La scission au sein de LREM ne risque pas de provoquer une crise gouvernementale en France

Partagez ! Volti

******

Source : Observateur-Continental

La reprise de l’activité en Europe, qui lève progressivement les restrictions décrétées à cause du coronavirus, s’accompagne également de la reprise de la vie politique.

Ce mardi 19 mai, le parti La République en Marche! (LREM) du président Emmanuel Macron a perdu sa majorité absolue à l’Assemblée nationale après la sortie de 17 députés de ce parti de la grande fraction pour former leur propre fraction indépendante. Cependant, cela n’entraînera pas une crise gouvernementale parce que la majorité gouvernementale au parlement est assurée par d’autres mouvements centristes. 

LREM possède à présent 288 voix à l’Assemblée nationale au lieu de 297. Le parti a besoin d’une seule voix pour la majorité nécessaire de 289 voix. Le nouveau groupe de la chambre basse a été appelé Ecologie démocratie solidarité (EDS). Il s’agit de la neuvième fraction à l’Assemblée nationale. Ses membres les plus connus sont les députés suivants: le mathématicien Cédric Villani, Aurélien Taché et Guillaume Chiche, ainsi que l’ancienne ministre socialiste Delphine Batho. Il s’agit manifestement d’une scission de LREM avec la sortie de sa fraction de macronistes de gauche, qui étaient dans la pratique durant tout leur travail à l’Assemblée nationale des frondeurs relativement jeunes et ambitieux. 

Le groupe EDS se dit « indépendant », qui ne veut se situer ni dans la majorité, ni dans l’opposition. Une position ambiguë donc. La scission au sein du parti présidentiel résulte de la politique d’Emmanuel Macron. Au départ, ce dernier et son parti se positionnaient en tant que centristes. Mais dans la pratique le président Macron a entamé dès le début de sa présidence des réformes jugées de droite par les électeurs et les analystes. Ce qui a causé une certaine tension au sein de LREM sur fond de protestations hors parlementaires grandissantes. 

Au moment de sa fondation en 2016, le parti d’Emmanuel Macron incluait outre les technocrates de l’administration civile des membres d’anciens partis au pouvoir – du parti socialiste et des Républicains. 

Après les législatives de 2017 en son sein a été constitué une fraction proprésidentielle de 314 députés. Mais la popularité du président a commencé à chuter après le début des réformes et des crises qui les accompagnaient notamment sous la forme des manifestations de « Gilets jaunes ». 

A présent, la perte de la majorité absolue à l’Assemble nationale est un signal fort pour le président Macron, même s’il ne risque pas une crise gouvernementale grâce au soutien de 46 députés d’autres fractions centristes. 

Il est également vrai que LREM proprésidentielle puisse retrouver sa majorité de 289 députés. Cela arriverait si le député Olivier Gaillard, élu maire, était succédé par un représentant du parti proprésidentiel. 

Le nouveau groupe EDS composé d’anciens macronistes de gauche a fait part de sa volonté de contribuer à la transformation écologique et sociale de la France, dont le déroulement n’a toujours pas été reconnue satisfaisant. 

Les leaders de LREM et l’entourage d’Emmanuel Macron ont qualifié la scission de la fraction et la formation du groupe EDS de « contresens politique », tandis que le gouvernement travaille sur une nouvelle ligne politique après le coronavirus en mettant l’accent sur les problèmes sociaux. Le président de la fraction de LREM a déclaré:  » C’est assez pathétique. Ce groupe est essentiellement composé de gens ayant de gros problèmes d’ego, qui ne prennent aucune position politique. » 

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, qui a rejoint le parti présidentiel en quittant le camp socialiste, pense que le gouvernement français en place n’a aucune raison de s’inquiéter. « En tout cas, ça ne remet pas en cause la majorité d’Emmanuel Macron, la majorité d’Édouard Philippe (premier ministre, NDLR) qui est très forte puisqu’il y a à la fois le groupe En Marche, ce groupe qui, je l’espère, continuera à agir au sein de la majorité, et puis il y a le groupe Modem, il y a le groupe Agir. Bref la majorité n’est pas en danger, loin de là. Ça s’appelle une majorité parlementaire », a-t-il déclaré. Néanmoins, l’érosion du parti personnel d’Emmanuel Macron est un événement significatif pour la prochaine présidentielle.

Observateur-Continental

5 commentaires

Laisser un commentaire