a des limites. Et là l’OSCE est en train de les franchir…

Christelle Néant pour DoniPress

Si jamais le conflit devrait dégénérer, (ce que semble vouloir certaines instances) je vous laisse imaginer l’exode de réfugiés contraints de fuir et nous n’aurions pas d’autres options, que de les accueillir. Vous savez tous que nous avons déjà un énorme problème, avec les milliers de réfugiés de guerre et ceux économiques qui arrivent en masse du Moyen-Orient et d’Afrique. Les autorités de tous les pays européens, n’ont pas l’air de prendre la mesure d’une catastrophe, qui risque de nous atteindre tous. L’Ukraine n’est pas l’Afrique, c’est à deux heures de Paris.

 

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