Mbagnick Diop salue un plan Sénégal émergeant « convaincant »

Les 17 et 18 décembre prochains, le président du Sénégal tentera de convaincre les bailleurs internationaux pour financer le second volet du plan Sénégal émergent (PSE), Objectif : lever 2 850 milliards de F CFA. Décryptage par Mbagnick Diop, conseiller de la présidence et président du MEDS (le Mouvement des Entreprises du Sénégal).

D’aucuns se demandent à quoi sert le Groupe Consultatif du Sénégal. Le Groupe consultatif de Paris sera l’occasion pour le gouvernement de présenter une Stratégie nationale de développement économique et social renforcé auprès des bailleurs de fonds internationaux. Souvenez-vous : en février 2014, le gouvernement Sénégal avait présenté au groupe consultatif de Paris (France) un dossier inspiré de la Stratégie nationale de développement économique et social (SNDES) renforcée par les projets du Plan Sénégal émergent (PSE).  Cette stratégie de développement mise en route en 2014 doit mener le Sénégal à l’émergence économique d’ici à 2035.

C’est donc cette SNDES renforcée par les projets du Plan Sénégal émergent qui est présentée au groupe consultatif à Paris et qui justifie aujourd’hui une actualisation du cadre macroéconomique. Dakar a donc identifié des leviers sur lesquels nous pourrons nous appuyer, pour accélérer la croissance économique, par la promotion des investissements, des exportations et le développement d’un faisceau de partenariats public-privé.

On retrouve des projets concernant l’agriculture, les infrastructures, le tourisme, les NTIC, les programmes sociaux, entre autres secteurs. Je ne vois pas de contradiction entre le SNDES, le plan Sénégal émergent et la Stratégie de croissance accéléré (SCA). Le plan Sénégal émergent propose en effet un ensemble de projets qui opérationnalisent essentiellement le premier axe de la SNDES. La SCA se trouve dans les mêmes dispositions et intervient sur des grappes de compétitive de l’économie de notre pays.

Rappelons que le Sénégal est le premier bailleur du Programme triennal d’investissements publics (PITP) 2014-2015. Fort de cette preuve d’engagement, le Sénégal va se tourner vers ses bailleurs. Je souligne que, sur un montant de 3.467 milliards de francs CFA prévu dans le PTIP 2014-2016, l’État du Sénégal finance plus de la moitié. Et tout porte à croire qu’il souhaite consolider cette option.

Groupe consultatif de Paris : le PSE est-il un plan stratégique de plus ? 
Des plans stratégiques, nous en avons connu. Mais nous avons souvent pêché dans la mise en œuvre. Ce qui change avec le PSE, c’est qu’il s’agit là, d’une vision forte, portée par le Président Macky Sall. Ce qui change avec le PSE, c’est la détermination à assurer une bonne mise en œuvre et un suivi rapproché de cette vision transversale. Ce qui change avec le PSE, c’est le consentement à cette émergence des acteurs socioéconomiques du Sénégal.

Le Sénégal entretient une coopération au développement privilégiée avec la Communauté des Partenaires Techniques et Financiers. Nous tenons en estime ce partenariat bénéfique. Le Président Macky SALL a fait de la croissance soutenue, une grande priorité de sa gouvernance économique afin de bâtir un Sénégal Émergent, pour tourner cette page du Sénégal indigent. Le PSE est le pilier le plus déterminant dans la traduction pratique de cette vision.

Je ne doute pas que la mise en œuvre du PSE se fera dans la plus grande transparence, base de notre contrat de confiance avec nos Partenaires Techniques et Financiers. Ils pourront assurer à nos côtés le suivi et l’évaluation de cette stratégie.

Pourtant, comme chacun sait, l’élaboration de ce plan n’a pas été facile. Seule ne volonté politique soutenue a permis la conception de cette approche de planification stratégique, avec une large concertation des acteurs socioéconomiques. Cette forte volonté politique est toujours présente pour maintenir le cap vers l’émergence du Sénégal. J’en veux pour preuve, la présence de Maki Sall à cette 7ème édition. Une première dans l’histoire du Groupe consultatif pour le Sénégal. C’est justement ce qui fait l’originalité de ce groupe consultatif qui renforce la crédibilité du PSE et constitue le gage de sa réalité future.

De fait, l’essentiel des politiques de la phase qui s’annonce s’inscrira dans le cadre du Plan d’actions prioritaires (PAP) 2019-2023. C’est ni plus moins qu’une sorte d’accélérateur de croissance.

L’élaboration de ce document est parti d’un diagnostic de notre situation économique, avec l’aide d’un cabinet de renommée internationale, de sénégalais de la diaspora, de hauts fonctionnaires. Pendant une année entière, le Chef de l’État Macky SALL, a présidé toutes les réunions du Comité d’orientation stratégique du PSE, permis à toutes les sensibilités de s’exprimer. Cette phase a été suivie d’un processus d’appropriation du document à travers lequel les suggestions, recommandations et commentaires de presque tous les acteurs, bailleurs de fonds et universitaires ont été prises en compte dans la version finale du PSE. Cette démarche inédite dans l’histoire de notre pays, rassure quant aux perspectives de la mise en œuvre du Plan Sénégal Émergeant.

A cet effet, d’importants gains de croissance sont attendus du PSE. Il s’agit de gains de croissance qui se traduiront par une gouvernance toujours sobre et vertueuse ; avec une autosuffisance alimentaire avantageuse ; d’État providence, d’un secteur privé moteur de l’émergence ; une émergence économique inclusive du Sénégal pour palier tout développement inégal.

Au cours des quatre premières années de mise en œuvre de la phase 1 du PSE (2015 restant la première année de sa mise en œuvre complète), le Sénégal a retrouvé une certaine stabilité macroéconomique . Après la croissance atone entre 2010 et 2014 à moins de 5 %, notre nation a depuis renoué avec un régime de croissance inédit :6,5 % en 2015, 6,6 % en 2016, 6,8 % en 2017 et 2018. Ce n’est pas suffisant pour changer la vie de tous les Sénégalais. Mais je ne doute pas que la croissance s’accélérera grâce à la confiance des bailleurs de fonds et au bon sens de nos concitoyens.

Notre pays amorce sa mue. Après la promulgation de  couverture maladie universelle (CMU), ou le programme des bourses familiales de sécurité le gouvernement booste la politique de l’entrepreneuriat rapide des jeunes et des femmes.

Le PAP 2019-2023 se fera fort accélérer la croissance de sept domaines sectoriels prioritaires : les infrastructures et la construction, l’horticulture et l’agro-industrie ; l’agriculture ; l’énergie (pétrole, gaz, mines) ; les industries ; l’économie numérique ; le tourisme et la finance.

Cela transparaît déjà dans le pays avec des réalisations aussi symboliques que le nouvel aéroport Blaise-Diagne de Diass (AIBD), le développement de l’autoroute ou de la première ligne de chemin de fer. Notre pays doit aussi aller vers la suffisance alimentaire, notamment pour le riz.

Ne doutons pas que l’entrée en production d’ici à 2022 d’importantes découvertes de pétrole et de gaz au large de nos côtes l’y aident fortement.

Bref, en tant qu’afro-optimiste, je ne doute pas une seconde que le Sénégal, déjà connu pour être une terre d’hospitalité peut compter sur la détermination chevillée au corps du Président Macky SALL d’en faire le pays de la « Téranga » de l’investissement.

 

2 commentaires

  • Avatar PascalR

    il faut dire que la France est fortement engagée auprès du Sénégal dans la réalisation de ce plan, notamment en faveur du renforcement du capital humain, via la mise en place du Campus franco-sénégalais, ainsi que grâce à l’action de l’Agence française de développement (AFD). Celle-ci compte 63 projets en cours d’exécution, dans les secteurs de l’agriculture, de l’accès à l’eau et à l’électricité, de la promotion de l’éducation et de la santé.