Karachi : le nom de Sarkozy cité dans une écoute téléphonique

Affaire Karachi youpi vive les débuts des révélations!

Dans une retranscription écrite d'une conversation téléphonique publiée par Le Monde, la fille de Thierry Gaubert raconte à un ami que «si Sarko ne passe pas en 2012, son père, Brice Hortefeux et Jean-François Copé sont dans la merde».

Dans une retranscription écrite d’une conversation téléphonique publiée par Le Monde, la fille de Thierry Gaubert raconte à un ami que «si Sarko ne passe pas en 2012, son père, Brice Hortefeux et Jean-François Copé sont dans la merde». | Archives AFP/Dominique Faget

Depuis quelques jours, l’enquête sur l’affaire Karachi éclabousse un peu plus les jardins de l’Elysée. Après la mise en examen de proches collaborateurs d’Edouard Balladur et de Nicolas Sarkozy, c’est aujourd’hui Brice Hortefeux qui est mis en cause par des interceptions téléphoniques, révèle LeMonde.fr

L’ex-ministre de l’Intérieur aurait appelé Thierry Gaubert le 14 septembre dernier, avant sa mise en examen, pour l’informer des dernières révélations faites aux enquêteurs, par Hélène Gaubert, sa femme.

Cette dernière affirme avoir vu son époux – dont elle est séparée aujourd’hui – transporter à l’époque de la campagne Balladur en 1995 des valises remplies de billets. Comment Hortefeux a-t-il pu avoir accès à ce témoignage ? Et pourquoi a-t-il averti Gaubert ? L’Elysée, qui assurait pourtant hier que le nom de «Nicolas Sarkozy» n’apparaissait dans aucun élément du dossier – alors même que la présidence n’a pas l’autorité pour avoir accès à ces pièces – semble donc surveiller de très près ce que beaucoup qualifient maintenant de «scandale d’Etat».
Pour le juge Van Ruymbeke, les soupçons d’un financement occulte de la campagne de Ballaudur par le biais de rétrocommissions versées, grâce aux contrats d’armement passés par la France au Pakistan se renforcent plus que jamais.

16h38. «Si Sarko passe pas en 2012, ils sont morts». Quelques mois avant son interpellation et sa mise en examen,  Thierry Gaubert avait été placé sous écoute par la justice. D’après le Monde.fr, les enquêteurs ont relevé le 19 juillet, une bien étrange conversation entre la fille de Thierry Gaubert, Nastasia, et un ami, un certain David. C.
La fille de Gaubert est visiblement en grande détresse. Elle fait part de ses craintes à propos de comptes bancaires aux Bahamas et de sa mère, Hélène de Yougoslavie, celle par qui le scandale des mallettes est arrivé.
Apparemment, Thierry Gaubert semblait déjà craindre que son épouse ne parle trop et «ne craque» devant le juge. Nastasia s’explique ainsi à son ami : «Donc voilà. Il a dit à ma mère : si tu craques euh…, toute la famille saute, on saute tous (…) Il lui a dit euh… vraiment, on est dans la merde». Et de poursuivre  : «Et euh… personne pour l’aider parce que euh… Copé est trop dans la merde. Hortefeux est trop dans la merde. Et si euh… Sarko ne… ne passe pas au deuxième tour, euh… lui aussi est dans la merde et personne ne l’aide. Il a dit… Mon père, il a dit à ma mère : personne m’aidera. Parce que tout le monde est dans la merde (…). Sarko, il veut même pas l’aider. Enfin là, ça va encore, mais si Sarko il passe pas en 2012 euh…, vraiment, ils sont tous dans la merde».
16h30. Les magistrats veulent une enquête. Le Syndicat de la magistrature demande à son tour à la justice d’enquêter sur le coup de fil de Brice Hortefeux passé à Thierry Gaubert avant sa mise en examen. «Nous demandons solennellement au parquet de Paris (…) de saisir immédiatement un juge d’instruction de ces faits délictueux extrêmement préoccupants quant à l’état de la démocratie française».

16 heures. Pour Martine Aubry, l’heure est grave. Les dernières révélations sur les échanges téléphoniques passés entre Brice Hortefeux à Thierry Gaubert estomaquent la candidate PS à la primaire. «Comment se fait-il que M. Hortefeux savait que la femme de ce monsieur avait parlé ? Où est le secret de l’instruction? Où est l’indépendance de la justice ? Voilà les questions qui se posent aujourd’hui», s’interroge la maire de Lille. Elle estime que le dossier de l’attentat de Karachi est d’ailleurs en passe de devenir «une immense affaire, peut-être une des plus graves de la 5e République». «S’il s’agit vraiment – attendons que la justice le dise – d’une affaire de pots de vin qui n’ont pas été payés, il faut aller jusqu’au bout», plaide-t-elle encore.

15h50. La garde rapprochée de Sarkozy contre-attaque tant bien que mal
. Sur France 2, Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat au Commerce déclare souhaiter pour son pays «que tous les hommes et toutes les femmes politiques soient aussi intègres que l’est le président de la République».

15h30. Pour François Hollande, le pouvoir fait clairement pression sur la justice
. Le candidat PS à la primaire dénonce les «interférences» du pouvoir sur la justice après les conversations téléphoniques entre Brice Hortefeux et Thierry Gaubert. «Ce que je n’accepte pas, c’est que le pouvoir puisse être tenté de faire pression sur la justice, voire d’avoir des interférences, y compris téléphoniques, avec telle ou telle personnalité qui a pu être gardée à vue», lance le favori de la primaire socialiste en marge d’une rencontre avec des militants.

VIDEO. Karachi : controverse sur le secret de l’instruction

13h11. Pourquoi Thierry Gaubert avait-il son portable en garde à vue ? Lors du second appel que Brice Hortefeux indique avoir passé à Thierry Gaubert, il ne savait pas que son interlocuteur était en garde à vue. «Je lui ai dit Allo c’est Brice, comment ça va ? Il m’a répondu : je suis en garde à vue», déclare l’ancien ministre au Monde. Il est rare qu’un gardé à vue puisse conserver son téléphone portable.

13h06. Brice Hortefeux et les rumeurs du Nouvel Obs : «Impossible» répond l’hebdomadaire. Michel Labro, patron du «Nouvel Observateur», affirme que le nom d’Hélène Gaubert n’apparaît «pas chez nous, à la relecture, avant le 20 septembre, dans le papier de Serge Raffy», publié dans le numéro daté du 22 septembre. Or, l’appel de Brice Hortefeux à Thierry Gaubert date du 14.

13h05. Hortefeux invoque des rumeurs parues dans le Nouvel Observateur. Concernant le premier appel passé à Thierry Gaubert avant son placement en garde à vue, pour le prévenir des attaques de son épouse Hélène Gaubert, Brice Hortefeux dément «totalement », dans une interview au Monde, tenir ses informations de la procédure judiciaire. «J’ai eu des rumeurs d’origine journalistiques indirectes disant que sa femme l’attaquait durement. Des informations totalement publiées par Le Nouvel Observateur. Je l’appelle pour s’avoir s’il le sait et s’il confirme.»

13 heures. Hortefeux a appelé deux fois Gaubert le 14 septembre. Contacté par Le Monde, l’ex-ministre avoue avoir appelé une première fois Thierry Gaubert pour le prévenir que «sa femme l’attaquait durement», puis une seconde fois lundi soir «par hasard», Gaubert ayant entre temps été placé en garde à vue.

12h30. Hortefeux voulait «vérifier les rumeurs». Les Inrocks ont arraché quelques mots au téléphone à l’ex ministre qui affirme avoir appelé Gaubert «informellement». Extraits : «Thierry Gaubert a travaillé avec moi en 1994-1995, c’est resté un ami, j’étais préoccupé pour lui, j’ai entendu des rumeurs donc je l’ai appelé pour lui en faire part, savoir si c’était fondé ou pas. Point barre, c’est tout.»

11 heures. L’avocat des familles porte plainte. Me Olivier Morice indique sur Europe 1 qu’il a demandé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour «violation du secret de l’instruction et entrave à la justice», après les révélations sur les coups de téléphones échangés entre Brice Hortefeux et Thierry Gaubert lors de sa garde à vue. «Les faits sont extrêmement graves et nous voyons bien qu’il y a une panique manifeste à l’Elysée et qu’on veut tout faire pour étouffer ce scandale», a-t-il confié à des journalistes.

10h37. Copé mis en cause par Mediapart. Entre 2003 et 2005, Jean-François Copé, alors membre du gouvernement Raffarin aurait bénéficié de «largesses» de Ziad Takieddine pour un montant estimé à 19 050 euros, selon Mediapart. «Il s’agit pour l’essentiel d’invitations et de déplacements au cap d’Antibes, à Londres, à Venise et à Beyrouth», précise le site d’informations, pour qui «ces dépenses pourraient faire partie du périmètre du «recel» d’abus de biens sociaux reprochés à l’homme d’affaires franco-libanais sur les sommes obtenues sur les marchés d’armement»

Besoin de se rafraîchir la mémoire? Retour en images sur cette affaire qui embarrasse l’Elysée

10h29. Eric Besson défend l’Elysée. «Ce n’est pas le chef de l’Etat qui est visé, ça n’est pas lui qui est mis en examen, il l’a dit très clairement», rappelle le ministre sur Canal +. Le communiqué de l’Elysée «n’était pas surprenant, mais nécessaire, un rappel simple qu’il n’était pas chargé du financement de la campagne d’Edouard Balladur».

10h13. Dupont-Aignan évoque une «affaire d’Etat». Pour le fondateur de Debout la République, le communiqué de l’Elysée «est une affaire d’Etat à lui seul. Dans le contexte du drame de Karachi, où les vies de citoyens français ont été broyées dans un odieux attentat, un tel dérapage est proprement surréaliste de la part d’une présidence de République d’un pays démocratique. L’Elysée aurait-il eu accès, comme dans une République bananière, aux pièces d’une procédure judiciaire en cours ?».

10h09. Le rappel à l’ordre de Debré.
Sur Europe 1, le président du Conseil constitutionnel rappelle que la loi interdit de publier les délibérations de cette institution, comme le demandent certains pour la validation des comptes de campagne d’Edouard Balladur en 1995. «Si on veut que je les publie, il faut une nouvelle loi», a tranché Jean-Louis Debré.

10 heures. L’avocat des familles implique Copé. «Nous sommes en présence d’un scandale d’Etat, estime Me Morice sur BFMTV. Nous savons maintenant que l’Elysée suit de très près ce dossier et un certain nombre d’autres interceptions téléphoniques citent le nom, non seulement de Brice Hortefeux, de Mr Copé, mais aussi de la très grande inquiétude qui existe concernant Nicolas Sarkozy».

9h50. André Vallini s’interroge.
«L’Elysée a affirmé que le nom de Nicolas Sarkozy n’était pas cité dans le dossier Karachi. Comment la présidence de la République peut-elle être aussi affirmative? Comment a-t-elle pu obtenir des informations sur un dossier en cours d’instruction ? Est-ce le parquet qui a fait remonter des informations ? Le Garde des sceaux doit répondre à ces questions.»

Pour découvrir cet étrange communiqué de l’Elysée, cliquez ici

9h45. Un ex-employé de Balladur raconte. Alexandre Galdin, ex-employé de la cellule trésorerie du candidat Edouard Balladur, en 1995 raconte à RTL qu’il a porté à la banque une vingtaine de valises remplies d’argent liquide, allant jusqu’à 500 000 francs, pensant «qu’il s’agissait-là des fonds secrets de Matignon».
Pour ce témoin entendu par le juge Renaud van Ruymbeke dans le volet financier du dossier Karachi, la mise en examen de deux proches du président de la République, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, «était inéluctable vu l’évolution de l’enquête».

Ecoutez ici le témoignage d’Alexandre Galdin

9h44. Hortefeux se défend. Brice Hortefeux indique avoir eu Thierry Gaubert, qui est un de ses amis, au téléphone pendant sa garde à vue, à l’issue de laquelle il a été mis en examen dans le cadre du volet financier du dossier Karachi. «Je ne savais pas qu’il était en garde à vue. Quand il a décroché, c’est lui qui m’a dit qu’il était en garde à vue. C’est la preuve que je n’ai accès à aucun élément du dossier», a déclaré l’ancien ministre de l’Intérieur.

VIDEO. Hortefeux aurait mis en garde Gaubert avant sa mise en examen

8h55. Vers une déclassification de nombreux documents. La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a émis trois avis favorables et un avis défavorable à la déclassification de documents réclamés par les juges instruisant les dossiers Karachi, dans quatre avis publiés vendredi au Journal officiel. Il revient maintenant au ministère concerné, qui a classifié ces documents «confidentiel défense» ou «secret défense», de suivre ou non la CCSDN, dont les avis ont été suivis dans la quasi-totalité des cas.

8h52. Questions. Selon Le Monde, cette conversation prouve qu’Hortefeux a eu accès aux déclarations sur procès-verbal d’Hélène de Yougoslavie, l’épouse de Thierry Gaubert, alors même qu’elles n’ont pas encore été versées au dossier d’instruction…

8h43. Hortefeux a prévenu Gaubert que sa femme «balançait». Brice Hortefeux a appelé le 14 septembre Thierry Gaubert pour le prévenir que sa femme, Hélène, «balançait beaucoup» devant le juge chargé de l’enquête sur l’affaire Karachi, selon le Monde.fr qui publie une partie de la conversation téléphonique. «Qu’est-ce que tu as comme infos là-dessus, toi, parce qu’elle me dit qu’elle dit rien», répond Thierry Gaubert. «Ça m’embête de te le dire par téléphone. Il y a beaucoup de choses, hein», assure l’ex-ministre de l’Intérieur.

AFP/ Guillot-Demarthon


8h23. Jouanno dénonce «manipulation» et «amalgame».
«Le nom de Nicolas Sarkozy» lancé par certains dans ce dossier «en réalité est totalement, indirectement et complètement tiré par les cheveux», lance la candidate aux élections sénatoriales à Paris sur Canal +. «On sait très bien que tout cela, c’est de la manipulation, personne n’est dupe, on est en période électorale, on fait amalgame de tout», s’indigne la ministre des Sports.

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23 heures. L’avocat des familles veut poursuivre Nadine Morano pour diffamation
, à l’issue de leur échange sur Canal +.«Mme Morano m’a accusé d’avoir porté des propos diffamatoires à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Et bien Madame, nous nous retrouverons devant la 17ème chambre correctionnelle, je vous donne rendez-vous, et nous verrons à ce moment-là».

22h30. «Votre République irréprochable, vous pouvez vous la mettre où je pense». Sur le plateau de Canal +, Nadine Morano et l’avocat des familles de l’attentat de Karachi ont eu un vif échange. Me Olivier Morice a commencé en soulignant que «depuis pratiquement deux ans, nous avons expliqué que Nicolas Sarkozy est pour nous au coeur de la corruption, c’est-à-dire au coeur du système qui a été mis en place pour verser des commissions et surtout pour permettre le retour illicite de commissions». L’avocat met également en cause Brice Hortefeux sans donner de détails. «Diffamation», a répliqué alors Nadine Morano, pour qui les mises en examen sont la preuve même d’une «République irréprochable». «Votre République irréprochable, vous pouvez vous la mettre où je pense», s’est-elle vu répliquer par l’avocat.

22h10. Mélenchon «consterné». «Comme tout le monde je suis consterné, affligé, car j’imagine qu’un juge ne met pas en garde à vue des personnes aussi importantes sans qu’il ait de bonnes raisons», estime le leader du Front de gauche.

21 heures. La gauche tire à boulets rouges.
«Je suis très étonnée que l’Elysée ait déjà eu communication des auditions, qui sont couvertes normalement par le secret de l’instruction.[…] Est-ce que c’est pour influencer, intimider le Parquet ?», s’interroge Ségolène Royal. André Vallini (PS), lui, parle d’une République «irrespirable», tandis que le PCF dénonce des «combinaziones », face auxquelles le NPA demande «un grand coup de balai».

20 heures. Copé dénonce un PS «prêt à tout». Le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, dénonce «avec force un PS prêt à tout pour salir» le président Nicolas Sarkozy, avec des «insinuations incessantes, systématiques et calomnieuses».

Source + vidéos: leparisien.fr

By: nicokool

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