APL : la députée LREM Claire O’Petit demande aux jeunes «d’arrêter de pleurer»…

Voilà l’avis de la député Claire O’Petit, bien connu de ceux qui écoutent les Grandes Gueules sur RMC. La polémique enfle.. Merci Confucius.

Claire O’Petit capture du Huffington

LE SCAN POLITIQUE – Selon l’élue normande, il faut au contraire se réjouir de cette baisse de 5 euros des APL qui permettra de maintenir le versement de la prestation sur le long terme.

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Chroniqueuse chez «Les Grandes Gueules» de RMC, Claire O Petit n’est pas tout à fait inconnue du grand public. Le profil de cette nouvelle députée avait fait parler d’elle lors des élections législatives. En effet l’élue de la 5e circonscription de l’Eure avait tenté d’obtenir une investiture FN en position éligible lors des élections régionales de décembre 2015, en Normandie. Mais c’est sa prise de position musclée dans le débat du moment sur la réduction annoncée des prestations d’aide au logement de 5 euros par mois qui la ramène ce mardi matin sur le devant de la scène.

Interrogée par le Huffpost dans les couloirs de l’Assemblée nationale sur la grogne qui s’installe face au caractère inéquitable de cette mesure d’économie alors que le gouvernement entend par ailleurs baisser l’impôt sur la fortune, elle n’y va pas par quatre chemins. « Ça va messieurs, dames. Arrêtez. Si à 18, 19 ans, 20 ans, 24 ans vous commencez à pleurer parce qu’on vous enlève cinq euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie?», balaye-t-elle. «Cinq euros, c’est beaucoup. Mais c’est ou ça, ou on augmente les impôts. Un étudiant qui touche l’APL touche aussi une bourse, normalement. Et c’est très bien, c’est très très bien», poursuit l’élue normande. Un argument pourtant erroné et contraire à celui avancé par certains de ses camarades LREM, selon lesquels la baisse des APL est notamment justifiée par le fait que certains parents des bénéficiaires sont assujettis à l’ISF.

Au contraire des critiques formulées contre cette mesure, Claire O’Petit affirme par ailleurs qu’il s’agit là d’un progrès d’égalité, puisque tout le monde sera logé à la même enseigne que le foyer soit précaire ou non. «Monsieur Macron a été élu pour changer. À chaque fois que nous voulons toucher à une corporation, cette corporation dit ‘non, c’est pour l’autre et c’est pas pour moi’. Donc eh bien non. Cinq euros, c’est pour tout le monde», indique-t-elle. La députée trouve même que l’on en fait par ailleurs déjà beaucoup: «Faites bien le calcul quand vous êtes étudiant. C’est quand même aussi avec nos impôts, faut pas l’oublier. Donc, il y a les transports moins chers, il y a la carte étudiant, il y a l’APL, il y a les bourses». «Ça ne suffit pas», convient-elle, avant de relever «vous avez beaucoup d’étudiants qui sont obligés de travailler encore, c’est vrai. Mais bon sang, regardez un petit peu ailleurs! Whouuu! Ça va!».

Au-delà des étudiants, les foyers modestes touchés

À noter que si elles sont effectivement un complément souvent indispensable au quotidien de très nombreux étudiants précaires, les aides aux logements sont attribuées «sous conditions de ressources» à 2,8 millions de foyers et bénéficient largement aux familles modestes. «Cela va être difficile, mais si vous ne voulez pas payer plus tard toutes les dettes que vous n’aurez pas payées quand vous serez un petit peu plus jeune [RIP la concordance des temps] ça va vous coûter beaucoup, beaucoup, beaucoup plus cher», tranche pour sa part Claire O’Petit, qui invite les personnes touchées à faire contre mauvais de fortune bon cœur: «au moins pour continuer à toucher les 55 euros de ceux qui ne touchent que 60 euros, eh bien il faut que tout le monde participe».

Pour rappel, l’exécutif affirme vouloir trouver 32,5 millions € d’économies à réaliser par mois en baissant les APL de 5 euros. Mais contrairement à ce que semble insinuer Claire O’Petit, beaucoup d’autres mesures alternatives permettraient d’y parvenir, comme souligné par l’économiste marqué à gauche Maximes Combes. Il propose pour par exemple atteindre le même seuil de prélever 12 euros par mois sur les 10% de Français les plus riches en revenu ou encore de réduire le coût du CICE de 0,017% par an.

En ce qui concerne les notions de gestions financières de Claire O’Petit, le journal Paris Normandie rappelait en mai dernier qu’elle a été condamnée à la fin 2016 à «une interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler directement ou indirectement toute entreprise commerciale ou artisanale […] pour une durée de cinq ans».

Auteur Marc de Boni pour Le Figaro

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