Farion traite les Hongrois de Transcarpatie de « débiles » et veut les déporter en Hongrie…

C’est un appel à l’épuration ethnique ce genre de propos. À rajouter, la reconnaissance d’une église ukrainienne indépendante par Constantinople, l’Église russe prédit le début de «quelque chose de terrible» en Ukraine.. Partagez ! Volti.

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Christelle Néant pour DoniPress

Pas une semaine ne passe depuis le Maïdan, sans que des politiciens ou officiels ukrainiens ne déversent leur haine contre les minorités que contient leur pays. La dernière sortie ignoble en date nous est offerte par la nationaliste ukrainienne, et ex-députée de la Verkhovna Rada, Irina Farion.

Cette dernière a traité les représentants de la minorité hongroise vivant en Transcarpatie de « débiles » qui n’ont pas leur place en Ukraine. Elle l’a déclaré lors d’un forum « Pour la langue ukrainienne ».

Selon elle, le délai de sept ans prévu par la loi sur la langue d’enseignement pour le passage à la langue ukrainienne dans les écoles des minorités nationales est trop long.« Écoutez, quand vous envoyez un chien pour le dresser, il faut un mois pour que ce chien rentre à la maison en exécutant normalement les ordres : « Assis », « Debout », « Coucher ». Et il leur faut sept ans pour apprendre la langue de Stepan Bandera, la langue de Taras Chevtchenko, la langue de Lina Kostenko. Alors, avons-nous besoin de tant de débiles en Ukraine ?
Qu’ils prennent le passeport que les Hongrois leur ont donné et envoyons-les en Hongrie.
Qu’est-ce qu’il y a, pourquoi devrais-je les nourrir ici, pourquoi devrais-je donner de l’argent à cette école en langue hongroise, en langue roumaine, en langue de Moscou [russe NDLR] et, désolée, en langue polonaise ? » – a déclaré Farion.

Il serait bon de rappeler à madame Farion, que l’Ukraine a été bâtie par les Soviétiques en agrégeant des régions venant de pays différents, et que les habitants russes, roumains, polonais ou hongrois qui se trouvaient là quand les frontières ont été redessinées n’ont rien demandé à personne, et surtout pas de faire partie d’un pays qui adule comme un héros un collaborateur de Nazis (Stepan Bandera), et exige d’eux de renoncer à leur langue, leur culture et leurs traditions.

La Transcarpatie appartenait à la Hongrie quand l’Ukraine n’existait même pas encore en tant qu’idée de pays !

De plus, proposer d’envoyer tous ces gens en Hongrie, alors qu’ils sont nés et vivent en Ukraine, n’est ni plus ni moins qu’un appel au nettoyage ethnique. Il serait bon d’entendre l’OSCE, l’UE, Amnesty International ou HRW rappeler à cette dame, que ceci est un crime contre l’humanité (la déportation ou le transfert forcé de population font partie des crimes contre l’humanité).

L’Ukraine est un état artificiel bâti de toutes pièces par l’URSS à partir de morceaux d’autres pays. Comme d’autres États multiethniques ou comportant des communautés linguistiques différentes, l’Ukraine aurait dû faire le choix du multilinguisme officiel (comme la Suisse, la Belgique ou la plupart des républiques de la fédération de Russie). Cette solution aurait été la meilleure pour faire cohabiter pacifiquement les différentes ethnies du pays.

Au lieu de cela, Kiev s’arc-boute sur la langue ukrainienne, provoquant en 2014 l’éclatement du conflit dans le Donbass (qui a été déclenché par le retrait du statut de langue régionale à la langue russe), et en s’apprêtant à faire de même en Transcarpatie.

Répéter les mêmes erreurs sans fin n’aboutira toujours qu’aux mêmes conséquences : le séparatisme de ceux qui refusent de plier face au fascisme linguistique.

Ce ne sont pas ceux qui refusent d’apprendre une langue qui n’est pas la leur et qu’on cherche à leur imposer de force qui sont des débiles, ce sont ceux qui répètent sans cesse la même erreur et qui s’attendent à ce que les conséquences ne soient pas aussi désastreuses que la première fois qu’ils l’ont faite.

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent », disait Albert Einstein. Madame Farion ferait bien de méditer sur cette phrase.

Christelle Néant pour DoniPress

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