La folle aventure de la Caisse des dépôts dans le Caucase…

La Caisse des Dépôts et Consignation qui gère l’épargne des Français, va investir dans des stations de ski, des hôtels luxueux dans le Caucase, avec la bénédiction de Sarko 1er roi de ce qu’il reste d’une France jadis prospère et enviée……. Amis moutons, préparons nous à subir encore plus de misère, à devenir les barons de La Bourse Plate. Les caisses de l’état sont vides pour les vieux; les malades, les pauvres, les affamés, les SDF, les travailleurs, les chômeurs, mais pas pour les dépenses somptuaires. L’épargne des Français sera utilisée pour de luxueux projets hors de nos frontières.. On marche à côté de nos pompes avec  la tête sous le bras.. Lisez l’enquête de Médiapart, toujours bien renseigné. Merci Tex!

Dans le nord du Caucase, l'une des zones du projet..

C’est un projet qui n’a pas profité de la publicité qu’il mérite : Nicolas Sarkozy a donné des instructions pour que la Caisse des dépôts et consignations, dont ce n’est pas la mission, soit l’un des deux principaux organisateurs, avec un partenaire russe, d’un projet pharaonique de plus de 11 milliards d’euros visant à la construction de dix stations de ski dans le Caucase du Nord, une région sous administration russe en proie à des troubles permanents, à l’arbitraire et à une corruption généralisée, organisée par des mafias locales.

Le projet défendu par l’Elysée est d’autant plus ahurissant que le principal protagoniste russe de l’opération est associé à une procédure judiciaire contre Total, qui a été émaillée de fraude.

Ce projet dans le Caucase, dont la presse française n’a que très peu parlé, fait l’objet de pourparlers depuis longtemps. Mais c’est à l’occasion de la candidature (qui s’est soldée par un échec) de la ville d’Annecy pour les Jeux olympiques d’hiver de 2018 que tout s’est accéléré : des contacts franco-russes se sont multipliés pour étudier un projet d’aménagement touristique immense. A l’époque, la France cherchait le plus grand nombre d’appuis, et Charles Beigbeder, qui était le président du Groupement d’intérêt public d’Annecy et qui est très proche du secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, a multiplié les avances en tous sens, dans l’espoir d’obtenir le plus de voix possible. Président de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et député (UMP) de la Savoie, Michel Bouvard, qui aime à se présenter comme le « porte-parole de la montagne », a appuyé le projet. Petit à petit, les choses ont commencé à prendre forme et l’idée a cheminé au sein même de la CDC, avant même que l’Elysée ne s’en mêle.

Puis tout s’est accéléré au début de l’année 2011. D’abord, Nicolas Sarkozy a confié (très discrètement) à Jean-Pierre Thomas, ancien député des Vosges et ex-trésorier du Parti républicain devenu associé-gérant de la banque Lazard, la mission de conduire une étude sur la création d’une zone économique commune entre l’Union européenne et la Russie, englobant notamment ce projet dans le Caucase du Nord. Et c’est Nicolas Sarkozy qui a donné le feu vert politique définitif au projet, le 26 mai dernier, à l’issue d’une rencontre avec le président russe Dmitri Medvedev, venu à Deauville pour participer au sommet du G20.

A l’époque, on ne peut pas dire que l’Elysée ait tout fait pour que l’on parle du projet. Dans la déclaration commune adoptée par les deux présidents (la voici sur le site de l’Elysée), il n’en est pas fait mention. Et il a fallu attendre le lendemain pour que la Caisse des dépôts et consignations publie un communiqué (il est là) levant (à peine) le voile sur l’opération.

Voici ce que l’on a alors appris : « Le Président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, et le Président de la Fédération de Russie, M. Dmitri Medvedev, ont décidé d’engager une coopération globale entre les deux pays sur le projet d’aménagement des stations de ski du Caucase du Nord. Cette décision a été annoncée dans une déclaration conjointe publiée hier, jeudi 26 mai 2011, à l’issue de leur rencontre à Deauville. Les deux Présidents ont ainsi décidé que ce grand projet ferait désormais l’objet d’un suivi dans le cadre du partenariat stratégique entre la France et la Fédération de Russie. En conséquence, la société OJSC Northern Caucasus Resorts, du côté russe, et la Caisse des Dépôts, du côté français, commencent à travailler ensemble dès ce jour. Nos équipes techniques, y compris EGIS, se retrouveront dans les tout prochains jours afin de parvenir, d’ici au Forum économique de Saint-Pétersbourg, à un accord global sur le cadre de cette coopération permettant ensuite d’engager sans tarder la phase opérationnelle du projet. »

Le plus grand projet touristique du monde

Le projet s’est alors précisé. Dénommée International caucasian developpement (ICD), une société commune est créée par la Caisse des dépôts et une société russe à capitaux publics, la Northern Caucasus Resorts (NCR) (ici son site Internet). Avec un capital de 10 millions d’euros, elle sera contrôlée à 49% par la CDC (qui apporte donc 4,9 millions d’euros) et à 51% par la société russe. Disposant d’un siège à Moscou, la joint-venture emploiera 25 personnes, dont la moitié de Français. Côté français, c’est Laurent Vigier, directeur des affaires européennes et internationales de la CDC et ancien conseiller de Jacques Chirac à l’Elysée – et l’un des « chouchous » de Bernadette – qui supervise l’affaire.De taille modeste, la société ne donne, à vrai dire, qu’une faible idée du projet qu’elle va porter. Car en fait, sa fonction sera seulement de piloter le projet : de le concevoir, puis ensuite de sélectionner les entreprises compétentes qui viendront investir et réaliser les travaux. Derrière cette société, qui sera donc l’opérateur, se dissimule un projet pharaonique.

Il s’agit de l’aménagement touristique le plus important à l’étude actuellement dans le monde. Dans un premier temps, il vise à construire cinq stations de sports d’hiver dans le nord du Caucase, dans les localités de Lagonaki, de Arkhyz, de Elbrus-Besengi, de Mamison et de Matlas.

Tout est à construire : les villages, les hôtels de luxe, les routes, les héliports. Un projet d’aménagement d’aéroport est aussi à l’étude. Près de 897 kilomètres de pistes skiables devront aussi être construites, comportant 179 systèmes de remonte-pente ou de remontées mécaniques (télésièges, téléphériques…). L’ensemble du projet porte sur des financements qui sont évalués aujourd’hui à plus de 11 milliards d’euros. Et le site internet de NCR précise bien qu’il ne s’agit-là que de la première étape. Certaines évaluations laissent entendre que le projet total pourrait porter sur une somme de près de 30 milliards d’euros.

Article de Laurent Mauduit

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