Des islamistes formés par Daech se battent pour Kiev dans le Donbass…

Depuis que ça se dit, c’est confirmé. Pas vraiment une bonne nouvelle. Partagez ! Volti

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Christelle Néant pour Donbass-Insider

Depuis trois ans, la République Populaire de Donetsk (RPD) alerte sur la présence d’islamistes au sein des forces armées qui se battent du côté de l’Ukraine dans le Donbass. Ces accusations, balayées d’un revers de main comme étant de la propagande russe, viennent d’être confirmée par un article du Times, que l’on peut difficilement qualifier de journal à la solde du Kremlin.

L’article, signé par Marc Bennetts, est une interview de Muslim Cheberloevsky, le chef tchétchène du bataillon Cheikh Mansour, qui combat du côté ukrainien dans le Donbass. L’interview porte principalement sur ses motivations personnelles à venir combattre les « séparatistes » du Donbass.

Mais au milieu de cette gentille propagande anti-Poutine bien huilée (le président russe étant qualifié de personne « qui n’apporte que le mal »), le journaliste lâche une info qui fait tache, mettant en émoi la presse russe, mais aussi les médias gouvernementaux ukrainiens.

Dans le quatrième paragraphe de l’article, on peut ainsi y lire que « certains des combattants du bataillon avouent avoir perfectionné leurs compétences au combat dans des camps d’entraînement de l’État islamique (Daech) en Irak et en Syrie ». Sic.

Vous avez bien lu. Confirmant les accusations de la RPD et de la Russie, cet article dit clairement et sans ambiguïté que des islamistes combattent avec l’armée ukrainienne dans le Donbass.

Entre ces bataillons d’islamistes et les néo-nazis (qui font parfois partie des mêmes bataillons comme le montre la photo de couverture qui fait partie d’une série de clichés dévoilés par Cyberberkut en 2016 sur la présence d’islamistes au sein du régiment néo-nazi Azov), cela commence à faire un peu trop de choses à cacher sous le tapis pour Kiev et surtout pour ses soutiens occidentaux.

Alors UNIAN sort un pseudo-debunking de cette interview qui prêterait à sourire s’il ne s’agissait pas d’un sujet aussi grave. Les arguments permettant de discréditer l’article et de le qualifier de propagande ruse ? Marc Bennett vit depuis 15 ans à Moscou, et la photo semble avoir été prise en été alors que l’interview est publiée en hiver (le fait que la photo puisse avoir été prise par quelqu’un d’autre à un autre moment et utilisée pour illustration ne semble pas effleurer le journaliste d’UNIAN)… Voilà à quoi se résume ce pseudo-debunking.

Le fait que Marc Bennett est un opposant clair et affiché de Vladimir Poutine (il a sorti un livre à charge contre le président russe), qui publie nombre d’articles reprenant la propagande de Kiev sur « l’agression militaire russe » contre l’Ukraine, n’a pas suffi à protéger le journaliste de l’hystérie de l’agence de propagande ukrainienne.

À défaut de pouvoir le cataloguer « agent du Kremlin », le voilà promu au rang d’idiot utile du Kremlin ! Dans leur hystérie anti-russe, les médias ukrainiens en viennent même à discréditer les journalistes occidentaux acquis à leur cause dès qu’ils ont le malheur de dire un peu de vérité sur ce qui se passe en Ukraine. Ou comment scier la branche sur laquelle on est assis…

Est-ce à cause de ces accusations, ou parce que son article donnait à Moscou un levier pour faire savoir la vérité, nous ne le saurons pas, mais entre le moment de la publication initiale de l’article et aujourd’hui, celui-ci a été modifié ! Le paragraphe incriminé a été « adouci » comme on peut le voir sur ces deux captures d’écran des archives du web (cliquer dessus pour les agrandir).

Le 26 décembre, le site affiche bien le paragraphe « Some of the battalion’s gunmen admit to having honed their combat skills at Islamic State training camps in Iraq and Syria », qui a été traduit plus haut.

Capture du 26 décembre

Le 27 décembre, le début du paragraphe a été changé pour « Some of the battalion’s gunmen reportedly admitted in 2015 to having honed their combat skills at Islamic State training camps in Iraq and Syria », qui peut se traduire par « certains des combattants du bataillon auraient admis en 2015 avoir perfectionné leurs compétences au combat dans des camps d’entraînement de l’État Islamique en Irak et en Syrie. »

Capture du 27 décembre

L’apparition du conditionnel est postérieure à la publication du pseudo-debunking d’UNIAN, de la traduction en russe de l’article du Times par INOSMI, et de la dénonciation de ce scandale par des médias russes comme Russia Today. Marc Bennetts ou le Times essaieraient-ils de cacher la vérité qui dérange Kiev ?

Car si ces bataillons tchétchènes ne font pas officiellement partie de l’armée ukrainienne, ils agissent néanmoins en tant que soldats supplétifs du côté de Kiev dans le Donbass, ce qui implique qu’à minima les autorités ukrainiennes ferment les yeux sur l’idéologie terroriste islamiste de ces bataillons (voire font plus que fermer les yeux).

La présence dans leurs rangs de combattants issus des camps d’entraînement de l’État islamique explique aussi l’utilisation par l’armée ukrainienne de méthodes similaires à celles des terroristes présents en Syrie, comme l’usage de drones largueurs de charges explosives.

Voilà quel genre de soldats l’Ukraine « démocratique » utilise dans sa guerre civile contre la population du Donbass : des néo-nazis adorateurs des collaborateurs des Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale, et des terroristes islamistes issus de Daech… Si c’est là l’armée d’un pays « démocratique », je pense qu’il faut définitivement revoir la définition du mot « démocratie » dans le dictionnaire.

Il serait aussi temps pour les pays occidentaux, France et Allemagne en tête, de se pencher sur les forces armées du pays (l’Ukraine) qu’ils portent à bout de bras financièrement et diplomatiquement, au lieu de fermer encore une fois les yeux sur les éléments gênants qui viennent contredire l’histoire de la « gentille Ukraine démocratique » contre la « méchante Russie dictatoriale » que l’on nous sert depuis le Maïdan de 2014.

Car pendant que les médias occidentaux essayent de cacher les néo-nazis et les islamistes qui se battent pour l’Ukraine dans le Donbass avec l’aval des autorités du pays, les contribuables occidentaux eux continuent de financer avec leurs impôts la guerre civile menée par ces bataillons dont l’idéologie devrait définitivement être reléguée dans les oubliettes de l’Histoire.

Christelle Néant

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