EN FINIR AVEC LES ECARTS DE RICHESSE

EN FINIR AVEC LES ÉCARTS DE RICHESSE

Une fois pour toutes, il est temps d’en finir avec les discours nauséabonds qui voudraient relativiser, justifier les écarts incroyables de confort matériel de vie -donc confort de vie tout court- que nous observons au quotidien.

Pour commencer, il est bon de rappeler que nous naissons TOUS sur la Planète Terre au même titre que les plantes et animaux et qu’à ce titre, nous avons TOUS un droit en tant qu’habitant de cette planète : celui de subvenir à nos besoins. Notre vie est NATURELLEMENT conditionnée par le milieu dans lequel nous vivons. Tout système d’organisation, ou d’oppression humaine (lois, argent) n’est en rien naturel. C’est une INVENTION, il est donc tout à fait possible de s’en AFFRANCHIR, ce qui n’est pas le cas des limites naturelles.

La méritocratie sous 2 formes

La méritocratie vante systématiquement le soi-disant travail (sans d’ailleurs se demander s’il est juste ou pas, utile ou pas) de certains et l’utilise comme justification aux fortunes démesurées. Il convient tout de même de rafraîchir la mémoire aux esprits embrumés de cette période sur-médiatisée donc sur lobotomisés : la plupart des riches, qu’ils soit petits ou grands, le sont de naissance par l’avantage que leur confère leur classe sociale et la richesse de leurs parents (ou encore l’époque à laquelle ils sont nés ou le pays dans lequel ils sont nés) et toutes les aides qu’aura pu leur apporter leur famille pour « démarrer dans la vie d’adulte ». Ils existe, certes, certains « pauvres » qui sortent du lot à un moment, mais ils sont minoritaires. Cette méritocratie, c’est l’esprit libéral, le « rêve américain », le chercheur d’or qui fait fortune etc.

Un autre courant, très entendu depuis une quinzaine d’années, en revient à une autre forme de justification par le mérite ; c’est une soit disant spiritualité, utilisant de nombreux concepts tirés de plusieurs philosophies, religions etc. C’est l’idée selon laquelle on crée sa réalité (par sa pensée, ses énergies, ou encore son karma) et donc que notre misère matérielle ou au contraire notre richesse serait strictement de notre propre ressort. Finalement, pas de grande différence avec la méritocratie libérale, juste l’invocation ésotérique comme argument. Mais le résultat est le même : un monde du chacun pour soi où on regarde mourir son voisin de faim quand son propre compte bancaire affiche plusieurs dizaines de milliers d’euros.

L’inégalité comme moteur de richesse

Pour tordre le cou à cette idée de « richesse juste », voyons comment la richesse se constitue, puis dans un deuxième temps, ce qui lui confère sa valeur.

Prenons l’exemple (imaginaire) d’une entreprise qui fabrique des conserves alimentaires. Le travail (la vrai tâche) est réalisé par une cinquantaine de personnes payées au SMIC, dirigée par un chef d’équipe qui lui, est payé 2300 euros. Au dessus, il y a une gestionnaire des « ressources humaines », payée 4000 euros et enfin le PDG, qui touche environ 10000 euros mensuels. Dans cet exemple, on voit bien que le SMIC, probablement insuffisant pour plusieurs salarié-e-s, pourrait être simplement rehaussé si les supérieurs hiérarchiques partageaient leurs revenus. Partager implique bien sûr d’abaisser leur revenu. La « pauvreté » des salariés exécutants dépend donc de la richesse des supérieurs et réciproquement.

On peut réaliser la même démonstration sur le prix d’achat des matières premières (les agriculteurs pourraient être mieux payés) et sur le prix de vente au client (le client paierait moins cher – donc serait moins pauvre- si le patron se payait moins). Il y a clairement un lien, INDISCUTABLE, entre la richesse des uns et la misère des autres.

Poursuivons sur notre exemple afin de voir comment l’argent est ensuite utilisé. Car c’est bien beau d’avoir des liasses de billets, encore faut-il qu’elles puissent acheter quelque chose, sans quoi l’argent ne vaut rien. Le riche est riche car il peut acheter PLEINS DE CHOSES ET DE SERVICES avec son argent. Pourquoi le peut-il ? Car il y a en face des humains qui sont prêts à lui vendre ces biens et ces services contre de l’argent. Pourquoi ? Car ces humains ont besoin d’argent. Pourquoi ? Car sans cet argent, eux même ne peuvent satisfaire leurs besoins. Pour que des riches existent, ça implique donc que certains aient besoin d’argent donc (soient obligés) de travailler contre revenu. Cette citation d’Arthur Young, en 1771, le résume très bien : « …il faut être idiot pour ne pas comprendre que les classes populaires doivent être maintenues dans la pauvreté, sans quoi elles ne seront jamais laborieuses ».

Il est donc totalement absurde d’imaginer que tout le monde peut être riche et qu’il suffit de travailler dur, de le mériter, ou d’y croire très fort, puisque la richesse dépend exclusivement du service des autres. Si tous les humains se retrouvent avec 10000 euros par mois, même si le chiffre est impressionnant, plus personne n’est riche (j’oublie les écarts de patrimoine volontairement, pour simplifier).

Nous pourrions encore étudier d’autres mécanismes, comme l’épargne. Car soit disant, épargner constitue également un gage de mérite. Concernant cette dernière, j’aime à rappeler qu’encore faut-il avoir suffisamment pour épargner, donc que ce n’est pas donné à tout le monde. Et, épargner c’est chercher en permanence à réaliser des économies, ce qui serait éventuellement valeureux si le but était de ne pas consommer pour préserver les écosystèmes, mais ne se passe pas vraiment comme ça dans le monde impitoyable de l’économie. Chercher à faire des économies se traduit par acheter au moins cher possible donc en revient tout simplement à payer les autres le moins possible donc à rendre les autres les plus pauvres possible. Ce qui en soit est une double arnaque, car on profite de l’argent économisé sur leur dos une première fois pour ensuite prendre le pouvoir de les faire travailler pour un chantage à l’argent. En soit, économiser est un acte dégueulasse.

Nous pourrions aussi débattre du « travail » (qu’il faudrait soit disant faire plus pour gagner plus) et de ses conséquences désastreuses sur le vivant (transports motorisés, ordinateurs, junk-food super emballée avalée entre midi et deux…).

La honte des goinfres

Contrairement à ce qu’affiche le pion des Rothschild, il y a une honte à être riche. Osons le dire. Il y a une honte à se mettre au dessus des autres, il y a une honte à vivre dans le luxe en pillant la Planète pour voitures, résidences secondaires etc etc. Tout ce qui est pris par l’un n’est plus disponible pour les autres (ni humains, ni animaux, ni plantes), tout simplement. C’est donc une honte. C’est une honte d’être trop gourmand quand tout le monde naturel n’est que sagesse de la nécessité : je prends uniquement ce dont j’ai besoin.

Il faudra donc s’en prendre à la richesse et la logique de tous les accaparements, qui commencent bien plus bas qu’on le dit trop souvent (en faisant l’erreur de focaliser uniquement sur les milliardaires -le fameux « 1 % »- et jamais, par exemple, sur certains retraités, propriétaires de foncier, touchant 4000 euros par mois pour un couple). Il faudra se battre pour que chacun ait le droit à vivre, c’est à dire une terre et un toit, pour commencer. Et très probablement, il faudra sortir de l’économie, qui ne pourra jamais être ni sociale ni solidaire, puisqu’elle est la guerre des individus entre eux.

A bas l’État, à bas les classes, à bas la civilisation, vive les humains libres au sein du monde naturel.

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