Maria Zakharova révèle les manipulations britanniques dans l’affaire Skripal …

Img/SputnikNews

Entretien avec Maria Zakharova sur la chaîne Rossiya 24, 17 mars 2018.
Maria Zakharova est Directrice du Département de l’information et de la presse du Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie.
Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr (depuis la version anglaise d’Eugenia Gurevich)

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Transcription :

Maria Zakharova : C’est dans un jeu vraiment très effrayant et très dangereux que l’Occident s’est engagé. Il ne s’agit pas seulement de l’action britannique; de toute évidence, les ressources de nombreux acteurs sont impliquées. Permettez-moi de vous expliquer pourquoi je dis cela.

Chacun d’entre nous et le monde entier a appris un nouveau mot russe, « Novichok ». La chose la plus intéressante est que ce mot est perçu comme un mot russe partout dans le monde. Il suffit d’écouter sa consonance pour un étranger: « Novichok ». Cela doit être lié à la Russie, se dira-t-on. Mais en ce qui nous concerne, nous les russophones natifs, il ressemble au toast des Occidentaux quand nous trinquons avec eux : « A votre santé! » Ca semble russe, mais nous savons que nous n’utilisons jamais ces mots quand nous trinquons, nous disons toujours autre chose. Mais en Occident, il y a un cliché selon lequel les Russes disent « A votre santé » pour porter un toast, avec une certaine insistance, même.

Le même concept est à l’œuvre. Laissez-moi m’expliquer. Jamais sur le territoire de l’URSS, à l’époque soviétique ou à l’époque de la Fédération de Russie sur son territoire, il n’y a eu d’études menées sous le nom de code « Novichok ». Ce nom n’a été ni breveté, ni utilisé comme un symbole ou un code. Une fois de plus, et c’est là l’élément clé, le mot « Novichok » n’a jamais été utilisé en URSS ou en Russie comme quelque chose lié à la recherche sur les armes chimiques. Ce mot a été introduit et utilisé pour désigner des substances toxiques en Occident.

Au début du milieu des années 1990, beaucoup de scientifiques soviétiques et, plus tard, des scientifiques ayant la citoyenneté russe, qui avaient travaillé dans ce domaine, sont partis pour les pays occidentaux. Ils ne sont pas seulement partis – ils étaient attendus en Occident. Entre autres choses, ils ont emporté avec eux les technologies sur lesquelles ils travaillaient. Après cela, dans les pays occidentaux, selon diverses sources, y compris celles qui sont publiques, ces recherches ont été poursuivies en Occident avec la participation des anciens scientifiques soviétiques : aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Slovaquie, en Suède, et dans quelques autres pays. Je le répète, cette information est publique et disponible sur Internet.

Journaliste : Je l’ai lue, c’est une information publique. Cette information est totalement ouverte. On peut l’étudier si on veut.

Maria Zakharova : Ce sont des informations complètement ouvertes et accessibles. Juste à ce moment-là, ce nom surprenant apparaît : « Novichok ». Il sonne faux pour nous, mais il convient aux poncifs occidentaux sur la Russie.

Un point très intéressant : le Premier ministre britannique [Theresa May], s’adresse au Parlement, et non pas à un rassemblement d’étudiants, à une ONG ou même à des journalistes. Elle parle aux gens qui prennent des décisions qui affectent le sort du pays. Ce sont des gens qui [a priori] voudraient connaître les faits. Mais le Premier ministre britannique ne mentionne pas la formule chimique. Au lieu de cela, le Premier ministre britannique utilise ce nom cliché immédiatement associé à la Fédération de Russie, ou avec quelque chose de russe. Tout est conçu pour attirer l’attention sur la Russie. C’est très théâtral. Elle obtient une ovation. Oui, elle obtient des applaudissements. Immédiatement, ce nom circule dans tous les médias. Mais ce n’est pas la seule falsification de cette ampleur.

Ouvrez les journaux britanniques. Ou écoutez les journalistes britanniques. Qui est Skripal ? Comment est-il appelé dans les médias britanniques ? On le désigne comme un « espion russe ». Depuis quand est-il un espion russe ? Il est exactement le contraire. Oui, il est le contraire. C’est un espion britannique. Nous n’avons pas eu d’accès consulaire règlementaire aux Skripals, qui, comme on nous dit, sont dans un état critique, mais nous avons pas d’informations sur leur état, leur localisation, ni sur ce qui leur arrive. Eh bien, un point important est que Skripal a travaillé pour les services de renseignement britanniques. Il n’a jamais été un espion russe. Il était un espion britannique. Il a été transféré au Royaume-Uni parce qu’il a travaillé pour le gouvernement britannique.

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Source et traduction Sayed7Asan

Voir :

Ex-ambassadeur UK en Syrie: Assad n’est pas l’auteur des attaques chimiques

Discours de Vladimir Poutine sur le Nouvel ordre mondial

Vladimir Poutine sur la Syrie : les Etats-Unis rejouent la même comédie insipide qu’en Irak

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5 commentaires

  • C’est pas grave c’est loin l’angleterre.

  • je veux d’abord rappeler quelque chose d’important, qui a été complètement ignoré par les médias. En 2016, la Russie (le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en a parlé) a entrepris l’élaboration d’un traité pour lutter contre les actes de terrorisme chimique et biologique. Ce fut une initiative russe. Maintenant, devinez qui la bloque ? La Grande-Bretagne ! Et ce depuis 2016. N’est-ce pas intéressant ?

  • Propagande et contre-propagande.

    Bon courage pour trouver le vrai du faux.

    Bon, au moins cela occupe en attendant Ragnarök… https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_unsure.gif

  • Balou

    Pékin annonce sa position sur l’affaire Skripal

    Toutes les parties impliquées dans l’affaire Skripal doivent au plus vite établir la vérité et renoncer à l’esprit de guerre froide et de confrontation, a déclaré mardi Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

    https://fr.sputniknews.com/international/201804031035779626-chine-skripal-pekin/

  • Balou

    Les experts militaires britanniques contredisent Theresa May

    Le directeur du laboratoire militaire des Sciences et technologies de Porton Down, Gary Aitkenhead, a déclaré en son nom et au nom de ses collègues, le 3 avril 2018 sur Sky News, que ses services ont identifié la substance ayant atteint les Skripal comme provenant du programme Novichok, mais pas son origine.

    http://www.voltairenet.org/article200508.html