ARMEMENT : Notre industrie de défense est en grand danger ! …

Grande braderie ?

Notre industrie de défense rencontre des difficultés majeures. La France est en train de perdre un secteur d’excellence.

Les échos contrastés à propos de la proposition française pour la vente d’une trentaine d’avions de combat à la Belgique, dans le cadre du remplacement de ses vieux F-16, s’inscrivent-ils dans la longue série d’errements qui a caractérisé l’industrie de défense européenne ?

Ce sujet brûlant, alors que la relance de l’Europe de la défense semble une priorité, place les acteurs face à un choix de vérité. Car, au-delà des déclarations, il s’agit bien, ou non, de savoir si l’Europe veut se doter d’une autonomie stratégique réelle en cessant de fragiliser sciemment sa base industrielle et technologique de défense. A cet égard, on imagine mal que la Belgique, siège des institutions européennes, puisse préférer suivre la voie dessinée par le président américain plutôt que celle esquissée par le président français…

Au-delà de cette question d’aujourd’hui, il faut prendre acte des difficultés majeures que rencontre notre industrie de défense, que les quelques succès export comme les sous-marins Scorpène en Australie ou les blindés du programme Scorpion en Belgique ne sauraient cacher.

Le français Nexter « absorbé » par l’allemand KMW

Dans le domaine terrestre d’abord. Le rapprochement entre Nexter et KMW , vendu comme la première brique industrielle d’une Europe de la défense, est en fait une absorption du premier par le second. Cette fusion, qui fait éclater la cohérence de la filière française, est délétère pour Nexter, maintenant sous la coupe de la famille Bode-Wegmann, possesseur de KMW, mais aussi pour Renault Trucks Défense (RTD), qui, abandonné par son partenaire historique Nexter, cherche une nouvelle dynamique.

Volvo, à qui appartient RTD, a désespérément cherché à revendre l’industriel français avant de se dédire, faute d’offres. Si jamais RTD venait à être vendu sans que la France ne s’assure de sa pérennité industrielle, cela consacrerait la fin pure et simple de l’indépendance française dans le terrestre.

STX repris par un concurrent de DCNS

Dans le domaine naval ensuite. Si l’industrie navale se porte mieux, dissuasion oblige, elle est fragilisée par la vente programmée de STX à Fincantieri. Auparavant détenu par une entité sud-coréenne, STX passe maintenant sous le contrôle du principal concurrent européen de DCNS, alors même que les chantiers navals de STX sont indispensables pour la construction et l’entretien des plus grosses unités de la Marine nationale.

La volonté française de créer un « Airbus naval » (sic) se heurte à la cohérence de la filière navale italienne avec Fincantieri, qui semble peu intéressé par cette perspective.

Moins de Français chez Airbus

Dans le domaine aérien enfin. Airbus, symbole de la réussite européenne de l’industrie, est au coeur de la tourmente politico-industrielle. L’influence grandissante de l’Allemagne au sein du consortium déséquilibre une structure pourtant pensée initialement autour d’une stricte parité franco-allemande. Airbus, qui doit profondément se renouveler dans le militaire avec l’échec cuisant de l’Eurofighter et celui, plus limité de l’A400M, le fera donc avec moins de Français dans les fonctions stratégiques.

Au moment où les Etats-Unis font le forcing pour vendre le plus de F-35 possible en Europe, sous couvert d’interopérabilité avec les alliés de l’Otan et alors que l’armée de l’air allemande a fait état le 8 novembre de sa préférence pour cette option, il ne reste pratiquement plus d’options concurrentes crédibles, si ce n’est le Rafale de Dassault.

Au total, l’industrie de défense française est à un moment clef. Entre les rachats multiples et les dommages de la régulation budgétaire qui a connu un ultime avatar avec l’annulation de 850 millions d’euros sur l’exercice 2017, la France est en train de perdre un secteur d’excellence (retombées technologiques, plus de 200.000 emplois). Il est temps de comprendre que les programmes militaires se déploient sur le temps long et que la souveraineté des décennies à venir se joue maintenant.

Bruno ALOMAR est économiste.
Cédric PERRIN est sénateur Les Républicains,
vice-président de la commission des Affaires étrangères,
de la Défense et des Forces armées

Source ASAFRANCE (Association de Soutien à l’Armée Française)

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3 commentaires

  • Ce n’est pas un danger, c’est une trahison des déchets et autres ordures que vous appelez élites.

  • Tom France

    Voilà encore ce que nous coûte notre emprisonnement à l’ue/euro/otan/schengen! Tout est privatisé et/ou délocalise ailleurs ce qui fait que nous perdons pleins emplois et rentrés d’argent avec en prime, et c’est le plus alarmant, la perte totale de notre indépendance au profit d’une dépendance totale au grand marché euro-atlantiste!
    Mais bon chaque époque engendre sa caste de collabo qui trouvent l’ordre actuel parfait, un peu comme en 1940 sous l’occupation nazie!

    • Et oui. cela revient. Et bizarrement quand on en sortira, on sera des dizaines de millions, alors qu’actuellement nous ne sommes pas beaucoup, a peine quelques milliers en france. Comme en 45, ou les collabos changeaient de veste vitesse grand V