L’aquaponie : une alternative à l’agriculture conventionnelle ?…

La démographie et la destruction des sols à cause des pratiques contestables de l’agriculture intensive, semblent remettre au gout du jour une pratique ancestrale, l’aquaponie. Présentation de cette alternative par Emmanuelle Bertrand, pour ConsoGlobe.

Img/© CC, Ryan Somm

Économies d’eau, pas de pesticides ni antibiotiques

Ce système astucieux permet aujourd’hui de réaliser de très importantes économies d’eau : jusqu’à 90 % par rapport à l’aquaculture et l’hydroponie pris séparément, mais également d’éviter les recours à des intrants chimiques et permettre ainsi une production plus naturelle, et même dans la plupart des cas, sans pesticides ni antibiotiques.

L’aquaponie, bien qu’elle en ait en général toutes les caractéristiques, ne peut toutefois bénéficier du label AB (Agriculture Biologique) car la production est réalisée
hors-sol.

Certains voient dans l’aquaponie une des solutions pour répondre à la demande alimentaire d’une population mondiale qui augmente fortement (9 milliards d’habitants en 2050) alors même que la surface agricole disponible tend à se réduire en raison, de façon logique, de cette même pression démographique mais également de l’appauvrissement des sols et du réchauffement climatique.

Un système vieux comme le monde

Si les avantages liés au mariage de l’aquaculture et de l’hydroponie ont permis à l’aquaponie d’émerger depuis les années 70 au Canada, aux États-Unis, en Australie, ou en Nouvelle-Zélande et de susciter un début d’intérêt en Europe, c’est en réalité une pratique ancienne dont on retrouve la trace en Chine, chez les Aztèques, et même chez les Égyptiens de l’Antiquité.

En Chine, mais aussi en Thaïlande, la « rizipisciculture » – c’est-à-dire l’élevage de poissons dans les rizières – peut être considérée comme une forme ancestrale d’aquaponie.

Les Aztèques, également, créaient des canaux à poissons et îles artificielles flottantes où ils cultivaient du maïs, des courges… Ils collectaient au fond des canaux les déchets des poissons et les utilisaient comme engrais.

Les pharaons d’Égypte quant à eux, faisaient également construire des jardins aquatiques intégrant des élevages de poissons…/…

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Merci à Emmanuelle Bertrand et à ConsoGlobe

 

Voir aussi:‘Le monde entre nos mains’ : le livre des initiatives pour le changer 

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16 commentaires

  • nicolas_d

    Pour une réelle alternative à l’agriculture conventionnelle, il faut une technologie passive (comme celle des anciens donc)
    Là, une agriculture qui fonctionne à l’électricité ne vaut pas mieux qu’une agriculture qui dépend du pétrole.
    Certes on a les intrants (chimique donc pollution) en moins et des économies d’eau. Mais une agriculture qui dépend du gros business (celui de l’énergie) ne résoudra rien.
    La permaculture est bien plus prometteuse ! (pas d’intrants et économies d’eau de la même manière, mais pas d’électricité non plus)

  • ciray

    Perso je suis pour la permacultutre le seul petit probleme est le terrain ,
    En trouver un n est pas aise surtout si on ne desire pas s exhiler au fin fond
    d un endroit isole . L avantage de l Aquaponie est qu on peut l installer a la
    peripherie d une ville ce qui fait que pour commercialiser sa production on
    aura moins besoin de deplacement a la limite les clients viendront .
    Il y aura dans quelques temps je vous l assure des friches commerciale ou
    industrielles qui feront tres bien l affaire et qui ne trouveront plus preneur .
    Ne soyons pas trop extremes , dans peu de temps nous aurons des pb d alimentation
    il va falloir aller tres vite , ce systeme est assez rapide a mettre en oeuvre et pas si couteux ,

    • nicolas_d

      Cuba, après le blocus, donc sans pétrole, a été « obligé » de développer la permaculture dans la périphérie des villes, et même en plein centre des villes. Et ça a très bien marché (sans parler de l’amélioration des rapports sociaux d’ailleurs…) Sans pétrole toujours, il n’aurait pas pu développer l’Aquaponie…
      On peut toujours mettre des légumes au milieu des fleures dans les parcs, ronds-points,…
      On peut mettre des fruitiers à la place des platanes ou autres
      L’Aquaponie est intéressante pour les jardins verticaux. Je n’ai rien contre, mais ça ne doit surtout pas être LE modèle unique de remplacement.

      • ciray

        J ai pas dit ca > Effectivement on ne doit jamais mettre tous les
        oeufs dans le mm panier .
        Par ailleurs Oui il y a besoin d une pompe en Aquaponie pour faire
        circuler l eau > Avec un ou deux capteur PV et une ou deux batteries
        le probleme n est pas insurmontable .
        Arretons de croire que tout va tomber a moins que Zero comme dans
        Mad Max .

      • nicolas_d

        Je m’imagine que l’électricité tient à peu de choses en fin de compte. Enlevez le nucléaire, le pétrole et le gaz, et puis… ? L’hydraulique, le solaire (comment fabrique-t-on un panneau solaire ?), vent, marées,… certes.
        Mais en volume ça va diminuer sévère. D’où le besoin d’économies d’énergie (surtout que les batteries ne sont pas non plus la panacée).
        Sans arriver à Mad Max, nous serons obligés de garder l’énergie pour ce qui est nécessaire. En agriculture, ce n’est pas nécessaire : la photosynthèse est bien plus efficace qu’un panneau photovoltaïque.

        Je vais nous mettre d’accord : un mixte entre permaculture et l’aquaponie là où la permaculture seule n’est pas possible. Pomper quelques litres d’eau une fois par semaine pour plusieurs dizaines de mètres carrés cultivés ça commence à devenir sympa.
        Encore mieux peut être, une île aquaponique où le substrat cultivé flotte et où l’eau remonte par capillarité (voir où les racines descendent directement dans l’eau). Si l’eau ne circule pas assez, on peut la faire circuler (avec une pompe donc) horizontalement, ce qui ne consomme presque rien.

      • Qu’à cela ne tienne, on peut toujours pomper avec un système de pédalier. Et voilà une bonne activité physique en prime. Sympa, non ?

      • nicolas_d

        On trouvera bien le moyen de faire pomper les poissons ;-)

      • ciray

        En fait il suffit de faire des jardins flottant comme ceux du Lac Inle
        en Birmanie ( Myanmar ) >

  • MOUTON GRAIN MOUTON GRAIN

    Si vous possédez 500M², optez pour une « aquaferme », parfaitement autonome en cas d’installation en site isolé (associé à un système mixte solaire/éolien)
    La ferme aquaponique

    Une autre ferme aquaponique en Floride qui fournit une AMAP, des particuliers ainsi que des restaurants.
    Visite d’une vraie ferme aquaponique + visite en vidéo

    M.G.

  • Une question bête à poser: et la terre ? Est-ce que ces plantes voient la terre ?

    • MOUTON GRAIN MOUTON GRAIN

      Salut Biquette ! En aquaponie, les plantes poussent dans un substrat comme des billes d’argile par exemple et les racines sont en contact direct avec l’eau qui vient les baigner par intermittence. C’est un système un peu complexe qui permet de vidanger puis remplir les bacs alternativement. Les plantes sont exclusivement nourries grâce aux déjections des poissons …

      Deux excellents sites sur l’aquaponie pour les plus curieux d’entre vous …
      Aquaponie pratique
      Aquaponie.net

      M.G.

  • Merci Mouton Grain pour ces précisions. Les légumes sont superbes, mais est-ce bien naturel de nourrir des plantes avec des déjections de poissons ? Qu’en est-il des qualités nutritionnelles ?
    Ce sont juste des questions, je ne connais pas ce système.

    • MOUTON GRAIN MOUTON GRAIN

      Biquette, les plantes de « mangent » pas directement les déjections de poissons, c’est en fait un processus complexe et naturel. Pour simplifier : les poissons mangent des vers et insectes, leurs déjections produisent de l’ammoniaque qui est transformé en nitrite puis en nitrates par des bactéries. Les nitrates sont alors assimilés par les plantes en plus d’autres nutriments contenus dans l’eau. Pour finir, l’eau ainsi nettoyée par les plantes retourne dans le bassin des poissons et la boucle est bouclée. C’est un peu ce qui ce passe dans la nature, dans les rivières, tout reste naturel tant que l’homme n’y ajoute aucun intrant supplémentaire …

      M.G.

      • engel

        Attention,
        Comme tout système « hors sol » et « hors milieu naturel », l’équilibre du système est bien,…. bien plus complexe qu’on veut bien l’avouer !!!
        …On se retrouve vite un empoisonnement du milieu.

        Sinon pour ceux qui manque de superficie, bien régulé, pourquoi pas.

    • nicolas_d

      Vos questions sont très pertinentes Biquette
      Comme vous a dit Mouton grain, les qualités nutritionnelles sont là…
      Cependant, la biodiversité (du sol notamment) n’y est pas.
      Et c’est là tout le problème.

      • ciray

        Il serait interressant de proceder a des controles de la qualite
        nutritionnelle des aliments de differentes origines .
        L Aquaponie a l enorme avantages d interdire tout produits
        chimiques, de consommer tres peu d eau uniquement par evaporation
        La qualite des legumes dependront de la qualite des aliments donnes
        aux poissons . Ici en Thaillande un elevage d insectes nourrit exclusivement
        aux vegetaux serait parfait comme aliments .