Les membres du collectif Édunathon demandent l’annulation de l’accord entre Microsoft et l’Éducation

Notre gouvernement l’a fait dans un grand silence, il a vendu l’éducation nationale et l’ensemble de ses représentants à une entreprise privée, et pas des moindres, Microsoft! Cela implique que seule cette entreprise ne pourra s’occuper de l’informatique dans les établissements scolaires français. C’est la mise en place d’un monopole alors que le pays était censé lutter contre les monopoles, oui, mais seulement contre les monopoles nationaux, c’est ce qui s’appelle le TISA et qui fait partie du TAFTA

Bref, la France s’est encore applatie, sachant que Microsoft met en place outre-atlantique un nouveau système d’éducation basé sur la surveillance totale des élèves, mais qui également un programme réformé qui va plus rebuter et décourager les élèves que les aider, cela s’appelle le « common core », un programme tellement merveilleux que les enfants de la famille Gates étudient dans un établissement qui échappe à cette méthode pédagogique. Présenté comme une « véritable révolution, une merveille pleine d’avenir« , dnas la réalité, il en est tout autre

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Certains s’élèvent donc contre cette vente qui au final ne profitera en aucun cas à nos enfants déjà si malmenés par des programmes parfois plus que discutables:

Les membres du collectif Édunathon ont demandé le jeudi 28 janvier 2016 l’annulation de l’accord entre Microsoft et l’Éducation Nationale française.

Le 30 novembre 2015, Madame Najat Vallaud-Belkacem, Ministre française de l’Éducation Nationale a signé un accord avec Microsoft France d’un montant de 13 millions d’euros pour fournir « gratuitement » ses logiciels et ses services, notamment en ce qui concerne :

  • L’accompagnement et la formation des élèves et des enseignants ;
  • La mise à disposition de solutions pour une utilisation « intelligente, facile et optimale » des équipements mobiles ;
  • Des solutions de « cloud » ;
  • Une expérimentation pour l’apprentissage du code ;
  • Une aide aux acteurs français de l’e-éducation.

La contrepartie informelle de cette offre apparemment généreuse est que la majorité des acteurs de l’éducation va désormais commencer à devoir s’équiper en technologies Microsoft, soit parce qu’ils y auront été formés, soit parce qu’ils auront été incités à utiliser le cloud et les autres services de Microsoft. Autrement dit, Microsoft est prêt à vendre à perte – voire à fournir ses services gratuitement – pour expulser les nombreuses entreprises françaises et européennes du secteur et acquérir une position la plus monopolistique possible sur le marché français de l’éducation. À l’heure où le gouvernement se bat péniblement pour imposer le principe « d’autonomie informationnelle » dans la loi numérique portée par Madame Axelle Lemaire, Secrétaire d’État chargée du Numérique, la situation est pour le moins étonnante.

 

Ainsi, les nombreuses entreprises françaises qui proposent des services concurrents dans le domaine de la formation, du cloud, des logiciels bureautiques, etc. se retrouvent brutalement exclues de ces marchés en raison du dumping mis en place par le Ministère. C’est d’ailleurs ce qui est en train de se produire au sein de nombreuses directions d’achat du Ministère de l’Éducation qui revoient leurs catalogues pour privilégier désormais les produits Microsoft. Même économiquement, l’équation est négative puisque de nombreux budgets de l’éducation dépendent des collectivités territoriales et non du Ministère lui-même. La gratuité revendiquée par la Ministre n’est qu’une illusion.

 

Unanimement dénoncé par le secteur, le choix du Ministère de ne pas suivre les procédures des marchés publics est incompréhensible – et ce d’autant plus que Microsoft France est une société coutumière des redressements fiscaux – 52,5 millions en 2014 et déjà 16,4 millions en 2015. En acceptant qu’un géant international du numérique fournisse gratuitement les mêmes services que ses compétiteurs locaux, en refusant de considérer qu’il s’agit de marchés ayant une valeur, le Ministère dévalorise d’un coup les années de travail de nombreux entrepreneurs et met en danger l’emploi de l’intégralité de ce secteur stratégique pour le futur. Qu’il s’agisse des prestations de formation, des cours de code, du cloud ou des logiciels de bureautique, ces services et ces produits auraient dû faire l’objet d’une mise en concurrence par le Ministère.

 

En refusant de la faire, en acceptant d’honorer une pratique déloyale et en signant un accord industriellement dangereux avec Microsoft France, la Ministre, Madame Najat Vallaud Belkacem s’est placée dans l’illégalité au regard du Code des marchés publics. À défaut d’annuler cet accord, elle risque là une condamnation pour atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics (article 432-14 du Code Pénal), voire pour favoritisme (article 432-10 du Code Pénal).

 

C’est pour cette raison que les membres du collectif EduNathon ont choisi de porter l’affaire en justice.

 

 

Source et suite de l’article sur Linuxfr.org

Alors que dans la réalité, si réellement nos politiques souhaitaient aider nos enfants avec un meilleur système éducatif, il faudrait alors prioriser d’autres domaines, comme les conditions du corps enseignant comme en témoigne cette lettre ouverte:

TÉMOIGNAGE. Suite au suicide d’un de leurs collègues stagiaires, des enseignants du collège Hubertine Auclert de Toulouse ont écrit une « lettre ouverte » glaçante.

 

Mercredi 27 janvier, Vincent, jeune enseignant stagiaire en mathématiques, décide de mettre fin à ses jours. Choquée, l’équipe pédagogique réagit aujourd’hui aux différentes réactions lues et entendues, notamment celle du secrétaire général adjoint de l’académie, niant les conditions de travail auxquelles les professeurs doivent faire face au quotidien.

 

 

Lettre ouverte

 

Notre jeune collègue de mathématiques a mis fin à ses jours mercredi 27 janvier 2016. Il avait 27 ans et commençait tout juste dans le métier. Vincent était professeur stagiaire en mathématiques, tout comme Anne-Marie, comme Alice en français, ou Ana et Georges en anglais. L’équipe enseignante avait pourtant demandé au Rectorat, en juin dernier, de ne plus affecter de stagiaires dans notre collège. Personne ne peut ignorer les conditions difficiles dans lesquelles nous exerçons notre métier: insultes, incivilités, coups portés sur les adultes, dégradations des locaux, déclenchements incessants de l’alarme incendie, violence dans la cour, en classe ou devant le collège, harcèlements conduisant certains élèves à des absences répétées voire à des départs de notre établissement. Il se tient dans le collège plus de 15 conseils de discipline par an, et tout autant ne sont pas tenus pour faire baisser les chiffres… Il faut regarder les choses en face.

 

En quatre ans nous avons obtenu la création d’un poste supplémentaire de CPE. Or depuis notre dernière audience au rectorat en 2014, la situation, déjà préoccupante à l’époque, s’est fortement aggravée. L’Équipe Mobile de Sécurité a fait acte de présence de temps à autre, en simple observateur dont nous n’avons jamais lu les conclusions. Rien de plus. Aucun label ZEP, REP, Eclair ou autre, qui permettrait d’alléger les effectifs en classe, d’apporter des réponses à la violence et aux difficultés des élèves. On nous dit que le label fait peur, qu’il risque de pousser certains élèves vers le privé, de faire disparaître pour de bon la mixité sociale. Dans les faits, de nombreux élèves de CM2 évitent notre collège et partent dans le privé. D’autres le quittent en cours d’année, excédés, effrayés par le comportement des camarades et l’absence, de la part de l’institution, de réponse rassurante et de nature proprement éducative. Les professeurs stagiaires, l’an dernier, ont démissionné: celui de mathématiques en décembre 2014 puis celle de français en janvier 2015. Personne ne s’en est ému.

 

En septembre dernier, ils étaient cinq stagiaires, emplis d’espoir et d’appréhension à la fois, mais la foi a vite cédé la place au désenchantement et à l’angoisse la plus profonde. La réalité du terrain est cruelle: confrontation permanente au bruit et à l’indiscipline, difficulté voire impossibilité de faire cours, furie des élèves dans les couloirs, dans la cour de récréation ou au réfectoire, violence verbale et physique à l’encontre des adultes ou des élèves eux-mêmes, mépris affiché de l’autorité. Les rapports s’amoncellent, symptôme de l’impasse dans laquelle l’institution se trouve. Au final, quelle solitude pour chacun lorsqu’il se retrouve seul dans sa salle de classe! Quelle absence de reconnaissance de la part de notre hiérarchie, nous renvoyant sans cesse à notre responsabilité individuelle, remettant en cause nos compétences, nous rappelant que nous sommes « des professionnels et non des personnes » alors même qu’on nous somme d’incarner « la bienveillance » en toute situation! On nous punit même comme des enfants! On nous interdit même, dans une telle situation, l’exercice de notre droit de retrait!

 

Le soutien apporté par le collège n’aura pas suffi à aider Vincent. Aujourd’hui nous crions notre colère et notre désespoir. Quelle réponse nous est faite? Le secrétaire général adjoint de l’académie, M. Jean-Jacques Vial, a témoigné dans la presse locale, il considère que lier ce suicide à nos conditions de travail relève d’un «raccourci un peu grossier». L’article qualifie le collège Hubertine Auclert (affublé d’une belle faute d’orthographe) d’«établissement pas connu pour être compliqué». Quel mépris pour notre métier et le travail accompli! Quelle méconnaissance de la situation de notre établissement, alors même que le Rectorat est en possession de l’état des lieux déplorable dressé en 2014! Par ailleurs on nous propose un soutien psychologique individuel, là où nous dénonçons un dysfonctionnement institutionnel.

 

Le jour de ses obsèques, nous avons appris que Vincent était malade: son dossier médical n’était pas un secret pour l’institution. En toute connaissance de cause, il n’aurait jamais dû être envoyé dans notre collège. Le métier d’enseignant requiert une solidité certaine. Mais à l’heure où il faut absolument mettre des adultes dans les classes, on fait peu de cas de la santé mentale de chacun. Professeurs stagiaires, contractuels ou titulaires sont placés çà et là, qu’ils connaissent, ou pas, la réalité du terrain, qu’ils soient préparés, ou pas, à vivre les situations les plus déstabilisantes, qu’ils aient les épaules, ou pas, pour esquiver les coups. Une fois la porte de la classe fermée, les souffrances sont étouffées: on nous demande coûte que coûte de garder tous les élèves en classe, y compris ceux qui nous insultent et qui empêchent le cours de se dérouler. Et même si les souffrances parviennent jusqu’en salle des professeurs, muselées, elles ne passent pas la porte de l’établissement. Les enseignants souffrent en silence. Nos ministres nous imposent sans cesse de nouvelles réformes, comme des réponses à tous les maux. Nos pratiques pédagogiques ne sont jamais les bonnes, nous sommes, dit-on, responsables de ce qui nous arrive…

 

En tout cas, nous nous sentons collectivement responsables du décès de notre collègue. Personne n’a su préserver son intégrité physique et morale; personne, surtout pas le grand appareil de l’État.

 

Combien de Vincent faudra-t-il pour qu’on entende enfin la douleur des enseignants?

 

Un collectif de professeurs du collège Hubertine Auclert de Toulouse, le 1er février 2016

 

 

Source: Politis.fr

 

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