Le grand orchestre de la nature est peu à peu réduit au silence …

Prendre conscience de notre pouvoir de destruction, sur cette maison Terre qui nous accueille si généreusement, en nous offrant ses trésors, dont nous sommes peu à en apprécier l’importance, est plus qu’urgent.. Nous œuvrons, sans trop nous poser de questions à notre propre disparition. Nous nous comportons comme des « squatteurs » sans morale qui détruisent tout sans état d’âme. Car il y a encore des endroits, où nous pouvons exercer notre malfaisance, quitte à éradiquer les derniers défenseurs qui eux, savent depuis toujours qu’ils font partie de cette nature sans laquelle ils n’existeraient pas. Les océans meurent, les forêts idem, nos cours d’eau sont pollués, l’air est saturé de particules qui rendent malades, notre nourriture ne nous nourrit plus, nous acceptons d’être les cobayes des puissantes multinationales, pour nos besoins les plus élémentaires. Nous nous étalons sans complexe partout, où il y a un bout de terre, y apportant notre sans gêne et notre égoïsme, bétonnant à outrance, détournant le cours des fleuves et rivières pour notre confort, en oubliant que la nature reprend toujours ses droits. Voulez vous de ce monde muet des bruits de la nature qui se prépare? Préférez vous la cacophonie assourdissante qui règne jour et nuit dans nos villes? Si nous n’agissons pas, il restera toujours les vidéos des merveilles disparues sur CDRom avec bruitages, on demandera peut être, au derniers moments de notre trépidante et insignifiante existence, à voir et écouter ces merveilles disparues, comme dans le film culte Soleil Vert! Merci ConscienceU12


Musicien dès son plus jeune âge, l’Américain Bernie Krause, 74 ans, reste l’une des figures emblématiques de la musique électronique. Il a participé en studio à l’enregistrement de musiques de films célèbres (Rosemary’s Baby,Apocalypse Now). Cet amoureux des sons et de la nature, devenu docteur en bioacoustique, a inventé le terme biophonie (les sons émis par les organismes vivants). Il publie chez Flammarion Le Grand Orchestre animal (324 pages, 21,85 euros).

Vous avez parcouru le monde pour enregistrer les sons de la nature. Comment les reconnaître entre eux ?

Chaque organisme vivant, du plus petit au plus grand, a sa propre signature acoustique. Elle peut ne pas être produite vocalement, mais par stridulation ou par grincement des dents comme chez le poisson-perroquet.

Certains, comme les cétacés, émettent des signaux dont l’intensité, s’ils étaient produits dans l’air, équivaudrait à la décharge d’une arme à feu de gros calibre à quelques centimètres de votre oreille. Cela dit, proportionnellement au poids, l’un des êtres vivants les plus bruyants du règne animal est la crevette pistolet, longue de quatre centimètres. Sa puissance sonore est neuf fois supérieure à celle d’un orchestre symphonique.

Elément surprenant, les animaux peuvent adapter leurs comportements acoustiques. J’ai un enregistrement réalisé en 1979 d’une orque qui imite l’aboiement de l’otarie pour l’attirer et la dévorer. De même, des papillons de nuit sont parvenus à brouiller les signaux d’écholocation des chauves-souris.

Quel que soit l’objectif d’un signal – accouplement, chasse, défense du territoire, jeu –, pour remplir sa fonction, il doit être audible et sans interférences.

Pourquoi parlez-vous d’un grand orchestre animal ?

La nature vit en harmonie acoustique. Chaque forêt tempérée ou tropicale génère sa propre signature acoustique, qui est une expression organisée et immédiate des insectes, des reptiles, des amphibiens, des oiseaux et des mammifères. C’est cette voix naturelle et collective à laquelle je fais allusion quand je parle de grand orchestre animal.

Les grenouilles arboricoles du Pacifique, qui vivent dans le nord-ouest américain, se disputent la largeur de bande acoustique aussi bien sur la fréquence que sur la plage horaire : l’une coasse, suivie immédiatement par une autre dans un registre plus aigu. J’ai trouvé en Afrique, au Kenya notamment, des paysages sonores extrêmement bien ordonnés comme le montrait l’analyse des spectrogrammes : les insectes tissaient la toile de fond, chaque espèce d’oiseau marquait son territoire acoustique, les grands félins occupaient d’autres niches à l’instar des serpents ou des singes.

Vos recherches remontent aux années 1960. Comment se porte aujourd’hui le grand orchestre animal ?

J’ai enregistré plus de 15 000 sons d’espèces animales et plus de 4 500 heures d’ambiance naturelle. La triste vérité est que près de 50 % des habitats figurant dans mes archives récoltées au cours de ces quarante-cinq dernières années sont désormais si gravement dégradés que beaucoup de ces paysages sonores naturels, naguère si riches, ne peuvent plus être entendus aujourd’hui, même approximativement, sous leur forme d’origine.

Les sons ont-ils disparu ou la cacophonie humaine fait-elle qu’on ne parvient plus à les entendre ?

Les deux. L’extraction minière, l’exploitation forestière, l’étalement urbain, et la pollution qui en résulte, réduisent la superficie des habitats sauvages. De même, en noyant les sons naturels de la biophonie et de la géophonie (les sons provenant d’éléments naturels tels que le vent, l’eau, la pluie et les mouvements du sol) sous notre cacophonie, nous perturbons ou détruisons la nature elle-même.

Ruisseau près du Grand Etang, Guadeloupe. JEROME WOJCIECHOWSKI

Certains animaux, comme les insectes, sont plus touchés que d’autres. Dans les forêts tropicales, les prédateurs tentent de s’adapter car il leur est plus difficile d’entendre leurs proies. Le bruit humain peut aussi affaiblir le système immunitaire des mammifères et des poissons, réduisant leur résistance à la maladie, résultat physiologique naturel des taux élevés d’hormone de stress. Dans les cas les plus graves, lorsque les seuils de tolérance sont dépassés, il peut être fatal. De nombreuses espèces de baleines et de phoques s’échouent d’elles-mêmes pour mourir.

Il y a près de cinquante ans, mes parents nous avaient emmenés, ma soeur et moi, en vacances dans le parc national de Yellowstone, près d’une large vallée couverte de neige, à l’abri de tout parasitage humain. Le calme était ponctué par les vocalisations des corbeaux, des geais, des pies, des alouettes hausse-col et des élans. Je me souviens encore du murmure des ruisseaux et de la brise légère qui soufflait dans la cime des conifères. Je suis retourné au même endroit en 2002. La magie avait disparu, anéantie par les bruits de moteur et le smog.

Comment lutter contre cette mise à mal du grand orchestre de la nature ?

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Source Marie-Béatrice Baudet Journaliste au Monde relayé par Un Nouveau Paradigme

Voir aussi:
SeaWorld: L’orque de «Blackfish» est en train de mourir

Lozère: Trois des loups échappés récupérés… mais il en reste à peu près autant dans la nature

Japon: La justice ordonne l’arrêt de deux réacteurs nucléaires pour des raisons de sûreté
Le sexe des escargots perturbé par la peinture des bateaux

10 commentaires

  • J’ai un profond respect pour tous les Animaux, volant, nageant, ou stridulant
    ils m’attirent et je les attire. Dito pour le règne Végétal.

    Bien que vivant dans une grande ville, mes racines sont de la campagne (la vraie,
    la profonde) Celle de l’Italie aux villages où les gens parlent peu, mais écoutent
    les sons mélodieux de la campagne.
    Celle où le fermier ne possède que si peu de bêtes, qu’ il leur donne à chacune
    un prénom, de la vache à sa poule.
    Celle avec qui il partage toutes les saisons, où ses enfants curieux et tapageurs
    deviennent soudain sérieux pour écouter les conseils et pratiques « du vieux »
    Celle où « le vieux » pleure quand vient le temps de se séparer de sa bête.
    Celle de l’économie, mais celle prolixe pour le bien être de sa ménagerie,
    Celle où mots de l’homme se murent dans le silence pour laisser place à l’écoute des signes environnants

    même dans la + bruyante des villes, je parviens à écouter cette nature et y lire
    ses signes amicaux..

    http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2009/12/11/1835631_hopi-les-etranges-legendes-indiennes-d-amerique.html

    le peuple HOPI savent l’importance de Mère Nature.

  • Mata Hari Mata Hari

    Un magnifique sauvetage, et la reconnaissance incroyable de l’animal http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_heart.gif

    http://www.youtube.com/watch?v=ssEMWkhRiHs

  • ErJiEff

    Il est de plus en plus difficile de voir les choses comme elles sont et non pas comme on pourrait souhaiter (ou craindre) qu’elles se manifestent.

    Pour faire bref (un livre n’y suffirait pas) :
    depuis en gros 12000 ans et la révolution de l’agriculture, nous sommes passés d’un état d’éléments vivants capables de survivre grâce aux performances d’outils mécaniques destinés à nous extraire du milieu « sauvage » environnant à celui d’éléments socio-culturels capables de survivre grâce aux performances d’outils symboliques destinés à nous intégrer au milieu social environnant.
    Ce qui peut se résumer par le remplacement d’une pression de sélection (indispensable pour l’évolution de toute espèce vivante) « sauvage » par une pression de sélection « sociale » tout aussi prégnante quoique s’appliquant sur des critères culturels plutôt que physique.

    Cela étant :
    parler de milieu « sauvage » plutôt que « naturel » n’est pas innocent car social ou pas, lettré ou pas, l’homme reste indéfectiblement un produit 100% garanti « naturel ».
    Donc, qu’on le veuille ou non, chacun de nos actes, chacune de nos exactions, s’inscrivent dans le grand concert de la Nature, dont nous ne sommes qu’une infime partie. Autant nous sommes capables de mesurer leurs impacts nuisibles sur le monde qui nous entoure, autant nous sommes incapables de pouvoir en déterminer les conséquences, pas plus que leur traduction à l’échelle de la Nature.
    Ayons le courage d’être enfin modestes : nous ne sommes pas les rois de la création, nous n’aurons jamais le pouvoir de protéger la Nature, seulement la possibilité chacun à sa façon de faire en sorte d’être moins agressif, et d’entretenir autour de lui un équilibre plus harmonieux.

    Dans notre jardin, nous limitons le jardinage à un entretien de propreté, nous laissons animaux et plantes y vivre, et nous essayons de limiter au maximum nos déplacements dans une voiture hybride rechargeable.
    Et nous espérons ne jamais avoir à retourner en ville, car le seul fait de vivre en ville est une affirmation d’appartenance exclusive au milieu social, donc d’être étranger au milieu sauvage.
    Et nous regrettons d’être dans un pays assez stupide pour nous empêcher de pouvoir acquérir une vraie autonomie énergétique, sans les ridicules contraintes administratives mises en place pour permettre l’entretien des gigantesques centrales sans lesquelles les citadins ne pourraient pas vivre plus de trois jours.

    Et nous savons que de toutes façons, l’Humanité est condamnée à terme à devenir non pas insupportable, mais non viable, par son surnombre, par manque d’eau saine, manque d’air propre, accumulation ridicule des déchets délibérément organisés et produits pour assurer l’entretien d’une consommation forcée.

    Ce jour là, ce n’est pas la Nature qui sera détruite, mais bien la Nature qui détruira l’Homme.
    Comment ? À quoi cela servirait-il de le savoir ?

  • Le veilleur

    Le monde moderne a permis à l’humanité de découvrir des choses qui allaient lui permettre de gagner du temps afin que ce temps lui serve à évoluer spirituellement. Mais ça n’a pas été le cas, les hommes ont de moins en moins de temps pour leur évolution, pour créer, pour partager, pour protéger, pour échanger.

    La société de consommation nous a poussé à travailler pour consommer toujours plus afin d’obtenir tout le confort inimaginable et souvent superflue donc on croyait avoir besoin, mais cela a été un leurre qui nous a rendu encore plus prisonnier et dépendant du système et nous a nous éloigné de la nature tout en la détruisant.

    Et en nous éloignant ne cette nature nous avons vu apparaitre des maladies dites « modernes » et nous avons perdu le sens de la vie car la nature en l’homme n’est pas faite pour vivre dans le béton, seul la nature pourra nous guérir du mal être que traverse en ce moment l’humanité. Continuer de la détruire pour le profit, c’est ignorer le fait que c’est nous même que nous détruisons.

    La première chose à faire est d’arrêter de consommer inutilement, a chaque fois que nous voulons consommer posons nous ces questions; Est-ce que la chose que je veux acheter est utile à mon évolution spirituelle ? En ai-je vraiment besoin ? Est-ce vital pour moi ou pour ma famille ? Est-ce bien ? Si la réponse est NON, alors il faut résister à l’envie de l’acheter, la consommation frénétiquement est une maladie du 21 ème siècle mais jamais rien ne pourra remplir nos vides intérieurs si nous nous refusons de recréer le lien avec la nature et notre âme.

  • Salut les ME! http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif

    Pour ceux qui voudraient voir le film soleil vert, le voici publié sur la plateforme
    httpsx://vimeo.com/154471048
    il faut copier coller lien en enlevant le x du https.
    (désolé lors de la publication du commentaire la vidéo ne c’était pas affiché mais en revenant je viens de m’apercevoir que le player est actif)

  • Graine de piaf Graine de piaf

    Merci Nicko http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yes.gif

  • Planete bleu Planete bleu

    Moi, je ne pourrais pas me passer de la nature, des animaux, de sa splendeur et sa diversité. Ceux qui détruise la nature disent : après moi le déluge, mais si la réincarnation existe ils reviendront sur une terre dévastée

    Les humains prennent de plus en plus d’espace sur l’environnement des animaux, qu’ils sont obligés dans faire autant, en s’adaptant au ville

    Les animaux sauvages des villes

    http://www.animaux-online.com/article,lecture,208_les_animaux_sauvages_des_villes.html

    Berlin, ville verte, attire les animaux sauvages

    http://www.franceinfo.fr/emission/en-direct-du-monde/2015-2016/berlin-ville-verte-attire-les-animaux-sauvages-17-12-2015-04-12