La résilience de l’économie finlandaise vient de son modèle éducatif….

Si les finlandais arrivent malgré la crise à faire face, il serait de bien de les prendre pour exemple. Au lieu de ça, notre système éducatif ne tient pas ses promesses et nous sommes bien mal placés par rapport à d’autres pays. Pourquoi ? Quel est l’intérêt pour la France, de ne pas assurer une bonne scolarité à tous nos jeunes, ce qui les emmènerait à voir l’avenir sous de bien meilleurs auspices, alors qu’ils sont pour la plupart sans espoir d’avenir ? Le choix des professeurs, le suivi des élèves en difficulté. Il semble que tout soit à revoir à ce niveau, pour donner leur chance à tous. En 2006 Jean-Paul Brighelli prof de lettre, sortait un livre  » La fabrique du crétin : La mort programmée de l’école  » **** un réquisitoire au vitriol sur notre système éducatif qui a été il y a des années, un des meilleurs. Gardons à l’esprit que cet essai a été écrit en 2006, nous sommes en 2017…. Volti

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Article publié sur le site Aphadolie.com

Tous les indicateurs laissent penser que l’économie finlandaise est en bonne santé. L’an dernier, la croissance du PIB a atteint 2,6 % dépassant confortablement celle de la France, ainsi que la moyenne des pays de l’OCDE. L’utilisation des capacités de production est au plus haut, ce qui explique que les investissements aient retrouvé leur meilleur niveau d’avant la crise financière de 2008. Les salaires augmentent également à un rythme soutenu. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que l’indice de confiance des ménages atteigne des sommets.

Une économie face à de nombreux défis…

Cela n’a pourtant pas toujours été le cas. Au cours de ces dernières années, la Finlande a subi de nombreux chocs. Le plus sévère est venu de la désintégration de l’Union soviétique avec qui le pays entretenait des liens commerciaux étroits compte tenu de son histoire. L’économie avait alors souffert d’une récession aussi longue que profonde qui avait propulsé le taux de chômage au-dessus des 20 %. Plus récemment, la Finlande a pris de plein fouet la déroute de son champion de la téléphonie mobile, l’emblématique Nokia, dont les ventes sont passées de plus de 51 milliards d’euros en 2007 à moins de 12 milliards d’euros en 2012.

Après ce terrible coup du sort, on pouvait se demander si ce pays de 5,5 millions d’habitants arriverait une nouvelle fois à s’en sortir. La réponse est désormais connue. Malgré les épreuves, l’économie finlandaise trouve toujours la force de se relever. D’où vient cette résilience ?

Pour permettre à un pays frappé par la crise de se redresser, les économistes recommandent habituellement une baisse du coût du travail et des mesures favorisant la flexibilité de l’emploi. Si ces remèdes peuvent donner des résultats, ce n’est pas la solution que la Finlande a choisie. De fait, le coût du travail figure toujours parmi les plus élevés au monde tandis que les salariés bénéficient d’une protection sociale incomparable.

… qui investit dans l’éducation

À vrai dire, la Finlande a fait le choix de miser sur l’éducation. La différence est que celle-ci n’a pas été conçue pour servir les élèves les plus brillants. Au contraire, elle a été pensée pour profiter à tous quel que soit leur niveau. Pour cela, l’État a dû employer les grands moyens. Les professeurs des écoles ont été mieux sélectionnés et, bien entendu, mieux formés. Des carrières plus attractives leur ont été proposées afin d’attirer les meilleurs jeunes diplômés vers l’enseignement.

Le coût par élève a aussi nettement progressé. À titre de comparaison, il est à présent supérieur de moitié à ce que la France dépense pour chaque collégien. Mais surtout, il a fallu reconnaître que chaque élève a des besoins différents. Tous n’apprennent pas à la même vitesse. Ni de la même manière. Le rôle de l’enseignant s’est ainsi profondément transformé. Il ne consiste plus à délivrer un programme uniforme.

L’enjeu est désormais de s’adapter à chaque élève afin de l’aider à développer son potentiel. L’utilisation extensive des technologies aide beaucoup en ce sens. Les élèves moins doués reçoivent un soutien proportionnel aux difficultés qu’ils rencontrent. Pas question de s’en débarrasser et de faire d’eux des parias en les orientant vers des voies de garage. Et encore moins de les faire passer de classe sachant qu’ils n’ont pas le niveau. Les objectifs d’apprentissage doivent être atteints par tous, si possible, et par le plus grand nombre, en pratique.

Un modèle qui a fait ses preuves

Il fait croire que le modèle a fait ses preuves. Les jeunes finlandais obtiennent d’excellents résultats dans les évaluations internationales. Dans les tests PISA, la Finlande se classe régulièrement dans le peloton de tête. Le secret de cette performance vient du fait que les élèves les moins bons décrochent de très bonnes notes alors que le classement de la France est tiré vers le bas par ses élèves les moins performants.

L’acquisition des bases du raisonnement et du langage, mais aussi de l’autonomie dans leur apprentissage, permet aux jeunes finlandais de poursuivre avec succès des études supérieures. Le taux de réussite à l’université tranche avec le taux d’échec qui caractérise le premier cycle universitaire en France. Il est vrai que l’objectif dans le premier cas est de former, souvent sans trop se soucier de fournir des évaluations formelles, alors que dans le deuxième, il est avant tout de sélectionner dans la mesure où le système éducatif français conduit à une forte hétérogénéité au niveau des jeunes bacheliers.

Apprendre tout au long de la vie

Au final, l’économie dispose d’une base plus large de travailleurs bien formés qui gardent par-dessus tout l’envie de continuer d’apprendre tout au long de leur vie professionnelle. Car le système éducatif ne les a pas conditionnés à penser qu’ils étaient déjà les meilleurs ou dégoûtés en leur faisant croire qu’ils n’arriveraient à rien.

Or la capacité de continuer d’apprendre est devenue un atout fondamental dans un monde où les changements se succèdent à un rythme effréné. Le World Economic Forum place d’ailleurs la Finlande au deuxième rang sur son échelle du développement humain en raison de la qualité de la formation initiale mais aussi du fait que les Finlandais continuent de renforcer significativement leurs compétences une fois qu’ils ont rejoint le marché du travail.

Ces résultats ont une traduction concrète sur le plan économique. D’une part, la Finlande a montré une capacité à surmonter des chocs particulièrement rudes sans avoir à dépendre de la dépense publique qui reste contenue. D’autre part, l’économie a été en mesure de s’adapter à des évolutions de fond comme la digitalisation croissante de quasiment toutes les activités. Elle devrait ainsi en bénéficier de façon disproportionnée dans les années à venir.

Que faut-il de plus pour être convaincu par les bienfaits de ce modèle éducatif ? D’autant plus que, et ce n’est pas la moindre des choses, la Finlande arrive aussi en tête des pays où les gens se disent les plus satisfaits de leur situation.

Source : Aphadolie via :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_éducatif_en_Finlande

https://theconversation.com/la-resilience-de-leconomie-finlandaise-vient-de-son-modele-educatif-98064

https://www.challenges.fr/monde/europe/l-ecole-finlandaise-un-modele-d-education-dont-pourrait-s-inspirer-la-france_442246

**** note Volti:  Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu’on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d’années ce qui fut l’un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. Faut-il incriminer les politiques, les profs, les parents, les syndicats, les programmes ? En tout cas, la Nouvelle Pédagogie a fait ses «preuves» : l’école a cessé d’être le moteur d’un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent. Dès lors, que faire ? Voir les diverses réponses à ce constat sur sens-critique.com

Voir aussi:

 

 

12 commentaires

  • GROS

    Vive l’herbe verte du pré d’à côté.

    • Natacha Natacha

      Bonjour gros caillou.
      Il arrive que l’herbe du pré voisin soit plus verte parce qu’on y laisse pousser des fleurs de couleurs variées.

    • predateur

      les fleurs en finlande c est trois mois par an , avec un taux de suicide le plus haut d europe ou presque …..c est sur qu il est plus facile de gérer une population de 5,5 millions de gus sous antidépresseurs que 65 millions de moutons de bergeries envieux de tout ce qui se passe ailleurs ……
      l école française s est fait harakiri quand les parents d éléves se sont invités dans les écoles , pour donner les directives aux enseignants ,pas de devoir ,plus école le samedi ,le mercredi pour que les instits fassent du baby sitting
      quand les lycéens ont descendu dans les rues , quand le » tu » as remplacé le » vous « ….
      le non respect des parents fassent aux enseignants à pousser les enfants à suivre la manoeuvre ,alors pour une base d un bon enseignement c est mal barré ……un peu comme ici le non respect du chef d état par les moutons https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

  • Natacha Natacha

    Bonjour,
    Ca laisse rêveur …
    Bon, ils sont peu nombreux.
    Mais ils ont compris que chaque enfant est important par delà les mots.
    Respect du rythme, de l’originalité singulière, des capacités et de la nécessité de s’adapter au mode de fonctionnement de l’enfant pour l’adapter au monde de manière autonome.
    En France, il y a un problème d’adaptabilité des enseignants, un cadre qui refuse des outils qui ont pourtant fait leurs preuves.
    Pourquoi ce dogmatisme ?
    L’égalité des chances dans un enseignement décalé de la réalité de la personne, ne prenant pas en compte la spécificité de chacun, favorisant la matière enseignée, plutôt que la pédagogie et l’art d’apprendre ?
    Il paraît qu’il n’y a pas de mauvais élèves mais seulement de mauvais professeurs.
    L’Edcation Nationale ( mal nommée) ne rend pas nos enfants curieux et heureux d’apprendre, responsables, avec des professeurs mal formés ou n’ayant pas la vocation de transmettre.
    Ne faut-il pas comprendre pour enseigner ?

    • Billou223

      Pourquoi ce dogmatisme ? Parce que les institutions administratives sont soit successivement occupées par des vieux croulants conservateurs, soient des libéraux adeptes de restrictions budgétaires, réformes pour la forme, avec en prime, une pensée magique que les marchés régleront magiquement tous les problèmes.

      La vérité c’est que le pays n’a rien d’autre que ses cerveaux et que ces derniers se tirent ailleurs ou l’herbe est plus verte car évoluer professionnellement ailleurs y est plus enthousiasmant et payant, et que ceux en situation d’échec, y compris des hauts potentiels (qu’on appelait auparavant surdoués), qui pourraient être des atouts, sont laissés tels quels, au même titre que les autres, parce qu’ici on ne sait faire que du traitement de masse visant à former des élites, pas du cas par cas, et que toutes les réformes (dont la dernière de parcours sup) vont dans ce sens.

      • Natacha Natacha

        Hélas oui !
        Mais on ne désespère jamais quand on est parent. Une famille nombreuse avec des cas très différents, encouragés dans leur autonomisation par la mise en valeur de leurs qualités particulières est une aventure quotidienne et je crois que c’est ainsi nous pouvons leur permettre de rendre le monde meilleur. Conscients.

  • kalon kalon

    Un truc assez bizarre est que les salaires n’augmentent pas alors qu’il y a pénurie d’emploi dans beaucoup de secteurs !
    L’équilibre entre l’offre et la demande n’existerait’ il pas dans une économie « pseudo » libérale ? https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

  • mianne

    En Finlande, il est plus facile d’enseigner à des enfants qui ont tous les mêmes références culturelles que l’enseignant et le message passe bien . En France l’enseignant a toujours, assemblés devant lui, des jeunes de cinq ou six cultures différentes qui parfois ont peu de liens entre elles et qu’il ne connait pas toujours très bien. Presque toujours, ce qu’il croit évident est compris différemment par ses élèves ou pas compris du tout, ce qui nécessite un retour sur les références qu’ils n’ont pas , du temps perdu, et le programme non terminé .

    Pour couronner le tout, par économie financière, afin de supprimer des postes d’enseignants, le nombre d’heures d’enseignement en français et en langues étrangères a été divisé par deux en trente ans. En collège, l’orthographe et la grammaire ne font plus l’objet de cours dédiés, C »est, d’ailleurs, interdit aux enseignants par l’inspection sous prétexte que cela risquerait de lasser les élèves !!! L’orthographe et la grammaire ne sont plus étudiés systématiquement , simplement effleurés au passage, quand on rencontre un point « intéressant », au fil d’un texte choisi par l’enseignant dans le manuel . L’année suivante, l’enseignant qui reçoit dans sa classe des élèves issus de classes différentes a devant lui des jeunes qui n’ont pas tous étudié les mêmes textes , donc pas « effleuré » les mêmes points d’orthographe et de grammaire, et qui ont tous des lacunes différentes, donc besoin de rattrapages différents . Impossible, avec le peu d’heures de français, d’établir une remédiation efficace pour tous .
    Il ne faudrait pas oublier non plus que les innombrables projets interdisciplinaires imposés aux enseignants depuis une quinzaine d’années , sont pris sur les heures d’enseignement de base, déjà bien diminuées .
    Le résultat est la faiblesse de nos jeunes en orthographe et grammaire françaises et une extrême pauvreté au niveau de l’expression .
    Pourquoi les électeurs n’exigent-ils pas du ministère un retour aux programmes stables et systématiques d’orthographe/grammaire françaises ainsi qu’ au nombre d’ heures d’enseignement d’avant 1980 ? Jusque-là, nos jeunes avaient toujours eu un excellent niveau, savaient parfaitement exprimer leurs pensées, conscients qu’ une pensée non exprimée est une pensée morte . Il y avait un foisonnement d’idées, une réflexion, un esprit critique en éveil, au lieu de ce désert du prêt-à-penser actuel . Les écrivains en vue n’avaient besoin d’aucune aide restée dans l’ombre .

    On dirait en France que l’élite du fric part du principe qu’une foule ignorante est plus facile à berner, manipuler, bref à gouverner et fait tout, depuis trois décennies, pour démolir l’enseignement public .
    En fait, l’enseignement actuel en Finlande se fait dans les mêmes conditions que le nôtre il y a trente ou quarante ans . Même si NOKIA est finlandaise, l’ère du smartphone n’a pas entamé la résilience d’une jeunesse finlandaise INSTRUITE .

  • gneu

    Oui. Il y a sûrement de nombreux enseignants qui aimeraient pratiquer à la finlandaise.
    Mais lorsqu’ils ont à gérer une classe de de troisième avec 36 gamins de 17h à 18h après 2h de sport, c’est mort.
    Les professeurs sont les premiers à désirer innover pour retrouver des conditions décentes et sereines d’enseignement. Mais tant que l’institution ne suit pas avec les moyens nécessaires, voire met les bâtons dans les roues, normal qu’à la longue il y ait comme un sentiment de découragement.
    Les seuls établissements qui ont encore de bons résultats sont :
    – les lycées de centre ville des grandes villes (souvent universitaires) avec un public trié (par le jeu des options rares)
    – les établissements en milieu très rural avec un public homogène.
    Je rejoins mianne pour le reste : la multiculturalité, ça a peut-être du bon, mais lorsque c’est trop brassé, trop chargé et que c’est pratiqué à un âge sensible (ici l’adolescence), cela devient un cocktail explosif.

  • Rik22

    Il y a quelques années, j’avais assisté à une conférence sur l’école finlandaise : petits effectifs, soutiens avec plusieurs profs pour les élèves en difficulté, savoirs ludiques, …
    A la fin, je n’avais posé qu’une seule question : « quels sont les problèmes actuels que vous rencontrez ? »
    Réponse : « Nous sommes aujourd’hui confrontés à une population qui ne parle pas le finlandais à la maison ».
    En clair, ils découvraient nos problèmes, ce qui signifiait que notre enseignement n’était peut-être pas si mauvais dans le fond.