L’épopée des cannabinoïdes Védiques : De la Tulsi à la Ganja….

Dans la série le pouvoir des plantes, Dominique Guillet le très charismatique président de Kokopelli, nous explique le parcours de ces plantes qui soignent et soulagent, les maux des humains.

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Tulsi, la Manifestation de la Mère Céleste chez les Hindous

Les espèces de basilic originaires de l’Inde sont: Ocimum tenuiflorum, Ocimum basilicum, Ocimum gratissimum, Ocimum kilimandscharicum, Ocimum micranthum, Ocimum campechianum.

En Inde, Tulsi, Ocimum tenuiflorum, Basilic sacré, est appelée la “Reine des Herbes”, “l’Incomparable”. C’est une plante extrêmement révérée d’un point de vue religieux et spirituel – d’où ses appellations Ocimum sanctum, basilic sacré, holy basil… Dans le “Devi Bhagavata Purana”, elle est considérée comme étant une incarnation de la Déesse Tulsi, l’une des consortes de Vishnu, et elle est utilisée systématiquement en offrandes dans les festivals et les rituels honorant Vishnu et ses avatars Krishna et Vithoba.

Dans l’un des mythes du Vaishnavisme, l’une des branches de l’Hindouisme, Tulsi est associée au “Samudra Manthana”, le grand brassage de l’océan cosmique par les divinités. A la fin de ce cycle, Dhanvantari émergea avec Amrita, l’élixir d’immortalité. Lorsque les démons tentèrent de subtiliser cet élixir, Vishnu le confia aux divinités et pleura de joie de l’avoir recouvré. L’une de ses larmes tomba dans l’Amrita et il en émergea Tulsi. Les dévots Vaishnava la considèrent comme une manifestation de la Divinité dans le royaume végétal. Tulsi est considérée comme l’interface entre le Ciel et la Terre: Brahma est dans ses branches, le Ganges coule dans ses racines, les divinités demeurent dans les feuilles… Le “Padma Purana” déclare que, lors de la crémation rituelle, si un défunt est brûlé avec des rameaux de Tulsi, il voyage instantanément vers la demeure de Vishnu.

Dans les jardins et les cours intérieures des familles de l’Inde, Tulsi siège toujours au coeur sacré. Pour toutes les familles de l’Inde, Tulsi est une manifestation de Notre Mère Divine qui est en Terre.

Tulsi est mentionnée dans le “Charaka Samhita”, le plus ancien des trois antiques traités de l’Ayurveda, rédigé, au VI ème siècle av. EC, par Charaka, un très célèbre thérapeute surnommé l’Hippocrate de l’Inde.

Dans la tradition Hindoue, Tulsi est appelé “Vaishnavi” (consacrée à Vishnu), “Vishnu Vallabha” (la bien-aimée de Vishnu),  “Haripriya” (la bien-aimée de Vishnu) et Vishnu Tulsi. Tulsi avec des feuilles vertes est appelée “Shri-Tulsi” (Tulsi favorable) – “Shri” étant également la consorte principale de Vishnu. Tulsi est aussi appelée “Rama-Tulsi” (Tulsi brillant) – Rama est également l’un des principaux avatars de Vishnu.  Tulsi avec des feuilles vertes ou violettes et des tiges violettes est appelée “Shyama-Tulsi” (Tulsi sombre) et aussi “Krishna-Tulsi” (Tulsi de Krishna) parce que Krishna est de couleur bleue. Les variétés de type Krishna contiennent des anthocyanes.

Tulsi, une panacée universelle

Tulsi, au-delà des anthocyanes, est essentiellement une panacée universelle et elle est d’autant plus universelle qu’elle dépasse en Inde les clivages des religions. Pour preuve, dans ce pays, durant l’été 2015, le Muslim Rashtriya Manch, (le Forum National Musulman affilié au mouvement nationaliste Hindou, le Rashtriya Swayamsevak Sangh, RSS) a lancé une campagne pour inciter toutes les familles Musulmanes à planter Tulsi dans leurs jardins, dans les parcs publics, dans les jardins des mosquées, dans les dargahs et dans les cimetières. Durant le Ramadan 2014, en Inde, leur campagne de promotion de Tulsi se concrétisa par la distribution et la plantation de 135 000 plantes de Tusli dans les jardins de familles Musulmanes. Selon ce mouvement, Tulsi se retrouve dans les anciens textes Musulmans sous le nom de “Jannati Jhaad”, le buisson céleste, qui fut envoyé sur Terre pour l’humanité. Selon certains lettrés Musulmans, Tulsi serait appelée dans le Coran, et dans les Hadith, “Rehan”. [20]

Tulsi est l’une des plantes les plus essentielles des trois systèmes de Médecine et de Pharmacopée traditionnelles de l’Inde – Ayurveda, Unani et Siddha. Tulsi a été utilisée, depuis des milliers d’années, dans le traitement de la bronchite, de la diarrhée, de la dysenterie, de l’arthrite, de la malaria, des piqûres d’insectes, des problèmes oculaires, des problèmes dermatologiques, des refroidissements, des maux de têtes, des inflammations, des problèmes gastriques, des empoisonnements, etc.

Tulsi possède également des propriétés pour traiter le cancer [53], la stérilité [55], le diabète [52], les infections microbiennes, bactériennes [51] et fongiques, les problèmes cardiaques. C’est aussi un analgésique, un anti-spasmodique et un antipyrétique. En bref, c’est un adaptogène, un anti-oxydant, un “élixir de vie”, réputé prolonger la vie. [54] [56]

Sa saveur est forte et astringente. Elle est consommée en poudre, en feuilles sèches ou fraîches. C’est une plante de 30 à 60 cm de hauteur. Sur le plan agricole, Tulsi est utilisée traditionnellement pour conserver les grains.

Sur le plan thérapeutique, Tulsi est une bombe et c’est l’une des plantes médicinales, de la biosphère Gaïenne, qui pourrait, très aisément, faire sauter les fondations de la citadelle de l’Empire Pharmaceutique (la Terreur Chimique) dont la mission est de nécroser les peuples et de les empêcher de se soigner de toutes les pathologies induites par les 84 000 substances chimiques qui contaminent présentement l’entièreté de la biosphère.

Certains des métabolites les plus importants de Tulsi sont: l’eugénol, la lutéoline, le géraniol, le thymol, le linalol, le camphre, le chavicol de méthyle, le citral, le thymol, le taxol, le safrol, le linalol, l’acide ursolique, l’apigénine…

L’acide ursolique, l’apigénine et le taxol sont impliqués dans les propriétés anti-cancer; le citral dans les propriétés antiseptiques; l’eugénol dans les propriétés anti-infectieuses, etc. 

En 2003, une équipe de scientifiques Indiens a analysé la quantité d’Eugénol présente dans les huiles des différentes parties végétales, de plantes cultivées de Tulsi, dans le sud du pays: 72.5%, 75.3%, 83.7% et 65.2% respectivement pour la plante entière, les feuilles, les tiges et les fleurs.

La seconde substance la plus présente après l’Eugénol était le β-caryophyllène (un terpène que l’on retrouve aussi en abondance dans les huiles essentielles du giroflier, du poivre noir, du romarin, du houblon, de l’’origan, de la cannelle et … du cannabis. Car le β-caryophyllène est un cannabinoïde: c’est ce qu’a découvert une équipe de scientifiques Suisses et Allemands en 2008. [1] Et pas n’importe quel cannabinoïde: il agit spécifiquement sur les récepteurs CB2. C’est un agoniste fonctionnel CB2 et la recherche a, amplement, démontré l’extrême intérêt des cannabinoïdes sélectifs CB2 pour soigner l’arthrite [2], la cystite [3], la sclérose en plaques [4] et la démence associée au virus HIV [5].

Une étude récente (en 2013), des Dr. Racz et Dr. Zimmer, met en exergue les propriétés anti-inflammatoires du β-caryophyllène. Ils ont découvert, dans leurs essais cliniques, que le β-caryophyllène (oralement consommé) est beaucoup plus puissant que des injections de cannabinoïdes CB2 JWH-133 de synthèse. [6]

Ainsi que les scientifiques (sensés) l’affirment clairement et brièvement: le β-caryophyllène est le cannabinoïde qui va recycler toutes les substances industrielles  toxiques de synthèse (tentant de le singer!!) dans l’abime des vanités pharmaceutiques biocidaires dont elles n’auraient jamais dû émerger. Et sans faire planer: faut-il en rire ou en pleurer?

Les cannabinoïdes synthétiques de la Mafia Pharmaceutique

C’est d’ailleurs, peut-être, ce que se disent les membres du Comité économique du médicament (CEPS), en France, qui n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le prix du médicament Sativex/Nabiximols (du cannabis synthétique fabriqué par GW Pharmaceuticals, l’un des leaders de la fabrication de remèdes à base de cannabis synthétique) avec son distributeur Français, le Laboratoire Almirall. Pourtant, en janvier 2014, le Ministère de la Santé avait donné son autorisation avec la bénédiction des malfrats de l’AFSSA. Et le journal le Monde de s’extasier en janvier 2014 que « le tabou est brisé ». [13] Sans plaisanter! Quel tabou? Tabou le Chat? [62]

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Auteur Dominique Guillet pour le Blog de Kokopelli

Le site de Kokopelli/semences

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