Gaspillage alimentaire: devenir freegan lorsqu’il n’y a pas d’autres choix

La crise aidant, de plus en plus de personnes finissent pas devoir sauter des repas, par demander de l’aide, par ne plus savoir comment s’en sortir, telle est la réalité de ce monde. Le pire est de constater à quel point le gaspillage est colossal dans nos sociétés:

Dans l’UE27 (Union Européenne des 27) en 2006, le gaspillage alimentaire représentait 89 millions de tonnes par an ou encore plus de 243 000 tonnes par jour. Cela signifie qu’en moyenne, un européen gâche près de 500 grammes de nourriture par jour.
En l’absence de mesures, le gaspillage alimentaire pourrait atteindre 126 millions de tonnes par an en 2020, une hausse de 40 %.

Source de l’info: Asso-arec.fr

Il y aurait de quoi nourrir tout le monde, le record absolu étant détenu par les Etats-Unis. Le constat qui suit  est à l’origine d’une initiative magnifique de la part de Rob Greenfield (s’appeler « Champ vert » pour un écolo, un comble…) qui a décidé de lutter contre le gaspillage alimentaire en parcourant les Etats-Unis de part en part, soit 7400 kilomètres, tout en collectant les aliments jetés dans les containers à ordure pour soit les consommer, soit les redistribuer, et cela porte un nom: être « freegan ».

photo-3-900x551Nourriture récupérée par Rob Greenfield en deux jour à Madison, Wisconsin.

L’état des lieux du gaspillage alimentaire aux USA est alarmant

Gaspillage alimentaire aux USA = 60% des besoins pour éradiquer la faim dans le monde entier

  • 50 millions d’américains – sur 317 millions –  souffrent d’insécurité alimentaire et pourtant le pays produit l’équivalent nécessaire à nourrir plus de 500 millions de personnes.

Plus de 15% de la population des USA souffre de la faim 

  • La production de nourriture qui finit dans les décharges gaspille assez d’eau pour répondre aux besoins en eau domestique de chaque citoyen américain.

Article complet+initiative de Rob Greenfield sur Mieux-vivre-autrement.com

Il y a néanmoins un souci, pour beaucoup, être un freegan et récupérer les aliments gaspillés, c’est une chose tout simplement impensable, une question de fierté avant tout. À chacun sa manière de voir les choses, mais face à la faim, certaines alternatives méritent tout de même réflexion…

Un site spécialisé dans le domaine liste l’ensemble des pistes à suivre pour se nourrir gratuitement, mais voilà, là encore, il y a des solutions extrêmes qui ne sont même pas imaginables, même pour les plus désespérés, l’esprit freegan à lui aussi ses extrémistes prêts à tout, même au pire… Pas forcément une solution non plus. Mais il y a des solutions proposées peuvent se relever être intéressantes.

Comment obtenir les surplus alimentaires

Les moyens les plus courants pour manger gratuitement sont :

  • Demdander les restes & invendus aux fournisseurs alimentaires
  • Les récupérer directement dans leurs poubelles
  • Réclamer un remboursement auprès du service consommateur

Si vous êtes bien organisés (oeuvrer au sein d’une association apporte beaucoup de crédibilité auprès des fournisseurs concernés), vous pouvez demander directement de la nourriture, certains fournisseurs vous donneront leurs excédents.
La croix rouge, par exemple, qui fait ca de temps en temps, récupère de la bouffe auprès des grandes surfaces, des boulangeries, et des hôtels.
Rajoutez les cantines et les restos a cette liste et sillonez votre ville. Même si un sur 50 est d’accord pour vous donner les excédents au lieu de les jeter (dans le cas d’une ville bien active), vous aurez de quoi nourrir 50 fois plus de sdf que n’en compte la ville.
Dailleurs, la croix rouge jette énormément de bouffe dans ses poubelles.
N’oubliez pas : insistez sur le fait que vous les dégager de toute responsabilité en leur signant des formulaires courts et concis, frappés du tampon d’une assoce (déclarée ou non).

Et maintenant, nous allons recenser…

Les poubelles les plus juteuses

Les poubelles des particuliers

Les plus diversifiées qui soient, c’est aussi la grande loterie !
Essayez de détecter les poubelles issues de déménagement, la plupart des gens qui change d’appart tous les ans ne s’emmerdent pas à déménager leurs condiment, le sel, l’huile d’olive…
les biscottes, les céréales etc…
On peut aussi tomber sur des bons restes mais là, il est souvent trop tard et la nourriture jetée est beaucoup trop avancée pour être consommée par d’autres êtres humains : dans 60% des cas, on ne peut plus la sauver…

Les Boulangeries

Elles jettent des centaines de baguettes, des patisseries/pizza/sandwich… en général quelques dizaines de minutes après la fermeture.
Dans des gros sacs poubelles ou sac de farine, généralement déposés devant le magasin ou dans la benne la plus proche.
Faites gaffe, les éboueurs passent souvent peu de temps après.
N’oublions pas que les boulangeries donnent souvent ces produits aux affamés qui viennent le leur demander gentiment (quand les vendeuses ne répondent pas « Désolé, mais on a pas le droit »).

Les marchés ‘Fruits et Légumes’

Les végétariens sont à la fête dans ce menu : ce genre de marché fini généralement vers midi ou 13h, la bouffe jugée ‘invendable’ ou ‘non présentable’ par les commerçants étant abandonnée sur place, avant d’être balancée dans un camion-benne par les nettoyeurs du service de la voirie.
C’est à foison qu’on trouvera des cagettes de tous les fruits et légumes inimaginables, ratatouilles et salades de fruits assurés.
Notons encore que certains commerçants vous remettront des cagettes en main propre si vous venez directement leur demander leur « production au rebut » a la fin du marché, et que certains ne refusent pas un coup de main pour remballer la marchandise dans le camion.

La petite distribution

Les petits ‘casino’ et autre ‘proxy’ vous fileront parfois un peu de bouffe périmée sur demande.
Mais leurs poubelles ne sont en général pas très giboyeuses, étant donné le petit stock qu’ils gèrent.

Les Restos et Hôtels

Il y a beaucoup plus de stock de denrées, donc certains produits ‘avancés’ sont jeté avant même d’avoir été servis (les pannes de congélateurs restent mémorables dans la mémoire stomacale d’un freegan).
Mais encore une fois, c’est les restes des clients qui produisent le plus de nourriture : toute regroupée dans des gros sac poubelles, et jetée le soir (souvent tard hélas).
Hélas surtout, les restes sont fréquemment mélangés aux cendriers…
A noter que la plupart des restaus jettent aussi d’importants stocks de pains « pas frais » tous les jours.

Flunch

Flunch : la chaine bénie de restauration industrielle, à mi-chemin entre une cantine et un fast-food.
Les clients ne sont pas tenus de débarrasser leurs tables, c’est donc une véritable orgie pendant les heures de pointes : quand un client finit de manger, il n’y a plus qu’à s’assoir discrètement à sa table, couvert étalé, et finir les assiettes pleine à 80% des cas de victuailles encore chaudes (au pire, il y a un microonde).
Après, la pure philosophie freegan voudrait qu’on aille voir a la table d’à coté une fois les assiettes finies, mais hélas au bout de 15 minutes on se fait tjrs virer par le vigile (Vous comprenez monsieur, c’est la direction qui a donné des directives).
Il est donc fortement conseillé, après avoir pris fermement possession d’une table, de prendre l’assiette vide et d’aller se resservir au self (étant donné qu’à flunch les légumes sont resservi à volonté.) D’ailleurs, cette notion de bouffe à volonté oblige le flunch à préparer plus de bouffe qu’il n’en servira : leurs poubelles du soir sont donc gonflées à bloc.

Les Stations-Essence

Les plus fréquentées d’entre elles (même les stations ‘automatiques’) jettent très régulièrement produits frais emballés, de la bière, des croissants, jus de fruit…
en fait ça varie beaucoup entre les différentes stations, le plus simple étant d’aller fouiller par soi-même.

Les FastFoods

Quick, Mc Donald. Les vendeuses à la caisse sont obligées de se soumettre à plusieurs règles très productrices :

  • Un burger qui dépasse la caisse ne supporte plus de retour (le client avait commandé un autre sandwich par ex), donc il est jeté.
  • Un burger préparé par les ‘cuistots’ a 10 minutes pour dépasser la caisse (pour être vendu). Sans quoi, il est jeté.

Dans certaines villes, les poubelles sont encore jetées à la fermeture ; les tonnes de frites maintiennent les burgers au chaud.
En règle générale, soit ils sont équipé d’une broyeuse, soit vous trouverez des gros sacs bleus jetés au fur et a mesure dans des bennes ou (plus fréquent) dans un local poubelle situé à l’arrière de l’établissement. Si ya pas la lumière, n’oubliez pas d’avoir une lampe. Bien souvent, ces locaux ne sont jamais fermés à clé car les serrures ont été déjà défoncées.
NB : ce genre de ‘local poubelle’ dispose en général de 2 bidons d’huile de friture (100L chacun) pleins.

La Grande distribution

Haaaaaaaaaaaaaaaa ! Intermarché, Atac, ED, Monoprix, …
De quoi faire revivre les ancestrales coutumes orgiques des romains.
C’est le meilleur endroit pour pratiquer le « dumpster diving » : plonger dans les bennes !
Quand vous trouvez une grande surface, priez pour qu’elle ne soit pas équipée d’une broyeuse, puis cherchez les bennes après la fermeture :)
Certaines grandes surfaces observent des horaires bien précises pour la sortie de leurs bennes (a 5h du mat juste avant que les éboueurs ne passent, ou bien seulement le lundi et le mercredi, etc…)
Si vous vivez a proximité d’une de ces machines à bouffe, cela vaut le coup de passer fréquemment devant ou de jouer a la belotte devant pendant une semaine non-stop afin de connaitre leur « cycle ».
Certains supermarchés protègent leurs bennes derrière un portail haut de 50cm de haut qui n’est ouvert que lors du passage des éboueurs, d’autres les stockent dans une cage en fer forgé verouillée par 6 cadenas.
Entre les aliments périmés, ouverts ou non-présentables, vous découvrirez la solution au problème de la faim dans le monde.
Pour assurer la logistique vers les zones affamées, on pourrait réquisitionner les hélicoptères des papparazzi.

La décharge (les déchetteries)

Ici, le bonheur est livré à l’état pur, puisque les bennes, mesurant 4m de haut, permettent une immersion totale.
On peut tomber ici sur des stock relativement impressionnant, notamment lors de décès : on trouve alors des ‘réserves’ composées majoritairement de boîtes de conserve (qui peuvent être gardées encore un paquet d’années).
Cependant, ces occasions sont relativement rares ! Les décharges sont plus populaires pour le frisson des bennes et surtout les merveilleux trésors qu’elles recèlent.

La seule chose qui soit plus difficile que de manger un yaourt en Somalie, c’est de crever de faim en France.

Issue de la page du site Freegan.fr

À l’heure actuelle, l’actualité nous le prouvant, tout peut arriver, reste à savoir ce que nous serions prêts à faire pour nous nourrir ou pour remplir ne serait-ce qu’un minimum l’assiette des nôtres. Il faut des solutions, si celle-ci n’est pas idéale, cela reste une solution.

Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Confucius

8 commentaires

  • verisheep

    Ou est le problème de fierté?
    C’est juste un conditionnement mental, et c’est toujours mieux que de se faire nourrir par les restos du cœur: au moins on ne doit rien à personne…

    Dans les bennes on trouve souvent les produits les plus chers, plus rarement les produits premier prix qui s’écoulent plus facilement.
    Et en ville il faut savoir partager, les bennes accessibles ont généralement leurs habitués.

  • ciray

    La récup n’est pas un système sain et viable .
    D’abordc’est toujours de la bouffe de merde . La vrai solution est de produire ou de participer a la création de sa nourriture .
    Il faut changer totalement de paradigme en venir à réfléchir comme vivre en dehors de ce système de façon autonome , ce n’est qu’une question de mentalité .
    Moise à mis 40 ans pour traverser le Sinai c’était juste le temps qu’il a fallu aux Hébreux pour enlever de leur cerveau  » l’esclavave mental  » qui les bloquaient .
    Avec la récup VOUS ètes toujours des « Esclaves  » et
    RIEN D’AUTRE !!!

    • verisheep

      Non, ce n’est pas TOUJOURS de la bouffe de merde; tu peux faire les invendus au marché, dans les biocoop, dans certaines boulangeries: tu auras des produits plus sains que chez aldi.
      Quant-à « réfléchir à vivre en dehors du système de façon autonome », sûrement, mais réfléchir ne nourrit pas et atteindre ce but nécessite de l’argent.
      La récup alimentaire est simplement un bon moyen de passer certaines périodes difficiles; de là à en faire une religion ou une solution idéale, c’est assez crétin.

  • ciray

    La première chose à faire est de revoir complètement la façon de se nourrir et surtout sainement . Car là aussi vous ètes manipulés de A à Z et souvent pas en bonne santé
    Allez donc sur le Site  » regenere.org  » et lisez le livre d’or pour commencer . Nous mangeons très mal , nous absorbons des aliments toxiques telles que les Céréales que mème les animaux ne supportent pas . Voyez pourquoi on bourre d’ Antibio les animaux d’élevage qui ne vivent pas longtemps . Exemple Aujourd’hui une vaches laitière vit en moyenne 4 ans contre 12 à 15 ans il y a 50 ans , posez vous donc la question que mangeaient elles il y a un demi siècle et que mangent elles aujourd’hui .

  • ciray

    Les Vaches ont pas le choix , NOUS SI !
    Et que faisons nous ?
    On se laisse intoxiquer avec les Pesticides et autre herbicides et surtout les Addifs Alimentaires tous plus toxiques les uns que les autres .
    Les moutons consommateurs pourraient se révolter très facilement en refusant de consommer cette merde , il suffit de ne pas l’acheter .
    ( Finalement ça ressemble terriblement à la douche avant le grand saut)

  • So So

    Les anglicismes(vegan, freegan etc.) et autres néologismes, gratuits eux aussi ?
    Les nourritures, tant terrestres (la solution ne réside-t-elle pas plutôt dans la sortie de ce système consumériste – et donc pas en faisant les poubelles de celui-ci) que spirituelles (la langue que nous parlons est indissociable de notre culture et de ce que nous sommes), normalisées à l’aune de la mondialisation capitaliste voulue par les décideurs Étasuniens – les TISA et autres TAFTA ne faisant qu’accentuer les problèmes ?
    Sommes-nous appelés à ne devenir que des tubes digestifs destinés à recycler l’intégralité de la merde systémique tout en soulageant la conscience (pour autant qu’il leur en reste quelques résidus) des géants de l’agro-alimentaire ?

    Faut-il réellement de se réjouir de pouvoir bientôt consommer gratuitement du poulet aux hormones rincé à l’eau de javel disponible dans les bennes du supermarché du coin ?

    Peut-être faudrait-il se poser la question des équilibres ville/campagne (relire F.Braudel) et de la place de l’agriculture vivrière. En français dans le texte.

    http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_cool.gif

  • zniavrou

    Personnellement je vie ça au quotidien. Beaucoup de gens vous comprennent.

  • zniavrou

    La première phrase que j ai dit a un « travailleur social ».
    Du travaille il y en a . je laisse ma place…
    On devrait me donner une médaille pour ça.
    comprenne qui pourra.http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif