Nucléarisation de l’Europe et autres réflexions sur la guerre froide…

Au fil des nouvelles, nous sommes obligés de nous poser des questions. Le décryptage n’est pas facile mais, certaines actions nous orientent vers des réactions, que nous sommes loin de souhaiter. Et pourtant…

nucléaire

Il semble ne rien se passer de très saillant en ce moment, hors de l’horreur courante. Pourtant les chroniqueurs en géo-politique, par petites touches, les uns après les autres, induisent l’idée d’un conflit contre la Russie. En voici un autre..  Par ailleurs l’on voit parallèlement passer sur la toile des articles interrogeant sur la protection des populations en cas de… etc..  Mais peut-être est-ce l’ambiance « normale » d’une guerre froide ?

En tout cas, le Russiebashing ne connaît pas de pause dans les MMS,  et vu qu’ils sont totalement pilotés, il se pourrait bien que l’hypothèse ne soit pas absurde en tout cas du coté américain.(1) Les bases de l’OTAN se nucléarisent et les discours des généraux faucons ne laissent rien inaugurer de bon lorsque l’on sait qu’Hilary Clinton y est assez sensible. Les nouvelles économiques côté US ne sont pas celles que l’on essaye de faire croire pour ceux qui creusent la question,  pas plus que celles touchant à la suprématie du dollar. L’unité européenne n’est plus qu’un rêve (cf (2))

L’idée d’un « reset » mondial semble de moins en moins  inenvisageable pour les fous au pouvoir. Le fait que l’idée s’infiltre de plus en plus dans les médias n’est pas bon signe…

Qu’y pouvons-nous ? Être conscients et agir en masse, ensemble pour nous débarrasser de l’emprise de ces dangereux vampires. Le problème c’est le :  « sortir en masse ». Pour le moment les Nuits Debout ne sont qu’un appendice de la volonté de changement. Le lavage de cerveau atteint de tels niveaux dans les médias que ce n’est pas gagné.

Pacifistes où non, nous sommes coincés entre l’Ouest et l’Est. Nous n’éviterons probablement pas les conséquences sanitaires d’un conflit nucléaire,  mais au moins le retrait de la France de l’OTAN et l’affirmation de sa neutralité et de sa souveraineté nous protègerait d’attaques directes. Pour le moment le seul discours qui réponde à cela avec un programme établi, précis, qui ressort du tour que j’ai fait des partis politiques à la veille des présidentielles est l’UPR. (cliquez sur le sigle) Ce n’est pas la panacée, on reste dans le système mais avec une pédale de frein. Ce n’est peut-être pas la solution la pire en attendant une vraie révolution des peuples.  [ Je ne fais pas de pub, ceci est une indication. Dans la situation où nous sommes, il faut vraiment se renseigner]

Galadriel

OBAMA : Le discours de langue fourchue :

« La prolifération et l’utilisation potentielle d’armes nucléaires —écrit le président Obama dans la présentation du sommet— constituent la plus grande menace pour la sécurité mondiale. C’est pour cela, il y a sept ans à Prague, que j’ai pris l’engagement que les États-Unis cessent de diffuser des armes nucléaires ».

Bombes nucléaires pour l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, la Hollande et la Turquie

Cinq États non-nucléaires violent actuellement le Traité de non-prolifération en hébergeant des bombes atomiques états-uniennes. Ces armes devraient être prochainement modernisées, alors même que Washington vient d’organiser un sommet… contre les violations du Traité.

« Merci, président Obama. L’Italie poursuivra avec une grande détermination son engagement pour la sécurité nucléaire » : c’est ce qu’écrit sur twitter le Premier ministre Matteo Renzi, après avoir participé au sommet de Washington sur ce thème en avril.

« La prolifération et l’utilisation potentielle d’armes nucléaires —écrit le président Obama dans la présentation du sommet— constituent la plus grande menace pour la sécurité mondiale. C’est pour cela, il y a sept ans à Prague, que j’ai pris l’engagement que les États-Unis cessent de diffuser des armes nucléaires ».

Au moment justement où il déclare cela, la Fédération des scientifiques américains (Fas) fournit d’autres informations sur les B61-12, les nouvelles bombes nucléaires étasuniennes en phase de développement, destinées à remplacer les actuelles B61 installées par les USA en Italie, en Allemagne, en Belgique, en Hollande et en Turquie. Des tests sont en cours pour doter la B61-12 de capacité anti-bunker, c’est-à-dire celle de pénétrer dans le sous-sol, en explosant en profondeur pour détruire les centres de commandement et autres structures souterraines dans une première frappe nucléaire.

Pour l’utilisation de ces nouvelles bombes nucléaires à guidage de précision et puissance variable, l’Italie fournit non seulement les bases d’Aviano (Frioul) et de Ghedi-Torre (Brescia), mais aussi des pilotes qui sont entraînés à l’attaque nucléaire sous commandement US. Comme le démontre, écrit la Fas, la présence à Ghedi du 704th Munitions Support Squadron, une des quatre unités de la US Air Force déployées dans les quatre bases européennes « où les armes nucléaires états-uniennes sont destinées au lancement par des avions du pays hôte ».

Confirmé, toujours depuis les USA, par le Bulletin of Atomics Scientists (une des sources les plus sûres sur les armes nucléaires) qui, le 2 mars 2016, écrit :

« On a assigné aux forces aériennes italiennes (avec des avions Tornado PA-200) des missions d’attaque nucléaire avec des armes nucléaires états-uniennes, gardées sous contrôle par du personnel de la US Air Force jusqu’à ce que le président des États-Unis n’en autorise l’utilisation ».

De cette façon l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, la Hollande et la Turquie, officiellement pays non-nucléaires, se trouvent transformés en territoire de première ligne, et donc en cible potentielle, dans la confrontation nucléaire entre les USA/Otan et la Russie.

Confrontation qui deviendra encore plus dangereuse avec le déploiement en Europe des nouvelles bombes nucléaires états-uniennes, qui abaissent le seuil nucléaire : « Des armes nucléaires de ce type plus précises —avertissent divers experts interviewés par le New York Times— augmentent la tentation de les utiliser, et même de les utiliser les premiers ».

Face au péril croissant qui nous menace, non redouté par la plus grande majorité à cause du black-out politico-médiatique, il ne suffit pas de faire des appels génériques au désarmement nucléaire, terrain facile de démagogie.

Pensons seulement que le président Obama, après avoir lancé une potentialisation nucléaire de 1 000 milliards de dollars, déclare vouloir « réaliser la vision d’un monde sans armes nucléaires ».

Il faut dénoncer le fait que, en recevant et en se préparant à utiliser des armes nucléaires, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, la Hollande et la Turquie violent le Traité de non-prolifération des armes nucléaires, ratifié en 1975, qui stipule : « Chacun des États militairement non nucléaires s’engage à ne recevoir de quiconque des armes nucléaires, ni le contrôle sur de telles armes, directement ou indirectement » (Article 2). L’unique façon concrète que nous avons de contribuer à désamorcer l’escalade nucléaire et à réaliser l’élimination complète des armes nucléaires, est celle d’exiger que l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, la Hollande et la Turquie cessent de violer le Traité de non-prolifération et, sur la base de celui-ci, imposent aux États-Unis de retirer toute arme nucléaire de leur territoire national et de ne pas y installer les nouvelles bombes B61-12.

Y a-t-il quelqu’un aux Parlements qui soit disposé à le demander sans parler à demi-mot ?

Auteur Manlio Dinucci traduction Marie Ange Patrizio pour Il Manifesto (Italie) Publié par LesBrind’Herbe

(1)Le Pentagone se prépare aux élections présidentielles américaines. Pour cela il prépare une guerre avec la Russie

Les provocations incessantes du Pentagone, via Otan interposé, à l’égard de la Russie, redoublent de virulences ces temps-ci. C’est l’annonce du renforcement des moyens d’interventions proprement américains aux frontières de la Russie. C’est la demande que vient de réitérer Obama lors de son séjour en Allemagne pour que ses alliés de l’Otan fassent de même, en augmentant sensiblement les effectifs qu’ils déploient sur cette même frontière, et s’ils ne le font pas, leurs contributions au budget de l’Otan 1)

Mais ce sont  surtout les manœuvres de sous-marins et destroyers lance-missiles à la limite des eaux internationales de la Baltique qui doivent attirer l’attention. Manifestement, elles visent à provoquer non seulement des incidents graves mais des situations d’affrontement militaire avec Moscou. Le dernier de ces incidents graves fait l’objet de nombreux commentaires. Il est suffisamment connu pour que nous n’y revenions pas ici. Il s’agit de l’affaire dite de l’USS Cook. Celui-ci patrouillait délibérément à l’extrême limite des eaux territoriales russes. Il s’agissait manifestement de provocations obligeant Poutine soit à choisir de faire comme s’il ne remarquait rien – ce qui le déconsidérait définitivement aux yeux du monde– soit à commencer à réagir militairement. Cette réaction russe a été fort modeste, consistant en un survol de l’USS Donald Cook au plus près de sa passerelle par un SU 24 russe. Mais le Pentagone et le parti de la guerre aux Etats-Unis menacent d’abattre le chasseur russe en cas de récidive, sans vouloir un seul instant cesser leurs provocations navales. Manifestement, ils n’attendent qu’un nouveau survol en réaction de ces provocations répétées pour abattre un avion de combat – comme ceci avait été fait par l’allié turc précédemment. 2)

(1) http://www.europesolidaire.eu/thesaurus.php?t=22

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