Surveillons nos fenêtres : les coccinelles asiatiques cherchent refuge pour l’hiver…

Comme chaque année, il y a recensement pour cette jolie bébête. Introduite par l’INRA pour contrer les pucerons, cette petite bête a proliféré, au point de rivaliser avec notre « bête à bon Dieu » nationale à deux points. Si vous voulez participer à l’identification des zones géographiques où cette coccinelle est présente, toutes les informations sont dans l’article. Faire des économies à tout prix et, c’est la nature qui en fait les frais. « Pour l’instant elle est sous surveillance pour évaluer son impact positif et négatif. Mais pourquoi aller chercher si loin une coccinelle qui menace les coccinelles indigènes, plutôt que d’utiliser la coccinelle à deux points ? » (dixit Cathy Bernot)

Img/Pixabay

La coccinelle asiatique, espèce invasive introduite en France dès les années 80, fait parler d’elle chaque automne, alors qu’elle cherche à pénétrer dans nos intérieurs pour y hiberner.

Lorsque l’on parle d’espèces invasives, viennent généralement à l’esprit le lapin d’Australie, la grenouille-taureau introduite dans le sud-ouest de la France, et peut-être bientôt l’écureuil de Corée, qui semble s’adapter un peu trop bien à la vie au grand air dans les forêts de la région parisienne, et fait l’objet d’une surveillance attentive.
Mais il existe une espèce invasive qui s’étend chaque année un peu plus en France, et dont on parle peu : Il s’agit de la sympathique et discrète coccinelle asiatique.

L’arrivée de la coccinelle asiatique en France

Harmonia axyridis : joli nom savant derrière lequel se cache un petit coléoptère venu d’ailleurs qui poursuit son expansion dans nos campagnes.
Cette coccinelle a été importée de Chine en 1982 par l’INRA afin de la tester en lutte biologique contre les pucerons, puis elle a été commercialisée en 1995.
Elle présente de nombreux intérêts en matière de lutte biologique contre les pucerons : très vorace et taux de fécondité élevé.

Bonne nouvelle ? Pas si sûr, car la coccinelle asiatique est d’une extrême vitalité, sa population s’accroit rapidement, et elle se révèle une réelle menace pour les autres coccinelles : elle occupe l’espace, et ne se prive pas de dévorer leurs larves au passage.

Il aurait été possible d’utiliser la coccinelle à deux points -qui est indigène- dans cette lutte biologique. Mais devinez quoi ? les coûts de production de la coccinelle à deux points Adalia bipunctata sont plus élevés que ceux de la coccinelle asiatique ! Une fois encore, le moindre coût est privilégié par rapport au moindre impact environnemental…

Identifier la coccinelle asiatique

La coccinelle asiatique est une coccinelle de grande taille, à la coloration des élytres très variable : elle peut être noire, rouge, orangée, avec un nombre de points allant de 1 à 9. La larve est plus facilement identifiable. Pour plus de détails, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de L’observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France, qui étudie sa progression. Vous y trouverez de nombreuses photos de coccinelles asiatiques, et des informations précises pour aider à l’identification.

Localiser la coccinelle asiatique

Elle étend chaque année son territoire et est aujourd’hui largement présente en région parisienne et au delà. Les résidents du sud de la France ne sont pas encore trop concernés, mais qu’ils ne se réjouissent pas trop vite : « c’est la p’tite bête qui descend, descend… »

Ci-dessous, la carte réactualisée des signalisations de coccinelles asiatiques en France. Cette carte est extraite du site de l’ observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France :

Pour prendre connaissance de l’évolution de la coccinelle asiatique entre 2004 et 2012, voir carte sur le site de l’observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France.)

Coccinelle asiatique cherche refuge

Ailleurs, on l’appelle Halloween Lady Beetle, car c’est surtout au moment d’Halloween que la coccinelle asiatique se fait remarquer, lorsqu’elle se prépare à affronter l’hiver.
Il est temps pour elle d’opérer de (plus ou moins) vastes rassemblements, et de chercher un lieu d’hibernation.

En pleine nature, les coccinelles asiatiques s’amassent sous les écorces ou dans des anfractuosités naturelles. Mais elles sont également familières de nos jardins, et apprécient la douce chaleur de nos maisons.
Depuis quelques jours, l’Observatoire Permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France a signalé les premiers mouvements de coccinelles en quête d’un abri pour l’hiver en France, mais également en Suisse. (Ceux-ci interviennent avec trois semaines de retard par rapport à l’an dernier.)

Je reproduis ici les informations et conseils transmis récemment par Vincent Ternois, coordinateur national de l’Observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France :

« Je vous invite à être attentif dans les prochains jours, notamment les journées ensoleillées dès que les températures atteindront les 18°C. Généralement les rassemblements s’effectuent entre la fin de matinée et 16h. Il faut alors rechercher les coccinelles le long des montants des fenêtres ou sur les façades exposées au sud/sud-ouest. La Coccinelle asiatique se rassemble également en milieu naturel, n’hésitez donc pas à surveiller les écorces décollées des arbres… Pensez également à laisser les fenêtres fermées sinon… »

Alors, pas de panique, mais demeurons attentifs ! Et si vous constatez ces jours-ci un attroupement de coccinelles à proximité de vos fenêtres, il y a toutes les chances qu’elles soient asiatiques !
Les agrégats de coccinelles dans nos intérieurs ne présentent pas de risques sanitaires, mais ils peuvent regrouper un nombre très important d’individus et devenir source de désagréments.

S’informer et transmettre ses observations

Pour de plus amples renseignements ou pour prendre connaissance des critères d’identification de cet insecte, rendez-vous sur le site de l’Observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France.

Mais au delà de la transmission d’informations, la vocation de l’observatoire est d’abord l’étude de la progression des coccinelles asiatiques en France. Cette étude est capitale pour évaluer l’impact écologique de l’introduction de cette coccinelle, et repose sur la bonne volonté des particuliers, qui transmettent à l’observatoire leurs observations.

Alors, n’hésitez pas à leur envoyer par mail vos propres observations, vos questions, ou des photos pour identification. Toute nouvelle observation est bienvenue ! (voir liste des correspondants régionaux sur le site de l’Observatoire)

Si vous résidez dans la zone de répartition, n’hésitez pas non plus, à transmettre cette information tout autour de vous. Ça n’est pas grand chose, mais en matière de préservation de la biodiversité, les actions les plus importantes sont cette somme de petites actions individuelles.

Merci d’avance, et… affaire à suivre !

Notes

Auteur Cathy Bernot pour Notre-Planète-Info

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16 commentaires

  • GROS

    Tous les ans, ou presque, la maison de mes parents en est envahie.
    Quelle cochonnerie, ces bestioles.

  • engel

    Il serait temps qu’ils assument!

    Cela fait plus de 10 ans que ma maison en est infestée à cette période de Toussaint.
    Elles se regroupent dans tous les coins sup des murs, derrière les rideaux, dans les coins des fenêtres, etc…

    Résultat: de belles traces marrons impossibles à ôter pour les peintures blanches mates type plafond.
    …Et disparition TOTALE(Ah non…j’en ai vu une ou deux cette annéehttps://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wacko.gif) des coccinelles indigènes rouges.

    INRA bande de cons.

  • Graine de piaf Graine de piaf

    Ah Engel ! que tu m’as fait rire !http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gifhttp://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif

    • engel

      Bonjour GDP

      Tant qu’à faire ce peu, moi aussi.
      Mais devant tant de lâchetés et de bêtises humaines, il est vrai que je deviens de plus en plus caustique, ou au choix, acide(comme quoi, là aussi, les extrêmes se rejoignenthttps://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif).

      Portes toi bienhttps://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif

  • engel

    Pour rappel,

    Cette prolifération est largement du aux bobos jardiniers (de la dernière heure, grands donneurs de conseils sur internethttps://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif) qui se sont empressés d’acheter ces belles et jolies coccinelles en jardinerie spécialisé, ceci pour remplacer les très très vilains insecticides (type pucerons).

    Belle réussite, que de remplacer un mal temporaire réversible, par un mal permanent irréversible.

    Bravo!

  • blackh

    La cochonnerie, c’est pas ces coccinelles. Elles n’y sont pour rien !

  • Cyrildu44

    Alors c’est une coccinelle française qui dit à une coccinelle asiatique : « attends j’ai un point de côté ! »
    La coccinelle asiatique lui répond : « attends j’ai deux points de côté ! Donc je remporte la victoire et tu me laisses ton habitat ! »