La fin de l’Internet fixe illimité, ce n’est pas pour aujourd’hui..

Pas touche à l’illimité, un démenti qui va faire plaisir à tout les accros du Net. Espérons que ce ne soit pas une mise en sommeil, d’un projet qui ressortira quand on s’y attendra le moins.

Une personne consulte sa timeline Twitter sur un ordinateur portable. M. ANZUONI / REUTERS

L’annonce faite par le site Owni d’un plafonnement de l’Internet fixe illimité a inquiété la Toile ce week-end, or «cette affaire n’est pas à l’ordre du jour», selon le directeur général de la Fédération française des Télécoms et le ministre de l’Economie numérique…

Vendredi dernier, le site Internet Owni, qui s’était procuré un document de travail de la Fédération française des Télécoms (FFT) daté du 21 juillet 2011, annonçait la fin de l’Internet fixe illimité. Une situation qui serait inédite en France. Un retour en arrière, même. D’après Owni, le document de l’organisation, qui regroupe Orange, Bouygues et SFR, suggère «l’instauration de nouveaux forfaits comportant ‘débit IP maximum’ et ‘plafond de consommation’ (…) pour le fixe» afin de mieux gérer le trafic face à la saturation des réseaux. Une «réduction du débit au-delà d’un seuil de volume de données consommées» est alors envisagée par les opérateurs, a écrit Owni. Une décision «inacceptable» selon UFC-Que Choisir, interrogé par le site Internet. Une annonce surtout prématurée.

«Le buzz lancé sur Internet par Owni a dérapé»

Les offres et plafonds proposés par le texte de la FTT ne sont que théoriques. Et si la Fédération a confié au Parisien dimanche qu’il y aurait «sans doute des offres avec des tarifs plus élevés» qui concerneraient «l’infime partie de consommateurs qui monopolisent une grande partie de la bande passante», son président, Yves Le Moël, a précisé à l’AFP que la fin de l’Internet fixe illimité n’était «pas à l’ordre du jour». Dans une interview au Figaro, il déclare que «le buzz lancé sur Internet par Owni a dérapé» et que «les présidents des grands opérateurs ont simplement dit ces derniers mois qu’ils iraient vers la différenciation de leurs offres et que ceux qui consomment le plus pourraient être mis davantage à contribution». Autrement dit, l’Internaute ordinaire ne serait pas concerné par de telles mesures, indique Yves Le Moël. Selon lui, les consommateurs qui pourraient être touchés seraient les «5 à 10% qui utilisent 80% de la bande passante» en téléchargeant énormément de films et visionnent des vidéos (YouTube, DailyMotion), à longueur de journée.

Eric Besson dément la fin de l’Internet fixe illimité

Par ailleurs, dimanche soir, le ministre chargé de l’Economie numérique, Eric Besson, a démenti l’hypothèse de tout plafonnement de l’Internet fixe en France dans un communiqué: «Le gouvernement n’envisage aucune restriction de l’accès à Internet et travaille bien au contraire au développement du très haut débit fixe et mobile sur l’ensemble du territoire et pour l’ensemble des Français.» Eric Besson a également précisé: «Le gouvernement travaille à encadrer l’utilisation du terme ‘illimité’ par les opérateurs afin de protéger les consommateurs contre certains abus (…) Certains consommateurs ayant souscrit des offres prétendument ‘illimitées’ ont en effet pu constater des débits qui n’avaient rien d’illimité».

Free et Numericable, deux autres poids lourds de l’Internet en France, qui eux n’appartiennent pas à la FFT, font savoir qu’ils ne sont pas associés à cette réflexion.  Free a déclaré à Owni qu’il était «plus que réservé sur la pertinence d’une telle proposition», allant «à l’encontre» de ses fondamentaux.

A.G.

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