À la veille d’une réunion des groupes de contact à Minsk, l’armée ukrainienne recommence à bombarder les zones civiles et les récoltes…

C’est loin l’Ukraine, c’est l’été, les vacances, la coupe du monde de foot, pour nous en « paix » relative. Dans le Donbass aussi ils ont chaud, et pas simplement à cause du soleil.. Partagez ! Volti

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Auteur Christelle Néant pour DoniPress

Champ de blé en feu

Alors qu’une réunion des groupes de contact doit avoir lieu demain à Minsk, l’armée ukrainienne fidèle à ses (mauvaises) habitudes, recommence à augmenter le calibre des armes avec lesquelles elle tire et à viser de nouveau les zones civiles, à peine une grosse semaine après l’entrée en vigueur de la trêve des moissons.

Ces trêves se suivent et se ressemblent, et on pouvait prédire avec un haut degré de fiabilité, que celle-ci ne durerait pas plus que les précédentes. Malheureusement la prédiction s’est avérée juste.

Ainsi, samedi 7 juillet, l’armée ukrainienne a délibérément tiré sur des champs de blé (devant encore être moissonnés) situés dans le Sud de la République Populaire de Donetsk (RPD) avec des obus de mortier de 82 mm. Mais pas n’importe quels obus de 82 mm, des obus incendiaires !

Le blé (qui est bien sec) a immédiatement pris feu, et 120 hectares de blé sont partis en fumée ! Heureusement le feu ne s’est pas propagé au-delà et l’incendie a pu être contenu à temps.

Au vu du type de munitions utilisé et de la cible, il ne fait aucun doute que les soldats ukrainiens espéraient ainsi détruire les récoltes.

En plus du blocus économique du Donbass, de tenter de priver la population d’eau potable (en tirant au choix sur la station d’épuration, ou les stations de pompage), de tirer sur les sous-stations électriques et les gazoducs (pour priver les habitants d’électricité et de gaz), l’armée ukrainienne semble donc vouloir affamer la population en détruisant les récoltes.

Vraiment cette armée qui tient plus du groupe terroriste que de l’armée de libération fait tout pour se faire détester de la population qu’elle vient prétendument libérer de « l’occupant russe » (qui n’existe que dans la tête de certains à Kiev et dans quelques capitales occidentales)…

Le 8 juillet, c’est une habitation de Dokoutchayevsk et une de Vesseloye qui étaient touchées par les tirs de l’armée ukrainienne. Ce matin, 10 juillet, l’armée ukrainienne a tiré 10 obus de mortier de 120 mm sur le village de Leninskoye (dans le Sud de la RPD), ainsi que sur Chirokaya Balka, près de Gorlovka, endommageant deux maisons.

Jusqu’ici il n’y a pas eu de victimes civiles, mais si cette tendance se poursuit, cela pourrait malheureusement se produire.

Surtout quand on voit que près de 90 % des demandes de cessez-le-feu de la RPD pour réparations des infrastructures sont purement et simplement ignorées par la partie ukrainienne. C’est ce qu’a déclaré Rouslan Yakoubov, le chef de la représentation de la RPD au sein du Centre conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC).

« Dans 90 % des cas, la partie ukrainienne ne montre aucun intérêt pour les travaux de réparation et de restauration. Ils justifient leurs refus par le fait que les demandes ne sont pas faites en ukrainien, » a ainsi déclaré Yakoubov à l’agence DAN.

Mais, comme l’a signalé le représentant en chef de la RPD au sein du CCCC, ces « principes » sont à géométrie très variable, selon l’intérêt de Kiev. Par exemple, pour les demandes concernant la station d’épuration de Donetsk (qui fournit aussi l’eau potable du côté contrôlé par Kiev), la partie ukrainienne satisfait à moitié les demandes, en accordant par exemple la trêve nécessaire pour les changements d’équipes.

« De fait, Kiev a une approche très sélective du problème, politisant tout ce qui ne lui est pas profitable, mais en fait, rien ne les empêche d’agir ainsi tout le temps, » a-t-il ajouté.

Or, c’est justement la procédure d’établissement et de surveillance des cessez-le-feu qui doit être discutée à Minsk demain.

Cette proposition, établie par la MSS de l’OSCE, contient sept mesures pour améliorer la procédure actuelle :

1) Confirmation globale de l’engagement envers les cessez-le-feu précédemment décrétés ;

2) Publication et rapport à tous les niveaux des ordres de cessez-le-feu ;

3) Adoption de mesures contre les actes de violation du cessez-le-feu ;

4) Interdiction de toute offensive, reconnaissance ou tirs de snipers ;

5) Interdiction de bombarder ou de tirer, même en réponse à d’autres tirs ;

6) Interdiction de déployer des armes lourdes dans des zones habitées ou de tirer sur les infrastructures ;

7) Fournir un accès sûr aux patrouilles de l’OSCE.

Denis Pouchiline, le négociateur en chef de la RPD à Minsk, ne se fait bien sûr aucune illusion sur l’avenir de ces mesures, mais en soutenant cette proposition, et en l’appliquant, la république montre ainsi clairement qui veut la paix, et qui veut la guerre.

« Nous n’avons aucune illusion concernant la position ukrainienne sur le règlement du conflit dans le Donbass et sur les méthodes que le gouvernement ukrainien est prêt à utiliser pour cela. Malgré cela, la République continuera d’insister sur la nécessité d’adopter un document qui permettrait dans la pratique de contenir les tirs et de réagir rapidement aux violations, » a-t-il déclaré.

Il ne nous reste qu’à attendre demain pour constater la réaction de Kiev à cette proposition, et quelles excuses ils vont encore bien pouvoir trouver pour échapper à leurs obligations découlant des accords de Minsk, qu’ils ont signés.

Christelle Néant pour DoniPress

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