Les personnes âgées dérangent le système. Témoignage…

C’est en Suisse que cela se passe mais, il en est de même chez nous. Nos aînés ne servant plus à rien, étant improductifs (sauf pour remplir les caisses des maisons de retraites, la plupart du temps hors de prix) ils sont très mal traités et accompagnés au crépuscule de leur vie.  Pour ceux qui seraient tentés de citer Jacques Attali, voir d’abord ICI

Dans une organisation sociétale qui mute sur la base d’un business model, ou modèle d’affaires, les personnes  » non productives » n’y sont pas les bienvenues.

Par soumission au marché de la haute finance, nos dirigeants politiques ne croient plus que dans la compétitivité et autre rentabilité.

Voici pour rappel les catégories des variables du business model qui servent à calculer  la valeur ajoutée brute (VAB) par canton. Il nous est fourni par la Confédération:

Valeur ajoutée par canton

La présence de la rubrique « ménages en tant que producteurs » est un défi à la démocratie, et à la dignité humaine.

Cette logique qui ne peut que pénaliser les personnes insuffisamment productives devrait être combattue avec fermeté.

Ci-dessous le témoignage fort d’une assistante en soins sur les établissement médico-sociaux vaudois

Liliane Held-Khawam

A lire: Votre foyer est un centre de production.

«Pourquoi je cesse de travailler en EMS». Le Temps

Le traitement «révoltant» des personnes âgées dans les établissements médico-sociaux vaudois a poussé une assistante en soins à démissionner. Elle dénonce aujourd’hui le manque d’égards et la maltraitance que vivent les pensionnaires de ces institutions

Amandine De Dea est assistante en soins. Cette jeune femme de 30 ans a travaillé dans sept différents EMS vaudois au cours des dix dernières années. Lorsqu’elle a rendu son tablier il y a quelques semaines, c’est parce que quelque chose s’était brisé. Cette fois, elle a renoncé à retenter l’expérience en espérant qu’ailleurs, ce serait mieux.

L’article qui suit est issu d’un témoignage individuel, basé sur une expérience personnelle. A ce titre, il nous a paru suffisamment fort pour être publié.

«Lors de ma formation en école de soins et santé communautaire, nous étions toutes tellement motivées à travailler avec les personnes âgées et, aujourd’hui, la majorité d’entre nous a changé de voie. Pas que nous ne les aimions plus, bien au contraire, mais il existe un réel problème avec le traitement de cette population», commence Amandine.

Le problème, connu de tous, tient à l’insuffisance d’effectif. De là découlent le manque de temps pour effectuer les soins et autres tâches, l’épuisement des équipes soignantes et la rancœur qu’elles en retirent. Amandine De Dea dénonce les attitudes «négligentes, brusques et amères» envers les résidents des EMS, «le manque d’égards général et la manière dont se déroulent l’habillement, la toilette et les repas, dans l’empressement». «Il me semble impossible de garder l’amour de son métier dans ces conditions», regrette-t-elle.

Pas même bonjour

Amandine est traumatisée par la «déshumanisation» des personnes âgées. «Comme tout est une question de temps, mieux vaut faire à leur place que de les stimuler», regrette-t-elle. Amandine a vu des soignants réveiller des personnes âgées en allumant la lumière et en tirant leur duvet, sans dire un mot, pas même bonjour.

Les personnes s’excusent d’avoir besoin d’aller aux toilettes, elles ont l’impression de déranger en restant en vie
Amandine De Dea

Face au refus de prendre leurs médicaments, certains résidents se sont vu boucher le nez afin d’être obligés d’ouvrir la bouche. Elle a aussi assisté à des cas de contention médicamenteuse: les pensionnaires trop actifs se faisaient administrer des calmants pour soulager l’équipe, qui n’avait pas le temps de prendre soin d’eux. Dans chaque service, à chaque étage, les pensionnaires qui demandent le plus de soins sont couchés dès 16h jusqu’à 9h ou 10h le lendemain matin, et «oubliés» durant dix-sept heures.

Le soir, Amandine avait dix minutes pour coucher un patient. Combien de fois a-t-elle vu ses collègues «jeter le résident sur son lit et le déshabiller en retirant d’un seul geste pull, chemise et dessous d’une manière brusque», les mettre au lit sans prendre soin de leur laver les dents, ni même de changer leur couche? Elle ne compte plus. «Un jour, on s’est moqué de moi car j’ai voulu rincer la bouche d’une personne qui n’avait plus de dents.»

Maltraitance orale

La maltraitance orale fait partie des choses qui l’ont le plus marquée. «Face aux remarques dégradantes et insécurisantes, les personnes âgées se font toutes petites. Elles s’excusent d’avoir besoin d’aller aux toilettes, elles ont l’impression de déranger en restant en vie. Lorsque j’ai pris vingt minutes pour faire manger une résidente, on m’a reproché de passer trop de temps avec elle et on m’a fait cette remarque: «Tu penses que tu vas la ressusciter?»

Ces institutions ne sont pas pensées pour mettre les pensionnaires au centre, affirme Amandine, leurs structures écrasent la personne âgée. Tout est fait pour que le bon déroulement du planning ne soit pas entravé.

Amandine ne cherche pas à dénoncer un établissement en particulier, «même si certains sont particulièrement choquants». «Je préfère dénoncer les dérives générales que j’ai rencontrées dans les lieux où j’ai travaillé, et je peux assurer que chacun d’entre eux manquait d’humanité.»

La jeune femme pense que l’avenir pour les personnes âgées se fera dans de petites structures, de 5 à 10 lits. Aujourd’hui elle part, déçue, mais continue à le dire: «J’aime le sens de mon métier.»

Lire la réaction du secrétaire général de l’Association vaudoise d’établissements médico-sociaux, François Sénéchaud, ici: https://www.letemps.ch/suisse/cesse-travailler-ems?

Source Liliane Held Khawam

 

19 commentaires

  • Graine de piaf Graine de piaf

    Cela n’est guère différent en France, sauf dans les maisons de retraite pour gens fortunés, et encore faut-il que les parents soient attentifs. La belle-fille d’une dame que j’ai très bien connue, m’en a fait le récit, elle a dû intervenir auprès de la direction par deux fois alors qu’il est demandé près de 4 000 euros par résident, plus bien sûr le montant des soins spécifiques à chaque personne. Heureusement cette dame, bien que très âgée a gardé toute sa tête et a pu prévenir sa belle-fille des manquements à son égard. C’est une personne très simple, attentive au travail des soignantes et qui ne fait pas de caprices, donc son témoignage est tout à fait valable.
    Sauf quand la santé d’une personne requiert des soins spécifiques impossibles à prodiguer par quelqu’un de sa famille, ou au cas où ladite famille manque de place, je trouve tout à fait anormal que les parents âgés soient parqués dans ce genre d’établissement ! ils ont donné tant de temps, tant d’amour, à leurs enfants, comment ceux-ci peuvent-ils avoir le cœur, et l’indécence, de se débarrasser de leurs parents comme d’un tas de vieux chiffons inutiles ?

    Maintenir à leur domicile tous ceux qui peuvent encore, avec l’aide d’une femme de ménage par exemple, vaquer tant bien que mal à leurs occupations, les voir régulièrement, être attentif à leur état de santé physique et mentale, me semble la moindre des choses, et même pourquoi pas, pour ceux qui en ont les moyens, au lieu de payer une maison de retraite, utiliser cet argent pour prendre quelqu’un à domicile ne serait-ce que la nuit ou quelques heures la journée, serait une solution tout à fait valable… mais non, que dis-je là ! les « vieux » doivent rester entre eux à attendre la mort sans faire d’histoire n’est-ce pas ? !https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_negative.gifet s’estimer heureux de ne pas se faire euthanasier !

  • Rainette

    Cet article a remué en moi des souvenirs pénibles. Pour m’être occupée pendant des mois de mon époux devenu grabataire je peux dire qu’il est très difficile, voire impossible d’obtenir l’aide nécessaire à domicile. Revient-il plus cher à la sécu de payer 3 passages par jour d’une infirmière ou d’une soignante que d’accueillir le malade à l’hôpital ? L’hôpital (ou la maison de retraite) où le manque de personnel est flagrant. Tout ce qui est décrit dans cet article est bien réel. Plus ou moins accentué selon les établissements.
    L’une de mes filles est aide-soignante en maison de retraite depuis plus de 25 ans. Elle est démoralisée par la dégradation des conditions de travail. Honte aux pays qui maltraitent leurs anciens. Et apparemment le nôtre n’est pas le seul.

  • Eurydice34

    Bonjour,

    Je profite de votre tribune pour apporter mon témoignage. Infirmière depuis plus d’un an, j’ai travaillé en EHPAD exclusivement depuis l’obtention de mon diplôme. La gériatrie et geronto-psy est une vraie passion, s’occuper des personnes âgées est un véritable choix professionnel car à mes yeux, les dernières années de vie sont tout aussi importantes que la vie elle-même, et plus important encore, une civilisation digne de ce nom dotée des technologies de son temps se doit de donner le meilleur à ses habitants. C’est l’humain q
    ui définit la civilisation, et ce mot n’a plus de sens aujourd’hui à cause d’une logique absurde où l’outil qui sert d’échange ( l’argent ) a plus de valeur que la vie qui l’a créée.
    Quel est le travail principal d’une infirmière en EHPAD ? Donner des traitements. On arrive le matin, entre 6h45 et 8h selon les établissements, on lit les transmissions en vitesse où la veilleuse de nuit nous raconte ce qu’on lui a transmis et ce qu’elle a vu, on prend son chariot et on commence notre tournée. 63 résidents dont 16 en secteur protégé Alzheimer. Et là, l’horloge devient le maitre tout puissant. Vérifier les traitements ( vous avez intérêt à avoir confiance en votre pharmacien ), on frappe, on entre,  » Bonjour Mr ou Mme Bidule »,  » Bien dormi? » . Les premiers échanges de la journée, un sourire, ça leur change la vie. Étant remplaçante, les premières fois ils se demandent qui je suis. Je me présente, j’explique qui je suis, cela prend plus ou moins de temps. Les semaines suivantes, je suis accueille par un bonjour et un sourire. Mais ce qui me désole, c’est qu’une fois qu’ils me connaissent, ils me disent que « Vous, vous êtes gentilles. C’est pas comme les autres, elles n’ont pas le temps, elles sont pas commodes. On peut rien leur demander. » Les autres… mes collègues. Des femmes ( je n’ai pas encore travaillé avec des hommes infirmiers en EHPAD ) qui sont au bout du bout et qui n’ont plus ni l’énergie ni la volonté de donner du sens à leur métier.
    Alors je vous passe les différents cas de figure : la structure n’a qu’une seule infirmière pour tous ces résidents et à 11h vous donnez le dernier traitement avant de ré-attaquer à 11h50 pour les traitements de midi. Vous n’avez pas fait un seul pansement, vous n’avez pas accompagné les médecins ni eu le compte-rendu de leur visite, des fois vous ne savez même pas s’ils sont passés.
    La structure a deux infirmières : vous faites votre secteur, à 9h30 votre collègue vous appelle pour savoir ce que vous faites car vous n’êtes pas encore descendue ( tournée finie ). Vous lui répondez tranquillement que vous êtes dans la dernière ligne droite et que vous serez bientôt là. Et quand vous raccrochez, vous vous demandez comment elle a réussi à finir il y a 20 minutes en faisant son secteur et le secteur protégé. Vous écartez vite cette question de votre esprit car vous avez déjà la réponse : on met les traitements dans la bouche, on fait boire la personne au lieu de lui laisser attraper son verre (  » si tu le laisses faire, demain t’y es encore  » dixit ma collègue… le maintien de l’autonomie ? Allô ? Ah oui ça va me prendre deux minutes au lieu de 30 secondes, j’oubliais… l’horloge!!! ) .
    Et tout ça sans compter ce maudit téléphone !!!!!! Il commence à sonner dès 8h ( la famille, le pharmacien, le labo … et vos collègues aide-soignantes qui vous appellent pour vous signaler le problème qu’elles ont vu sur le résident lors de la toilette ). Pour les appels extérieurs, on leur explique gentiment qu’il faut rappeler plus tard car en 2018 en EHPAD, les infirmières n’ont pas d’ordi portable avec le dossier du résident sous les yeux et quand on est remplaçante on ne sait… rien du résident : ni ses pathologies, ni ses allergies, ni si cette personne est désorientée ou lucide lorsqu’elle vous parle. Bonjour les surprises parfois. Et si vous avez besoin d’une info, vous appelez votre collègue au téléphone ou vous devez redescendre à l’infirmerie voir l’ordi pour avoir votre info importante. Le temps que ça prend? Aaaaaahhh l’horloge….
    Sans compter que le matin, les résidents veulent se lever ou simplement aller aux toilettes. Vous savez quoi? Pas le temps !!! On reste au lit et on attend les AS qui viendront pour la toilette… dans une heure. En attendant… J’en lève certains, bien sûr trois minutes en plus sur le planning hein ! Parce qu’elle ne va pas bondir du lit heing ! Et certains sont mouillés…. trempés je dirais plutôt, chemise de nuit compris pour ne pas faire les choses à moitié. Pour bien commencer la journée….
    Vous redescendez, vous nettoyez votre chariot, vous tombez sur des ordonnances avec des post-it de l’infirmière de la veille. C’est à ce moment que vous voyez s’il y avait des traitements supplémentaires à donner ou pas, s’ils sont en infirmerie où sur le chariot de votre collègue. Aaaah les transmissions… entre celles qui se perdent et celles qu’on voit après…. Et pas d’ordi portable pour les avoir sous les yeux, quand elles sont notées ( parce que finir 30 minutes après l’heure sur une journée de 10 à 12h, c’est dans la voiture que vous vous rappelez que vous avez oublié de noter un truc, oui vous savez, le truc qui s’est passé à 15h45 et que vous avez oublié en tapant vos transmission à 20h15 ) .
    Bon, là on est rendu à 10h30 du matin après une petite pause vite fait ( entre 5mn et 10mn les meilleurs jours, certains jours, pas de pause…. ).
    Si vous avez le temps, vous enchainez avec les pansements ( escarres, plaies et autres ) puis arrive midi. Ceux qui sont en fauteuil et non autonomes attendent devant une télé à côté de l’ascenseur pendant plus d’une heure qu’on les descende. Le temps du repas ! L’alimentation est, aux dernières nouvelles et depuis la nuit des temps, le meilleur traitement et un moment de plaisir. Il parait. On nous dit que nos résidents sont dénutris, ah bah vi, faut voir les assiettes. En fait je peux leur donner plein de traitements, s’ils ne mangent pas correctement il n’y aura pas de miracle ! La cantine, vous connaissez? J’ai travaillé dans des EHPAD où la moyenne de prix par chambre est de plus de 2 000 euros par mois, pour un budget de 2 zeuros et quelques par repas. Je mets aussi un point d’honneur à manger sur place, j’ai le même menu comme ça je peux me rendre compte. J’ai faim !!!!! Je finis de manger et j’ai encore faim. A 16h il faut que je mange quelque chose parce qu’il fait faim. Et j’adoooooooore en période de gastro les menus épinards et soupe de potirons ! De la balle ! Bref, ils ne sont pas contents, ils n’ont pas beaucoup mangé, heureusement que certaines familles ramènent des trucs à manger à leurs anciens, mais pas tous.
    Puis passe l’après-midi où l’on fait tout ce qu’on a pas eu le temps de faire le matin : les transmissions, ranger la pharmacie, les médecins, recevoir les résultats du labo, les pansements, les familles. Certains jours c’est calme, on a le temps d’aller faire un tour voir comment ils vont. Devant la télé dans une salle toute l’après-midi pour les non-autonomes, ou devant le patio vide pour qu’ils aient un peu de lumière pendant quelques heures. Il n’y a rien à faire. Certains sont mis dehors les beaux jours. Une animatrice dévouée fait la lecture, des jeux avec ceux qui peuvent. La moitié au moins ne peut pas et attend que la journée passe. Puis vient le soir avec le repas… Certains ne mangent presque rien et remontent dans leur chambre. Les autres sont accompagnés par les AS pour le change ( enfin !!! ). Puis vient la nuit et une partie n’arrive pas à dormir, malgré les traitements ( oui, à ne rien faire sur une journée, on n’est pas fatigué, c’est normal… mais demain, debout 7h30, distribution du petit-dèj oblige ! ). Du coup ils sont fatigués.
    Bref ! Un manque de personnel criant : les AS ne peuvent pas se couper en 4 pour tout faire, celles que j’ai rencontré font leur métier du mieux qu’elles peuvent mais sont épuisées et frustrées de ne pas pouvoir faire comme il faut. Mes collègues infirmières qui devraient avoir des journées de 36 heures pour pouvoir faire leur travail correctement et qui font l’impasse sur le soin le plus important en EHPAD : le soin relationnel qui est un soin à part entière. Ne leur jetez pas la pierre s’il vous plait, c’est un mécanisme de défense car elles sont aussi maltraitées que leurs résidents et ne peuvent rien faire face à une direction implacable.
    Mon dernier point: la direction avec sa logique économique absurde. Elle devrait être notre meilleur collaborateur, elle est devenue notre pire ennemie. Des gens qui n’y connaissent rien en soins écrivent des lois et des règles absurdes sans se demander si c’est réellement faisable, ils IMAGINENT que c’est faisable. Ils ne mettent jamais le nez dans leurs établissements, ou seulement dans les bureaux pour parler des chiffres et des chambres à remplir pour faire entrer de l’argent. Ils disent aux soignants qu’ils utilisent trop de matériel ( la crème protectrice pour les personnes en fauteuil toute la journée ou alitées, quand il n’y en a plus il n’y en a plus et c’est de la faute des AS parait-il qui en utilisent trop… mais on ne nous demande pas si le besoin est réel ou pas, seulement qu’on en commande trop…. ça coute cher ! Pareil pour les alèses, pour les gants jetables, pour… tout ce qui est utile au quotidien. ) . Alors mes collègues aide-soignantes et infirmières sont épuisées, blasées de devoir trouver des systèmes D ou pire encore, de ne rien pouvoir faire face à la personne dans le besoin. Certaines ramènent des coupe-ongles de chez elles…. SÉRIEUX ?
    Il y a un vrai problème dans les EHPAD en France aujourd’hui, beaucoup de soignants abandonnent ce secteur après y avoir mis beaucoup de temps et d’énergie sans beaucoup de résultat.
    Merci de m’avoir lu jusqu’au bout, c’est un gros pavé et j’ai sûrement oublié des trucs tellement il y en a. Tous les EHPAD en France ne se valent pas, certains essaient vraiment de faire du mieux qu’ils peuvent, direction comprise ( combien de directeurs et de cadres s’en vont après un ou deux ans? ). Mais la logique économique est ce qu’elle est et le problème est là. On devrait faire un stage obligatoire pour ceux qui prennent les décision d’un mois complet sur le terrain pour toucher la réalité du doigt.

    Je vous souhaite une bonne journée !

    • Voltigeur Voltigeur

      Merci infiniment pour ton témoignage Eurydice. Je n’ai pas de mots (mais des amies qui sont comme toi) pour dire mes sentiments à ce sujet, ou j’en dirais trop ce qui n’est pas mon rôle.. Merci encore et courage ;)

    • M.G. M.G.

      Merci Eurydice34 d’avoir pris le temps de balancer tout haut ce que certains tentent de glisser sous le tapis pour sauvegarder leur business. J’ai également un ami qui travail en EHPAD, en unité protégée, qui me rapporte souvent ce que tu décris …

      https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_good.gif M.G.

    • Qu’espérer d’une société qui parque ces vieux loin de leur famille. Courage Eurydice, les choses ne vont pas aller en s’améliorant, je le crains. Garde la foi. Merci pour eux et merci de rendre ce monde un peu meilleur https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_heart.gif

    • lumpenproletariat

      @Eurydice34
      Vous êtes pris(es) en otages avec votre conscience professionnelle et le fait que vous travaillez avec des humains totalement dépendants. De ce fait, vous ne pouvez pas faire des gréves dignes de ce nom. Le problème n’est pas nouveau, 20 ans que ça dure. En fait, tu ruines ta santé pour celles des autres.
      Normalement, tout le monde devrait se sentir concerné, mais bon… apparemment tout le monde s’en accommode…

      Nous sommes une belle société d’abrutis.

  • Graine de piaf Graine de piaf

    Merci pour ton témoignage Eurydice, mon fils a vécu la même chose dans le cadre d’un HP service personnes âgées. A la suite d’une hernie discale occasionnée par l’effort fait pour relever seul une personne âgée de 90 kgs qui était tombée de son lit, il a dû demander son changement à regret car il aimait s’occuper de ces personnes.

    Au point de vue épuisement, c’est pareil dans tous les services par manque de personnel, il l’a constaté en cardiologie, pneumologie, gastro-entérologie, c’est la cata partout, plus le temps de s’occuper normalement, et même sans perdre de temps, de qui que ce soit quel que soit l’état de la personne. Il est complètement écœuré mais doit tenir encore deux ans avant la retraite.
    Je me demande dans quel état il sera dans deux ans s’il tient le coup ! Physiquement il n’en peut plus. Il pourrait prendre un congé maladie mais il refuse car ses collègues ne tiendraient plus le coup avec une personne en moins…

  • Rainette

    Merci Eurydice 34. Très édifiant, ton témoignage. Il rejoint ce que j’ai constaté et le récit qu’on m’en fait. Une honte. Mais quand on veut diriger une maison de retraite comme on dirige une entreprise…

  • engel

    Simple question totalement « politiquement incorrecte »:

    – Qui a fait et façonné cette société et les enfants qui la composent?

    …Malheureusement, même le « j’en foutisme » a un prix.

    • Exact! Les femmes au travail, les enfants à la crèche, les vieux au mouroir ou en croisière, rien ne peut sortir de bon de tout ça. Pourtant, la plupart des gens prétendent que c’est le progrès…
      J’aime pas le progrèshttps://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

    • Kool

      C’est ce que j’ai pensé Engel!
      Tôt ou tard, tôt ou tard, tôt ou tard…

  • Graine de piaf Graine de piaf

    Je n’aime pas ce genre de progrès non plus.
    Quand j’entends des sexagénaires dire que les enfants ne doivent rien aux parents, je me hérisse ! résidus de mai 68 ?

  • RaphM

    La famille c’est ce qu’il y a de plus important, on doit rester avec eux pour toujours d’où le fait de vouloir vivre en communauté, avec ma famille si ils le souhaitent et au moins pour être entourés de gens pendant toute ta vie.
    Une vie plus simple est à avoir, manger mieux pour éviter moins de maladie, accepter la vie, être heureux de vivre, être dans L’AMOUR, l’amour et la bienveillance de tout ce qui nous entoure. Être proche de la nature !
    Voilà, si il y a un problème c’est à la base qu’il faut aller le soigner.
    Amour à tous, prenez soin de vous.

  • predateur

    il y aussi du jemenfoutisme du côté du personnel ….
    la surveillante de nuit qui débranche les sonnettes pour avoir la paix ….les vols des objets des personnes âgés ….la perte du dentier et j en passe et des meilleurs
    pi c est la première année ,dans dix ans ce sera comme les autres ,on se met une semaine en maladie pour repeindre sa cuisine ….on met l assiette ou le vers hors de portée du petit vieux ,on l habille trop léger et il se couche mort de froid ……

  • lumpenproletariat

    On a les générations qui nous succèdent qu’on mérite…
    Toujours à préserver ses gosses, leur faire croire aux petits oiseaux et aux bisounours, à leur apprendre à fuir les « gens à problème », ne pas répondre au téléphone quand Tonton le chômeur que sa femme vient de larguer appelle, vouloir que son enfant soit Médecin où avocat, les syndicats c’est caca…

    Et ouais le vioc, fallait penser à tous ça entre ton Dallas et ta semaine de Camping… En attendant, tes gosses ont bien écouté tes leçons, sauf que le gars à problème… aujourd’hui… c’est toi…

  • SANTE

    J’ai indicteemnt ce problème en cemoment. Comment faire pour que la personne reamarche après une cûte et une opération.
    Pour l’instant, on l’ a mis dans les mains d’une très bonne kiné en faisant le forcing pour l’hôpital ou elle exerce en plus de son cabinet.
    Le problème est le claseemnt en G quelque chose qui donne doit à des aides ou pas et qui vous permet de retrouver ou pas votre domicile.

    Réaménagement de l’habitât: minimum 30000€ d’après l’aide ménagère dont la seur réalise les visites avant travaux dans les maisons.
    On va sûremnt faire sans les aides.
    en mêem temps, certains personnes âgées ne méritent pas qu’on s’occupe d’elles car elles n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école très longtemps par exemple.
    C’est le même système que pour les aides pour monter une entreprise.

  • Rainette

    « en mêem temps, certains personnes âgées ne méritent pas qu’on s’occupe d’elles car elles n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école très longtemps par exemple. » ??????

    Heu… c’est de l’humour ? Parce que des personnes âgées qui n’ont pas eu les moyens financiers d’envoyer leurs enfants à l’école très longtemps, c’était fréquent il n’y a pas si longtemps. La génération de mes parents, dont les enfants sont nés pendant ou juste après la guerre, a beaucoup trimé et dû se contenter de peu. Ils n’en n’étaient pas moins respectables. Et à mon humble avis ils étaient tout aussi valeureux que d’autres plus fortunés.