La maison autonome, ou comment vivre d’énergies renouvelables, d’amour et d’eau fraîche

La maison autonome de Patrick et Brigitte Baronnet, ‡ Moisdon-la-RiviËre en Loire-Atlantique Patrick, 63 ans, retraitÈ, ancien professeur d'EPS, ‡ mi-temps dans un lycÈe. Brigitte, 61 ans, harpiste, retraitÈe mais continue de faire quelques concerts. Karine, 28 ans, masseuse ‡ Hossegor Ils aiment ‡ dire qu'ils ont vÈcu pendant 17 ans avec leur quatre enfants avec le seul mi-temps de Patrick, professeur d'Èducation physique et sportive, soit un peu moins de 700 euros par mois. Depuis qu'ils sont ‡ la retraite et que leurs enfants ont quittÈ la maison, Patrick et Brigitte multiplient les confÈrences sur l'Ècologie un peu partout en France, ils ont Ègalement Ècrit plusieurs livres sur leur mode de vie, ce qui leur permet de vivre avec l'Èquivalent d'un Smic et demi. Mais ce couple qui prÙne les bonheurs simples trouve que c'est presque trop.Ils aiment dire qu’ils ont vÈcu pendant 17 ans avec leur quatre enfants avec le seul mi-temps de Patrick, professeur d’Èducation physique et sportive, soit un peu moins de 700 euros par mois. Depuis qu’ils sont ‡ la retraite et que leurs enfants ont quittÈ la maison, Patrick et Brigitte multiplient les confÈrences sur l’Ècologie un peu partout en France, ils ont Ègalement Ècrit plusieurs livres sur leur mode de vie, ce qui leur permet de vivre avec l’Èquivalent d’un Smic et demi. Mais ce couple qui prÙne les bonheurs simples trouve que c’est presque trop. Chercheurs en économie alternative, c’est ainsi que se définissent Patrick et Brigitte Baronnet. Installés en Loire-Atlantique, depuis plus de 30 ans, ce couple et leurs quatre enfants expérimentent un mode de vie autonome et solidaire. Dans lequel les consommations d’énergie sont divisées par quatre. Et les besoins en argent aussi. Rencontre avec des adeptes de la sobriété heureuse.

Patrick et Brigitte ont fêté leur « débranchement EDF ».

C’était il y a 20 ans. On parlait alors à peine de transition énergétique, encore moins d’arrêter la moindre sacrosainte centrale nucléaire. Installés en Loire-Atlantique, ils savouraient l’accomplissement d’un de leurs objectifs : être autonomes en électricité. Aujourd’hui, une éolienne de 18 m de hauteur et de 5 m d’envergure, couplée à des piles photovoltaïques d’une surface de 6 m², leur suffisent. L’ensemble fournit assez de courant pour une famille de six personnes (ils ont quatre enfants).

Autonomie énergétique

Cette autonomie n’est possible que parce qu’ils consomment 10 fois moins d’électricité que la moyenne des Français ! Comment ont-ils réalisé cet exploit sans revenir à l’âge des cavernes ? Très simplement : le chauffage de l’eau est assuré par les rayons du soleil et celui de la maison par un poêle de masse, qui ne coûte que 200 euros de bois par an. Patrick et Brigitte ont aussi décidé de se passer de réfrigérateur. « Six mois par an, il fait plus frais sur le bord de la fenêtre que dans le frigidaire », sourit Patrick…

 

Ils cueillent au quotidien de quoi se nourrir dans le vaste potager biologique qu’ils entretiennent depuis bientôt 40 ans.

« Alors que tout le monde montait à Paris, pour faire carrière, pour être à la mode ou dans l’espoir d’une société meilleure », Patrick et Brigitte décident d’aller à contrecourant et quittent la capitale. « L’idée, c’était de vivre en cohérence avec nos idées et l’environnement, raconte Patrick. Il ne fallait donc pas dépenser plus que ce que pouvait nous fournir la planète. Et donc revoir totalement notre mode de vie. A l’époque, on nous prenait pour de doux rêveurs. » Il commence par enseigner à mi-temps dans une ville dont il n’avait jamais entendu parler : Châteaubriant, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Rennes. « Nous avons décidé de diminuer nos salaires pour ne pas participer à la croissance, synonyme pour nous de destruction de l’environnement. Il ne peut y avoir d’écologie avec deux salaires. Le salaire est forcément lié à la production et donc à l’atteinte à l’environnement. »Radical. Mais comment vit-on à six avec un demi-salaire d’enseignant?

 

Libérés de toutes créances

« Nous sommes pourvoyeurs de nos besoins, répond Patrick. L’argent couvre un quart de nos besoins. Le reste, nous le tenons de nos bras, de nos mains et de nos neurones déconditionnés. » Premier poste d’économie : le logement. La maison a été entièrement retapée par ses propriétaires. Qui n’y connaissaient rien mais ont tout appris. « Il ne faut pas craindre l’apparente complexité des techniques, quelles qu’elles soient, estime Patrick. Il faut revenir à des techniques simples, pas chères, réparables. Le chauffe-eau solaire que j’ai fabriqué il y a 35 ans fonctionne toujours ! »

Patrick n’était pourtant pas chauffagiste. « J’ai observé et je me suis lancé : tous les soirs, je prenais ma douche, chaude, grâce à un tuyau jaune de plastique qui restait au soleil toute la journée. Je me suis dit, je vais remplacer ce tuyau par un serpentin noir mat, je vais l’insérer dans une sphère plate, et je vais faire serpenter un tuyau de cuivre à l’intérieur et le relier à un ballon de 200 litres. Ce n’est pas sorcier. »

Seule contrainte : disposer de temps. « Soit on emprunte beaucoup d’argent et on travaille pour rembourser. Soit on devient auto-constructeur, et on est totalement responsable de sa maison. Nous n’avons pas toutes les garanties et assurances qu’offre un professionnel. Cela dit, quand on fait soi-même, pour soi-même, en général, on s’applique. Faire soi-même permet de minimiser les emprunts, et de ne pas être obligé de travailler à temps plein. » La plus récente construction en paille, bâtie à côté de la maison autonome, a coûté moins de 25 000 euros, pour 70 m² habitables !

 

De quoi rendre dépressif un promoteur immobilier. « Elle est conçue comme un capteur solaire. Le soleil, en passant à travers les vitres, chauffe les « briques de terre compactées » qui accumulent les calories. La paille très isolante, à l’extérieur, prévient du froid, les murs et le plancher rayonnent à l’intérieur en chauffant la maison. »

Autonomie en eau

« Nous n’avons jamais payé l’eau, ajoute Patrick. Nous récupérons celle qui tombe du ciel, gratuitement. Elle est stockée dans des cuves souterraines et remonte dans un puits grâce à une éolienne de pompage. Nous la filtrons ensuite pour pouvoir la boire. Elle est de bien meilleure qualité que l’eau du réseau. » N’en déplaise à Veolia ou Suez environnement. Si l’on en croit les travaux de Joseph Orszàgh, chercheur belge, sur l’eau de pluie, celle-ci est bien plus légère en produits phytosanitaires que l’eau du réseau. Et elle ne contient pas de chlore. Chez la famille Baronnet, divers systèmes, tels que la pédale en remplacement du robinet pour se laver les mains et/ou les dents, permettent de réaliser d’importantes économies.

Exit aussi la chasse d’eau. « Nous avons installé des toilettes sèches, qui nous permettent d’avoir un excellent compost pour notre jardin », avance Patrick.

 

Résultat : la famille assure consommer cinq fois moins d’eau que la moyenne des Français. Les eaux grises – issues de la vaisselle, des lessives et des douches – sont épurées par un filtre naturel : une série de bacs où poussent des plantes que l’on retrouve traditionnellement dans les zones humides et qui permettent de nettoyer l’eau. Cette alternative aux fosses sceptiques et aux mini-stations d’épuration, très chères en zone rurale, est peu onéreuse à l’installation (moins de 1000 € contre plusieurs milliers d’euros pour les systèmes classiques). Les analyses réalisées en sortie de système assurent d’une eau très bien épurée.

 

 

Source et fin sur Autonomie-nature-survie.com

 

11 commentaires

  • suzanna

    Une famille totalement radicalisée, bientôt sous les verrous, Valls s’en occupera personnellement.

  • Emy Emy

    avec la 3éme guerre mondiale qui si on croit tout le monde tout le temps n’est plus très loin et ça de plus en plus.
    Mais si chaque fois j’y crois ça a l’air tellement vrai quand ils le disent.
    on va finir par faire comme cette famille planter des légumes radioactifs qu’on consommera bio et on n’aura pas besoin de payer edf
    parce que la nuit on se transformera en ver luisant.

    • verisheep

      Pas besoin de motivations comme la « 3éme guerre mondiale » pour décider de changer de mode de vie.
      il suffit de prendre acte de l’impasse imposée par notre schéma civilisationnel, et d’être suffisamment cohérent pour vouloir accorder ses actes avec ses convictions.

  • stone16bp stone16bp

    Bonsoir, ça laisse rêveur du rêve à la réalité. Bien, moi aussi , je saute le pas pour d’autres raisons plus terre à terre; bref , je vends ma maison 130 mètres carrés, 1650 m2 de terrain, jardin de 500 m2,nombreux arbres fruitiers , puits artésien alimentant la maison toute l’année, l’eau est conforme comme il dise à l’analyse, donc aucune consommation pour le gérant qui comptabilise quand même l’adduction d’eau usée pour 175 euros par ans, j’ai battu mon record cette année. Elle est situé sur le méridien de greenwitch du côté de HIERSAC 16290. Bonne exposition, plein de possibilité vers une relative autonomie , j’ai actuellement quatre poules, il y en a plein dans ce village avec tout commerces et services à 15 km d’ANGOULEME. Si, ca parle à un moutons moyennement enragés ?
    Salutations et courage à tous, je vous lis depuis très longtemps .
    Stone16 serviteur.

    • Graine de piaf Graine de piaf

      @ STONE Donne-moi très rapidement tes coordonnées par l’intermédiaire de Voltigeur si tu le peux, je pourrais être intéressée, mais fais vite, je dois donner une réponse à un achat qui ne me satisfait pas entièrement alors je fais traîner, mais il y a des limites à tout !

  • manguetsou

    Un bel exemple a suivre!

  • flavielamadonne

    tout ca c’est bien joli, mais ca demande une installation quasi de station spaciale le ur mode de vie! c’est tout juste si il trie par le caca atome par atome; et puis je suis pas inscrite depuis longtemps mais je suis le site depuis plus, et ya toujours des articles comme ca; les gens disent « ha genial je veux faire pareil », « je veux tout plaquer et bouffer des salades matin midi et soir les deux pieds dan sla crotte » tu parles! j’ai des amies qui aimerait bien mais qui peuvent point, et tout le monde est dans le meme cas, inutile de tirer la langue comme le loup de tex avery si personne ne fait de plus que de dire « ohh c’est beau comme un camion tout neuf, j’en veux aussi »

  • Chacun fait comme il peut. En appartement, c’est plus difficile. Mais en maison individuelle, installer des toilettes sèches, faire du compost, mettre au soleil un grand morceau de tuyau pour ensuite prendre une douche chaude (ou utiliser une douche solaire)… autant de petites mesures qu’on peut prendre.

    Côté jardin, il suffit de peu de surface, on a eu maints exemples ici. En pots, c’est plus difficile.
    Pour l’anecdote, j’avais planté un chou brocoli sur ma fenêtre. Il avait une si petite tête que je n’ai pas osé le sacrifier. Alors il me fait un joli bouquet de fleurettes jaunes ! Peut-être des graines ? J’attends de voir…

    L’hiver arrive maintenant, mais il va falloir penser aux semis…